Une tribune pour les luttes

atoutelesvictimes

Informations sur la mort de Wissam à Clermont-Ferrand

Article mis en ligne le samedi 2 juin 2012

30 mai 2012

A Wissam

Rappel des faits :

le 1er janvier 2012 à Clermont-ferrand Wissam est interpellé par des policiers, il est lynché sur le parking en face de l’école jean de la fontaine. Il tombera dans le coma et décédera 9 jour et demi plus tard d’une longue agonie.

- Tout d’abord, un des éléments le plus essentiel :

Wissam n’était pas excité. Les messages radios ne font pas l’état de quelqu’un d’excité, les témoins ne font pas état de quelqu’un d’excité, certains policiers affirment même que Wissam était calme. Il y a moins d’une minute entre le signalement de la fuite et son arrestation 150 m plus loin ce qui correspond à ce qu’affirme des témoins, l’arrestation s’est faite par surprise. L’arrestation a donc été rapide. Le nombre de coups reçus et de fractures sont donc de trop car ils ont contribué à la mort de Wissam. Il y avait 24 policiers présents sur les lieux de l’interpellation. Wissam a été embarqué dans une voiture où il y avait 2 personnes dont un chauffeur. S’il avait été excité, ce transport avec seulement un policier avec lui aurait été inconcevable. Hors on le sait maintenant, il été déjà à demi KO par les coups qu’il a reçu. Au vue de l’état du corps à l’arrivée à l’hôpital, il était certainement plus que diminué et ne pouvait pas être excité lors du transport. Les analyses toxicologiques révèlent que Wissam n’était pas sous emprise, ni de cocaïne, ni de cannabis au moment de l’interpellation, mais en avait simplement des traces dans le sang (consommation passive cannabis, consommation récente de cocaïne mais passé). Traces dont le taux est inférieur au seuil de positivité au test 6ng/ml pour la cocaïne et 1ng/ml pour le cannabis. Il n’était donc pas sous emprise de "cocktail de drogues" lors de l’interpellation comme on nous l’a maintes fois répété. Les résultats toxicologiques ne sont pas contestés, mais l’analyse qui en est faite par le laboratoire « préféré » de la police est fausse, mensongère !

-  Pourquoi avoir aussi menti sur la longueur du casier judiciaire de Wissam qui ne fait pas acte de violence ? Il avait un casier judiciaire suite à une "bêtise" d’une conduite en état d’ivresse.

- Concernant la géolocalisation des véhicules de police, sur 15 véhicules, il y 9 dysfonctionnements, dure à avaler, et inadmissible de la part d’agents de l’Etat, dépositaires de l’autorité publique. Sur les lieux du drame, le nombre de véhicules de police donné au départ est faux, le nombre a été volontairement caché. Il y avait une volonté de dissimuler le nombre de policiers. Tous les policiers n’ont d’ailleurs pas été entendus. Bien que sur FR3, le syndicat de police Alliance avait vanté la précision et la fiabilité de la géolocalisation, on nous sert là des dysfonctionnements. Quel hasard ?

- Sur le plan médical, l’autopsie intervient qu’après 9 jours et demi de soins intensifs, par conséquent le corps a fortement cicatrisé. Le rapport de pré-autopsie omet au minimum 4 fractures importantes, et parallèlement ce même rapport dont l’objectivité est néant (le légiste voit même des insultes comme si par enchantement pendant l’autopsie Wissam se réveillait pour insulter et ensuite remourir... C’est scandaleux, grossier, indécent et honteux d’écrire cela), repère étonnamment des micros lésions presque invisibles, une excroissance qui est présente chez tout individu.

- La thèse du pliage qui était dès le départ bancale n’est plus reconnue par l’expertise. Elle ne peut expliquer, ni les lésions, ni les bleus très importants au niveau du cou ! Le légiste dit ne plus savoir les raisons de la mort, pourquoi avoir affirmer alors n’importe quoi au début ? Pourquoi ne pas reconnaître la thèse de la strangulation qui est la seule raisonnablement valable ?

- Selon les policiers, Wissam n’aurait pas été "tué" dans leur voiture et selon toujours eux, il se serait évanoui une fois posé au seul endroit du commissariat où il n’y a pas de caméras (quelle coïncidence !!!). Ce mensonge ne traduit-il pas une culpabilité des policiers concernés et complices ?

- Comment interpréter que le policier qui contrôla l’alcoolémie des autres policiers était un des policiers présents sur les lieux de l’interpellation, un policier qui a la réputation d’être une personne violente ? Un test avait été demandé par le parquet sur Wissam, et sur les policiers présents sur les lieux de l’interpellation. Ce test a été fait entre collègues, au commissariat, à l’éthylotest pour les policiers alors qu’ils avaient les moyens de le rendre sanguin, tandis qu’il a été sanguin pour Wissam. Les témoins qui sont ensuite venus sur le parking (ce que confirment les policiers eux mêmes) affirment que les policiers étaient saouls. C’est un des policiers présents sur les lieux de l’interpellation qui a effectué ce test alors qu’il devait lui même s’y prêter. D’ailleurs, c’est le seul PV qu’il réalise, c’est dire à quel point ça le tenait à cœur. Il a l’audace d’écrire : « agissant conformément aux demandes du parquet »

- Un des deux policiers ayant été mis en congé, juste après la tragédie était formateur généraliste à l’école de police ! De plus, la réputation de ce dernier le rattrape, il était considéré comme très violent. Comment nous expliquer qu’un formateur puisse donner un si mauvais exemple ?

- Comment accepter la thèse des policiers qui affirme que les fractures, est une des conséquences, d’une excitation des chiens sur Wissam et non des coups donnés ?

- La version des témoins concorde avec la chronologie des faits, avant même que la version policière soit remise à la justice ! Les témoins n’ont pas pu tout inventer, sinon la version des témoins aurait été complètement différente, et discordante, de la chronologie des événements ! Ce sont d’ailleurs les témoins qui ont été les premiers à révéler le rôle de chacun des protagonistes.

- Sur certains Procès verbaux, on retrouve exactement la même réponse à une même question posée par la même personne à deux personnes différentes (il s’agit ici de la déposition des policiers). Que faut il en conclure ? Ont-elle le même cerveau ? Est-ce la même personne à chaque fois qui répond ? Sont-ils des clones ?

- La demande de contre autopsie avait été demandée fin mars et fait par écris le 3 avril. Celà fait presque deux mois que la contre autopsie n’a pas été faite pourquoi ? Même les juges d’instruction, de ce fait, sont hors délai, voir hors la loi. Qu’en est-il des droits de Wissam, de sa famille ?

Il y a une succession, de mensonges et d’erreurs, toutes à décharge. Ainsi qu’un manque de professionnalisme, voire de moralité de fonctionnaires que l’on rémunère. La douleur de la famille, ne fait que grandir au fur et à mesure qu’ils se rendent compte que des criminels sont protégés et que l’on ne reconnaît pas le statut de victime à Wissam qui a pourtant souffert physiquement, mentalement, qui se serait fait torturé, humilié, qui a agonisé dans le coma pendant neuf jours avant de succomber.

Retour en haut de la page

Thèmes liés à l'article

Communiqués c'est aussi ...

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 4250