Une tribune pour les luttes

CNT
Solidarité avec notre camarade Fouad !
Amnistie de tous les condamnés du mouvement social !

+ Un militant condamné à 40 000 euros de dommages pour avoir occupé une voie ferrée en 2006 Par Erwan Manac’h.

Article mis en ligne le vendredi 14 juin 2013

Solidarité avec notre camarade Fouad ! Amnistie de tous les condamnés du mouvement social !

Au printemps 2006, le gouvernement UMP de De Villepin tentait d’imposer à la jeunesse et aux travailleurs.euses le CPE (Contrat de Première Embauche), véritable outil de précarisation et de flexibilité du travail, énième réforme destinée à assouvir les velléités de profits du patronat.
Cette année là le mouvement de protestation n’avait pas tergiversé. Au départ des grands campus universitaires, le mouvement s’était rapidement étendu à l’immense majorité des universités du pays, avant que les lycées eux aussi, ne se mobilisent dans la grève, et les blocages. Mais très vite, ce sont les salarié-e-s et les organisations ouvrières qui avaient rejoint la rue pour combattre cette réforme antisociale. Travailleurs et travailleuses en grève, parfois reconductible, dans le privé comme le public, avaient alors mené une lutte acharnée, multipliant pendant des mois manifestations, piquets de grève, et actions de blocage économique.

Le 30 Mars, suite à une action émanant de l’Assemblée Générale du campus du Saulcy à Metz environ 1 000 personnes (étudiant·e·s, lycéen·ne·s, salarié·e·s) avaient occupé, durant plus de deux heures, les voies de la gare SNCF. Malgré la totale réussite, et l’aspect pacifique de cette action, et alors que le cortège s’était retiré de la gare sans violences ni dégradations, le préfet de Moselle avait ordonné une violente charge policière contre les manifestants. Toujours sur ordre du préfet, une seule et unique interpellation avait eu lieu : celle d’un militant de la section universitaire de la CNT de Metz, Fouad.

En janvier 2012, la Cour d’appel de Metz le condamnait définitivement, au pénal, à 500€ d’amendes plus 500€ de frais de justice ; sous prétexte d’avoir été « le meneur de la bande » ! Au delà de cette insulte faite aux étudiant-e-s en lutte, dans le cadre du procès à venir au civil, c’est près de 40 000€ que réclame aujourd’hui la SNCF à notre camarade ! Pourtant, le retrait de ce projet de loi, quelques jours plus tard alors que les actions des travailleurs et des travailleuses se multipliaient partout dans le pays, était venu acter la justesse et la légitimité de ce combat contre la précarité et la casse sociale qui visait en premier lieu la jeunesse.

Il ne fait aucun doute à nos yeux que cette condamnation et les poursuites toujours en cours à l’égard de notre camarade s’apparente à une inadmissible répression du mouvement social et syndical. En effet, si la CNT l’a subie ce jour là à Metz, c’est bien l’ensemble des organisations syndicales et des travailleurs.euses en lutte qui - en cette année 2006 comme lors de tous les combats pour la justice sociale ces dernières années (LMD, LRU, réforme des retraites, destruction des services publics et notamment de l’Éducation...) - a subi une répression judiciaire ou hiérarchique insupportable : mutations forcées, licenciements, mise à pieds, amendes, prison.. Tandis que le PS se targuait d’être l’opposition aux réformes de la droite, ce sont bien les travailleurs.euses en lutte qui ont payé le prix de leur engagement !

Aujourd’hui au pouvoir il est temps pour Hollande et son parti « socialiste » d’assumer !

La CNT-FTE appelle l’ensemble des organisations et des individus, syndiqués ou non, attachés à la défense de nos valeurs de justice sociale, de solidarité et de liberté à apporter leur soutien à notre camarade Fouad Harjane, et à appuyer la légitime revendication d’une amnistie généralisée, et rétroactive sur 10 ans, de tou-te-s les condamné-e-s du mouvement social.

A ce titre elle rappelle également à la ministre et candidate PS de la 1re circonscription de Moselle, Aurélie Fillipetti qu’elle s’est engagée auprès des militants de la CNT Moselle, qui l’ont interpellée vendredi denier à l’occasion de son meeting de campagne, à se « renseigner » auprès du conseil des ministres au sujet de cette revendication.

CNT- Fédération des Travailleurs-euses de l’Éducation


Un militant condamné à 40 000 euros de dommages pour avoir occupé une voie ferrée en 2006

Par Erwan Manac’h - 11 juin 2013

avec photos et vidéo :
http://www.politis.fr/Un-militant-condamne-a-40-000,22533.html

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Résistances
Par Erwan Manac’h - 11 juin 2013
Un militant condamné à 40 000 euros de dommages pour avoir occupé une voie ferrée en 2006

Pour une action d’occupation des voies ferrées pendant le mouvement étudiant contre le CPE, en 2006, un militant messin a été condamné en mars à 40 000 euros de dommages et intérêts.

Il se remet à peine de la stupéfiante nouvelle. Le 23 mars, Fouad Harjane, un jeune militant messin de la CNT était condamné à 40 000 euros de dommages et intérêts à l’endroit de la SNCF pour une action de blocage menée… en 2006.

Les faits remontent au mouvement étudiant contre le « Contrat première embauche » (CPE). Fouad était alors étudiant en développement de projets culturels. Au point le plus chaud du bras de fer, le 30 mars, il est interpellé au cours d’un après-midi d’action. Un groupe d’environ 800 jeunes s’était installé pendant une heure sur les voies de la gare SNCF, puis devant la chambre de commerce et d’industrie et sur un axe très fréquenté du centre-ville de Metz, pour des blocages temporaires.

« J’ai tout assumé tout de suite, raconte le militant, sept ans après les faits. Je n’ai pas nié et j’ai donné ma vraie identité. »

Il est relâché après 4 heures de garde à vue avec une poursuite pour délit d’entrave à la circulation ferroviaire. Le lendemain, Jacques Chirac, alors président de la République, annonce qu’il enterre la loi à peine votée.

Une peine d’amende en correctionnelle

Il passe en jugement en septembre 2006 avec d’autres jeunes militants interpellés et écope de 150 euros d’amende pour l’action à la gare SNCF. Un an plus tard, en appel, la cour se déclare incompétente et renvoie le procès en janvier 2009. Mais il manque son jugement, faute d’avoir reçu la convocation après un changement d’adresse.

C’est en novembre 2011 qu’il apprend sa condamnation, au hasard d’un contrôle d’identité pendant un collage d’affiches. Après un dernier atermoiement (il fait opposition au jugement, puis se rétracte), il est finalement condamné en janvier 2012 à 300 euros d’amende.

5 729 minutes de retard

Une procédure en civil s’ouvre alors pour déterminer les dommages et intérêts et c’est là que tombe la véritable sanction : le tribunal suit la demande de la SNCF qui estime que l’action a entraîné « 5 729 minutes » de retard. L’entreprise demande une indemnisation à raison d’« un coût horaire de 414,06 euros ». Fouad est condamné à 39 500 euros de dommages le 23 mars 2013, auxquels s’ajoutent 800 euros de frais de justice.

(...)

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