Une tribune pour les luttes

Association Le No !

Squat culturel à deux doigts de l’expulsion … et après ?

Article mis en ligne le mardi 17 avril 2012

COMMUNIQUE DE PRESSE

Qui n’a pas entendu parler du dynamisme et de la créativité mis en œuvre par les membres de l’association « le No ! » en lien avec les structures hébergées dans les locaux du 14 rue Ferdinand Rey pour faire revivre les murs du Théâtre Nau vieux de 172 ans ?

L’Association Le No ! Occupant les lieux depuis juillet 2011 essuie aujourd’hui ses derniers moments dans les locaux d’un des plus vieux théâtre de Marseille.

Résidences d’artistes, locaux de répétitions de musique, salle de danse, atelier bois, atelier de peinture, magasin gratuit, cours extérieure ouverte aux circassiens, salle de réunion et de montage, bureaux associatifs … les locaux laissés à l’abandon par le syndicat écclésiastique des prêtres de Marseille renaît depuis 8 mois grâce à l’engagement militant de ses occupants.

Après un dernier recours au JEX (Juge d’Exécution) le 12 avril 2012, qui permet à l’association d’obtenir de nouveaux délais supplémentaires pour vider peu à peu l’immeuble, le théâtre va bientôt revenir à ses fantômes. Mais les artistes ne veulent pas baisser les bras !

Le travail sur le patrimoine historique et culturel du théâtre continue. « Même si nous partons, nous continuerons le combat afin d’éviter la destruction du théâtre Nau. Les archives du lieu ont été mises en lieu sur et le dossier de classement au patrimoine sera déposé malgré notre expulsion » déclare Michel, membre du collectif.

Quand on parle de 2013, oublie-t-on qu’il y a un 2012 et un 2014 ?

Pointer du doigts les gros projets de Marseille provence 2013 n’intérresse pas les membres du collectif, mais une question se pose tout de même : quelle place pour les artistes locaux dans les projets culturels de la ville ? Gros budgets pour grosses compagnies et gros impact touristique ? C’est là où l’association Le No ! tient à son fer de lance. «  Nous n’avons pas fait appel aux politiques locales jusqu’ici. Aujourd’hui, il est temps de montrer que les artistes locaux ont aussi leur place dans le paysage Marseillais. Si ça n’est pas la mairie qui nous le permet, nous continuerons à le faire par nous même. » lance Michel sur le sujet.

Actuellement, alors qu’à Paris, Lyon ou Toulouse, le mouvement alternatif réussit à trouver une place, à Marseille, il est détruit de l’intérieur par une politique tournée vers le tourisme et non vers ses habitants. L’exemple, en plein centre ville, du théâtre No ! le prouve, et il n’est pas le seul.

Une occupation sans droits ni titre n’est pas un acte sauvage mené par des marginaux. Il est souvent lié à une revendication politique en opposition a un système qui laisse pour compte une partie des citoyens. Ici, c’est plus de 10 personnes en situation de précarité qui doivent être relogées et plus d’une centaines d’associations qui font vivre la culture locale qui bénéficiaient des locaux qui doivent trouver une solution.

Les marseillais ont-ils envie d’une ville sans âme qui se laisse grignoter par le tourisme ?

Nous espérons que la suite nous prouvera le contraire !

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