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La CGT raille les « pigeons » et invite les salariés à roucouler à leur tour

A Marseille le 9 octobre, départ de la manifestation à 11h. Place de la Joliette

Article mis en ligne le mardi 9 octobre 2012

A Marseille le 9 octobre

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La CGT raille les « pigeons » et invite les salariés à roucouler à leur tour

Lundi, 08 Octobre 2012

http://www.actuchomage.org/20121008...

Demain, la CGT appelle à une journée de mobilisation « pour la défense de l’emploi et de l’industrie ».

Dans le cadre de cette journée de manifestations et de grève du mardi 9 octobre, annoncée depuis fin août par Bernard Thibault à l’occasion d’une semaine de mobilisation programmée par la Fédération européenne de l’industrie, le syndicat a organisé des cortèges dans huit villes de France : Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Clermont-Ferrand et Epinal.

Dans la capitale, le cortège partira à 13h30 de la Place d’Italie en direction de Montparnasse. C’est pour défendre l’emploi et l’industrie que des salariés d’une vingtaine d’entreprises comme PSA et d’autres groupes connaissant ou ayant connu des plans sociaux (Arcelor Mittal, Goodyear, Continental, etc.) se sont également donné rendez-vous mardi matin au Mondial de l’automobile, à la porte de Versailles : un millier de manifestants sont attendus, selon la CGT de PSA Aulnay.

« Des arrêts de travail sont annoncés dans de nombreux secteurs : métallurgie, chimie, travailleurs de l’Etat, mines et énergie, verre et céramique, agroalimentaire, ports et docks, cheminots, santé, transports, commerce, fonctions publiques », indique par ailleurs la centrale syndicale.

La fronde des vrais pigeons sera-t-elle entendue ?

Après la grande manifestation parisienne de dimanche dernier qui a réuni au bas mot quelque 80.000 personnes, simples citoyens, membres de syndicats ou de forces de gauche contre l’austérité en pilotage automatique inscrite dans le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de l’Union économique et monétaire que notre premier ministre appelle à ratifier, cette mobilisation nationale est la deuxième que le gouvernement "socialiste" va connaître depuis son arrivée au pouvoir. Et ce n’est qu’un début : sous Mitterrand, la contestation sociale s’était endormie ; sous les divers gouvernements de droite qui lui ont succédé, elle a été ignorée ; sous le soporifique Hollande, dans un contexte de crise qui n’en finit pas, elle risque vraiment de se réveiller.

Il ne vous a pas échappé que, quand des centaines de milliers de citoyens (salariés, chômeurs, retraités…) manifestent dans les rues contre des réformes injustes, aucun gouvernement ne bouge le petit doigt. Mais quand, sur des bases complètement fumeuses, un lobby de petits patrons de start-ups menace de manifester devant l’Assemblée nationale, le nouveau gouvernement "socialiste" se couche immédiatement. « Le Medef, qui ne loupe pas une occasion pour faire pression sur le gouvernement depuis juillet, aurait tort de se priver : à chaque coup de colère, on donne le sentiment qu’il faille revoir une disposition, atténuer une intention », a déploré le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault. « Nous n’avons pas été associés avec la même intensité, manifestement, que les organisations patronales à l’élaboration du projet de budget », a-t-il ironisé. Même constat du côté de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, qui a estimé sur France Info que « le gouvernement recule bien facilement. […] Une pétition sur internet et il se plie. On va voir si socialement c’est la même chose, quand il y aura des problèmes ».

A nouveau, emboîtant le pas à la fronde des petits patrons spéculateurs, Bernard Thibault a donc appelé vendredi les Français assommés par la crise et le chômage à roucouler à leur tour. La journée de mardi ne sera pas un test car l’affaire est entendue : le gouvernement "socialiste" a visiblement choisi son camp et trompé ses électeurs. Mais au moins, pour ceux qui y croyaient encore, le doute ne sera plus permis.

SH

Post-scriptum : Nous, Actuchomage, n’appelons pas ouvertement à manifester, sachant qu’au fil des années, chacune de nos sollicitations s’est soldée par des résultats de participation de plus en plus décevants. Désormais, chacun fera comme il l’entend en son âme et conscience, comme ce fut le cas pour la manifestation du 30 septembre contre le TSCG, que nous avions signalée et où certains d’entre nous se sont rendus à titre individuel.

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