Une tribune pour les luttes

Lettre d’un habitant du Vaucluse

Pourquoi je ne participerai pas à l’opération du 9 mars dite « chaîne humaine »

Article mis en ligne le samedi 9 mars 2013

à lire sur www.coordination-antinucleaire-sude...

Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.
Pourquoi je serai devant un monument aux morts ce lundi 11 mars 2013.
Pourquoi je ne participerai pas à l’opération du 9 mars dite « chaîne humaine »

Depuis le 11 mars 2011 plusieurs réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima-Daïchi répandent leur radioactivité mortelle sur les territoires et les habitants du Japon et au-delà dans l’air que nous respirons tous et toutes ainsi que dans la mer et les eaux souterraines. Le crime est à l’oeuvre pour plusieurs années et les victimes se comptent déjà par milliers. Plus de 20% des enfants de la région de Fukushima présentent des nodules à la thyroïde et les scientifiques et médecins envisagent le pire pour les années et décennies à venir.

La catastrophe nucléaire a frappé là-bas comme elle a frappé le 26 avril 1986 à Tchernobyl en répandant son nuage de mort sur un trajet de plus de 1200km pendant de longues semaines et comme elle frappera aussi inéluctablement en France comme le reconnaissent à présent les autorités de sûreté nucléaire françaises.

L’ignominie des nucléocrates ne saurait souffrir d’aucune circonstance atténuante, d’aucun arrangement, d’aucun ajustement. Ils savent les dangers de la destruction atomique, ils connaissent les impacts sur la santé et la vie des êtres humains et sur le vivant mais ils continuent au quotidien à contaminer la planète pour faire perdurer leur croyance en la technique la plus idiote et la plus sale pour chauffer de l’eau et maintenir leur domination sur le monde.

En France, la gangrène nucléariste s’est répandue dans toutes les institutions, dans tous les lieux de pouvoirs et jusque dans les esprits des élites conduisant à des situations politiciennes telles que de prétendus écologistes participent à un gouvernement pro-nucléaire qui poursuit et accentue un programme délirant de nucléarisation du pays (EPR, ITER, Astrid, nucléaire militaire et nucléaire dit « civil »), d’utilisation et d’exportation d’armes à l’uranium « appauvri », se glorifie de propager des centrales nucléaires sur la planète.

Dans ces circonstances où le fanatisme, le techno-scientisme et leurs relais politiques ont osé s’affranchir de toute éthique et de toute responsabilité envers les peuples et la planète il est de mon devoir d’être humain et de citoyen de refuser d’accompagner le crime.

Les dates du 11 mars et du 26 avril sont le symbole réel et palpable du crime nucléaire. Elles doivent être décrétées jours fériés de deuil national et international, en mémoire aux victimes et comme engagement planétaire de bannissement à tout jamais du nucléaire.

Au même titre que le 14 juillet symbolise la prise de la Bastille par le peuple se libérant de la dictature monarchique et constitue la Fête nationale française, au même titre que le 1er mai symbolise et constitue la journée internationale de revendication des travailleurs, au même titre que le 8 mai symbolise et marque la capitulation de l’Allemagne nazie et la fin de la seconde guerre mondiale : il serait aberrant de célébrer, de commémorer ces dates historiques, un ou deux jours avant ou un ou deux jours après.

Je refuse donc que pour un confort personnel, un calendrier consumériste, un opportunisme conjoncturel on torde le cou à l’Histoire, on dénature la réalité, on fasse des petits arrangements avec sa conscience, on se promène - d’un siège social du lobby nucléaire à un ministère d’une République complice- un samedi, jour où les nucléocrates sont en congé, à la pêche ou dans leur résidence secondaire .

Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.

La catastrophe nucléaire de Fukushimaa a eu lieu voici 2 ans le vendredi 11 mars 2011. Je rendrais hommage aux victimes le 11 mars 2013 comme je l’ai fait le 11 mars 2012. Je rendrais hommage et manifesterais mon soutien aux enfants, aux femmes, aux hommes, aux anciens victimes dans leur chair . Je ne galvauderais pas ce jour de deuil et de lutte internationale contre les agissements des criminels du nucléaire et pour son arrêt immédiat et inconditionnel.

Je n’irai pas défiler à la capitale aux côtés de personnes et d’organisations qui se prononcent et agissent pour la poursuite du nucléaire - fusse sous-couverts de la manipulation idéologique de « transition énergétique » - et se servent de drame humain et environnemental pour redorer leur blason et faire tourner financièrement la boutique. Je ne verserai pas un euros à cette mascarade.

Je serai le 11 mars prochain à 18h devant le monument aux morts de la mairie d’Avignon. J’y serai dans le silence le plus total, mon visage recouvert d’un voile noir. Je brandirai simplement un immense dazibao noir sur lequel le logo du trèfle radioactif sera cerné des noms « Fukushima » et « Tchernobyl ». J’y serai, dans la dignité et la détermination, pour l’arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du nucléaire civil et militaire.

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