Une tribune pour les luttes

Ces gamins qu’on bousille

Alain, Grâce, Vincent, Fahim, Laurette ... et les autres...

Article mis en ligne le vendredi 4 mai 2012


Article sur l’audience de jeudi à la cour d’appel du JLD au cours de laquelle Grâce a été libérée et Alain maintenu en rétention (mais il a depuis été libéré aussi et placé dans un foyer)

http://www.liberation.fr/societe/20...


Ces gamins que Sarkozy bousille

Trois situations inacceptables. Deux de mineurs étrangers et une d’un père d’un enfant scolarisé que le gouvernement et les préfets accablent pour rien. Pour le principe. Parce que force doit rester à l’administration. Et que les préfets ont des objectifs chiffrés à l’unité près d’expulsions à atteindre. Sur ordre du président et de ses collaborateurs, ministre et préfets.
Ci-dessous les coordonnées de l’Elysée et de Guéant. A qui on dit ce qu’on pense de leur attitude et de leur politique sans donner prise aux accusations d’injure ou de calomnie.
Nicolas Sarkozy et ses conseillers


Communiqué RESF 91

30 avril 2012

Le préfet de l’Essonne
maintient illégalement un mineur en rétention

Alain KUITANG KENGNE est mineur isolé. Il est enfermé dans le centre de rétention de Palaiseau depuis 24 jours sur décision du Préfet de l’Essonne. Ce matin, une place lui était réservée sur le vol Paris-Yaoundé.

Arrivé en France en mars 2011, Alain a connu la rue pendant plusieurs mois avant d’être placé sous la responsabilité de la Maison du Rhône, à Lyon, par un juge des tutelles des mineurs.

Début avril, Alain se fait arrêter en région parisienne. Le Préfet de l’Essonne l’envoie en rétention, ignorant l’acte de naissance d’Alain, méprisant le jugement du magistrat de Lyon,. Il préfère se fier aux résultats de tests osseux pratiqués en novembre 2011 et avril 2012. Des tests osseux dont la fiabilité est contestée scientifiquement. La preuve : les premiers lui donnent 19 ans, les seconds pratiqués six mois plus tard, 18 ans.

Aujourd’hui, 30 avril, Alain a refusé d’embarquer et a été ramené au CRA de Palaiseau. Demain sera son 26ème jour de rétention, le Préfet aurait pu le libérer mais il demande la prolongation de la rétention. L’acharnement contre un mineur, son coup d’éclat avant les élections ?

Dans les textes, c’est à l’administration de prouver la majorité d’une personne. Quelle preuve apportera le Préfet de l’Essonne, demain, au juge ? Un laissez-passer consulaire reconnaissant Alain citoyen de ce pays a été délivré par le Cameroun pour permettre la tentative d’expulsion dont il a été l’objet aujourd’hui. Ce document comporte obligatoirement la véritable date de naissance d’Alain, reconnue par son pays d’origine. Si, comme l’ensemble des documents en notre possession nous porte à le croire, ce laissez-passer établissait la minorité d’Alain, cela voudrait dire que la PAF a sciemment tenté d’expulser un mineur, que les responsables du CRA de Palaiseau le maintiennent illégalement en rétention en connaissance de cause sur ordre du préfet de l’Essonne et que le ministre de l’Intérieur couvre le tout conformément à la politique de séduction de madame Le Pen du président sortant. Le Préfet fera-t-il figurer ce document au dossier présenté le 1er mai à 14 h devant le Juge des libertés et de la détention d’Evry ? Sa non présentation serait un aveu.


Grace, 16 ans, congolaise (Brazzaville), condamnée à 45 jours d’emprisonnement au Mesnil-Amelot

Grâce, lycéenne de Pithiviers (Loiret) a été arrêtée il y a 25 jours à la gendarmerie de Malesherbes à l’occasion d’une convocation piège. _ La préfecture du Loiret l’accuse d’avoir utilisé un faux passeport pour entrer en France et d’être en réalité majeure. Ce que sa famille et le consul du Congo contestent. En principe, le consulat du Congo ne devrait pas délivrer le laissez-passer nécessaire à son expulsion, ayant dèjà remis à Grâce en septembre 2011 un certificat d’identité attestant qu’elle est née en 96, donc mineure. Mais, pris dans une logique délirante, appliquant mécaniquement des lois et des règles absurdes, l’administration, la justice et la police s’unissent pour broyer les espoirs et la vie de tout jeunes gens. Grâce vient de subir 25 jours d’emprisonnement au CRA du Mesnil-Amelot.

Aujourd’hui, le Juge des libertés et de la détention de Meaux, un brave homme, visiblement désolé de ce qu’il fait, vient de lui infliger 20 jours de plus. La machine folle entraîne aussi dans sa course des hommes de bonne volonté.

Pour demander la libération de Grâce, continuez à signer la pétition http://resf.info/P2261
et écrivez au préfet du Loiret.


Vincent de Paul MBAPTE, camerounais, 31 ans, est en rétention au CRA du Mesnil-Amelot depuis le 16 avril , après notification d’une OQTF du préfet d’Eure et Loir. Les différentes procédures engagées, demande d’assignation à résidence devant le JLD de Meaux et recours devant le tribunal administratif de Melun, n’ont permis ni de le faire sortir, ni d’annuler l’OQTF.

Vincent de Paul est arrivé en France il y a 9 ans, comme nombre de ces jeunes que des clubs de football font venir pour les tester et éventuellement les recruter. Il sera licencié pendant un an par le club de Wasquehal Capreau, à côté de Lille, qui ne fait aucune démarche pour sa régularisation et qu’il quitte au bout d’un an.
En 2005, il fait la connaissance de Corinne KOUAKOU, jeune femme de nationalité ivoirienne, titulaire d’un titre de séjour, avec laquelle il va former un couple heureux qui dure encore aujourd’hui. Ils ont un enfant d’un an et demi.

C’est pour pouvoir aussi régulariser sa situation et notamment consolider cette vie de couple par un Pacs ou un mariage, rendus difficiles par l’absence de papiers, que Vincent de Paul MBAPTE avait déposé en 2010 une demande de titre de séjour, qui a déjà donné lieu à une OQTF du préfet de Seine-Saint-Denis fin 2010, confirmée par le TA de Montreuil.

Le 16 avril 2012, en allant travailler sur un chantier à Chartres (il faut faire vivre sa famille), il est interpellé puis placé en rétention au Mesnil Amelot.

En 2010 comme aujourd’hui les préfectures s’acharnent à considérer que le jeune homme ne justifierait pas « d’obstacles l’empêchant de poursuivre une vie privée et familiale normale dans un autre pays que la France ou dans son pays d’origine accompagné de sa compagne et de son enfant ». La réalité est tout autre :
Vincent n’a plus de liens avec son pays d’origine, son père est décédé et sa mère vit en France depuis longtemps avec un titre de séjour « résident ». Elle est d’ailleurs gravement malade et le sort réservé à son fils ne risque pas d’améliorer son état.
Il a en France ses liens privés et familiaux, il vit en France depuis 9 ans, pays où vivent sa sœur française, sa mère (résidente), sa compagne de longue date, Corinne KOUAKOU (titre vie privée et familiale), ivoirienne, et son enfant, Julien, né à Bry sur Marne le 24.1.2011.
Il a fourni toutes les preuves de cette situation, toute la famille vit depuis longtemps à Noisy le Grand où elle est honorablement connue. Où sont le droit à une vie familiale normale et les droits de l’enfant ?

Vincent de Paul MBAPTE est camerounais et sa compagne ivoirienne et en situation régulière. Les deux parents vivent en France aux côtés de leur mère respective dont chacune est également en situation régulière et résidente.
Une reconduite brutale à la frontière reviendrait de fait à séparer le fils de sa mère, de sa compagne et de son enfant. Ou à obliger sa famille à quitter un pays où elle a droit de séjour pour s’établir dans un pays dont l’un ou l’autre ne serait pas ressortissant.

Nous demandons aux préfets de l’Eure et Loir, signataire du refus de séjour avec OQTF, et au préfet de Seine et Marne, en charge de son exécution, de bien vouloir réexaminer cette situation, d’abroger une décision qui apparaît injuste et de faire libérer Vincent de Paul pour le rendre à l’affection des siens.

• Préfecture de Seine et Marne
Préfet : Pierre MONZANI Mail : pierre.monzani@seine-et-marne.gouv.pref.fr
Fax du secrétariat du préfet : 0164717503
Directeur de cabinet du préfet : Maurice TUBUL maurice.tubul@seine-et-marne.gouv.pref.fr
Fax : 0164717525
Secrétaire général : Serge GOUTEYRON
serge.gouteyron@seine-et-marne.gouv.pref.fr
 
• Préfecture d’Eure et Loir
 
Préfet : Didier MARTIN
Mail : didier.martin@eure-et-loir.gouv.pref.fr
Directeur de cabinet : M. Guillaume Robillard
Mail : guillaume.robillard@eure-et-loir.gouv.pref.fr
Secrétaire général : M. Blaise GOURTAY


30 avril 2012

11heures - Devant la solidarité, ALAIN (voir plus bas) n’a pas été embarqué ; il retourne au CRA de Palaiseau et devrait donc passer au TA comme prévu avant ce coup de force.

— -

Alors qu’Alain devait passer ce matin devant le juge, il a été embarqué pour ROISSY (Vol pour Yaounde à 10h30’)

Numero de Tel du préfet de l’Essonne 01 69 91 91 51. N’hésitez pas à en abuser : il reste peu de temps pour qu’Alain reste parmi nous


CES GAMINS QUE SARKOZY BOUSILLE (2)

Pour Grâce, lycéenne, pas de présomption d’innocence, et tous les droits de chasser et d’expulser pour la préfecture du Loiret !

29 Avril 2012 Par RESF

http://blogs.mediapart.fr/blog/resf...

9 H 30, le 06 avril 2012 : Grâce, lycéenne se rend à la gendarmerie de Malesherbes répondant à une convocation. Elle pense y récupérer un document de libre circulation pour mineur étranger dont elle a fait la demande auparavant à la préfecture du Loiret.
Elle est aussitôt arrêtée, mise en garde à vue et interrogée.
16 H 00, le même jour : Grâce arrive au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot.

Si Grâce a été placée en rétention le 06 avril 2012, c’est parce que la préfecture du Loiret la considère comme majeure et veut l’expulser car elle s’est maintenue sur le territoire français après l’expiration de son visa…
Mais si Grâce a été placée en rétention, c’est surtout parce qu’elle s’est présentée en toute confiance à la gendarmerie où elle avait été convoquée, suite à une demande de document qu’elle avait faite en préfecture, en tant que mineure, avec sa tutrice.
Alors, qui est déloyal ? Grâce qui n’est peut-être pas mineure ou bien le préfet qui l’a fait arrêter sous couvert d’une convocation anodine ?
Et quelle loyauté dans la violence du déroulement des faits ?
Grâce a dû faire une déposition dans l’urgence, en « avouant » tout ce dont on l’accusait. Elle a signé cette déposition sans même prendre le temps de la relire et sans savoir qu’elle avait le droit de refuser de la signer (ou du moins sans savoir qu’elle ne risquait rien à refuser de la signer). Elle a été placée en cellule le temps que les gendarmes se rendent au domicile de sa tutrice, pour une perquisition. On lui a ensuite remis un arrêté préfectoral portant Obligation de Quitter le Territoire Français et enfin on l’a transféré en centre de rétention. Tout cela en l’espace de quelques heures. Quel traumatisme pour cette toute jeune fille ! Qu’elle soit mineure ou majeure, cette violence n’est pas acceptable.

Si Grâce est maintenue en rétention depuis 21 jours déjà c’est parce que la préfecture considère qu’elle a fait une demande frauduleuse et pourrait donc se soustraire à la décision d’expulsion. Mais qui trompe qui ? Grâce qui a présenté de nombreux documents prouvant qu’elle est mineure et qui croupit maintenant derrière les murs du Mesnil-Amelot ? Ou bien la préfecture qui s’arrange pour que disparaisse le passeport qui devrait permettre à Grâce d’être assignée à résidence chez sa tutrice ?

Si Grâce était expulsée dans les jours qui viennent, ce serait parce que l’ambassade du Congo aurait délivré un laissez-passer à la préfecture du Loiret. Ce qui est impossible puisque la même ambassade a remis à Grâce en septembre 2011 un certificat d’identité consulaire dont la date de naissance est le 14 septembre 1996. La mauvaise foi de la préfecture qui a saisi les autorités congolaises en vue d’obtenir ce laissez-passer sous prétexte de l’absence d’un passeport valide aura-t-elle raison de l’humanisme qui devrait prévaloir dans cette situation.

Grâce est avant tout une jeune lycéenne. Et pourtant elle vient de passer 24 jours en rétention, aux seules fins de satisfaire à un objectif chiffré d’expulsions… Au Mesnil-Amelot, elle est seule actuellement dans sa chambre. Mais elle préfère cela, même si elle s’ennuie… Elle voudrait des livres pour tuer le temps et des maths pour s’entraîner. Il fait froid et humide. Elle souffre des articulations. Demain, elle ira à l’infirmerie….

Indignées par l’enfermement de cette jeune lycéenne, des personnes ont écrit au préfet. En témoigne cette lettre, parmi d’autres :
« Je viens d’être avertie de la mise en rétention d’une petite jeune fille que je connais ainsi que sa famille puisque j’habite à côté de Pithiviers. Je suis catastrophée de ce qui lui arrive comme tous ceux qui la connaissent. Elle est mineure ; sa famille est une famille de gens honnêtes et sérieux qui souhaitent lui donner une bonne éducation. Elle est inscrite dans un établissement scolaire de qualité qui saura l’aider à préparer son avenir.
En tant qu’ancienne enseignante, mère de famille, impliquée dans la vie associative de ma commune, je ne peux comprendre que Grace, jeune mineure, soit ainsi séparée de sa famille, interdite d’école, et menacée d’expulsion. C’est une petite jeune fille gentille et vulnérable qui ne menace en rien l’équilibre de notre pays.
Nous nous mobilisons pour que justice lui soit rendue et qu’elle retrouve rapidement sa famille et le lycée où elle a toute sa place.
Je vous demande instamment, monsieur le Préfet, au nom de la justice, de reconsidérer la situation de Grace et de lui rendre sa liberté de circulation et son droit à l’instruction.
 »

La préfecture préfère rester sourde à toutes ces demandes. Pour elle, pas de présomption d’innocence. Grâce n’est ni une élève, ni une personne. C’est juste un nom à rayer et une unité de plus au tableau de sa chasse.

RESF Orléans, le 29/04/2012

Voir Mille Bâbords 20522


CES GAMINS QUE SARKOZY BOUSILLE

Par RESF

http://blogs.mediapart.fr/blog/resf...

28 Avril 2012

Alain Kuitang Kengne, 17 ans sur son acte de naissance, se désespère dans le centre de rétention de Palaiseau depuis le 6 avril. Il va être expulsé vers le Cameroun. Ainsi en a décidé le Préfet de l’Essonne qui se base sur des tests osseux à la fiabilité discutable pour prétendre Alain majeur et le renvoyer à sa misère natale. Un retour à la case départ pour un môme qui est venu en France croyant, dit-il, «  quitter l’enfer pour le paradis ».

Son père était pousseur, un de ces petits métiers réservés aux plus démunis au Cameroun. Il transportait à longueur de journée des charges de toutes sortes dans son pousse-pousse, une sorte de charrette à deux roues poussée à la force des bras. Le métier est pénible, le salaire dérisoire. Les enfants de pousseurs ne vont pas ou très peu à l’école.

Alain raconte qu’un mercredi de 2007, ses parents ont pris le car pour se rendre à des obsèques. Le lendemain, se souvient-il, les enfants apprennent l’accident, les 27 morts, le décès de leurs parents. Accompagnés de leur voisine, Alain et sa sœur âgés de 12 et 10 ans vont reconnaître les corps à l’hôpital. La femme n’abandonne pas les orphelins et les recueille.

Bien qu’encore très jeune, Alain veut participer aux frais de la famille. Alors qu’il cherche du travail, il fait la connaissance d’un homme qui lui propose de travailler deux ans pour lui et de payer ainsi son voyage vers la France. Au bout de deux ans de travail sans rémunération, Alain reçoit effectivement un passeport et un billet. Il prend l’avion pour Paris le 30 mars 2011. L’homme qui l’attend à l’aéroport lui reprend le passeport, lui donne 50 euros et le quitte en lui disant : « ton destin est maintenant entre tes mains ».

Alain est désormais livré à lui-même dans une ville inconnue. Il prend le RER, descend à la Gare du Nord et reste dans le quartier à errer dans la rue, à mendier pour manger. Un jour, alors qu’il fait la manche dans le RER, il s’arrête dans une station de banlieue. Las de ne pas savoir où dormir et d’avoir froid, il entre dans le commissariat de la ville et montre son acte de naissance. Les policiers passent des coups de fil et baissent les bras : les foyers pour mineurs sont saturés, il faut retourner à la rue et appeler le 115 pour trouver un toit pour la nuit.

En novembre, il est arrêté pour avoir tenté de voler dans une pharmacie de Sainte-Geneviève-des Bois (91). Premiers tests osseux demandés par la préfecture de l’Essonne, résultats : 19 ans. Le Préfet s’empresse de lui délivrer une obligation de quitter le territoire français sans délai. Une OQTF de plus, c’est bon pour ses statistiques, peu importe qu’elle s’applique à un mineur. En général, cette OQTF sans délai s’accompagne d’une mise en rétention. Mais Alain est libéré et retourne à la rue.

Les semaines passent, arrive le mois de décembre, Alain souffre du froid. Alors qu’il tente de dérober un pantalon et des chaussettes dans un magasin, il se fait à nouveau interpeller. Il ment sur son identité et sa nationalité pour cacher sa première arrestation. Mais les policiers trouvent son acte de naissance à la fouille et font le lien avec la première arrestation. Les tests osseux de novembre le font naître en 1992, l’acte de naissance indique 1995. Ils en concluent que ce n’est pas le sien. Alain est libéré mais son acte de naissance est conservé au commissariat.

Et c’est à nouveau la rue, le 115, le SAMU social. L’une des personnes rencontrées dans ses abris d’un soir lui conseille de tenter sa chance en province. Alain économise et achète un billet de train pour Lyon. La chance semble enfin lui sourire : il est présenté à un juge qui le confie à l’Aide Sociale à l’Enfance et aux services sociaux de la Maison du Rhône mi-février 2012. Alain peut réfléchir à son avenir. Il aurait voulu suivre une formation de mécanique mais son niveau en lecture et écriture est trop bas. Il pense à l’armée quand il sera majeur, à la Légion étrangère puisqu’il n’est pas français. Mais il devra fournir une pièce d’identité.

Or, par peur d’être renvoyé dans un commissariat s’il donnait sa véritable identité, Alain a un peu déformé son nom. Il a dit s’appeler Joël Kengne et être né le 10 mai 1994. Le juge pense qu’il va avoir 18 ans et veut le revoir fin avril pour mettre sur pied son projet d’avenir et préparer son départ de l’ASE. Alain décide de revenir à Paris pour récupérer son acte de naissance et donner sa véritable identité au juge. Mais il se fait à nouveau arrêter. Deuxième demande de tests osseux par la préfecture de l’Essonne, résultats : 18 ans. 19 ans en novembre, 18 ans quatre mois plus tard. Pas d’hésitation, le préfet lui délivre un arrêté de placement en rétention. C’est pourquoi Alain est, depuis le 6 avril, au centre de rétention de Palaiseau (91) où il regarde les jours passer sans comprendre les démarches juridiques, les juges, leurs décisions. C’est comme si je regardais des images, dit-il, il faut qu’on m’explique ce que dit le juge et ce qu’il écrit parce que je ne comprends pas.

Il dit avoir mal à la tête à penser toute la journée à ce qu’il deviendrait s’il était renvoyé au Cameroun alors qu’il n’a même pas un centime pour prendre un taxi à l’aéroport. Il parle de sa petite sœur dont il dit fièrement qu’elle va à l’école. Elle est en CE2, oui, elle est en retard parce qu’elle a commencé tard. Il dit que quand il sortira du centre, il voudrait travailler, gagner de l’argent. Il dit que son rêve serait de téléphoner à sa petite sœur et de lui dire : « cette année, je paie ta pension chez la voisine et tu pourras continuer l’école ». Il rêve encore un peu de ce paradis qu’il est venu chercher.

Il ya peut-être un part de vérité et une part d’affabulation dans le récit de ces jeunes qui fuient leur misère et espèrent trouver ici un avenir. Mais que penser de la position des préfets ? En effet, l’article 47 de notre Code civil précise que « "Tout acte de l’état civil [...]des étrangers fait en pays étranger […] fait foi […] » sauf si l’administration apporte la preuve qu’il est faux. Or, pour décider de la majorité ou de la minorité d’une personne, les préfets, souvent suivis par les juges, prennent le parti de se fier aux résultats de tests osseux dont l’inexactitude est scientifiquement reconnue. Dans le cas d’Alain, les tests lui donnent 19 ans puis 18 ans. En appliquant la marge d’erreur de 18 mois, Alain pourrait tout aussi bien avoir 17 ans et demi, 16 ans et demi , 20 ans et demi ou 19 ans et demi. Le doute est plus que permis ! Pourquoi ne bénéficie-t-il pas aux jeunes ? La simple humanité ne serait-elle pas de les mettre sous la protection de l’ASE et de leur donner une chance d’avoir un avenir ?

Nadia NGUYEN QUANG, RESF 91

— -

Coordonnées du préfet de l’Essonne :

- préfet : michel.fuzeau chez essonne.gouv.fr

- secrétaire général : pascal.sanjuan chez essonne.gouv.fr

- éloignement : isabelle.bromboszcz chez essonne.gouv.fr

Nicolas Sarkozy et ses conseillers

- Elysée fax : 01 47 42 24 65

- Conseiller spécial Henri Guaino henri.guaino chez elysee.fr

- Secrétaire général xavier.musca chez elysee.fr

- guillaume.larrive chez elysee.fr

Ministère de l’Intérieur

- claude.gueant chez interieur.gouv.fr

- Directeur de cabinet : stephane.bouillon chez interieur.gouv.fr

- Directeur de cabinet-adjoint : georges-francois.leclerc chez interieur.gouv.fr
Les membres du cabinet chargés de l ?immigration :

- pierre.regnault-de-la-mothe chez interieur.gouv.fr

- henri.zeller chez interieur.gouv.fr

- christophe.reynaud chez interieur.gouv.fr
Secrétariat général à l’Immigration :

- Fax : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00

- Secrétariat général secretariat-general chez immigration-integration.gouv.fr

- Secrétaire général : stephane.fratacci chez immigration-integration.gouv.fr

- Directeur de cabinet : gautier.beranger chez immigration-integration.gouv.fr

- Chef de cabinet : charlotte.orgebin chez immigration-integration.gouv.fr

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5 Messages

  • Le 30 avril 2012 à 11:46, par

    A l’automne 2008, Nura, 47 ans, décide de fuir le Bangladesh pour «  protéger son fils » car ce pompier appartient au mauvais clan, celui des opposants politiques. Mascotte du club d’échecs de Dacca, la capitale, Fahim a remporté plusieurs tournois ycompris en Inde. Son père conserve précieusement depuis toutes les coupures de presse. C’est lui qui l’a initié à l’âge de 6 ans. « J’accompagnais mon père. Au Bangladesh,je voyais les grands jouer. J’ai voulu apprendre », raconte le garçon au sourire malicieux. Mais plus Fahim enchaînait les victoires, plus cela risquait d’attirer les foudres du régime. Nura choisit l’exil.

    Depuis leur arrivée, Nura multiplie les démarches pour obtenir des papiers. Il a même décroché une promesse d’embauche comme magasinier dans une supérette. Mais son dossier est toujours rejeté. Une troisième demande se prépare. Des parents d’élèves, des membres du club d’échecs de Créteil, où Fahim est inscrit depuis 2009, se mobilisent.

    A leur arrivée en france fin 2008, le père et son fils ont trouvé refuge au foyer de France Terre d’asile à Maisons-Alfort (Val-de-Marne). Mais après, les appels au 115 deviennent leur quotidien jusqu’à l’été dernieroù Fahim et son père se retrouvent à la rue, sous une tente. En découvrant la situation des deux sans-papiers, les membres du club s’organisent. Fahim passe ses nuits sur la banquette. « On ne peut pas laisser un enfant dormir dehors », confie cette maman de joueur qui, depuis septembre, le recueille chez elle, par intermittence avec une autre famille. C’est un enfant intelligent, courageux, qui fait comme il peut pour rester debout.

    Comme un rituel, pour le repas du soir, Fahim et son père se retrouvent dans les locaux du club cristolien. Maigre moment de partage familial dans la vie du garçon de 11 ans.

    Difficile à supporter, cette précarité matérielle freine aussi le bon élève, scolarisé au collège Clément-Guyard. Sans papiers ni ressources, lui qui se révèle redoutable aux blitz (parties rapides aux échecs) ne peut pas participer aux tournois internationaux et améliorer son niveau de jeu. La Fédération française des échecs réfléchit aux solutions possibles. « Fahim a un vrai potentiel. Quand il est arrivé, il avait un niveau remarquable. S’il travaille, se concentre, il peut devenir un très grand champion, assure son entraîneur, Xavier Parmentier, ex-capitaine des équipes de France espoirs. Je n’imagine pas qu’il puisse un jour être mis dans un avion et qu’il reparte dans son pays. » Le jeune espoir non plus. Lui qui n’a qu’un rêve : devenir « joueur professionnel en France ». Mais pas n’importe lequel. En appartenant à l’élite comme « grand maître », confie-t-il timidement. Dans l’Hexagone, une quarantaine de joueurs détiennent ce titre.

    • Le 3 mai 2012 à 11:26, par

      signez faites signer la pétitionres  http://resf.info/P1649

      — 

      Ce matin sur France inter journal de 8 h écouter à partit de 8:24 jusque 10:12
      et d’autrees liens

      Fahim, 11 ans, sans papiers et champion de France d’échecs

      Informations - Générales

      Pour que Fahim, puisse participer au championnat d"Europe en Août prochain à Pragues, un grand élan de solidarité s’est mis en place grâce notamment à Xavier Parmentier, Anna-Gaelle et David Guerin qui ont permis la diffusion d’articles dans la presse nationale :

      L’article sur Fahim qui paraîtra dans les inrocks la semaine prochaine est dors et déjà en ligne sur leur site.

      http://www.lesinrocks.com/2012/04/28/actualite/fahim-11-ans-sans-papier-et-champion-de-france-dechecs-11253881/

      L"édition nationale du Parisien http://www.leparisien.fr/societe/video-fahim-11-ans-sans-papiers-et-champion-d-echecs-29-04-2012-1976927.php

      La vidéo du Parisien.fr : http://videos.leparisien.fr/video/ebaa8b4a386s.html

      A lire également l’article de Joachim Iglésiais sur Facebook.

      Photo d’Audoin Desforges d’Inrockset

       aussi un sujet sur France 2 et sur M6

      Fahim jeune du Bangladesh champion de France d ’échec des moins de 12 ans depuis 1 et sur M+660 jours sélectiuonné pour les championnats d"’Europe et du monde ne peut y participer faute de papiers son père et lui arrivés ebn France en 2008 ont fait une demande d’asile et il ont été déboutés le papa a une OQTFdepuis 2010 à l’heure actuelle ils ne sont pas à la rue grâce à la solidarité du club d ’échec mais ils sont hébégés séparémment et ne se retrouvent que le soir pour dîner ensembles dans les locaux du club

       les demandes de régularisations ont toutes étés négatives .le club d ’échec a demandé un rendez vous à la préfecture

  • Le 4 mai 2012 à 12:04, par

    http://www.youtube.com/watch?v=2eQm...

    10 jeunes majeurs du groupe des jeunes majeurs du RESF 34 de Montpellier accompagnés de 3 bénévoles ont embarqué de Sète à Marseille du 7 au 11 avril sur le Bel Espoir, gros voilier trois mats qui accompagne de port en port l’émission Thalassa.

    Montage d’après le reportage FR3 19/20 du 1er mai 2012

  • Le 4 mai 2012 à 12:34, par

    Reportage Sous le métro aérien, dans le XIXe à Paris, des mineurs étrangers campent, étape amère après un périple à travers une dizaine de pays.
    Par WILLY LE DEVIN

    _http://www.liberation.fr/societe/20...

    (...)

    « On est très fatigués », se désespère Abdullah. Muhammad, 15 ans et demi, dit, lui, « que les Français doivent avoir un cœur de pierre pour passer devant nous sans nous aider ».

    Rats. Jusqu’à minuit et demi, avec les incessants passages des métros, il est impossible pour eux de fermer l’œil. Et puis, ça sent terriblement la pisse, les toilettes publiques étant confisquées par les toxicomanes qui s’envoient des shoots, les passants urinent aux abords du petit terrain. Les plus insomniaques tuent le temps en marchant. Cette nuit-là, Hazri fera des dizaines de rondes sous sa capuche. D’autres, plus aventureux, ont dévissé les plaques de fer des rampes de skateboard. S’allonger à l’intérieur, c’est voisiner avec les rats. Mais aussi l’assurance de ne pas se faire piquer ses affaires pendant la nuit.

    « Pour ça », Akhmat a traversé 11 pays en huit mois. Il en égraine laborieusement la liste : Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, Macédoine, Serbie, Bosnie, Croatie, Slovénie, Italie et France. Toutefois, son odyssée va se poursuivre. « Vu qu’il n’y a rien pour nous en France, je vais tenter d’aller en Angleterre ou en Suède. Il paraît qu’en Suède, on peut avoir des papiers et aller à l’école en deux mois. »

    (...)

  • Le 5 mai 2012 à 20:32, par

    Laurette, 14 jours majeurs

    http://www.liberation.fr/societe/20...

    Reportage

    Le 19 mai, cette ado congolaise atteindra ses 18 ans. Sans papiers, esclavagisée, ballottée de centre de rétention en foyer, elle risque désormais l’expulsion.

    Par ANNE DIATKINE

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