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SNISPV (Syndicat national des Inspecteurs en Santé Publique Vétérinaires)

Le SNISPV dénonce l’insuffisance des contrôles dans les abattoirs

+ Confédération paysane : Viande de mouton interdite : Encore Spanghero !

Article mis en ligne le jeudi 21 mars 2013


COMMUNIQUE DE PRESSE de la Confédération Paysane du 20 mars 2013

Viande de mouton interdite :

Encore Spanghero !

Voila ce qu’on découvre quand l’Etat se met à faire des contrôles : 57 tonnes de viande de mouton interdite à l’importation venue d’Angleterre. On peine alors à imaginer ce qui aurait pu être trouvé si les contrôles étaient vraiment courants dans la filière. Encore une fois, c’est le deux poids deux mesures qui se révèle : face à une agro-industrie opaque où prime l’autocontrôle, les éleveurs se débattent au milieu de normes sanitaires et de traçabilité déconnectées des risques réels.

Cette fois, la fraude n’est pas que commerciale, elle est aussi sanitaire puisque cette viande de mouton est interdite car séparée mécaniquement en raclant l’os ce qui peut laisser passer des éclats porteurs éventuellement d’infections. Mais pour Barthélémy Aguerre, le patron de Spanghero, il n’y a là « rien de grave ». Pourtant, cette affaire jette une nouvelle fois le discrédit sur les éleveurs qui travaillent avec Lur Berri, met en danger les employés de l’entreprise, et nie encore les inquiétudes des consommateurs qui ne savent plus qui croire à l’heure de s’alimenter.

Les découvertes de fraudes doivent cesser de s’accumuler comme c’est le cas depuis plusieurs semaines. Cette affaire de viande de mouton interdite démontre l’importance des contrôles publics dans l’agro-industrie. C’est à l’Etat de prendre ses responsabilités. Il faut mettre fin à l’opacité de la filière aussi en favorisant une relocalisation qui devrait être la base de fonctionnement de la coopérative qu’est Lur Berri. En cette période où l’importation de moutons fait baisser les prix de façon catastrophique, il n’y a qu’en raccourcissant les circuits de commercialisation que les éleveurs pourront espérer percevoir un revenu décent pour leur travail. C’est aussi la condition pour que les consommateurs puissent à nouveau s’alimenter sans trembler devant leur assiette.


Le SNISPV dénonce l’insuffisance des contrôles dans les abattoirs

Dans le prolongement de l’émission d’Envoyé Spécial
« la Viande dans tous ses Etats » et
de la polémique relative à la commercialisation des
viandes issues d’un abattage rituel, le
Syndicat National des Inspecteurs en Santé Publique
Vétérinaire (SNISPV), qui représente
les vétérinaires officiels en charge du contrôle et
du respect de la réglementation dans les
abattoirs (contrôles sanitaires, respect des règles
de protection animale), souhaite rappeler
quelques principes.

L’inspection sanitaire et le contrôle du respect des règles de protection animale dans les
abattoirs sont réalisés par des techniciens supérieurs et des vétérinaires officiels.
Alors que les enjeux sanitaires et sociétaux sont toujours plus importants et que les moyens
affectés au service public, en charge du respect des règles sanitaires, sont en France très
inférieurs à ceux des autres pays industrialisés, le SNISPV déplore la réduction massive des
effectifs depuis 2004. Au cours des dernières années, les réductions d’effectifs
correspondant au programme 206 (sécurité et qualité
sanitaires de l’alimentation) sont
systématiquement supérieures au nombre de départs à
la retraite, ce qui va très au-delà de
la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur
deux partant à la retraite.

Cette
réduction ne permet plus aux services vétérinaires
départementaux d’assurer correctement
le contrôle du respect de la réglementation (
communiqué de presse
du 20 octobre 2010 et
son annexe
et
courrier aux parlementaires
du 8 septembre 2011).
S’agissant du contrôle sanitaire dans les abattoirs
, les chiffres du ministère en charge de
l’agriculture montrent une diminution des effectifs
de 1650 ETP en 2004 à 1400 ETP en
2011. Pourtant, le coût de ces contrôles (à la char
ge des abattoirs qui payent une redevance
d’inspection sanitaire) représente moins de 2 centimes d’euro par kilogramme de carcasse.

L’insuffisance des contrôles a été signalée par plusieurs rapports de l’Union Européenne
ainsi que par la Cour des Comptes, dans un
rapport provisoire
qui n’a jamais été publié.

La situation n’a jamais été aussi préoccupante : pour la première fois, faute de crédits et afin
de répondre aux objectifs de réduction fixés par le
gouvernement, des vétérinaires officiels
contractuels (affectés sur des missions permanentes
d’inspection) seront licenciés au cours
des prochains mois ou verront leur contrat non renouvelé alors même que le besoin en
matière de contrôle, notamment des règles élémentaires de protection animale, ne fait
qu’augmenter !

C’est dans ce contexte que le reportage diffusé jeu
di dernier par Envoyé Spécial sur France2
a montré que des personnels non qualifiés employés
par les abattoirs étaient chargés des
contrôles en lieu et place des agents de l’Etat normalement en charge des contrôles officiels.
S’agissant de l’abattage rituel, le SNISPV rappelle
que l’étourdissement des animaux avant
leur mise à mort est obligatoire et ce afin d’éviter toute souffrance inutile.
Une dérogation est possible pour les viandes destinées à la consommation des pratiquants
des cultes musulman ou israélite. Cette dérogation
nécessite le respect de certaines règles.
Ces règles doivent être contrôlées par les services
vétérinaires, ce qui, dans le contexte
actuel de diminution des effectifs et d’accroissement du volume d’abattage rituel, devient de
plus en plus difficile.
La nouvelle réglementation
, qui s’appliquera à partir du 1er juillet 2012, a
pour objectif de
limiter et d’encadrer la pratique de l’abattage rit
uel, en veillant à ce que le nombre d’animaux
abattus rituellement corresponde aux commandes commerciales.
Compte tenu des carences existantes en personnel dans les services d’inspection et des fins
de contrats de certains vétérinaires officiels, le
SNISPV s’interroge sur la capacité des
services vétérinaires à réaliser des contrôles additionnels pour veiller au respect de cette
nouvelle réglementation et cela au delà du fait qu’
elle ne permettra pas au consommateur
d’être informé des méthodes d’abattage utilisées.

Pour le SNISPV, soucieux de répondre aux attentes de la société en matière de sécurité
sanitaire et de respect du bien-être animal, la situation ne pourra s’améliorer qu’avec une
augmentation des ressources affectées aux contrôles
en abattoir, la priorité absolue à court
terme étant donc d’éviter tout licenciement ou rupture de contrat des agents en charge des
contrôles officiels.

Paris, le 21 février 2012

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