Une tribune pour les luttes

SURVIE

Lettre d’info n°73 Juin 2013

+ Édito de Billets d’Afrique L’arroseur arrosé par Odile Tobner

Article mis en ligne le vendredi 28 juin 2013

Par mail

Bonjour,

voici de nouvelles informations, de l’association Survie, sur les crimes de nos gouvernements successifs dans divers pays d’Afrique.

yves

La FIDH, la LDH et Survie déposent plainte
contre Paul Barril pour complicité de génocide au
Rwanda

 
Paris, le 26 juin 2013 - La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), la Ligue française des droits de l’homme (LDH) et l’association Survie ont déposé ce lundi une plainte contre Paul Barril auprès du Tribunal de grande instance de Paris du chef de complicité de génocide pour avoir notamment contracté le 28 mai 1994
un accord d’assistance de fourniture d’armes et de munitions et de formation et d’encadrement, avec le Premier ministre du Gouvernement intermédiaire rwandais (GIR), Jean Kambanda.
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Publication
La France en guerre au Mali : enjeux et zones d’ombres
Le 10 janvier 2013, François Hollande engage l’armée française au Mali pour enrayer une offensive de groupes armés qui occupaient les deux tiers du pays, provoquant le soulagement compréhensible des Maliens. La propagande déployée par l’armée et le gouvernement français pour défendre le bien-fondé et la légalité de son « Opération Serval », préparée de longue date malgré les discours plaidant pour l’intervention d’une « force africaine », est alors relayée par la plupart des médias..
Ed. Tribord. 249 p.
7 ¤.
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Sans titre 4806
Hollande couronné à l’Unesco
La Françafrique célèbre la paix en répandant la guerre
François Hollande recevra mercredi le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. A travers ce prix de l’UNESCO, c’est un triple hommage qui est rendu par la Françafrique à son parrain feu- le président kleptocrate ivoirien, à la guerre comme résolution des conflits, et aux dictateurs « amis de la France » qui entoureront le Président français.
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Côte d’Ivoire : attaques contre la Convention de la société civile ivoirienne
La Plateforme Dette & Développement dénonce les attaques à l’encontre de la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI), la plus grande coalition ivoirienne de syndicats, d’ONG, d’organisations professionnelles, confessionnelles, de défense des droits de l’homme, qui est l’objet depuis plusieurs semaines d’attaques et d’intimidations visant à l’empêcher d’exercer son rôle de contrepouvoir indépendant.
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Sans titre 4808
Françafrique : un engagement non tenu de François Hollande, des reculs préoccupants
Un an après l’investiture du président de la république, et malgré les efforts de la communication élyséenne et de certains médias pour faire passer comme symboles de la fin de la Françafrique des visites supposées sous tension de dictateurs ou encore l’intervention unilatérale de la France au Mali, l’association Survie rappelle que la politique gouvernementale est à l’opposé de son engagement n°58 de « rompre avec la Françafrique ».
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Génocide des Tutsi rwandais : l’impossible aveu ?

1993 : Que savait-on un an avant le génocide des rwandais  ?

Makaila Nguebla : "Je suis indigné par le soutien de la France à Déby
Infos Culture
Documentaire : Cash Investigation : le scandale de l’évasion fiscale

Théâtre :
Un Dhikri pour nos morts
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Édito

L’arroseur arrosé
par Odile Tobner

12 juin 2013

Dans les pays développés, l’opinion publique commence à s’émouvoir de ce que, au moment où la charge fiscale pèse de plus en plus lourdement sur les épaules des contribuables, les plus grosses fortunes et surtout les grandes firmes multinationales y échappent presque totalement.

Sous la pression, les dirigeants européens et américains font mine de découvrir le phénomène ; tel Hollande énonçant une de ces fortes lapalissades dont il a le secret au sommet européen du 22 mai : «  Plutôt que d’augmenter les taxes, les taux, les impôts, les prélèvements, mieux vaut aller chercher la matière imposable où elle se cache ».

Les multinationales ne font pourtant que retourner contre les populations des pays riches les armes fiscales que les États des pays développés leur ont fournies depuis les années cinquante pour piller en toute légalité les ressources des pays pauvres, tout particulièrement d’Afrique [1]. Ce sont en effet les États des pays les plus riches qui, à travers notamment l’OCDE, club des pays industrialisés, ont créé les normes fiscales internationales. Ils ont, via un réseau de conventions fiscales, imposé au monde une fiscalité spécifique des entreprises internationales, et toléré, voire encouragé l’existence de ces véritables « trous noirs  » de la fiscalité que sont les paradis fiscaux. Ce sont ces mécanismes qui permettent aujourd’hui à des sociétés telles que Google, Apple ou Amazon de ne pratiquement pas payer d’impôts dans les pays où ils réalisent leurs bénéfices.

Mais ces instruments ont pour fonction première de permettre aux firmes multinationales d’exploiter les ressources des pays en développement, notamment les ressources extractives, sans que jamais celles-ci puissent financer le développement de ces pays. Le prix fort a été payé surtout par les pays africains, très vulnérables parce que, dépourvus d’une économie nationale du fait de la colonisation, ils dépendaient entièrement des capitaux étrangers. Forum Syd a calculé que les quinze pays où les sorties illicites de capitaux sont les plus élevées sont en Afrique. Ce sont l’Angola, l’Afrique du Sud, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Gabon, le Ghana, Madagascar, le Mozambique, le Nigéria, la République du Congo, le Soudan, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. Le Franc CFA a été et demeure, dans les pays francophones, le canal idéal de cette fuite. Ces flux illicites ne sont, suivant le spécialiste de ces flux Raymond Baker, attribuables à la corruption qu’à hauteur de 3 % ; 30 à 35 % sont dus aux activités criminelles, mais les deux tiers de ces flux sont issus des stratégies d’optimisation fiscale des multinationales.

Selon Africa Europe Faith and Justice network, « de 1 260 à 1 440 milliards de dollars US disparaissent chaque année des pays en développement sans laisser de traces, pour aboutir dans des paradis fiscaux ou des pays riches. La majeure partie de cette somme est expédiée par des sociétés multinationales qui cherchent à éviter les taxes là où elles fonctionnent. [...] Des estimations de la fuite illicite de capitaux à partir de l’Afrique sur une période de trente-neuf ans montrent qu’elle augmente en moyenne d’environ 12% par an. »

Au moment où les décolonisations semblaient les priver des conquêtes qui fondaient leur puissance, les soi-disant démocraties avancées ont su imposer au monde un véritable droit au pillage au bénéfice des firmes multinationales. Aujourd’hui, le nationalisme républicain bruyamment affiché par la classe dirigeante peine à dissimuler aux opinions publiques des pays riches qu’une nouvelle féodalité se met en place, où les charges publiques ne pèsent que sur le peuple et sont de plus en plus consacrées à financer des matériels militaires et des opérations guerrières au bénéfice des multinationales.

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