Une tribune pour les luttes


Ça suffit ! dosta !

Rassemblement à 17 h 30 devant l’Hôtel de Ville de Marseille du mercredi 21 décembre 2011
+ Repas partagé du mardi 20 décembre à l’Eglise Saint Martin

Article mis en ligne le vendredi 23 décembre 2011

" On reconnaît le niveau de démocratie d’un peuple à sa manière de traiter les Rroms" (Vaclav Havel ancien président de la république tchèque, héros du printemps de Prague en 1968, qui vient de disparaître).

Pas loin de 200 marseillais, rassemblés devant la Mairie, portaient l’honneur de leur ville en cette soirée de décembre. Loin des petites mesquineries (il n’y avait personne pour recevoir la délégation, qui avait pourtant sollicité d’être reçue), des comportements honteux d’un préfet de police trinquant avec d’autres marseillais, satisfaits d’avoir vu des Rroms expulsés de leur quartier, ou de la grande ignominie qu’est la traque des Rroms depuis des mois à Marseille quand d’autres villes, grandes ou moins grandes, savent avoir une attitude plus digne.

Jean 6/4

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La Marseillaise 22/12/

Repas partagé ce soir mardi 20 décembre à l’Eglise Saint Martin


Bivouac dans le jardin de l’église St Martin.

Une 20aine de miltants sont venus ce soir partager le repas avec ces Rroms qu’ils avaient accompagnés une grande partie de la journée. Les enfants étaient couchés, ds les tentes réinstallées ; ils auront leurs papillottes demain. Autour d’un feu de bois, les grands ont dégusté saucisses roumaines, p de terre sous la cendre, et bu des canons. Le préfet de police aurait aimé cette ambiance fraternelle.
Pour le reste, demain est un autre jour. Avec notamment le rassemblement devant la mairie à 17h30.

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Mardi

Bonjour,

Ce matin les familles qui s’étaient réinstallées sur le terrain attenant à l’église Saint Martin ont été à nouveau expulsées par la police. Nous étions quelques militants à leurs côtés essayant de trouver des solutions.

Les familles Roms ont décidé finalement, en fin de matinée, de se réinstaller sur le terrain, malgré les risques encourus.

Nous vous proposons de partager ce soir un repas avec eux. Nous vous donnons rendez-vous à 19h30. Chacun amène de quoi manger, sucré ou salé.

A ce soir.

Adresse :
Eglise Saint Martin (à côté des Archives départementales)
Rue Mirès
13002 Marseille


Ligue des Droits de l’Homme (LDH)

Ça suffit ! dosta !

Nous n’avons de cesse de rappeler les droits fondamentaux auxquels tout citoyen peut prétendre, en vain !

Selon l’article L345-2-2 du code de l’Action Sociale et des Familles (CASF), « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence ».

Depuis samedi, la traque des familles Roms s’amplifie, de la rue Zoccola à la Rose, en passant par Saint-Menet, puis retour à la Rose et enfin à Zoccola et aux Abattoirs.

Aucun lieu, aucune proposition humaine et digne ne leur sont proposés.

Cet état de fait est intolérable, RÉAGISSONS ET DEMANDONS des réponses concrètes et immédiates.

Soyons nombreux, élus, militants, syndicalistes, citoyens...

MERCREDI 21 DÉCEMBRE 2011 À 17 h 30
devant la MAIRIE CENTRALE

Le jour de la disparition de Vaclav Havel, gardons en mémoire son propos : «  On reconnaît le niveau de démocratie d’un peuple à la façon dont il traite les Roms. »


De Zoccola... à Zoccola Ou l’histoire d’une abracadabrantesque circumnavigation sans fin

Publié le 19 décembre 2011, mise à jour le 20 décembre 2011
par Anne-Aurélie Morell, Dominique Idir/Artriballes

http://www.med-in-marseille.info/spip.php?article1708
Avec la vidéo de Dominique Idir : "Noël pour les Rroms rue Zoccola "

La force publique n’a pas eu à être employée : la centaine de Rroms installée à Capitaine Gèze (XVe) et passible d’expulsion dès 8h le 17 décembre avait abandonné cabanes et repas fumant quelques heures plus tôt, donnant aux lieux une atmosphère fantomatique. S’en est suivi samedi, tout au long de la journée, un voyage forcé et sans but pour la procession encadrée de policiers. Qui a finalement terminé sa course absurde, sur l’étrange ordre d’un commissaire, par un retour à la case départ.

Samedi matin, au petit jour. Une dizaine de militants associatifs sur le qui-vive se rend rue Félix Zoccola, non loin du marché aux puces, afin de tenter d’empêcher l’expulsion de plusieurs familles rroms installées là depuis environ un an, s’assurant du moins que tout se passe dans le calme avec les forces de police. Ils se prennent le spectacle de désolation en pleine figure ; seules quelques personnes restent, les autres ont quitté le campement dans la nuit - après un passage de la police la veille, leur intimant plus que leur conseillant de partir avant l’intervention de l’artillerie lourde.

« L’expulsion [commandée par Marseille Provence Métropole] de Zoccola n’aura pas lieu », ironise Jean-Paul Kopp, de Rencontres Tsiganes, atterré. Sonnée, Caroline Godard, de la LDH, l’est également : les cabanes sont debout, «  vides » de leurs habitants. Par terre, des assiettes encore à moitié pleines, un brasero rougeoyant « comme pour dire ’nous n’avons rien, vous nous chassez, mais nous vous offrons quand même à manger’ », philosophe Xavier.

Le contact téléphonique a pu être conservé avec les citoyens Roumains en errance. A bord de leurs fourgons et caravanes, contraints - eux qui, d’une vie de voyageur avaient été incités à se sédentariser plusieurs décennies en arrière - à reprendre la route, et embrasser « un mode de vie nomade », souligne Dominique Idir, d’Artriballes, les familles échouent à la Rose, à proximité du site du Collège André Malraux.
Rapidement encadrées par la police, elles se verront obligées de pérégriner jusqu’à l’aire d’accueil de Saint-Menet, dans le XIe arrondissement de Marseille, dévolue par le schéma départemental la régissant aux seules personnes relevant du « statut » des « Gens du voyage ». Or les Rroms originaires d’Europe de l’Est - et ceux venant de pays adhérents de l’Union européenne, la Bulgarie et la Roumanie, n’y coupent pas - n’en font pas partie de fait (ils ne sont pas tenus, contrairement aux «  Gens du voyage » de disposer d’un carnet de circulation, et ne sont tout simplement pas nomades).

C’est bien connu, l’aire d’accueil de Saint-Menet - unique en son genre à Marseille alors que selon la loi la municipalité devrait s’en doter d’une seconde - affiche complet tout au long de l’année. Un simple coup de fil a suffi à le confirmer. Malgré cela, les policiers ont tenu à escorter leurs obligés jusqu’au terrain ; face à la confirmation du manque de place, le dramatique convoi à repris la route, direction La Rose. Puis sur commandement du commissaire de garde dans le district ce week-end là, les Rroms sont en définitive sommés de rejoindre leurs cabanes... De la rue Zoccola*.

Volte-face de la Communauté urbaine - qui a reçu une petite délégation d’associatifs en fin de semaine dernière, demandant au moins un délai ? Décision prise unilatéralement par les forces de l’ordre, n’entrevoyant pas de solution pour ces personnes à qui aucune proposition de relogement n’a été faite ?

Ce lundi, nous apprenions qu’une vingtaine de personnes - parties de Zoccola et ayant trouvé refuge auprès d’un résident des Anciens Abattoirs dans les quartiers nord, faisaient de nouveau l’objet d’un contrôle d’identité et d’une expulsion. « On les a encore mis sur le trottoir », explique, consternée, Caroline Godard. Ils finiront par rejoindre leur point de départ, sous la passerelle Capitaine Gèze. « Les associations demandent au Président de la CUM de ne pas requérir l’emploi de la force publique, pour qu’ils puissent au minimum passer les fêtes », relate Dominique Idir, qui s’interroge : «  la ‘trêve des confiseurs’ s’applique même dans les pays en guerre, et là il n’y aurait pas de répit ? Où se trouve l’humanité revendiquée par les pouvoirs publics dans tout ça ? »

Les associatifs restent en attente d’une réponse du directeur de cabinet du président de MPM Eugène Caselli. Ce dernier déclarait il y a tout juste une semaine sur Med’in Marseille, être «  pour que l’espace public soit libéré ». Peut-être se sera-t-il recentré sur la ligne de son parti, qui fustigeait récemment dans un communiqué, tant au niveau local que national, la politique du gouvernement français en matière d’expulsion de Rroms. Dans un autre communiqué, la Ligue des Droits de l’Homme s’agace de n’avoir « de cesse de rappeler les droits fondamentaux auxquels tout citoyen peut prétendre, en vain ! ». Et appuie son argumentaire sur des textes de loi « foulés au pied » selon Philippe Dieudonné : «  Selon l’article L345-2-2 du code de l’Action Sociale et des Familles (CASF) « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence » ». Pour enfin terminer par une citation du père de la Révolution de velours tchèque, disparu ce week-end : « Le jour de la disparition de Vaclav Havel, gardons en mémoire son propos : « on reconnaît le niveau de démocratie d’un peuple à la façon dont il traite les Rroms » ».

*Un papier, manuscrit et sans entête, a été remis à une personne expulsable par le commissaire en charge de la zone. On peut y lire ceci : "Nous [nom du commissaire], commissaire de police de permanence district, confirmons avoir ordonné aux ressortissants roumains porteurs du présent de quitter les lieux illégalement occupés du collège A. Malraux, sis rue Thermidor 13013, pour rejoindre le campement Zoccola 13015. Rédigé à la demande des intéressés. Le 17/12/2011".

- A l’initiative du collectif Rroms, un nouveau rassemblement aura lieu devant la mairie centrale le mercredi 21 décembre à 17h30.

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