Une tribune pour les luttes

Communiqué du CADDRIS (Collectif Aixois pour les Droits et la Dignité des Roms, des Immigrés et des Sans-Papiers.)

Expulsion : pas de sursis pour les Roms de l’Arbois !

A Aix-en Provence, c’est toujours la misère qu’on écrase !

Article mis en ligne le samedi 28 juillet 2012

Non seulement c’est la misère qu’on écrase mais les pouvoirs publics, comme la vile, font preuve d’une totale irresponsabilité en l’état de risque sanitaire avéré. En effet les autorités publiques avaient été alertées sur plusieurs cas de tuberculose au sein de la population Rom de l’Arbois. Cinq personnes ont été transportées d’urgence sur les hôpitaux d’Aix-en-Provence et de Marseille et mises à l’isolement.

La présence policière massive, dès lundi matin, a entraîné la dispersion d’une partie des populations. Cette dissémination incontrôlée d’une population fragile, sans aucun encadrement sanitaire, fait courir des risques évidents, non seulement à ces personnes, mais aussi à tous les habitants du département. Faut-il rappeler que les épidémies ne connaissent ni nationalité, ni frontière ?

Cela démontre une fois de plus que les expulsions systématiques, sans traitement sur le fond, est non seulement inhumain mais contraire à une bonne gestion du bien public.

La commune d’Aix-en-Provence semblait pourtant avoir pris la mesure de cette situation. Elle aurait annoncé, au cours d’une réunion tenue la semaine dernière, sa volonté de surseoir au recours à la force publique. On ne peut donc que se désoler et dénoncer l’attitude irresponsable de la commune, comme de l’Etat. De surcroit les services de la Préfecture ont été saisis de demandes d’hébergement d’urgence. Les tribunaux ont récemment rappelé que l’hébergement d’urgence fait partie des libertés fondamentales. Comment la Préfecture peut-elle accepter le recours à la force publique alors qu’elle ne remplit ses obligations ?

Plus que jamais le CADDRIS demande des solutions d’accueil dignes et humaines. Oui une table ronde qui réunisse l’État, les collectivités locales et territoriales, les associations qui œuvrent au quotidien et les Roms eux-mêmes est réellement nécessaire. Elle permettrait, dans un premier temps, de gérer l’urgence, et préparerait parallèlement la mobilisation des aides financières européennes prévues pour l’accueil et l’insertion des Roms en vue de solutions à moyen et long terme.

Pourquoi ce qui est possible à Lyon, Nantes, Lille ne le serait-il pas dans cette Provence qui a su accueillir tant de populations venues d’ailleurs et qui ont aussi fait la richesse de cette terre ?

Pour le Collectif Aixois pour les Droits et la Dignité des Roms, des Immigrés et des Sans-Papiers (CADDRIS) - Aix-en-Provence, le 25 Juillet 2012
Claudie Hubert - Philippe Chouard - Hervé Guerrera - Philippe Sénégas - Marc Durand

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2 Messages

  • Le 25 juillet 2012 à 19:20, par

    http://www.laprovence.com/article/m...

    Officiellement la volonté est de fermer en journée les portes de l’Unité d’hébergement d’urgence aux familles roms. Dès le 1er août. Une décision prise conjointement par la Ville, la préfecture et l’Armée du Salut qui gère l’UHU avec quelque 40 salariés.

    Motif :"Depuis 18 mois, l’UHU de la Madrague gère des familles roms, ce qui n’est pas dans le cahier des charges, pour un budget supplémentaire d’environ 300 000 € (en plus des 3 millions de budget initial État-Ville). La structure devrait être ouverte de 17 h à 9 h pour les SDF et les grands marginaux et elle se retrouve à gérer jour et nuit, en plus, vingt familles roms !", explique le Dr Michel Bourgat adjoint en charge de la lutte contre l’exclusion, l’UHU et le Samu Social . On est obligé d’intervenir. On s’est fait rouler ! Par l’inertie administrative, notre bon coeur, l’Office français de l’immigration qui n’a pas fait de turnover. On avait accepté d’accueillir il y a un an la communauté Rom à l’UHU de manière temporaire. Mais le temporaire a duré", explique l’élu.

    Effectivement le dossier n’a pas bougé depuis un an et a même suscité il y a quelques jours un courrier des prêtres militant contre l’expulsion des Roms. En attendant, une décision radicale a été prise :"Et l’UHU n’accueillera plus de nouveaux Roms. Ainsi les autres familles agglutinées devant vont s’en aller. Cela cause des problèmes de sécurité, entre les SDF et les enfants Roms par exemple, ou pour le personnel sur place".

    (...)

    L’Armée du Salut n’a pas souhaité répondre à nos questions. Pourtant au sein des associations sur le terrain, de plus en plus de travailleurs montrent leur désaccord. Même au sein de la fondation. Une salariée de l’Armée du Salut, qui suit les familles au quotidien, a voulu témoigner anonymement. Accompagnement à la PMI, soins à l’hôpital, scolarisation des enfants, contraception, les travailleurs sont toujours présents : "C’est scandaleux. C’est aussi un an de travail qui part en fumée. On va juste rajouter des tentes aux bidonvilles. Cela me pose problème en tant que Marseillaise et maman. Cela va contre la devise Secourir, accompagner, reconstruire."

    (...)

    Agathe WESTENDORP

  • Le 26 juillet 2012 à 12:07, par

    26-07-2012

    http://www.lamarseillaise.fr/societ...

    (...)

    Depuis lundi, la menace était lourde et planait au-dessus des Roms installés sur le plateau de l’Arbois. Et pour cause, suite à la plainte de la maire d’Aix-en-Provence Maryse Joissains, le jugement rendait l’expulsion exécutoire dès le 23 juillet. Et c’est hier matin, que les bulldozers de la mairie ont eu raison des maigres effets et installations sommaires des deux bidonvilles de l’Arbois. Mais le lieu avait déjà été déserté par la population. «  Depuis lundi, les policiers sont venus plusieurs fois pour nous dire de partir, que l’expulsion allait bientôt avoir lieu » explique Silveca, une jeune maman de deux enfants qui jusqu’à mardi soir était installée à l’Arbois.

    (...) Pour le CADDRIS, le Collectif Aixois pour les Droits et Dignités des Roms, des Immigrés et des Sans Papiers, c’est cette « présence policière massive qui a entraîné la dispersion d’une partie des populations ». Et c’est cette dispersion qui préoccupe particulièrement le collectif.

    Aujourd’hui, outre la méthode employée par la muncipalité aixoise, « celle d’écraser toujours la misère », le collectif s’insurge contre « la totale irresponsabilité des pouvoirs publics et de la ville en l’état de l’actuel risque sanitaire avéré », pour ces personnes et pour tous les habitants du département. En effet, plusieurs cas de tuberculose ont été détecté au sein de la population Rom. Les membres du collectif et des associations qui oeuvraient sur place ont passé toute l’après-midi d’hier à tenter de retrouver les personnes qui ont fui le camp, pour leur apporter leur soutien mais aussi les aides de première nécessité. Et de conclure : « Tout le travail que l’on a mené sur place, mais aussi avec les collectivités territoriales repart à moins de zéro. Ils n’ont fait que déplacer le problème, et la situation va en s’empirant »

    EUria Tabita

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