Une tribune pour les luttes

Libération de Salah Hamouri

+ Protestation contre les informations inexactes ou mensongères données par certains médias français.
+ L’Humanité / "Salah Hamouri : « Votre solidarité a été le pont de l’espoir pour moi »"

Article mis en ligne le mardi 20 décembre 2011

Libération de Salah Hamouri

L’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) se réjouit de la libération de Salah Hamouri. Elle tient à saluer son courage pendant ses 7 années de détention et son comportement exemplaire face aux autorités israéliennes : Salah n’a cédé à aucune tentative d’intimidation des autorités israéliennes, qui lui faisaient miroiter une possible libération anticipée s’il avait reconnu quelque tort, et il n’a dans ses messages depuis sa prison jamais faibli sur les revendications des droits légitimes du peuple palestinien.

Le tribunal qui l’a jugé, tribunal d’une armée d’occupation, est tout à fait illégal, ainsi que le délit supposé (délit d’intention)
Franco-palestinien, Salah symbolise à la fois la détermination irréductible des jeunes Palestiniens face à l’occupant et la vigueur de la solidarité internationale. Peut-être est-ce du fait de ce contexte que sa libération a tant tardé, malgré une campagne exemplaire ici même, auprès des élus, des municipalités, des nombreuses personnalités et des simples citoyens.
Nous formons le vœu que Salah puisse en cette aube de l’année 2012 jouir pleinement de sa liberté retrouvée, qu’il puisse se déplacer librement, qu’il puisse voyager en France ou ailleurs sans être inquiété lors de son retour en Palestine.

Nous n’oublierons pas le mépris dont il a été longtemps l’objet de la part de gouvernement français, qui tout en appuyant vivement son soutien au soldat franco-israélien Gilad Shalit a refusé délibérément de soutenir Salah jusqu’à ces dernières semaines.

Soulignons que le président Sarkozy ne s’est exprimé pour Salah qu’une fois sa peine entièrement accomplie, Salah subissant jusqu’à aujourd’hui une prolongation de peine parfaitement scandaleuse.

Nous nous réjouissons de la libération simultanée de 550 (nombre à vérifier) autres prisonniers palestiniens, et espérons qu’eux aussi pourrons retrouver pleinement leur liberté.

Mais n’oublions pas que les environ 500 premiers prisonniers qui ont été libérés lors des accords pour la libération de Gilad Shalit sont à présent remplacés par 500 nouveaux prisonniers, arrêtés suite à une intensification de la répression contre les résistants.

A ce jour plus de 6000 prisonniers palestiniens continuent d’être enfermés dans des prisons israéliennes et de subir de nombreuses humiliations.
Le chemin d’une paix juste au Proche-Orient et le respect du droit international passent par leur libération. Ils passent par la reconnaissance de tous les droits du peuple palestinien à la justice et à la dignité.

Bureau National de l’UJFP le 18-12-2011


Monsieur le Rédacteur en chef de France Culture

Merci de bien vouloir publier ce rectificatif.

Dans les journaux d’Amélie Perrier de 6h30 et de 8h, ce matin 19 décembre, j’ai entendu votre journaliste, parlant de la libération de 550 prisonniers Palestiniens, dire, je cite : « parmi eux le franco-palestinien Salah Hamouri, condamné pour le meurtre d’un rabbin... libéré quelques mois avant la fin de sa peine »

Or Salah Hamouri n’a jamais été accusé d’avoir tué ce rabbin, mais d’en avoir émis le projet (sans que le tribunal ai pu en fournir la moindre preuve tangible). Cette erreur (volontaire ?) nuit gravement à la réputation de Salah Hamouri.
De plus, Salah Hamouri a toujours nié ce dont on l’accuse et il a été condamné comme des milliers d’autres palestiniens par un tribunal militaire d’occupation.

Il n’a pas non plus été libéré quelques mois avant la fin de sa peine, mais 21 jours après la fin de cette peine. Un document du CICR (Comité International de la Croix Rouge), validé par les autorités israéliennes et remis à sa famille au terme du procès, l’atteste.

Aux informations de 9h et de 12h30, sur cette même chaîne, il n’a été question ni de la libération des 550 prisonniers, ni de Salah Hamouri, alors que l’élémentaire déontologie du service publique que vous êtes, exige un rectificatif et des excuses.

Veuillez agréer, Monsieur le rédacteur en chef, l’expression de mes sentiments distingués.

Pierre Thivend


http://www.humanite.fr/monde/salah-...

Salah Hamouri : « Votre solidarité a été le pont de l’espoir pour moi »

Exclusif. Le jeune Franco-Palestinien raconte son arrestation, ses conditions de détention, la volonté israélienne de briser les prisonniers politiques palestiniens. Il remercie tous ceux qui l’ont soutenu durant son emprisonnement et parle de l’avenir. Le sien et celui du peuple palestinien.

Salah Hamouri est libre. Dimanche soir, il a retrouvé les siens, à Jérusalem-Est, toujours occupée. Le jeune Franco-Palestinien savoure ces instants de bonheur après presque sept ans passés dans les geôles israéliennes. Le combat pour sa libération n’a pas été simple. Et si les grands médias la mettent au crédit de l’intervention française, ils oublient que Nicolas Sarkozy n’a jamais voulu recevoir les parents de Salah et que son nom même n’a été prononcé officiellement que très récemment. À l’Humanité, nous nous enorgueillissons d’avoir apporté notre contribution, avec d’autres, à ce que Salah Hamouri ne soit pas oublié. Parce que, sans cette campagne, il serait certainement encore emprisonné. C’est avec plaisir que nous enlevons son portrait de nos pages.

Entretien réalisé par Pierre Barbancey

Comment s’est passée 
votre arrestation  ?

Salah Hamouri. Je devais rencontrer des amis à Ramallah. C’était le 13 mars 2005. Je suis donc parti de Jérusalem mais j’ai été arrêté au check-point de Kalandia. Les soldats israéliens m’ont bandé les yeux et menotté. De là ils m’ont amené à un premier centre sans que je sache lequel, puis à un second où je suis resté trois mois, à l’isolement total. Je subissais des interrogatoires tous les jours. C’était très difficile. Vous savez, les Israéliens essaient de casser notre volonté, notre détermination. Ils utilisent tous les moyens possibles pour faire pression. Sur nous et sur nos familles. Par exemple, mon père venait d’être opéré une semaine auparavant. Ils l’ont embarqué pour l’interroger, et moi, ils me l’ont montré sans qu’il s’en doute. Tout ça pour me casser. Parfois ils me laissaient plus de deux jours sans dormir. Bref, tous les moyens des services de renseignements. On nous laisse menottés, les mains dans le dos, on nous menace, on menace de détruire nos maisons… Je suis resté presque trois ans et demi emprisonné avant d’être officiellement condamné. Pendant tout ce temps, on m’a traîné à plusieurs reprises devant un tribunal militaire israélien totalement illégal puisqu’il se trouve dans les territoires occupés. Ces tribunaux militaires ne sont pas reconnus par le droit international.

Comment s’est passée l’audience à l’issue de laquelle vous avez finalement été condamné  ?

Salah Hamouri. Mon avocate, Léa Tsemel, a tout tenté. Mais les Israéliens m’ont toujours menacé d’une condamnation à quatorze ans de prison. Alors, mon défenseur a essayé d’obtenir la condamnation la plus faible possible, c’est-à-dire une peine de prison la plus courte possible. Pour cela, il fallait plaider coupable, bien que je sois innocent de tout ce qu’on me reprochait. J’ai finalement écopé de sept ans de prison.

Quelles étaient vos conditions de détention  ?

Salah Hamouri. Après trois mois d’interrogatoire, j’ai été transféré à la prison de Beer Sheva, dans le Sud. Je suis resté là-bas presque vingt-deux mois. Puis j’ai été transféré dans un autre établissement dans le Nord. Dix mois après, ils m’ont encore fait changer de prison. Puis il y a eu la condamnation à sept ans de prison. Ils m’ont ensuite amené à la prison de Gilboa où j’ai passé presque trois ans. Il y a deux mois et demi, ils m’ont sorti de là pour tenter de briser la grève des prisonniers qui demandaient de meilleures conditions de détention. Mes conditions de détention étaient les mêmes que pour les autres prisonniers palestiniens. Les Israéliens essaient toujours de maintenir une certaine tension, de faire pression sur nous pour briser toute résistance. Plusieurs prisonniers politiques ont été isolés pendant des années. Certains se voyaient interdits de toute visite, y compris familiale. Depuis deux ans, nous n’avions plus l’autorisation de recevoir des livres. Les Israéliens prennent toujours un prétexte sécuritaire pour appliquer leur politique de pression sur les prisonniers. Il faut savoir que les prisonniers palestiniens qui sont de la bande de Gaza n’ont reçu qu’une seule visite depuis six ans. Ils ne peuvent même pas recevoir un seul coup de téléphone, de personne. Ni de leur femme ni de leurs enfants. Beaucoup de prisonniers de Cisjordanie ont été soumis au même régime. Avec toujours le même prétexte sécuritaire. Il faut aussi parler de l’isolement. Une mesure inhumaine qui, là encore, vise à casser le moral des prisonniers, à briser leur capacité de résistance. Ils sont isolés dans des sections spéciales. Ils sont dans des cellules où ils ne peuvent avoir aucun contact avec les autres prisonniers et évidemment pas avec leurs familles. Certains sont restés comme ça six à sept ans, totalement seuls. L’interdiction de faire entrer des livres dans la prison relève de la même volonté de tenter de miner notre moral. Les Israéliens savent bien qu’au XXIe siècle il faut non plus viser le corps de l’être humain mais son esprit. C’est cet esprit politique des Palestiniens que les Israéliens veulent détruire. C’est pourquoi ils nous ont empêchés de recevoir des livres pendant deux ans. Ils ont également bloqué l’accès à de nombreuses chaînes d’information à la télévision. C’était vraiment une guerre totale déclarée par l’administration israélienne au niveau culturel contre les prisonniers politiques palestiniens. Cette administration israélienne était représentée dans les prisons par la police.

Comment en êtes-vous arrivés à une grève de la faim  ?

Salah Hamouri. Pendant toutes ces années, nous avons essayé de discuter avec l’administration des prisons pour la convaincre de respecter nos droits qui sont inscrits dans la quatrième convention de Genève. Nous avons essayé à plusieurs reprises d’améliorer nos conditions de détention, nos conditions de vie carcérale. On a évidemment demandé de mettre fin à l’isolement des prisonniers politiques, et notamment à celui d’Ahmed Saadat, le secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Malheureusement, les Israéliens ont toujours refusé de discuter avec nous et ont opposé une fin de non-recevoir à toutes nos demandes. C’est pourquoi nous avons décidé de lancer une grève de la faim le 27 septembre jusqu’au 17 octobre. Nous l’avons observée pendant vingt jours. Pendant ce temps-là, l’administration pénitentiaire israélienne a tout tenté pour briser notre mouvement, utilisant tous les moyens de pression qu’elle avait à sa disposition. Mais, heureusement, nous étions bien préparés. Nous avions la volonté de gagner et de ne pas nous laisser briser. Ce qui nous a permis de résister à tous les coups entrepris contre nous.

Comment avez-vous perçu 
la solidarité qui s’est exercée en France envers vous  ?

Salah Hamouri. C’est la chose la plus importante qui me soit arrivée en prison. La campagne menée par le comité de soutien, l’engagement de Jean-Claude Lefort, de l’AFPS, du journal l’Humanité, des Jeunes communistes ont été le pont de l’espoir pour moi, ma famille, mais aussi pour tous les prisonniers politiques.

Cela a été comme un mur nous protégeant des visées israéliennes. Je tiens à les remercier pour ce soutien qui m’a aidé moralement et psychologiquement.

Maintenant libre, 
qu’allez-vous faire  ?

Salah Hamouri. Profiter d’abord de ma famille. Je vais essayer de venir en France pour rencontrer ceux qui m’ont soutenu et puis ensuite reprendre mes études. Le combat du peuple palestinien continue, malgré les prisons et la répression. Notre résistance est légitime.

____________________________________

Le MRAP indigné par la campagne de haine à l’encontre de Salah Hamouri

Le MRAP est indigné par les graves accusations tenues à l’encontre de
Salah Hamouri à peine deux jours après sa libération par certains médias
israéliens et repris par Richard Pasquier, le Président du CRIF.

Ils accusent Salah Hamouri d’avoir déclaré à l’agence Reuters « Le
rabbin Yossef Ovadia mérite la mort
 ». Salah Hamouri, mais aussi les
journalistes de l’agence Reuters qui l’ont interviewé, démentent,
enregistrement à l’appui, de tels propos.

Cela n’empêche pas le discours haineux à l’encontre de Salah Hamouri et
de sa famille : « Denise Hamouri peut être fière d’avoir mis au monde
un assassin
 ». Ou encore : « Pour bien des Israéliens c’est Hamouri qui
mérite de mourir. »

Ces propos ignobles sont une atteinte à la dignité de Salah Hamouri et
de sa famille. Le MRAP demande aux autorités françaises de prendre
toutes les mesures pour assurer la protection de Salah Hamouri,
ressortissant français.

Le comité de soutien à Salah Hamouri, dans un communiqué saluant sa
libération, déclarait que désormais Salah était « sous la protection de
son Comité de soutien et aussi de l’opinion publique. » Le MRAP soutient
cet appel à la vigilance de chacun et chacune.

Paris le 20 décembre 2011

— 
Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples


http://www.salah-hamouri.fr/

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