Une tribune pour les luttes

Syndicalisme

La criminalisation s’accentue !

Article mis en ligne le samedi 22 janvier 2005

De tout temps, la répression syndicale a été une arme employée par le patronat pour essayer de faire taire la contestation. Aujourd’hui, le Medef et l’Etat accentuent cette répression pour faire savoir aux militant(e)s syndicaux qui tenteront d’empêcher la casse des droits sociaux, l’installation de la précarisation des emplois et du libéralisme à outrance qu’ils/elles seront combattu(e)s par tous les moyens.

Le Medef orchestre cette répression, pour parvenir à sa fin, il brise des individus, détruit leurs vies et celles de leurs proches. Les réseaux politiques et judiciaires permettent au patronat d’obtenir les décisions de justice nécessaires pour se débarrasser des fortes têtes.

Militants syndicaux emprisonnés

Ce fut le cas pour Momo, délégué syndical CGT à Carrefour accusé et condamné pour subornation de témoin. Sa faute est d’avoir été discuter avec un vigile qui avait dénoncé un salarié pour vol.

C’est aussi le cas de Kamel qui vient d’être condamné à 3 ans de prison dont 18 mois ferme et 30 000 euros d’amende. Le tribunal, partial, ne prenant à aucun moment en compte les arguments incontestables de la défense représentant l’UL CGT, l’accuse injustement d’avoir provoqué l’incendie de l’usine de tubes cathodiques Daewoo en Lorraine, près de Longwy.

En Guadeloupe, l’UGTG (Union générale des travailleurs de Guadeloupe) voit des dizaines de ses militants condamnés à des peines de prison ferme, à de lourdes amendes pour leurs actions syndicales. Il a fallu une grève de la faim d’un mois et une campagne internationale de solidarité pour que Michel Madassamy soit libéré.

Les patrons "harcelés moralement" !

En retournant la notion de harcèlement moral, les directions d’entreprises s’en servent pour licencier les délégués syndicaux. Cédric, de la CGT, a été licencié par Virgin pour cette raison, deux représentants de SUD sont dans des procédures de licenciement pour les mêmes raisons dans le secteur de la chimie.

Mayant Faty, représentante syndicale SUD Nettoyage, licenciée pour avoir utilisé trop d’heures syndicales ! C’est elle qui a mené la grève d’un an dans les hôtels ACCOR et qui a fait reculer la multinationale sur la question d’une " charte sociale de la sous-traitance ". Victor, militant CGT, intérimaire, interdit de tout emploi dans les entreprises aéronautiques de la région. Son crime a été de demander une requalification de ses contrats de travail d’intérim en CDI et de créer une jurisprudence qui a depuis bénéficié à des centaines de salariés. Latifa Abed, déléguée CGT de Maxi Livres et militante au Réseau Stop Précarité, harcelée constamment depuis des années par la direction de Maxi Livres pour son action syndicale est à nouveau attaquée en justice par son employeur... La liste n’est pas exhaustive !

La répression syndicale s’exerce aussi par de multiples attaques judiciaires pour diffamation (SUD Collectivités Territoriales, SUD Rail, SUD Santé ont des procès en cours), par de lourdes sanctions suite au mouvement de grève du printemps 2003, c’est le cas de Roland Veuillet de SUD Education muté sur une autre région. Lors du conflit à EDF-GDF, des dizaines de grévistes ont été sanctionnés, comme de nombreux cheminots l’avaient été en 2003.

Au sein de l’union syndicale Solidaires, une commission antirépression vient juste de se mettre en place. La confédération CGT, pourtant capable de grande campagne lorsqu’elle considère les réprimés comme des figures " exemplaires ", est bien mesurée dans son soutien aux victimes de la répression ; le fait que ce soient souvent des représentants des courants les plus combatifs (militants investis dans le réseau Stop Précarité, UL CGT Longwy...) n’y est malheureusement pas pour rien.

Réagir vite et unitairement !

Un collectif intersyndical s’est mis en place. Son objectif est de dénoncer tous les cas de répression antisyndicale, de relayer toutes les actions de solidarité, d’organiser des actions militantes contre les entreprises qui pratiquent la répression à outrance et de construire une campagne unitaire sur cette question. De nombreuses structures CGT, Solidaires/SUD, CNT se sont déjà inscrites dans cette démarche

Il est fondamental et de notre responsabilité à tous que nous apportions très rapidement le soutien le plus large possible à nos camarades victimes de cette répression. La solidarité est le meilleur moyen de les soutenir mais aussi de faire reculer cette vague répressive que le patronat impulse parce qu’il se croit en capacité de le faire...

J.P. Régime

Pour contacter le collectif :
pagesperso.laposte.net/rsi

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