Une tribune pour les luttes

Notre engagement, nos tâches

par Gérard Jugant

Article mis en ligne le vendredi 20 mai 2005

Publié sur le site de Rouges vifs le 2/4/05, cet article de Gérard Gugant nous semble mériter un large débat :
www.rougemidi.org

Dans la période historique de transition, de ruptures et de reconstruction que nous vivons, ne faut-il pas s’interroger sur les formes de l’organisation politique ?

A une certaine époque, les choses étaient simples, d’une certaine manière. La plupart des communistes se retrouvaient dans le PCF, les autres dans les diverses organisations d’extrême gauche. Et on se détestait allègrement, pour la plus grande joie des patrons et de la droite.

L’Histoire a montré la vanité de telles divisions, qui n’a fait que des perdants. La gauche de gouvernement nous a trahi. Non seulement nous ne l’oublions pas, mais les comptes ne sont pas soldés. Ceux-là qui n’ont pas trahi, nous leur devons beaucoup. Mais les divisions qui perdurent réduisent les possibilités de reconstruction. Sans vendre la peau de l’ours, car une bataille n’est gagnée qu’une fois franchie la ligne d’arrivée, si le NON au référendum sur le Traité Constitutionnel de l’Union Européenne gagne, ce que je crois, qu’allons nous faire de notre victoire ?

Et pourtant cette division, même si on en voit toujours les effets, est totalement dépassée, mais elle n’est pas remplacée par une nouvelle force révolutionnaire. Cette situation pèse terriblement sur les luttes et la création d’alternatives. Les petits groupes qui se réclament du socialisme révolutionnaire, du communisme, ou qui tout simplement résistent et cherchent des voies nouvelles, ont un immense mérite. Malheureusement, dans la plupart des cas, ils reproduisent des réflexes et des comportements qui s’expliquent tant par le passé que par leur faiblesse, et qui ne jouent pas nécessairement en faveur de l’unité révolutionnaire de la classe ouvrière.

La forme d’organisation dont nous avons besoin doit fonctionner de manière radicalement démocratique, ce qui nécessite à mon avis la lutte permanente contre les comportements bureaucratiques, routiniers, égoïstes, petits bourgeois, avec mise en place de règles impératives de durée de mandats et de procédures révocatoires en cours de ceux-ci (comme l’a fait le Venezuela pour tous les mandats électifs, en l’inscrivant dans la "Constitution Bolivarienne"). La question du droit de tendance n’est pas une question abstraite, mais une possibilité à laisser ouverte pour répondre aux besoins concrets qui peuvent se manifester dans une organisation.

Sur le plan théorique, le minimum serait de poursuivre, ou plutôt de reprendre la révolution du mode de pensée inaugurée par Marx et développée par le marxisme. Un marxisme dont la substance, l’âme vivante, est "l’analyse concrète de situations concrètes" et le rejet permanent du "marxisme de manuel", auxquels ne peuvent souscrire que les "imbéciles" (ces mots entre guillemets sont de Lénine).

On ne combattra jamais assez cette tendance persistante à croire que les idées mènent le monde. L’idéologie dominante dispose de tous les moyens de sa reproduction. Mais les idées, la théorie, pour se transformer en puissances matérielles, doivent s’emparer des masses, ce qui n’est possible que dans la mesure où elles permettent de réaliser leurs besoins.

Par exemple, dans notre évocation de départ à la grève des facteurs et factrices, les idées de défense du service public ne sont pas des idées abstraites. Elles se réalisent dans la réponse à nos besoins et leur validité est démontrée.

Pour construire une nouvelle force révolutionnaire capable de contester et de renverser le capitalisme et son ordre social, encore nous faudra t-il procéder à un bilan juste des expériences socialistes du XXe siècle. Nous n’avons non seulement rien à perdre, mais tout à gagner à pareille investigation, parce que l’Histoire forme le Révolutionnaire et que le temps de son étude n’est pas du temps perdu, mais du temps gagné. C’est en ce sens que Lénine, encore lui, soulignait que "l’histoire en général, et plus particulièrement l’histoire des révolutions, est toujours plus riche de contenu, plus variée, plus vivante, plus ‘ingénieuse’ que ne le pensent les meilleurs partis, les avants-gardes les plus conscientes des classes les plus avancées (La maladie infantile du communisme...).

Dans la situation actuelle, que faire, quelles sont nos tâches concrètes urgentes ?

.S’organiser politiquement dans les cités et quartiers populaires et ouvriers est une tâche absolument centrale et vitale. La dégradation des conditions de vie, d’emploi, le développement de la misère matérielle et morale, rendent cette tâche prioritaire.

.Mettre en place des cercles de formation politique, idéologique et de culture.

Le mot d’ordre unitaire de se débarrasser du système CHIRAC-SARKOZY, du système GAUDIN-MUSELIER à Marseille est des plus nécessaires. Un processus unitaire à gauche, d’une gauche porteuse d’un projet de gauche, est un objectif réalisable. Vaincre la droite est objectivement nécessaire, et doit pouvoir se réaliser sans compromis de trahison. C’est la seule voie pour se lancer dans un combat politique gagnant qui ouvre des perspectives nouvelles, et qui ne peuvent être que socialistes.

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