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Palestine : Détérioration de la situation dans les territoires occupés

Article mis en ligne le samedi 2 juin 2012

http://www.secours-catholique.org/a...

01/06/2012

Deux rapports préoccupants sur la situation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est viennent de sortir. Ils émanent, pour le premier, des Nations Unies et, pour le second, d’une des plus anciennes associations israéliennes de défense des droits de l’homme.

Au regard du droit international, Jérusalem-Est, comme la zone C, est un territoire occupé par l’État d’Israël. Celui-ci, de ce fait, est tenu d’assurer le bien-être des populations occupées. Or, depuis l’occupation, en 1967, la situation se dégrade. Tout semble mis en œuvre pour faire partir la population palestinienne, tant de la zone C que de Jérusalem-est.

Augmentation des atteintes portées aux Palestiniens et à leurs biens

Le Bureau de Coordination des Nations Unies pour les affaires humanitaires dans les territoires Palestiniens occupés par Israël (OCHAOPT) a publié en avril dernier un rapport faisant état de dérives inquiétantes. Le nombre de Palestiniens blessés par l’armée d’occupation israélienne augmente régulièrement. Même augmentation pour le nombre de bâtiments palestiniens détruits par l’armée d’occupation. 730 Palestiniens ont été blessés au cours des quatre premiers mois de l’année 2012, dont 441 au cours de la première quinzaine de mai 2012. Ces chiffres sont multipliés par 2,5 si on les compare à ceux de 2009, et en augmentation de 25% par rapport à 2011. 85% d’entre eux l’ont été au cours de manifestations où les Palestiniens s’opposaient à la prise de leurs terres par des colons. Le nombre de destructions de constructions dans la zone C est monté à 84 en avril. La moyenne des quatre derniers mois a triplé depuis 2009 et a augmenté de 25% par rapport à 2011. Non seulement des dizaines de familles se retrouvent sans habitation, mais la destruction des citernes laisse des populations entières sans eau dans une région où cette ressource est trop souvent détournée au profit des colons. La raison alléguée pour ces démolitions est l’absence de permis de construire. Mais ceux-ci ne sont que rarement délivrés par l’administration civile (c’est-à-dire l’administration militaire dans les territoires occupés). En effet ce n’est que sur 1% de la zone C que les Palestiniens peuvent être autorisés à construire. 70% de la même zone sont réservés aux colons et aux zones d’entrainement au tir des Israéliens


À Jérusalem-Est, 40% des enfants ne terminent pas leur scolarité

Par ailleurs, l’association pour les droits civils en Israël (ACRI) dénonce, dans un rapport mis en ligne le 16 mai 2012, une détérioration sans précédent de la situation à Jérusalem-Est. Le taux de pauvreté des 360 882 Palestiniens qui composent 38% de la population de Jérusalem est passé en quatre ans de 64 à 78%. Pour les enfants, il est passé, dans le même temps, de 73 à 84% . Cette extrême pauvreté vient d’un sous-emploi en augmentation et d’un système éducatif sous-équipé. Il manque 1000 salles de classe à Jérusalem-Est, où 40% des jeunes ne terminent pas leur scolarité. Par ailleurs, on constate une absence voulue d’équipements matériels et d’infrastructures économiques. La différence avec Jérusalem-Ouest est frappante : trois bureaux d’aide sociale à l’est, contre 18 à l’ouest, 6 maternelles à l’est, contre 66 à l’ouest. On ne trouve que 9 bureaux postaux à l’est, contre 42 à l’ouest. Les 142 km du mur ( la « barrière de sécurité » pour les autorités israéliennes) ont coupé la partie est de Jérusalem de son arrière pays et aggravé le chômage. De plus, en infraction à la loi israélienne, beaucoup d’employeurs exigent un extrait de casier judiciaire vierge des demandeurs d’emploi. Or, beaucoup de Palestiniens ont été arrêtés au cours des deux intifada, voire au cours de manifestations contre l’extension des colonies. Enfin, les conditions de logement deviennent de plus en plus difficiles puisque les habitants palestiniens de Jérusalem-Est ne peuvent construire que sur 13% de leur ville – dont 35% a été expropriée au profit de colonies. Le reste est réservé à des espaces verts ou à des équipements collectifs futurs. De ce fait, les logements palestiniens ont une surface moyenne de 11m2, contre 20m2 pour la population juive de la ville ouest.

Analyse réalisée par Bernard Flichy, bénévole au Pôle Moyen-Orient/Nord de l’Afrique de la direction Action internationale du Secours Catholique

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