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Printemps québécois

Le tintamarre des casseroles enterre le bruit des bottes

nouvelles du 31 mai - 1er juin

Article mis en ligne le vendredi 1er juin 2012

Le tintamarre des casseroles enterre le bruit des bottes, Sans-titre-diffusion, 31 mai 2012
http://juralib.noblogs.org/2012/06/01/le-tintamarre-des-casseroles-enterre-le-bruit-des-bottes/

Maintenant, depuis le soulèvement des casseroles, c’est autre chose qui se trame. La communication passe par la résonance et les gens se voient. Des voisins découvrent leurs existences réciproques. Au milieu de tout ça, la volonté d’élargir le mouvement, d’en faire un vrai mouvement anti-gouvernement (comme en Argentine etc.) ou en tout cas de ne pas perdre l’opportunité de construire quelque chose de plus solide et durable, a mené à l’organisation d’assemblées de quartier un peu partout. En fait, les gens se sont rendus vite compte que malgré tout ce « get together » dans la rue, c’est très dur de parler par-dessus le joyeux vacarme. Mais chaque soir, de bouche à oreille, parfois avec des tracts ou des affiches, la rumeur se répand vite dans le quartier. Ça a été très facile d’inviter les gens aux assemblées. Tout le monde est content que ça existe, qu’on les y invite. La première a eu lieu dans la Petite Patrie, samedi passé, et une autre à Hochelaga. Des comités sont créés, etc., et on sait pas trop ce que ça va donner, mais des rencontres se produisent, et ça change l’ambiance générale. Ça décentre le mouvement par rapport aux assos étudiantes et ça permet des mises en commun de certaines pratiques. Par exemple, les gens du nord de la ville se sont organisés pour avoir toujours des gens qui peuvent accueillir où donner des lits à ceux qui sortent du C.O. Nord (le comico central du nord de la ville) en pleine nuit. Etc.

L’écho des casseroles s’accentue,
Le Devoir, 1er juin

http://www.ledevoir.com/societe/education/351440/l-echo-des-casseroles-s-accentue

La rue a désormais l’habitude des manifestations nocturnes et de la symphonie tonitruante des casseroles sur le coup de huit heures. Mais ce fut avec une intensité renouvelée que des étudiants et badauds soutenant leur cause ont repris la cuillère en bois et sont sortis manifester, hier soir. Plus tôt en fin d’après-midi, sur Internet, les appels aux rassemblements étaient d’autant plus nombreux après l’échec des négociations entre les associations étudiantes et le gouvernement.

Alors que des concerts métalliques avaient lieu dans diverses villes de la province, les manifestations montréalaises se déroulaient dans le calme, au moment de mettre sous presse, sauf à Québec, où l’atmosphère semblait plus tendue. Rassemblant plusieurs milliers de personnes, la 38e manifestation nocturne, au départ du parc Émilie-Gamelin, a été déclarée illégale dès le début, mais la police a indiqué qu’elle tolérerait la marche s’il n’y avait pas d’actes criminels commis. Des feux d’artifice ont éclaté en grand nombre. Dans ce vacarme, la foule brandissait des drapeaux noirs ou rouges.

« Mauvaise foi »
« C’est à cause de Jean Charest », a répondu Robert, qui expliquait pourquoi il battait la casserole sur l’avenue du Mont-Royal, coin de Mentana sur le coup de 20 h. « C’est la mauvaise foi du gouvernement Charest qui me convainc de sortir dans la rue ». Comme lui, bien des manifestants sont sortis manifester, vivement interpellés par l’impasse des négociations.

« Quand ils ont annoncé un retour à la table, ce n’était pas des négos pour moi. C’était juste du niaisage, de la poudre aux yeux pour les électeurs ambivalents », a lancé une grand-mère longueuilloise, qui ne manque pas une manifestation nocturne depuis le début.

Plusieurs se sont dits déçus de l’attitude du gouvernement de Jean Charest. D’autres s’en prenaient personnellement au premier ministre. Marilou Saint-Louis, une enseignante de 39 ans résidant à Ville-Marie a trouvé « dommage » que Jean Charest ait dénigré la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) et son porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, qui aurait fait allusion à la perturbation du Grand Prix. « C’était une mauvaise blague de la CLASSE, mais Jean Charest ne peut pas faire de leçon en terme de mauvaises blagues. C’est 1 à 1 », a-t-elle dit, frappant sur sa casserole.

Des manifestants dans la rue Crescent y ont aussi fait allusion. « Charest, tu ris, mais check ben ton Grand Prix », scandaient-ils sous les flashs des caméras et les doigts d’honneur de certains. Dans Hochelaga-Maisonneuve, environ 700-1000 personnes de tous les âges se sont retrouvées à marcher au sud de la rue Ontario, alors qu’une vente trottoir bloquait cette artère.

Carl-André Girard frappe sa cuillère de bois (la 3e) sur un plat de métal tout cabossé. Selon lui, le gouvernement a fait un mauvais calcul en pensant que la population allait se diviser sur le conflit étudiant. « Mais on se rallie », a-t-il dit. Il préfère parler d’« éveil social » plutôt que de crise. « Si on regarde tous les endroits dans le monde où ça manifeste en appui… Ça a commencé avec un printemps érable, mais là, c’est le printemps partout dans le monde. »

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