Une tribune pour les luttes

Marseille l’été... Son soleil, ses plages ... et son centre de rétention !

LA BROCHURE

Article mis en ligne le mercredi 22 août 2012

PDF - 425.2 ko
brochure

Cette brochure explique la procédure destinée à expulser les sans-papiers.
Elle peut servir à tous les sans-papiers et leur entourage
afin de se familiariser avec le vocabulaire juridique et d’en connaitre
les étapes pour mieux se défendre. Elle permet de réfléchir, par
rapport à sa propre situation, à la défense la plus appropriée en cas
d’arrestation. Elle a pour but de trouver des moyens pour s’opposer
concrètement aux expulsions et ne sert donc pas pour constituer un
dossier de régularisation.

Retrouvez la sur :

Basse intensité

Pendant que les touristes se prélassent au bord de l’eau , visitent le
vieux port en chantier et sirotent leur pastis en attendant 2013, la
machine à expulser poursuit son cours …
Dans le centre de rétention, la tension monte. Le centre est plein,
environ 120 retenus. En sous effectifs, les keufs demandent des renforts à
la préfecture. D’ailleurs, ils n’autorisent qu’un parloir à la fois.
Depuis 15 jours une grande partie des retenus font le ramadan. Ce qui
implique une modification des horaires (repas à 21h, fermeture des
cellules de 23h à 3h), et une tension palpable à l’intérieur du centre.
Les retenus sont gavés de médicaments, et si malgré tout ils se rebellent,
ils ont droit à une injection.
Ces derniers jours il y a eu des tabassages en règles.

Petite chronologie non exhaustive des événements des derniers jours :

Dans la semaine du 23 au 28 juillet, un retenu se taillade le bras. Il est
amené menotté à l’infirmerie. Le docteur lui fait une piqûre. De retour à
sa chambre, il s’endort pendant 18h.

Dimanche 29 juillet
Expulsion de 13 personnes vers la Tunisie. Départ du centre à 6 du mat. 4
retours volontaires sont embarqués sans difficulté. Parmi les 9 autres,
l’un part en courant dans la cale du bateau où il y a toutes les voitures
de touristes. Il casse une vitre de voiture. Les 8 autres en profitent
pour s’éparpiller dans différentes directions. Les flics n’étant pas assez
nombreux, ils décident de ramener les retenus au centre.

Lundi 30 juillet
Refus d’embarquement d’un marocain par avion.
Un téléphone avec caméra et appareil photo intégrée est dans le centre de
rétention. C’est un téléphone interdit, afin d’éviter la diffusion à
l’extérieur d’images dérangeantes... Un retenu, connu dans le centre pour
être une balance, protégé par les flics, leur en parle. Les flics
récupèrent le téléphone, vers 3 h du mat. Les retenus ne se laissent pas
faire. Dans le bordel, un retenu se casse le pied. Comme la police ne veut
pas amener le blessé chez le médecin, les retenus décident d’appeler les
pompiers. Une fois devant le portail, les flics ne laissent pas rentrer
les pompiers. Les retenus insistent à plusieurs reprises pour que les
flics acceptent d’amener le blessé à l’hôpital. Au bout d’un certain d’un
temps, trois flics enfilent des gants, et amènent prétendument le retenu
chez le médecin. En fait ils l’emmènent dans une salle sans caméra et le
frappent.

Mardi 31 juillet
Le soir, du shit est envoyé de l’extérieur dans la cour de promenade. Un
retenu le prend. Les flics l’identifient à l’aide des caméras. Ils
l’emmènent dans une pièce sans caméra.
Ils utilisent une matraque électrique pour le mettre ko. Une fois au sol,
ils le frappent.
Ce sont toujours les 3 même flics qui agissent, pendant que 2 sont à
l’intérieur et tabassent, le troisième reste devant le porte fermée pour
couvrir ses collègues.
Quand les fics s’en vont, le retenu est au sol inconscient. Ce sont les
autres retenus qui l’évacuent et le réaniment à grande eau.

Régulièrement les flics doivent compter nominativement les retenus. Dans
le centre il y a des interphones qui permettent à la police de faire
l’appel sans avoir à se déplacer. Les interphones peuvent aussi servir aux
retenus pour appeler les flics. Cette nuit, au moins dans un bâtiment,
tous les interphones sont mis hors service par les retenus, ce qui oblige
les flics à se déplacer.

Mardi également, une femme retenue depuis le 29 juin, a été conduite en
urgence à l’hôpital de la Conception où elle se trouve entre la vie et à
la mort, suite à l’ingestion de « substances ». Après avoir refusé 2
expulsions par avion, elle avait été placée en cellule d’isolement en
attendant une 3ème expulsion prévue pour le mardi.
Dès 19h environ, elle avait appelé sa famille pour lui dire qu’elle
souffrait depuis sa mise à l’isolement de violents maux de ventre, et pour
se plaindre de violences de la part des policiers intervenus pour la
maîtriser. De source médicale, ses poignets présentent des traces de
menottage, ce qui indiquerait qu’elle a été attachée dans la cellule, et
son visage présentait des hématomes.
Les policiers du Centre n’ont appelé les pompiers qu’à 1h du matin, soit
10 heures après sa mise à l’isolement, et 6 heures après son appel à
l’aide auprès de sa famille.

Mercredi 1er aôut
Les interphones sont réparés. Les retenus les font sonner toute la nuit
pour harceler les flics. Un parloir sauvage a lieu.
A 23h les flics enferment les retenus dans les cellules. Ils enfilent
leurs gants et leurs disent : « rentre dans ta cage ».

Les révoltes éclatent souvent dans les centres de rétention, en France et
partout ailleurs. Depuis quelques jours, c’est à la prison pour
sans-papier du Canet que les détenus manifestent collectivement leur
ras-le-bol. Ce n’est pas une nouveauté, il y a un an déjà des détenus
avaient tenté de mettre le feu à ce centre de rétention.

Cette fois-ci, ne laissons pas les retenus seuls face à leurs matons !
Seul notre solidarité active peut abattre des murs !

Voir en ligne : Basse intensité

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