Une tribune pour les luttes

Contre la criminalisation des personnes qui luttent pour le respect des droits de l’homme et du Droit International.

Procès du vendredi 9 novembre au Tribunal de grande Instance (TGI) de Chalon sur Saône

Article mis en ligne le vendredi 9 novembre 2012


TRIBUNAL : 1 000 € d’amende avec sursis pour avoir déployé le drapeau palestinien au Colisée

Le Vendredi 09 novembre 2012

http://www.creusot-infos.com/articl...

C’est un jugement relativement clément qu’a rendu vendredi le tribunal correctionnel de Chalon dans l’affaire du manifestant, qui avait déployé le 25 octobre dernier le drapeau palestinien sur le parquet du Colisée, lors de la rencontre de basket opposant en coupe Euroligue l’Elan Chalon au Maccabi Tel-Aviv. Les juges chalonnais ont en effet condamné le mis en cause à une amende de 1 000 € avec sursis et à une interdiction de paraître dans toute enceinte sportive pour une durée de 6 mois. L’affaire avait déjà été évoquée le 26 octobre 2012, mais avait été renvoyée au 9 novembre 2012, afin de permettre au prévenu de préparer sa défense.

Jugé dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate, Layli était poursuivi pour entrée sur une aire de jeu d’enceinte sportive troublant le déroulement de la compétition et en vertu de l’article 461-24 du code du sport il risquait jusqu’à 1an de prison, 15 000 € d’amende, 2 ans d’interdiction du territoire français et une interdiction de pénétrer dans une enceinte sportive.

Domicilié à Bourg-en-Bresse, Layli, âgé de 24 ans, termine ses études d’infirmier. Il devrait être diplômé dans les jours qui viennent et souhaiterait travailler dans un service orthopédique en urgence. Il a été pompier volontaire et il prête toujours son concours à la Croix-Rouge. Trois voyages en Palestine dans le cadre d’opérations humanitaires l’ont conduit à prendre fait et cause pour son peuple.
Le jeune homme a vu sur Facebook que des basketteurs israéliens, en l’occurrence ceux du Maccabi Tel-Aviv, venaient jouer à Chalon et a décidé de manifester son soutien à la nation palestinienne. «  Mon intention première était de déployer le drapeau dans les tribunes mais c’était trop surveillé » a-t-il indiqué. L’incident a duré à peine vingt secondes. Il a vite été maîtrisé par des membres du service d’ordre et emmené dans les vestiaires à l’écart des spectateurs, qui n’ont même pas eu le temps de voir ce qui était inscrit sur son tee-shirt, à savoir «  free Palestine » devant et « boycott Israël » derrière. Même si son geste n’a pas duré longtemps, il a été vu par des gens du monde entier, puisque les images du match étaient retransmises dans quelque 150 pays.
« Je ne m’attendais pas à être placé en garde à vue et encore moins à être traduit devant un tribunal » a confié le mis en cause, rappelant qu’un tel acte avait déjà eu lieu en 2005 en Espagne et que son auteur n’avait alors pas été inquiété.

Avant de céder la parole au procureur Christophe Rode pour ses réquisitions le président Thierry Deschanels a fait savoir que l’Elan Chalon n’avait pas souhaité se constituer partie civile.
Le représentant du ministère public a ainsi souligné que la prévention était basée uniquement sur un article du code du sport et que même si ce texte, rédigé en 2006, était plutôt destiné aux hooligans du football, il n’empêche que « la liberté d’expression est un bien précieux, auquel tout le monde est attaché, mais cette liberté ne peut être crédible que si elle s’exerce avec règle ». Ayant encore souligné que « peu importe ses raisons, monsieur n’avait rien à faire sur le terrain » et reconnaissant « qu’il n’était pas un dangereux voyou qui mérite d’aller derrière les barreaux », le procureur Rode a demandé au Tribunal de prononcer « une peine symbolique », c’est-à-dire une amende de 3 000 €, dont 2 000 € avec sursis, et une interdiction de terrain d’une durée d’1 an.

« Dans ce dossier on a en réalité trois personnes » a fait remarquer maître Dominique Cothain, laquelle défendait Layli. « Deux autres personnes ont été arrêtées par la police et mises en détention sans notification de garde à vue, avant d’être libérées le lendemain ». Et de poursuivre « Il n’y a pas eu le moindre danger, il n’y a pas eu la moindre interruption dans un sport où pourtant les interruptions sont légion. Mon client a fait un geste politique. Il voulait aider un peuple en désespérance ». Faisant allusion à l’organisation de la coupe du monde de football 78 par l’Argentine, l’avocate parisienne a également signalé que « le sport, c’est du business, mais cela peut être aussi une vitrine et un moyen de reconnaissance ». Avant d’ajouter que Barack Obama n’aurait peut-être jamais été élu président si trois athlètes noirs n’avaient pas demandé le respect de leurs droits en levant le poing sur un podium à Mexico en 1968 et que dans cette affaire le Maccabi Tel-Aviv sert de vitrine aux Israéliens pour normaliser la colonisation et l’occupation de la Palestine.
Enfin maître Cothain a demandé la relaxe du jeune manifestant burgien, en arguant que comment aurait-il pu avoir conscience qu’il commettait une infraction quand la police et la justice ont mis plus de 24 heures pour trouver le motif de l’infraction.

Layli n’était pas seul pour affronter les foudres de la Justice. Une manifestation de soutien a en effet rassemblé sur les marches du Palais de Justice de Chalon plusieurs dizaines de militants d’associations ou de partis défendant la cause de la Palestine, et notamment le collectif 69 de soutien au peuple palestinien, l’Union juive française pour la paix, BDS France, Europalestine, l’Association France Palestine Solidarité, la Ligue des droits de l’homme de Chalon, Europe-Ecologie-les Verts, le Nouveau Parti anticapitaliste, le Parti Communiste Français, et le Parti de Gauche.

Gabriel-Henri THEULOT


Journal de Saone et Loire

Le discours serein de « l’homme au drapeau »

http://www.lejsl.com/faits-divers/2...

Le jeune homme ayant brandi un drapeau palestinien sur le parquet pendant le match Chalon/Tel-Aviv était jugé hier. 130 personnes ont fait le déplacement au tribunal pour le soutenir.

Des drapeaux qui flottent, des écharpes portées fièrement, mais rien à voir avec le monde du sport. Les couleurs affichées devant le tribunal de Chalon hier n’étaient pas celle de l’équipe de basket de l’Elan et encore moins celle du Maccabi Tel-Aviv. Le drapeau que brandissaient les militants venus soutenir le jeune Layli était bien celui de la Palestine, le même que le jeune homme de 24 ans, avait en main lorsqu’il a fait irruption, le 25 octobre dernier, sur le parquet du Colisée lors du match d’Euroleague opposant Chalon à son adversaire israélien.

Le jeune infirmier de Bourg-en-Bresse était jugé hier pour une infraction au code du sport – son intrusion sur le parquet- mais, lui, souhaitait donner une dimension politique à son procès. À l’appel de plusieurs associations pro-palestiniens, près de 130 militants associatifs et politiques ont donc fait le déplacement à Chalon pour défendre Layli, et, à travers lui, le sort du peuple palestinien. Dès 14 h, les premières banderoles étaient déployées sur les marches du palais de justice où on pouvait lire : «  Libérez la Palestine » ou « Boycott Israël ».

Le plus gros des manifestants, venus de Lyon, portent le tee-shirt vert « Palestine vaincra » et de nombreux keffieh (le foulard traditionnel) s’enroulent autour des cous. Au pied des marches du palais, les passants et les manifestants sont invités à signer une pétition pour la relaxe de Layli. Jérôme Faynel, président du collectif 69 de soutien au peuple palestinien, a organisé le covoiturage depuis Lyon. Il considère les poursuites comme « disproportionnées et inquiétantes. » Il insiste : « On ne parle que d’un drapeau, on ne devrait même pas être là, tous les jours des affaires aux motifs plus graves sont classées sans suite. » Ce militant farouche de la cause palestinienne, qui n’hésite pas à employer le mot d’« apartheid » lorsqu’il désigne la politique israélienne, estime que le geste du jeune infirmier au milieu d’un match de basket était tout à fait approprié : «  Israël n’a rien à faire dans une compétition européenne, leurs valeurs ne sont pas les nôtres, il ne faut pas banaliser leur présence. »

Malgré les discours parfois radicaux, le rassemblement de ce vendredi se déroulait pourtant dans une ambiance bon enfant et lorsque Layli fait finalement son apparition, habillé avec élégance, de nombreux manifestants lui tombent dans les bras. Le jeune homme garde la tête froide et explique patiemment son geste « pacifique et symbolique » devant toutes les caméras. Il parle posément des footballeurs palestiniens emprisonnés, de ses voyages humanitaires à Gaza et refuse d’être accusé de haine ou de racisme.

Parmi les militants venus soutenir «  l’homme au drapeau » on trouve aussi les militants de l’Union juive française pour la paix. Georges Gumpel tient à préciser qu’il est lui-même fils de déporté, ancien enfant caché, ancienne partie civile au procès de Klauss Barbie : «  Je suis 100 % juif et je le soutiens à 100 %. Oui, on peut critiquer Israël, non ce n’est pas de l’antisémitisme ! », assure-t-il, accroché à sa banderole.

Peu avant 15 h, la troupe des supporters se pressent aux portes du tribunal, il faut retirer les badges, les foulards et poser les banderoles pour accéder à la salle. Lorsque tombe finalement le jugement, Layli est accueilli à l’extérieur par les applaudissements.
Le tribunal l’a finalement condamné à 6 mois d’interdiction de stade et à 1000 euros d’amende avec sursis.
Plus déterminé que jamais, le jeune homme a pris le micro pour lancer : «  Le combat continue. »


Un dangereux terroriste !!

- Rappelons que les basketteurs israéliens à Chalon font partie d’une armée d’occupation quand ils ne sont pas sur un terrain de sport

- Rappelons qu’ils viennent représenter un Etat qui ne laisse aucune possibilité aux sportifs palestiniens de s’entraîner, qui les emprisonne et les torture (au moins deux footballeurs de l’équipe nationale de football palestinienne sont toujours incarcérés en Israël, sans jugement)

- Rappelons qu’Israël commet quotidiennement et en toute impunité des crimes de guerre en bombardant des populations civiles et en poursuivant une colonisation totalement illégale.

Et on voudrait sanctionner un jeune homme qui montre un drapeau palestinien pour rappeler au monde qu’il y a des millions de femmes, d’hommes et d’enfants qui sont martyrisés en Palestine ?

Notre colère est grande. Elle est de plus en plus grande. Ceux qui ont voté pour Hollande ne l’ont pas fait pour qu’il soit à la botte de l’occupant israélien !

Soyons nombreux à l’affirmer le vendredi 9 novembre après midi au tribunal de Chalon.



Le Mossad israélien nous frappe en France

http://blogs.mediapart.fr/blog/step...

28 octobre 2012

Voici le témoignage de ce qui s’est passé vendredi soir au match de basket qui se déroulait à Chalon sur Saône, où l’équipe de la ville jouait contre l’équipe israélienne du Maccabi Tel Aviv. (Le "Journal de Saône et Loire" évoque la présence du Mossad sur place.)

Je suis venu au match avec un drapeau dans l’intention de l’exposer dans les tribunes pour exprimer mon soutien au peuple palestinien. Mais le stade se trouvait quadrillé de policiers en civil et en uniformes, ainsi que de chiens, et très vite d’autres jeunes visiblement en déplacement pour la même cause ont été arrêtés, fouillés, interrogés, et encerclés de policiers les empêchant de faire le moindre mouvement.

Voyant qu’ils étaient ainsi immobilisés, j’ai décidé de montrer le drapeau palestinien que j’avais gardé sur moi, et suis entré sur le terrain quelques secondes avec mon drapeau visible, avant d’être ceinturé et embarqué.

Une dizaine d’agents de sécurité en costumes noirs m’ont escorté dans les coulisses du Colisée, dont l’un particulièrement virulent qui me mettait des gros coups de poing dans le crâne, à l’arrière de la tête, pendant mon parcours jusqu’au responsable du dispositif.

Certains ne parlaient pas français entre eux, et je fus davantage renseigné, quand l’un d’entre eux s’arrêta pour demander aux autorités locales de vérifier l’identité d’un journaliste qui se trouvait dans le carré de presse . Apprenant qu’il était palestinien (et journaliste) il demanda son évacuation et son embarcation au poste pour interrogatoire.

A la lecture du reportage publié par le quotidien local "Le Journal de Saône-et-Loire", j’ai appris, après ma libération, des détails supplémentaires sur l’implication directe du Mossad, de A à Z, dans le déroulement de la soirée à Chalon sur Saône. Ce que je trouve particulièrement choquant.

J’appris également qu’une femme avait été arrêtée pour avoir brandi un drapeau palestinien à la sortie du stade, une fois le match terminé ! Elle ne fut libérée qu’à 6 H du matin.

Une fois mis en cellule, j’ai eu droit à diverses insultes de la part de policiers qui venaient me traiter de "Pauv’ con" et autres amabilités.

Puis l’officier de police judiciaire vint me dire que j’allais être inculpé pour incitation à la haine raciale. Alors que je réfutais une telle accusation, il me déclara que c’est lui décidait, pas moi.

Une femme médecin est ensuite venue me sermonner de manière arrogante. Je lui ai dit de s’occuper de m’ausculter et signalé les coups qui m’avaient été portés au crâne, sans que cela ait l’air de la troubler.

Je fus ensuite renvoyé dans ma cellule, où je me retrouvai en compagnie d’une personne âgée et ivre, alors qu’il n’y avait qu’un seul lit dans ce local exigu.

Après audition le lendemain, où je n’avais rien à déclarer, il me fut signifié à 13 H 30 que j’allais être déféré devant un tribunal pour une comparution immédiate.

A 15 H, quand ce fut mon tour de comparaître, le juge me posa une série de questions pour savoir si la haine était le moteur de mon action. Je répondis que mon geste, parfaitement pacifique, avait pour but de dénoncer la politique d’un Etat et que j’avais pour amis des Israéliens, qui eux aussi s’opposaient dans leur pays à la politique coloniale et aux exactions contre les Palestiniens.

Après une suspension de séance, le juge fit savoir qu’il acceptait mon refus d’une comparution immédiate et ma demande de report du procès, afin que je puisse préparer ma défense.

Mon procès aura donc lieu le vendredi 9 novembre prochain à 15 H, au Tribunal de grande Instance (TGI) de Chalon sur Saône, et je vous remercie de votre présence et de votre soutien face à cette manière d’inverser les rôles, et de vouloir criminaliser des personnes qui luttent pour le respect des droits de l’homme et du Droit International.

Layli

La presse locale parle de la présence du Mossad :

http://www.lejsl.com/edition-de-cha...

http://www.europalestine.com/spip.php?article7741

Le "Journal de Saône et Loire" évoque la présence du Mossad sur place :

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