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ACRIMED (Action-Critique-Médias)

Jean-Michel Aphatie, la démocratie et les « candidats inutiles »,

par Julien Salingue

Article mis en ligne le vendredi 3 février 2012

le 3 février 2012

A regarder avec la vidéo :
http://www.acrimed.org/article3765.html

Jean-Michel Aphatie n’aime pas ceux que les grands médias ont coutume d’appeler les « petits candidats ». Le 31 janvier, il a de nouveau donné à voir aux téléspectateurs du « Grand journal » avec quel mépris il pouvait considérer ceux qu’il n’estime pas dignes de se présenter à l’élection présidentielle, en s’en prenant à Jacques Cheminade. Inutile de préciser qu’Acrimed, bien que ne soutenant aucun candidat, se situe aux antipodes des points de vue de certains, dont Cheminade. Mais le traitement qu’il a subi est exemplaire de la condescendance avec laquelle les éditocrates n’hésitent pas à traiter ceux qu’ils considèrent comme « petits » et comment, abusant de leur rôle de journalistes, ils s’arrogent le droit de décider qui mérite, ou pas, de pouvoir exprimer ses idées.

L’allergie de Jean-Michel Aphatie aux « petits candidats » n’est pas nouvelle. C’est ainsi par exemple que le 22 juin dernier, dans sa chronique quotidienne du «  Grand journal », il s’emportait au sujet de la candidature de Christine Boutin [1] :

«  Très fort ! Quelles sont les chances de Christine Boutin d’être élue présidente de la République ? Nulles ! Zéro ! En 2002, elle a fait 1,9% des voix ! Zéro chance d’être élue présidente de la République ! Mais elle s’en moque ! Parce que Christine Boutin, elle ne veut pas être présidente de la République, elle veut être candidate à la présidence de la République ».

Et d’aligner, un à un, les « petits candidats », entre autres Philippe Poutou (« Je connais son score lui : 0,0005%, peut-être ! »), Nathalie Arthaud (« Ca va pas peser lourd, ça non plus, mais on s’en fout ! ») ou Frédéric Nihous (« Il s’en fout lui, d’être président de la République, c’est pas son problème ! »). Et de conclure : « C’est n’importe quoi. […] Ne devraient être candidats que ceux qui ont envie d’être président […], qui ont la possibilité de l’être ». Au moins c’est dit. Le pluralisme, c’est mieux à deux. Ou éventuellement à trois. Mais au-delà, c’est la gabegie. Heureusement, Jean-Michel Aphatie veille.

Il a donc remis ça le 31 janvier dernier, toujours sur le plateau du « Grand journal », en s’en prenant cette fois au candidat Jacques Cheminade. Ce dernier vient annoncer qu’il a en sa possession les 500 parrainages nécessaires pour déposer sa candidature. C’en est trop pour Jean-Michel Aphatie :

«  C’est incroyable que vous ayez les signatures. C’est incroyable… Vous devez être le prototype du candidat inutile dans cette campagne. Totalement inutile. Et que des maires, que des gens élus vous donnent une signature c’est incroyable. Je sais pas comment vous les avez. Je sais pas comment vous faites, si vous avez un numéro de fakir mais c’est incroyable. Incroyable ».

Ce qui est incroyable, c’est surtout le mépris affiché par Jean-Michel Aphatie. Qui ne s’arrête pas là, comme en témoigne ce court extrait vidéo :

(...)

http://www.acrimed.org/article3765.html

Notes

[1] Voir à ce propos l’article de Philippe Sage sur son blog, duquel la transcription est en partie issue.

[2] RTL, 29 novembre 2011.

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