Une tribune pour les luttes

Des solutions pour les sans abris ?
Communiqué du Collectif Solidarité Rroms Marseille du 30 juillet 2012.

Rassemblement de protestation et de solidarité
du mercredi 1er aout à l’Unité d’Hébergement d’Urgence

110 chemin de la Madrague Ville, 15e arrdt, à côté du Marché aux puces (Métro Bougainville, bus 35, 36 arrêt Cap Pinède ou 70).
Compte rendu de la journée, photos et revue de presse ci-dessous.

Article mis en ligne le jeudi 2 août 2012

La répression

16 h Dans l’après-midi les forces de polices sont intervenues très rapidement et violemment pour faire partir les quelques personnes qui s’opposent pacifiquement au passage d’un camion hors de l’UHU.


Les mensonges

En fin de matinée, les responsables de l’Armée du salut et du SAMU social de l’l’UHU ont réussi à convaincre les familles Rroms expulsées aujourd’hui de l’Unité d’urgence qu’elles seraient mieux (et surtout les enfants pour certains tous petits) à l’accueil du Secours catholique avec qui ils avaient eu un accord pour les y transporter, plutôt qu’en continuant à bloquer en plein soleil l’entrée. Ils garantissaient qu’ils iraient le soir les y chercher pour la nuit !

Quand les familles Rroms sont arrivées avec les accompagnants, ils ont pu constater que Bethanie était fermé .

Pas de problème, dixit les responsables sociaux, ils seraient au frais à l’accueil de jour de la Place Marceau ... qui n’accepte que les adultes !

A 12h. 15 on en est là !

Il ne leur reste plus qu’à retourner sur les trottoirs de l’UHU


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Expulsion Roms France3 Provence
http://www.youtube.com/watch?v=rut_...


La Marseillaise

http://www.lamarseillaise.fr/societ...

Un symbole du pourrissement de la politique d’accueil

02-08-2012

Myriam Guillaume
photo migue mariotti

Hébergées à l’UHU sur décision de la Ville et de l’État, 20 familles roms en étaient mises à la porte hier matin sur décision de la Ville et de l’État.

« C’est une décision de la Ville et de la Préfecture : devant l’impossibilité de maintenir plus longtemps cette solution temporaire, ils ont exigé que l’UHU repasse à partir du 1er août à un hébergement uniquement de nuit. Nous ne pouvons plus palier aux manquements de l’État » : expose Nicolas Nouveau, en charge depuis quelques mois de la direction de l’Unité d’hébergement d’urgence (UHU) de la Madrague Ville.
Gestionnaire pour le compte de la Ville et de l’État de l’UHU, la Fondation Armée du Salut avait accepté en août 2011, à la demande du maire et du préfet, d’accueillir provisoirement et 24h/24 des familles roms. C’est qu’à force d’ignorer le problème, les pouvoirs publics se sont retrouvés débordés par l’urgence. Le squat installé Porte d’Aix, et qui recueillait les familles au fur et à mesure des expulsions était devenu un lieu de rixes et de danger permanent. A l’entrée de la Ville, il offrait une image apocalyptique de la misère marseillaise. Une cinquantaine de personnes y étaient alors sélectionnées pour un hébergement à la Madrague Ville sur ce critère : accepter l’aide au retour.

Or, après celui de la Guillermy, Ville et préfecture se frottent à un nouvel échec orchestré : « le turn-over n’a pas fonctionné », déplore Michel Bourgat, adjoint au maire à la Solidarité, qui admet aujourd’hui que « l’expulsion ne sert à rien ». C’est pourtant la Ville qui exigeait encore mardi dernier au TGI l’expulsion de la trentaine de tentes agglutinées sur le trottoir devant l’UHU au motif « du droit de propriété ». Décidément surprenant, l’élu UMP s’est dit « déçu » par la table ronde en préfecture : « le gouvernement a changé, mais la réponse est malheureusement la même qu’avec Sarkozy ».

Les fonds européens spécifiques toujours pas mobilisés

Pire, aucun moyen n’a été alloué à l’Armée du Salut pour l’accueil des familles dans un centre dédié aux célibataires. Le centre a continué à fonctionner avec sa quarantaine de salariés mais « sans aucun personnel sur la sécurité entre 9h et 17h » précise le directeur de l’UHU. Et les familles sont venues de plus en plus nombreuses demander asile. « Ce sont des ressortissants roumains, on peut demander des fonds européens », estime Nicolas Nouveau. Mais depuis près de dix ans que le problème persiste à Marseille, aucune demande n’a été faite à l’Europe. Le directeur a également envoyé des recommandés aux collectivités locales et constate : « le conseil général n’a jamais répondu ».

Mercredi, devant les grilles de l’UHU qui leur sont désormais fermées la journée, Dorina s’est résignée. En dépit des explications du personnel de l’UHU, elle ne comprend pas : « ils nous ont mis ici. Maintenant, ils nous virent. Où peut-on vivre ? » A ses côtés, un large comité de soutien composé de Rencontres Tsiganes, de la LDH, de la Pastorale des migrants, de deux des 49 prêtres marseillais indignés, du Secours catholique, de compagnons d’Emmaüs, du Caddris et de la CGT Santé... et d’un élu communiste.
« La politique de la ville est de laisser pourrir les centres d’hébergement, attaque Jean-Marc Coppola, on créé ainsi une zone de non-droit et d’insécurité. C’est le centre le plus maltraité de France ». Quant à la question Roms, il cible les responsabilités « de la Ville, du conseil général et de la communauté urbaine qui continuent à expulser ». De même que le nouveau gouvernement garde la ligne dessinée par Claude Guéant. « Il est temps que le gouvernement de gauche fasse la différence avec l’UMP ».

Myriam Guillaume


Le Monde.fr | 01.08.2012 à 14h22

http://www.lemonde.fr/societe/artic...

20 familles Roms expulsées d’une unité d’hébergement d’urgence à Marseille

Légende de la photo :
Entre 1 500 et 2 000 Roms vivent en situation de grande précarité dans la cité phocéenne. | AFP/BORIS HORVAT

Vingt familles Roms ont été expulsées mercredi 1er août au matin d’une unité d’hébergement d’urgence (UHU) à Marseille, qui ne pourra désormais plus les accueillir en journée. Cette expulsion fait suite à une décision de la ville et de la préfecture dénoncée par des associations. Entre 1 500 et 2 000 Roms vivent en situation de grande précarité dans la cité phocéenne.

Il y a un an, en août 2011, la fondation de l’Armée du salut, gestionnaire de l’UHU, avait accepté, à la demande de l’Etat, d’accueillir provisoirement jour et nuit des familles Roms, qui venaient d’être délogées, notamment des pelouses de la porte d’Aix, à l’entrée de la ville.

"Devant l’impossibilité de maintenir plus longtemps cette solution temporaire, l’Etat et la ville de Marseille ont exigé que l’UHU repasse, à partir du 1er août, à un hébergement de nuit uniquement", explique l’Armée du salut, rappelant que l’UHU est "un centre d’accueil d’urgence de nuit destiné aux adultes en grande précarité et proposant un hébergement de 17 heures à 9 heures le lendemain". "La mission de prise en charge des familles en journée est confiée au Samu social, ces dernières retrouvant leur chambre habituelle le soir", précise le gestionnaire, qui "réitère ses alertes sur l’urgence à agir".

"ACHARNEMENT"

Les 54 personnes concernées par l’expulsion restaient mercredi matin sur le trottoir devant les portes, non loin d’un autre campement de quelque 150 personnes, installées là depuis plusieurs semaines et dont la municipalité vient de demander l’expulsion, selon le Collectif de solidarité avec les Roms de Marseille, qui réunit plusieurs associations humanitaires. Pour cette association, "la décision de rejeter à la rue ces familles, ces enfants, ces bébés en leur fermant les portes de l’UHU est contraire à la loi, scandaleuse et inacceptable". "Aucune ’solution alternative’, bien que mentionnée par le candidat Hollande, ne leur est proposée", déplore-t-il.

Dans une initiative inédite, 49 prêtres et diacres du diocèse de Marseille ont écrit fin juin au sénateur-maire UMP Jean-Claude Gaudin pour dénoncer les expulsions "intolérables" des familles Roms, un "acharnement" qui, selon eux, ne fait que "déplacer les problèmes". L’association Médecins du monde (MdM) a de son côté saisi fin mai le défenseur des droits, Dominique Baudis, estimant que les Roms de Marseille étaient, plus qu’ailleurs, harcelés et privés de soins.


La Provence

http://www.laprovence.com/article/a...

Les familles Roms entre unité d’urgence et trottoir

Philippe Larue

Publié le jeudi 02 août 2012

avec vidéo et
Photo Patrick Nosetto

Des familles ne sont plus hébergées la journée à la Madrague-Ville

Il est né le 1er juin et il a un trottoir pour seul monde. C’est l’un des enfants de la vingtaine de familles Roms qui ne sont plus acceptées en journée à l’Unité d’hébergement d’urgence (UHU) de la Madrague-Ville (Marseille 15e). Des femmes avec leurs bébés restent assises devant la porte, refusant de partir. Des membres de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), et d’autres associations les soutiennent. Jean-Marc Coppola, vice-président PC du Conseil Régional, venu sur place, parle de "non-assistance à personne en danger" ajoutant qu’il est "temps que le gouvernement de gauche fasse la différence avec l’UMP" .

Autour de l’UHU, d’autres campent sur le trottoir, expulsés de Marseille ou d’Aix. Paysage de la misère.

"L’avocat de la Ville de Marseille a plaidé devant le tribunal administratif pour demander l’expulsion des Roms des trottoirs, s’insurge Philippe Dieudonn, de la LDH. Il disait se placer sur le terrain du droit et pas de l’humanité !"

René Giancarli, directeur du Samu Social, veut convaincre les mamans d’accepter un transport vers deux centres, Béthanie, rue Malaval ou à l’accueil Marceau. "Les enfants y seront bien dans la journée", dit-il. Les manifestants parlent eux d’"un problème sans solution depuis sept ans." Certaines femmes acceptent le transfert. Le directeur de l’UHU, Nicolas Nouveau, leur dit qu’elles seront accueillies le soir et ajoute que c’est au Conseil général de s’occuper des jeunes enfants.

Michel Amiel, vice-président du Conseil général, chargé de l’enfance indique que "ses services assument, avec Médecins du Monde, la protection maternelle et infantile des familles Roms". "Nous ne pouvons prendre en charge les enfants, en les séparant de leurs parents, que s’il y a danger pour eux, dans un cadre judiciaire. Cela peut être le cas, dans les circonstances actuelles. Mais je regrette que le préfet soit rentré dans la seule logique d’expulsion. Il faut créer un vrai centre d’hébergement. La Madrague-Ville n’est pas adaptée."

Philippe Larue



Communiqué du 2 août 2012 du
Collectif Solidarité Rroms Marseille

Marseille le 2 août 2012

Communiqué suite aux évènements du 1er août 2012 devant l’Unité d’Hébergement d’Urgence (UHU) du Chemin de la Madrague Ville

Le Collectif Solidarité avec les Rroms est à nouveau révolté par la situation scandaleuse faite aux Rroms à Marseille par Messieurs J.-C. GAUDIN, maire de Marseille, et Hugues PARANT, Préfet de Région.

Très tôt le matin du 1er août, des familles avec des enfants en bas âge ont du quitter l’UHU, celui-ci ne pouvant plus assurer leur accueil dans la journée, comme l’a expliqué à la presse le Dr Michel Bourgat adjoint en charge de la lutte contre l’exclusion !

Jetées sur le trottoir par plus de 30°, elles avaient comme seule revendication de réintégrer dans la journée leur chambre dans l’UHU, comme elles pouvaient le faire auparavant.

Le directeur de l’UHU et la Ville, à travers le SAMU social, ont proposé de les transporter dans deux accueils de jour. Propositions qui se sont avérées mensongères : le centre Béthanie du Secours Catholique était fermé ce jour, l’accueil Marceau n’a pas l’agrément pour accueillir des enfants !

Autre scandale, les familles hébergées toute la journée jusqu’à présent à l’UHU ont rejoint sur le trottoir d’autres dizaines de Rroms qui s’abritent, depuis trois mois, sous quelques tentes installées sur les trottoirs voisins. La mairie a d’ailleurs demandé au tribunal leur expulsion, sans solution alternative d’hébergement.

Dans l’après-midi, des forces de police ont repoussé violemment les Rroms qui s’opposaient pacifiquement devant l’UHU à la sortie d’un véhicule, leur « opposant le droit au travail » du personnel à leur droit à l’hébergement d’urgence.

Cette situation démontre une fois de plus l’absence de volonté des pouvoirs publics de traiter humainement un problème qu’ils connaissent très bien depuis des mois, voire des années. De son côté le ministre de l’intérieur vient de réaffirmer à l’égard des Rroms une position identique à celle du précédent gouvernement : « Démantèlement des campements Roms chaque fois qu’il y a une décision de justice. »

Le collectif exige à nouveau que les pouvoirs publics, qui seuls ont l’autorité et les moyens de répondre aux situations d’urgence dans lesquelles sont les Roms et d’autres personnes sans abri dans notre département, prennent toutes leurs responsabilités.

Le collectif tient à souligner que la question de l’hébergement d’urgence doit être traitée dans le respect des conventions européennes et de l’article L. 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles qui prévoit que « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence… »


Communiqué du Collectif Solidarité Rroms Marseille du 30 juillet 2012.

Rassemblement de protestation et de solidarité à l’Unité d’Hébergement d’Urgence demain mercredi 1er aout à 9 h à l’Unité d’Hébergement d’Urgence,

Le mercredi 1er août, l’Unité d’hébergement d’urgence (UHU) chemin de la Madrague Ville mettra à la rue 20 familles Rroms, dont plusieurs enfants en bas âge, décision prise conjointement par la Ville, la Préfecture et l’Armée du Salut qui gère le centre.

La décision de rejeter à la rue ces familles, ces enfants, ces bébés en leur fermant les portes de l’UHU est contraire à la loi, scandaleuse et inacceptable.

Deux propositions d’accueil de jour leur ont été faites. Mises à la rue à 6 heures, ces familles devront parcourir un long trajet du 15ème au 2ème arrondissement pour atteindre un petit déjeuner et une douche qu’elles trouveront à Béthanie, rue Malaval ou à l’accueil Marceau. Mais douche et petit déjeuner pris, elles seront de nouveau à la rue, sans abri, sans eau - en plein été - sans endroit où se poser, chassés sans cesse..

Décision d’autant plus perverse qu’elle laissera chaque matin sur le trottoir ces familles qui rejoindront ainsi chaque jour, les quelques 150 personnes, enfants, femmes et hommes, qui campent devant l’UHU.
Personnes dont l’assignation au Tribunal a été faite ce lundi 30 juillet par la Ville de Marseille qui demande leur expulsion au nom du « droit de propriété » qui s’oppose au droit de vivre en famille et d’être hébergé comme les textes internationaux et nationaux leur en donnent le droit.

La ville de Marseille rejette la responsabilité de cette situation sur l’Etat, le Conseil Général, l’Europe etc. Arrêtons le jeu de la patate chaude ! Trouvons des solutions comme la loi en fait obligation à l’Etat, à la Ville, aux autres collectivités, aux citoyens qui constituent la République.

Notamment l’article L. 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles précise que : « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence (…) ; qu’aux termes enfin de l’article L. 345-2-3 : Toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y bénéficier d’un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu’elle le souhaite, jusqu’à ce qu’une orientation lui soit proposée (…) »

Or aucune « solution alternative », bien que mentionnée par le candidat Hollande, ne leur est proposée et cette expulsion de l’UHU ainsi que la volonté délibérée de ne trouver aucune solution alternative pour ces familles, pour celles qui campent devant le lieu qui devrait les accueillir, et pour toutes les autres traquées, c’est vraiment se moquer des droits fondamentaux, des lois, et la négation de toute humanité.

C’est pourquoi le collectif de solidarité avec les Rroms - Marseille appelle à se joindre au rassemblement de protestation devant le lieu symbolique de l’accueil des personnes à la rue qui les rejette à la rue :

Rassemblemement mercredi 1er aout à 9 h

Unité d’Hébergement d’Urgence, 110 chemin de la Madrague Ville, 15e arrdt.

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