Une tribune pour les luttes

CQFD n°100 (mai 2012)

Bouge, c’est gratuit

Article mis en ligne le jeudi 5 juillet 2012

http://www.cqfd-journal.org/Bouge-c-est-gratuit

Transports
Bouge, c’est gratuit

paru dans CQFD n°100 (mai 2012), par Gilles Lucas, illustré par JMB

mis en ligne le 04/07/2012

Depuis quatre ans, dans l’agglomération du Pays d’Aubagne et de l’Étoile (Bouches-du-Rhône), les transports en commun sont gratuits. Une folie anti-économique ? Non, un choix politique et social hétérodoxe qui semble satisfaire les usagers, les employés et même le patronat local ! Enquête.

«  Les transports gratuits ? C’est super ! se réjouit ce retraité assis sur un banc de la gare routière d’Aubagne. Ça vaut vraiment le coup. On va où on veut sans avoir à compter, on peut se promener. Ma voiture, elle est au garage, je ne la prends plus que pour sortir de la ville. » Hé oui, dans cette petite ville des Bouches-du-Rhône, l’on peut entrer dans un bus sans sortir un euro. L’ancien poursuit : « C’est normal que les transports en commun soient gratuits ! Surtout en ce moment, que tout est si difficile. »

Voilà un avis qui va à l’encontre des souteneurs de doxa économique et des zélateurs de la République ! Si ces derniers voient dans la gratuité une aggravation des inégalités sociales – puisque seuls les riches circuleraient alors en voiture –, les premiers prétendent que «  ce qui est gratuit est dévalorisé », laissant entrevoir la piètre estime qu’ils ont pour l’enseignement et le système de santé publics. «  L’utilisateur des transports en commun doit se comporter de manière responsable et financer le service, dans la mesure de ses moyens », proclament les Verts dans leur plate-forme nationale. Pour le Groupement des autorités responsables de transport [1], comme pour la Fédération nationale des associations des usagers de transport, la gratuité est aberrante, sinon dérisoire. Selon Pierre-Henri par JMBEmangard, maître de conférences à l’université du Havre 2, «  la gratuité crée l’illusion qu’il peut exister des biens ou des services qui n’ont pas de coût et peuvent être consommés sans limite ». Quant à Esther Dubois [2], directrice de la prospective Transports à la Communauté de Clichy-Montfermeil (Seine-Saint-Denis), elle juge que la gratuité «  n’a pas de sens ! La valeur du déplacement, le transport […] est un “échange fluide”, un gisement de relations et de services pluriels qu’il s’agit de faire émerger, de valoriser en système d’échanges sociaux. Il n’est donc pas seulement une valeur “monétaire”, mais une valeur ajoutée sociale : créatrice de relations, de connections, de liens, de choix, de communautés, de nouvelles richesses partagées. La mobilité devrait donc pouvoir révéler une communauté d’usage. Il s’agit de fonder de nouvelles valeurs, des systèmes de “monnaies complémentaires”, permettant la création de communautés, d’individus mobiles, usagers-acteurs. » Et blablabla.

Cette artillerie dogmatique habillée des fausses vertus du bon sens, Nathalie Castan, directrice du service transports de l’agglomération du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, la connaît bien. Lorsque a été décidée, en 2008, la mise en place des transports gratuits dans cette commune et quatorze autres environnantes (Bouches-du-Rhône et Var), «  on nous a expliqué que l’argent investi pourrait servir à d’autres choses, que ça allait augmenter le nombre des incivilités. On s’est même entendu dire que ça favorisait les déplacements inutiles, comme aller se promener ou voir des amis ! » La société Véolia, détentrice de la concession depuis une trentaine d’années et aujourd’hui chargée de la gestion du parc de bus en délégation de service public (DSP), avait d’emblée refusé. Et pourtant, trois ans après la disparition des tickets, l’opération est un franc succès : la fréquentation des bus a augmenté de 160 %. « Aucune des inquiétudes, aussi bien celles de Véolia que celles des personnels, ne se sont réalisées. On le saurait, parce que la facture du prestataire aurait augmenté. Mais c’est vrai qu’au début, pour rassurer les conducteurs, on a mis en place une petite équipe de médiateurs. Au bout de quelques semaines, nous les avons supprimés : ils ne servaient à rien », explique la responsable des transports. «  Notre salaire a un peu bougé, en mieux. Et fini le temps passé à faire la caisse, à rendre la monnaie. Je préfère l’ambiance qu’il y a maintenant à celle de l’époque où c’était payant », confie un chauffeur.

En 2008, alors que ce projet de la gratuité était encore à l’étude, les autorités municipales avaient contacté le préfet pour se garantir de toute erreur juridique, les textes de loi concernant la DSP étant extrêmement minces et sujets à de multiples interprétations. «  Dans un premier temps, la préfecture a fait la sourde oreille, poursuit Nathalie Castan. Après une rencontre avec des responsables qui semblaient ignorer le dossier, nous avons décidé de voter la délibération instaurant ce nouveau système de transport. Deux mois après, le préfet nous attaquait au tribunal administratif sans, heureusement, déposer un référé qui nous aurait contraint à tout arrêter. Le 6 décembre 2011, il a été débouté. Il a fait appel… »

Flash back : en 2009, la population de l’agglomération du pays d’Aubagne et de l’Étoile passe la barre des cent mille habitants. Dans le cadre de l’impôt nommé « Versement transport », les employeurs des entreprises composées de plus de neuf salariés déboursaient jusqu’alors, 0,6 % de leur masse salariale. Avec l’augmentation démographique, le pourcentage est fixé dorénavant à 1,05 % : les recettes de cette taxe, exclusivement dédiée aux transports, passent alors de 3 à 5 millions d’euros consacrés, de fait, à mettre en place la gratuité. Finies les dépenses liées à l’impression des billets et des cartes d’abonnement, aux salaires des contrôleurs, à l’achat et à l’entretien des appareils de validation, dont l’ensemble engloutissait, comme à Châteauroux – autre ville ayant mis en place la gratuité – près de la moitié de la recette des ventes des titres de transport. Selon les comptes municipaux, le budget global du réseau des autobus est de 9,2 millions d’euros. Quatre millions d’euros venus de l’Agglo s’ajoutent aux cinq millions collectés à travers le « Versement transport » pour financer l’ensemble. « Aujourd’hui, le nouveau projet est de construire un tramway, lui aussi gratuit, qui devrait finalement relier Aubagne à Marseille, comme cela a été le cas entre 1905 et 1956. Un tel programme permet de passer à une nouvelle tranche du “Versement transport” en la portant maintenant à 2 %. Personne ne rechigne. Les employeurs y voient leur intérêt, celui, notamment, d’avoir des salariés qui arrivent à l’heure… », rapporte la responsable de l’Agglo. Mais ici, contrairement à l’installation des caméras de vidéosurveillance financée par l’État à 50 % pour l’installation et à 100 % pour le raccordement aux services de police, dans le cadre du fond interministériel de prévention de la délinquance, pas un euro n’est versé pour contribuer à la possibilité de circuler sans avoir à payer.

« Mais, prévient Nathalie Castan, ce qui fonctionne sans problème à Aubagne, n’est pas forcément applicable dans des villes comme Paris, où les transports sont saturés. La gratuité augmenterait le nombre d’usagers et les infrastructures actuelles ne pourraient supporter une telle affluence. Mais il est vrai aussi que dans ce type de grande agglomération personne n’a l’intention de se pencher sur la question. C’est presque un sujet tabou. Le fait de devoir payer est destiné à limiter l’utilisation des transports. Et il ne faut pas chercher bien loin pour savoir qui subit cette restriction imposée par le prix du billet… »

Que les transports en commun puissent être gratuits, comme c’est déjà le cas dans une quinzaine de communautés de communes en France, ou comme cela va l’être dans la ville de Tallinn, capitale de l’Estonie, avec ses quatre cent mille habitants, apparaît comme une brèche dans les lois d’airain de l’économie travesties en pur exercice de la raison. On imagine mal l’initiative communale qui s’expérimente ici mettre la marche arrière. Et l’idée d’avoir à monter dans un bus tout en guettant l’arrivée inopinée de quelques contrôleurs zélés, prompts à appeler en renfort les forces de police pour régler cet acte de délinquance majeure qui consiste à voyager sans billet, pourrait faire partie du passé. Ce n’est pas la pire des nouvelles, même si elle n’est pas la solution à tout.

Notes

[1] Association créée en 1980, le Gart regroupe 263 autorités organisatrices de transports, dont 185 communautés d’agglomération et communautés urbaines, 59 conseils généraux et 19 conseils régionaux.

[2] Dans la revue Trans flash d’avril 2010.


Au sommaire du CQFD n°101 (juin 2012),

Les articles sont mis en ligne au fil de l’eau après la parution du CQFD d’ensuite. D’ici-là, tu as tout le temps d’aller saluer ton kiosquier ou de t’abonner...

Édito

Les banquiers nous apprennent à vivre, nous qui vivons au-dessus de nos moyens
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Les Grecs surtout, à qui l’on avait promis qu’en devenant européens – et s’ils faisaient une croix sur leur sacro-sainte sieste –, ils pourraient acheter de belles voitures neuves à crédit. Aujourd’hui, l’usurière de garde les tance : vous feriez mieux de payer vos impôts et la TVA sans pleurnicher, parce que les petits nègres d’Afrique sont bien plus malheureux que vous [1] !

Et les Espagnols ! Ces cigales qui, au sortir du long hiver franquiste, ont chanté tout l’été sans piger qu’après la fiesta, il faudrait payer la facture au taulier. L’Europe avait été bienveillante en subventionnant autoroutes et partis politiques pour faciliter le transit vers la démocratie de marché. Généreuses, les banques ont tout financé : le bétonnage des côtes, le tourisme de masse, le roi, la reine et le Saint-Esprit, les films d’Almodovar, les syndicats, les crédits à la consommation, la paix sociale et celle des ménages, la noblesse latifundiste, l’agriculture hors-sol, les entrepreneurs mafieux… Aux Grecs, aux Espagnols et à nous autres, on a appris l’Europe comme on apprend aux chiens à être propres. Trime, consomme et vote là où on te dit de voter, citoyen !

Aujourd’hui, la bulle explose. Les banquiers ont joué, gagné beaucoup, puis, paraît-il, perdu chouia. Vite, il faut les recapitaliser ! Le gouvernement espagnol vient d’engloutir 23 milliards d’euros pour combler d’aise les coffres sans fond de Bankia, championne de la spéculation immobilière. Et il faudra sans doute y ajouter 100 milliards de fonds européens pour permettre aux maîtres de l’argent d’à nouveau prêter aux collectivités locales et à l’État à des taux prohibitifs. Les pertes sont publiques, les profits seront privés. « C’est pas une crise, c’est une arnaque ! », gueulaient les Indignés de Madrid… La plus grosse arnaque de l’histoire à ce stade, probablement.

Leur austérité, c’est l’état de pauvreté de l’humanité officiellement confirmée. Vous êtes sur terre pour souffrir, bandes de nazes ! martèlent les calvinistes de la finance virtuelle. Leur crise, c’est le système dans sa vérité nue, quand il fonctionne à plein régime, sans rien en face qui lui résiste. La règle d’or est immuable : si les riches sont toujours plus riches, c’est bon pour leur croissance.

Mais partout l’idée d’un renversement fait son chemin : austérité pour les banquiers, luxe et volupté pour les autres !

Notes

[1] « Je pense que [les Grecs] devraient s’aider mutuellement en payant tous leurs impôts », a déclaré la présidente du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, selon The Guardian du 27 mai 2012.

1 commentaire(s)

1- Le patron de la banque Dexia, Pierre Mariani, a gagné 1 809 411 euros.

2- Le patron de la banque Société Générale, Frédéric Oudéa, a gagné 4 350 000 euros.

3- Le patron de la banque Crédit Agricole, Jean-Paul Chifflet, a gagné 1 805 731 euros.

4- Le patron de la banque BNP Paribas, Baudouin Prot, a gagné 2 713 015 euros.

5- Le patron de Banque Populaire – Caisse d’Epargne, François Pérol, a gagné 1 606 000 euros.

6- Le patron de la banque Natixis, Laurent Mignon, a gagné 2 000 000 d’euros.

source : http://socioeconomie.wordpress.com/2011/11/10/salaires-et-revenus-des-banquiers-en-france/

Peut-être que si ils gagnaient moins ils travailleraient moins et feraient donc moins de bétises !

Il ne s’agit là évidemment là que des PDG. Gageons que les autres dirigeants, et traders de tous poils, ne soient pas à plaindre et que la crise ne les émeut pas. L’équivalent de combien d’emplois publics, de minima sociaux, de crédit recherche, . . . ?

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« L’or, l’argent et le plomb » > Dossier. La Toma est un village de chercheurs d’or artisanaux du Cauca, au sud-ouest de la Colombie. Ces descendants d’esclaves des mines de la Couronne espagnole continuent à extraire le minerai de la montagne selon des méthodes ancestrales. Ailleurs, comme dans le Sur de Bolivar, les techniques sont plus polluantes, mais les petits producteurs sont tout aussi menacés par les multinationales minières et la pression conjointe de l’armée et des paramilitaires. Aujourd’hui, près du tiers du sous-sol colombien est donné en concession – environ 70 % de la partie andine, plus encore dans certaines régions. Reportages.

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« Une caravane contre un blocus » > Dossier. Le Sur de Bolivar pourrait être un havre de paix de 1,8 million d’hectares au cœur de la région la plus peuplée et développée de Colombie. Mais cette zone montagneuse, contournée par les grands axes et peuplée par quelques dizaines de milliers de paysans et de mineurs artisanaux, est un territoire très riche en minéraux. Et les ennuis commencent.

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« Faut pas prendre les Hellènes pour des poires » > Alors que les foudres de l’Union européenne et des institutions financières mondiales continuent de s’abattre sur le pays de Socrate, de plus en plus de Grecs semblent décidés à reprendre les affaires de la cité en main. Exemples de ces héroïques expérimentations sociales…

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« Que d’ondes, que d’ondes » > Nouveau coup dur pour les opposants à la floraison chaotique d’antennes relais sur notre territoire : le 14 mai dernier, sur commande du Conseil d’État, le tribunal des conflits se prononçait sur la juridiction compétente – tribunal de grande instance ou tribunal administratif (TA) – en cas de contentieux entre un riverain et un opérateur de téléphonie mobile. Ce sera donc le TA. Détail juridique ?

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« Les mineurs espagnols pas encore enterrés » > Cinq jours avant que le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, ne supplie l’Europe de sauver les banques ibériques, dix mille mineurs ont envahi les rues de Madrid afin de protester contre la réduction de deux tiers des financements publics alloués à l’industrie minière.

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« Sous les pavés, l’érable » > « Notre bonbon, c’est de fesser dans le tas », jubile le flic québécois en ces temps de fronde sociale. Sauf qu’à force de coups de bâton et de lois scélérates, la lutte, loin de se tarir, s’arroge des ambitions rimant avec sédition : la révolte étudiante a pris ses aises, et c’est toute la société qui s’agite. CQFD a contacté quelques erroristes d’outre-atlantique.

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« Mittal de fer dans un gant d’acier » > Le candidat socialiste avait promis : une fois élu, il tenterait bien de faire quelque chose pour Florange. Mais pour les « mitallos » sur place, le doute subsiste : les gouvernements européens auront-ils la volonté de contrer le magnat de l’acier qui a pour coutume de profiter des largesses des pouvoirs publics ?

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« Mais qu’est-ce qu’on va faire de... Stéphane Hessel » > Spécialiste pendant trente ans de la coopération et du développement, et défenseur de relations plus justes avec les pays du Tiers-Monde, le petit père de l’indignation Stéphane Hessel s’est intéressé à l’Afrique tout au long de sa carrière. Mais, depuis son premier séjour au Congo en 1953, alors qu’il travaillait pour les Nations unies, jusqu’à ses voyages au Burkina Faso dans les années 1990, ses aventures africaines apparaissent comme une succession de déconvenues.

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« Le serment de Toto » > Le dernier film de Bernard-Henri Lévy (BHL) traite un peu de la Libye et – paraît-il – beaucoup de lui-moi-je. Malgré une campagne médiatique agressive, même les salles obscures fuient ce tout-à-l’ego. Nous ne saurons donc pas si l’œuvre élude certaines questions, comme celle que posent les relations entre le président soudanais – recherché pour génocide – et le Tripoli nouveau.

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« Soldats de paix, humanitaires de guerre » > Quelles relations existe-t-il entre de tendres impétrants prêts à aider leur prochain et des militaires entraînés à pacifier des populations exotiques ? Derrière l’enseignement des rudiments de survie se cache une perspective bien plus sérieuse : l’action militaro-humanitaire.

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« Libération surveillée » > Chronique les Entrailles de Mademoiselle. C’est bien connu, l’été arrivant, tous les magazines féminins parlent un, de régime, deux, de cul. En les feuilletant, on apprend notamment que la contraception aurait libéré Lafâme, cette dernière s’étant réapproprié une sexualité qui se serait détachée de sa fonction de reproduction (tout cela ne concerne évidemment que Lafâme svelte, l’autre, la grosse, devant préalablement se libérer de ses kilos).

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« Il faut biffer pour bouffer ! » > Histoires de sautes-frontières. Entre répression policière et saillies hypocrites des élus locaux, le « marché libre » de Barbès n’est plus. Si la gentrification du quartier poursuit son cours, les biffins n’ont toutefois pas dit leur dernier mot, survie oblige. Troisième et dernier volet de nos périgrinations dans ce quartier parisien.

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« Quelques dizaines de mètres d’élan » > Chronique Rage dedans. À l’époque, point si lointaine, où le ministre de l’Intérieur s’appelait encore Claude Guéant, il avait coutume de répéter, toutes les semaines environ (et toutes les trois heures en période électorale), qu’il n’était pas question qu’il reste les bras croisés à se gratter les yeuks comme si de rien n’était quand plusieurs milliards d’étrangers (dont plusieurs milliards de sectateurs fanatisés de la religion musulmane) s’apprêtaient – clairement – à déferler sur la Frââânce.

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« Où il n’est pas question du taulier mais de la taule » > Chronique Je vous écris de l’usine. Ce mois-ci, j’étais peu à l’usine. J’ai bradé mes congés de l’année pour aller présenter mes bouquins à travers la France. Parmi ces déplacements, je me suis retrouvé à intervenir au centre de détention de Val-de-Reuil (Eure). Ce n’est pas la première fois que j’interviens en prison, je sais que ce sont des moments forts et, du coup, j’accepte toujours les invitations à l’intérieur des murs. Je sais que je n’y vais pas pour rien. Je sais aussi que je n’y vendrai pas de livres, mais ce n’est pas le but. Je sais enfin que c’est facile d’intervenir en taule quand on en ressort le soir.

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« Les “hommes couverture” » > Les vieux dossiers. 1972, blocs H de la prison de Long Kesh en Irlande du Nord. Une quarantaine de militants de l’Irish Republican Army (IRA), emmenés par Billy McKee, se lancent dans une grève de la faim pour obtenir le statut de prisonniers politiques. L’obtention d’un tel statut, outre qu’il permet de s’affranchir des règles pénitentiaires ordinaires et de porter des vêtements civils, vise à une reconnaissance du combat politique porté par les Républicains en lutte pour l’unification de leur île.

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« Sous les feux de l’atome » > Après Elf, la pompe Afrique, Nicolas Lambert a enquêté pendant deux ans sur l’industrie nucléaire. Le résultat ? Sa nouvelle pièce, Un Avenir radieux, une fission française retrace l’histoire du programme nucléaire depuis de Gaulle. Entretien avec un homme de théâtre. Et de conviction.

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« Punk’s not dead yet ! » > Dans l’offensive généralisée des autorités municipales pour aseptiser la turbulente Marseille, les petites salles de concert sont en première ligne. Spéciale dédicace à nos camarades de l’Enthröpy, éjectés provisoirement à la fin du mois…

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« L’art de vivre comme ça nous boume » > Chronique Cap sur l’utopie ! Deux bouquins récents de l’Harmattan s’attaquent à l’utopie. Approchons-nous d’eux à petits pas méfiants car ils sont fristouillés par des grosses têtes universitaires. Le livre Anarchie éclairée du professeur de philosophie du droit Matthias Kaufmann et l’étude collective L’Utopie. Art, littérature et société.

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« Petit pogrom électoraliste » > Jeudi 24 mai, accompagnée d’une quarantaine d’énergumènes, Nora Remadnia Preziosi, candidate UMP dans la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône, a fait irruption dans un campement rom installé depuis janvier sur un terrain vague de Château-Gombert. « Pour que Marseille incarne le bien vivre ensemble », promet-elle dans un clip électoral…

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« Expressions déviantes » > Chronique revues : Amer, élaborée par les Âmes d’Atala, et Hey !.

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