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Les trois morts de Théo Francos, combattant anti-fasciste et enfant du siècle

Article mis en ligne le jeudi 5 juillet 2012

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"Vu qu’aucun putain de média espagnol n’a daigné écrire quatre lignes sur ta mort, Théo, je me propose de le faire". Ainsi commence l’hommage d’Aitor Fernandez à Théo Francos (http://www.larepublica.es/2012/07/m...), mort le 2 juillet à l’âge de 98 ans après avoir "risqué sa vie pour défendre la cause anti-fasciste (...) au-delà des nationalités et des drapeaux". L’histoire de Théo Francos se confond avec celle du XXe siècle, construite autour de guerres qui ont détruit des nations entières et de causes qui ont tenté des les reconstruire. C’est une histoire de courage aveugle et de détermination, celle d’un homme nageant dans les flot de l’Histoire. Une histoire qui mérite de ne pas être oubliée, comme le souligne à plusieurs reprises l’auteur du texte, et qui mériterait "plus de place dans les médias que tout ce que peuvent dire ou faire Rajoy ou la sélection de football espagnole".

Elevé à Bayonne dans une famille émigrée d’Espagne, Théo Francos s’engage au sein des Brigades internationales dès le début de la guerre civile espagnole en 1936. Capturé en 1939, retenu dans le camp de concentration de Miranda de Ebro et torturé pour avoir voulu s’échapper, il confiera à Aitor Fernandez : "Parfois, je me demande comment j’ai pu supporter cela. A l’extérieur du camp, les gens me jetaient de la nourriture ou de l’eau, que mes camarades me donnaient quand ils pouvaient". Il y restera deux ans.

Dès que les forces franquistes le libèrent, il décide, plutôt que de rejoindre sa future femme, de s’engager immédiatement auprès des Forces françaises libres en Angleterre pour poursuivre le combat, y compris jusqu’au front Est. A nouveau capturé, il sera fusillé et survivra, miraculeusement, quand la balle passa à quelques centimètres de son coeur. "Tu ne sais pas ce qui se passe, si c’est réel ou pas, se rappelle-t-il. Car parfois ils te blessaient exprès pour que tu souffres avant de mourir".

Théo Francos survivra finalement à la guerre, et tentera de faire vivre "la mémoire de son expérience, en nourrissant l’espoir que l’horreur qu’il a vécue ne se reproduira jamais", comme le résume le livre que lui a consacré Christine Diger Un automne pour Madrid : Histoire de Théo, combattant pour la liberté.

Aitor Fernandez se souvient, lui, d’une discussion avec l’homme lors de laquelle il loue "la bonté des hommes" et surtout "la solidarité des femmes" qui lui ont "sauvé la vie plusieurs fois". "Des femmes idéalistes et courageuses, écrit Fernandez. A Stalingrad, tu es allé 30 kilomètres derrière les lignes ennemies avec une fille russe de 19 ans (...) Tu l’as retrouvée 70 ans après, elle avait 90 ans et ton fils a du lui dire de ne pas te serrer aussi fort dans ses bras car elle risquait de te tuer".

"J’imagine que tu es mort en paix, conclut Aitor Fernandez, quoi qu’un peu inquiet de ’voir le visage du fascime refaire surface’. J’espère ne jamais avoir à vivre les expériences terribles que tu a vécu". Un hommage à Théo Francos aura lieu à Biarritz, le 10 juillet à 15 h 30, rapporte Sud Ouest. Sur Twitter, Maître Eolas lui a également rendu hommage. http://storify.com/Maitre_Eolas/the...

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