Une tribune pour les luttes

Un avant gout du procès de Tarnac

Le Procès du Forgeron

le 6 février au tribunal de Rouen.
Il a été relaxé mercredi 6 mars de son refus de se soumettre à des tests ADN

Article mis en ligne le mercredi 6 mars 2013


31 janvier 2013

Bonjour !

En février 2012, un ami forgeron était arrêté dans le cadre de l’affaire dite "de Tarnac". Il s’agissait pour le juge, avec ce nouveau "suspect", de tenter de faire tenir une construction dont il était le seul à ne pas voir qu’elle était à terre. Dès son arrestation, nous avions publiquement pris le pari qu’il sortirait sans inculpation au bout de 96 heures de garde-à-vue ; et ce fut le cas, à un détail près. Au moment où les policiers lui signifiaient la fin de sa garde-à-vue antiterroriste, ils l’inculpaient pour avoir refusé de leur donner son ADN lors d’une interpellation désormais officiellement reconnue comme nulle et non-avenue. Il fallait, après la médiatisation de son arrestation, pouvoir dire que celui que l’on avait arrêté sans fondement sortait tout de même de là avec une "inculpation", fût-elle aberrante.

Notre ami forgeron passe donc le 6 février prochain devant le TGI de Rouen pour "refus de prélèvement ADN".

Par son absurdité même, ce procès met à nu toute une mécanique à la fois juridique, policière et judiciaire - celle du fichage ADN, de l’antiterrorisme, de l’usage des garde-à-vue. Il sera l’occasion de son démontage en règle. Ce sera en outre le premier procès directement lié à l’affaire dite "de Tarnac". Nous comptons donc bien y venir à nombreux et nous comptons sur vous aussi, pour donner comme un avant-goût de ce que sera le procès de Tarnac, au cas où un juge, un jour, imaginerait aller jusque-là.

Vous êtes donc tous fraternellement invités à ce procès. C’est à 13H30 le mercredi 6 février au tribunal de Rouen (34 rue aux juifs). Après l’audience, il y aura un apéritif de soutien dans notre restaurant : La Conjuration des Fourneaux (149 rue Saint-Hilaire).

Pour trouver les affiches, les explications et tout le reste :
http://leblogduforgeron.blogspot.fr/

A très bientôt, donc !

Le comité de soutien de Tarnac

PS : Nous avons encore et toujours besoin de donations, même petites pour assurer notre défense ainsi que celle du forgeron. A cette fin, vous trouverez sur le blog du Forgeron une rubrique « soutenir le Forgeron ». Il est dorénavant possible en guise de remerciement, de recevoir en échange d’un don, un objet forgé par le Forgeron lui-même. Portes-clefs crochets, spirale d’ADN, tout ce qu’il pourra forger, il le forgera !


http://leblogduforgeron.blogspot.fr/

dimanche 27 janvier 2013

Le 23 septembre 2012 à 6h du matin, une trentaine de policiers de l’anti-terrorisme débarque dans la campagne rouennaise. Sous les ordres du célèbre juge Fragoli, la meute cagoulée est à la recherche d’un forgeron, ou bien de son père. Ils trouveront l’un et l’autre à Roncherolles-sur-le-viviers, chez eux, en train de dormir.

Ca frappe à la porte, ça hurle, ça envahit la maison. Il est grand temps de se lever. Pourquoi ici ? Pourquoi Roncherolles et pas ailleurs ? La réponse ne se fait pas attendre, le forgeron est un ami des mis en examens de Tarnac. La police fouille, les canards caquetent, on auditionne le père. A 86 ans il sait manier la forge. Il suffit parfois de pas grand chose pour avoir les honneurs de la police anti-terroriste. Dans le fond, ils se prennent au sérieux ces officiers et ces juges avec leur histoire de Tarnac ; mais tout de même, qui va ranger derrière eux ?
Ce ne sera pas le forgeron car lui, on va l’emmener au siège de la DCRI à Levallois-Perret. _ Il n’y a pas de petites économies dans la traque au terroriste.

Aux policiers, le forgeron ne dira rien, trop impatient de rencontrer le médiatique juge Frangoli et d’entendre les raisons d’une telle fanfare. On lui demande quand même ses empreintes et son ADN. Lui, demande ce qui lui vaut d’être menotté et enfermé dans une espèce de grosse boite blanche au troisième sous-sol de la DCRI. C’est donnant-donnant, il ne donnera rien. En anti-terrorisme, on a souvent le droit à 96H de garde-à-vue, c’est le temps que la loi octroie aux professionnels de l’interrogatoire pour briser du terroriste. Bizarrement, il resort à peine 35 heures après son arrive. Peut-être s’est-on trompé de loi ?
Le forgeron repart, libre mais dépité : le juge Fragnoli n’aura même pas eu 5 minutes à lui accorder. Ah mais non, attention, avant de rentrer chez lui, il doit faire une nouvelle garde-à-vue, il a refusé de donner son ADN. Encore une heure donc, au coeur des services secrets français. Puis s’en va acheter un billet de train. Ca a d’ailleurs encore augmenté.

C’est cependant le coeur plus léger qu’il accomplit le trajet retour. Il sait désormais pourquoi son téléphone a été mis sur écoute pendant 2928 heures et ce qui lui a valu d’être suivi et surveillé pendant des mois : il est forgeron. Oui, cela il le savait avant d’être menotté par la police anti-terroriste mais ce qu’il ne savait pas, c’est que c’était un élément suffisant pour justifier son enlèvement à 6H du matin.
Mais comme le comique s’accommode toujours bien du dérisoire, notre ami forgeron est convoqué au tribunal de Rouen le 6 février prochain. Ce n’est pas parce que les sbires de l’anti-terrorisme n’ont rien à lui reprocher qu’on ne peut pas lui faire un petit procés pour avoir refusé son ADN aux policiers forts mal élevés qui l’avaient réveillé, sequestré puis relâché sans la moindre charge.

Parce qu’on ne peut que se réjouir de chaque humiliation que l’anti-terrorisme s’inflige à lui-même, nous vous invitons à venir rire avec nous mercredi 6 février au TGI de Rouen.

Suite au rendu, les festivités se prolongeront autour d’un apéritif de soutien à
La Conjuration des Fourneaux, 149 rue Saint-Hilaire.

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