Une tribune pour les luttes

Ce soir 14 décembre 2011, les héritiers RENAULT « OCCUPENT » une nouvelle fois la télévision.

+ Louis Renault et la fabrication de chars pour la Wehrmacht
+ DU NOUVEAU DANS LE DOSSIER RENAULT

Article mis en ligne le mercredi 14 décembre 2011

Chers amis,

Vous trouverez ci-joints :

1° l’arrêt de la Cour d’Appel de Paris du 21 novembre 2012 qui déboute les héritiers Renault ;

2° le communiqué de l’association Esprit de Résistance qui se réjouit de cette décision de justice et laisse prévoir les nouveaux combats à venir contre la campagne de réhabilitation-indemnisation de la Collaboration et de calomnies contre la Résistance – et contre l’exclusivité accordée à la thèse des consorts Renault, non seulement par les moyens d’information privés, mais aussi par le service public audiovisuel.


Une fois n’est pas coutume, dans ce domaine, a été publié aujourd’hui un article du Figaro fondé sur l’exposé honnête des thèses en présence, alors que la grande presse n’avait fait écho jusqu’ici qu’à la position soutenue par la famille Renault, fût-ce par historiens interposés. En voici le lien : http://fr.news.yahoo.com/bataille-d...

Par ailleurs, une exposition sur Renault essentiellement consacrée à l’entre-deux-guerres et à l’Occupation – exposition d’une vingtaine de panneaux, dont Jacques Aubert, de l’institut d’histoire sociale CGT du Val-de-Marne a eu l’excellente initiative ‑, se trouve actuellement, et depuis lundi 19 novembre, au siège de la CGT, dans le patio de Montreuil. Elle va « circuler », et sera à la disposition de toutes les organisations, mairies, institutions culturelles, etc., qui souhaiteront la faire connaître.

Inutile de préciser que ce message est destiné à la diffusion, la plus large possible.

Amitiés,

Annie Lacroix-Riz


Cher(e)s ami(e)s,

Ce Mercredi 14 décembre un documentaire (FR3 -20h35) sur Renault et Citroën sera suivi d’un "débat" avec Dingli mais aussi sa femme Hélène Renault qui sont à l’initiative d’une action en justice contre l’état pour demander réparation du préjudice de la Nationalisation Sanction de l’entreprise Renault en 1945. Ce même jour d’ailleurs (coïncidence) se tiendra la première audience importante sur cette action en justice.

Les Démocrates du pays quelque soit leur engagement politique ne doivent pas rester l’arme au pied sur cette affaire. Mais encore faut-il les en avertir. Non les collabos et les bourreaux de 39/45 ne peuvent pas devenir des martyrs !

— -

Courrier de Mr E. B, à Lyon :

A Alain Le Garrec
Contre l’aide du service public à des révisionnistes mercantiles. Débat du 14 décembre sur Louis Renault.

(par mail)

Cher Alain Le Garrec,

Je vous écris pour protester avec véhémence sur le parti-pris de France 2 et France 3 de réhabiliter l’industriel collaborateur Louis Renault, avec une troisième émission consacrée à leur sujet.

En effet, en 9 mois, les petits-enfants de Louis Renault ont pu intervenir 3 fois en faveur de leur grand-père.
Au début, il était question d’une "réhabilitation morale", déjà choquante parce que profondément révisionniste. _ Comment peut-on effectivement revenir sur l’ordonnance de nationalisation des usines Renault pour cause de collaboration, signée Charles De Gaulle, avec comme exposé des motifs : «  Alors que les livraisons fournies par la société Renault à l’armée française s’étaient montrées notoirement insuffisantes pendant les années qui ont précédé la guerre, les prestations à l’armée allemande ont, durant l’occupation, été particulièrement importantes et ne se sont trouvées freinées que par les bombardements de l’aviation alliée des usines du Mans et de Billancourt.  »

Puis les vrais motifs des petits-enfants Renault s’est révélé : ils ont assigné l’État et demande rien de moins que des dommages et intérêts qui pourraient se compter en milliards d’euros. Exit l’amour du grand-père (qu’ils n’ont jamais connu). En revanche, la tentative d’invalider la décision du Conseil National de la Résistance leur permettrait de s’enrichir à moindre frais.

Or, le 14 décembre, en plein prime-time (!), sera diffusée sur France 3 à 20 h 35 une émission sur Louis Renault et André Citroën Elle sera appuyée par un débat. La notion de débat serait appropriée si les invités l’étaient. Mais la composition du groupe de débatteurs est proprement scandaleuse.

Monsieur Patrick Fridenson ne peut faire autorité à lui tout seul sur Renault avant-guerre. Il est historien des économies et des sociétés à l’âge industriel, et s’il a fouillé les archives de l’entreprise Renault, on notera que d’autres l’ont fait, et que M. Frideson analyse surtout les évolutions contemporaines de l’industrie.
Monsieur François Rouquet est spécialiste de l’épuration dans l’administration (des postiers aux ministres), mais pas dans le monde" économique", en majorité épargné par l’épuration.
Mais le fond du problème est que la question de Louis Renault n’a rien à voir avec l’épuration ! Il s’est livré, a été accusé, mais sa mort n’a pas permis son procès. La condamnation viendra de l’ordonnance précitée du général de Gaulle. Un spécialiste de l’épuration est donc hors-sujet dans ce débat.

Reste la farce par la présence d’un soi-disant historien, qui est juge et partie dans l’affaire ! Monsieur Laurent Dingli a écrit une hagiographie sobrement intitulé "Louis Renault". Il y martèle l’idée d’une "revanche" des communistes contre le grand patron, qui aurait été abusé par un de ses collaborateurs. Un livre dans l’air du temps de Stéphane Courtois.
Le problème est cependant aussi ailleurs : il est mariée à Hélène Renault-Dingli, petite fille de Louis Renault, et a donc tout intérêt à ce que les bénéfices juteux de l’assignation de l’état par la famille se concrétise. Un "conflit d’intérêt" orchestré par le service public !

Ce "débat" dit carrément quelle est son intention avec la pire des invités, précisément Hélène Renault-Dingli elle-même.
Pour une troisième fois, une personne désirant s’enrichir sur le révisionnisme vient sur un plateau, alors qu’elle n’a aucune compétence d’historienne.
Ce n’est pas un débat qui est organisé, mais une tribune !

Un vrai débat aurait eu lieu si des historiens spécialisés dans la collaboration en particulier économique, avaient été invités. Ils ne manquent pas, et ont du renom : Robert Owen Paxton (qu’on ne taxera pas de gauchisme), auteur de "La France de Vichy 1940-1944", et témoin lors du procès Papon, tout comme Jean-Pierre Azéma, auteur de l’ouvrage "De Munich à la Libération : 1938-1944". La présence de ’historienne Annie Lacroix-Riz, auteur, notamment, "d’Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique avec le Reich et Vichy, Paris, Armand Colin, 1999, 661 p.," est indispensable en contrepoids à Laurent Dingli. Elle s’est impliquée autant que ce dernier dans l’affaire Louis Renault (contre sa réhabilitation). Son absence marque l’orientation du débat. M. Dingli, sur le site qu’il consacre à Louis Renault, a, en page d’accueil, un onglet « réponse à Annie Lacroix-Riz », et l’attaque régulièrement dans les nombreux media qui l’invitent (continuation du "syndrome Courtois"). Elle ne pourra donc pas répondre à ses "réponses". Le choix éditorial est clair.
Le témoignage d’un acteur de l’histoire des usines Renault, comme monsieur Michel Certano devrait être pris en compte. Ouvrier de Renault, fils d’ouvrier de Renault et résistant, après 40 ans passés chez Renault consacre sa retraite à l’histoire de l’entreprise !

La "mémoire" des petits-enfants du chef d’entreprise Louis Renault a donc plus d’importance à France 3 que la mémoire d’un ouvrier. Tout un symbole.

Je suis également scandalisé car la date du 14 décembre n’est pas un hasard. Car le 14 décembre se tient... une audience du Tribunal de Grande Instance de Paris consacrée à l’assignation de l’État par les petits-enfants de Louis Renault en réparation du préjudice subi du fait de l’application de l’ordonnance n° 45-68 du 16 janvier 1945.

Ce débat à décharge prépare donc le public à la défense des intérêts financiers des petits-enfants de Louis Renault, dans un procès dont l’issue favorable pour ces derniers se traduirait par une charge de plusieurs milliards d’euros pesant sur le contribuable français.

S’enrichir sur le révisionnisme est quelque chose d’abject.

Mon propre père était résistant et soldat dans l’armée Rhin et Danube. Vous déchirez sa mémoire, son dévouement pour notre pays.
Je suis quant à moi conscient des risques des partis-pris de France 2 et France 3, et tout cela m’inquiète autant que cela déclenche ma colère.

Je ne comprends absolument pas quel intérêt a le service public d’aider à ce révisionnisme. Cette prise de responsabilité est inique et dangereuse. Comment le service public peut-il aider à la réhabilitation de Louis Renault à fin d’enrichissement personnel des petits-enfants de ce dernier, alors que la situation économique et politique est si dangereuse ? La crise qui exacerbe les rancœurs entre pays (germanophobie actuelle), entre citoyens d’un même pays (le jeu raciste du Front National, les tensions communautaires accentuées par le pouvoir en place). S’il y eut une guerre mondiale, hélas, c’est parce qu’il y eut la crise de 1929.
Il faut apaiser les esprits afin d’éviter les mêmes erreurs, en étudiant l’Histoire, non en la falsifiant. "Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre", disait Winston Churchill, "Ceux qui ne connaissent pas l’histoire sont condamnés à la revivre", écrivait Bertold Brecht.
J’ajouterais modestement : "ceux qui le réécrivent et la manipulent peuvent la faire revivre". Or, dans ce cadre, le service public réécrit aussi fortement que les héritiers Renault.

Est-ce sa fonction ? Aurait-il perdu toute morale, toute éthique ?
Ne devrait-il pas plutôt œuvrer pour la paix en faisant preuve de culture, de débats sérieusement argumentés, mais surtout, dans le cas qui nous préoccupe, de civisme ?

Je réclame que cette soirée soit annulée, ou que des historiens réellement spécialisés dans la collaboration économique soit réellement confrontés à M. Dingli et sa femme Hélène Renault-dingli.

En l’état, la posture et les choix de France 3 sont honteux.

Veuillez recevoir, Monsieur Alain Le Garrec, l’assurance de mes salutations respectueuses.

E. B
Lyon


France 3
01 56 22 60 00

alain.legarrec chez francetv.fr

http://relations.france3.fr/mediate...


Par téléphone : 08 90 71 03 03 (0,15 euro TTC/min).

Par courrier postal :
Service Relations Téléspectateurs de France Télévisions
86982 Futuroscope Cedex.


Voir aussi Mille Bâbords 17611
Louis RENAULT : Contre la falsification de l’histoire de l’occupation et pour un droit de réponse

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