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Le nombre de sans-domicile a progressé de 50 % entre 2001 et 2012

Plus de 140 000 personnes sans domicile en France en 2012 dont au moins 30000 enfants (enquête INSEE)

Article mis en ligne le mardi 2 juillet 2013

A lire en entier avec les tableaux :
http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1455&utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

L’hébergement des sans-domicile en 2012

L’enquête auprès des personnes fréquentant les services d’hébergement ou de distribution de repas (sources) s’est adressée aux personnes adultes ayant eu recours aux services (encadrés 1 et 2) implantés dans les agglomérations de 20 000 habitants ou plus, entre le 23 janvier 2012 et le 3 mars 2012.

Au cours d’une semaine de collecte, 103 000 adultes ont utilisé ces services. Parmi eux, 81 000 sont sans domicile (80 %) ; les autres bénéficiaires sont soit locataires ou propriétaires de leur logement (11 %), soit dans une autre situation sans logement personnel (9 %). Ces derniers peuvent alors être hébergés par un tiers (famille ou connaissance), occuper un squat, ou louer une chambre d’hôtel.

Le nombre de sans-domicile en 2012 n’est pas directement comparable à celui de l’enquête Sans-domicile de 2001. En effet, en 2012, le champ de l’enquête a été élargi, avec notamment la prise en compte des bénéficiaires de distributions de petits-déjeuners. Si l’on se limite aux mêmes types de services qu’en 2001, le nombre d’adultes sans domicile dans les agglomérations de plus de 20 000 habitants a progressé de 44 % entre 2001 et 2012.

Parmi les 81 000 adultes sans domicile usagers de ces aides, 47 % sont de nationalité française, 18 % sont des étrangers non francophones (sources), 35 % sont des étrangers francophones. Un cinquième des sans-domicile étrangers sont nés en Europe (22 %). La part des étrangers parmi les sans-domicile est ainsi passée de 38 % en 2001 à 53 % en 2012. Elle est près de neuf fois plus élevée que dans la population de France métropolitaine. Cette hausse s’explique en partie par l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile qui n’ont pas de place dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) et s’orientent donc vers les services d’aide aux sans-domicile.

Les 81 000 adultes sans domicile usagers des services d’aide étaient accompagnés de 30 000 enfants. En incluant les 8 000 personnes sans domicile des communes rurales et des agglomérations de moins de 20 000 habitants et les 22 500 personnes dépendant du dispositif national d’accueil des étrangers (essentiellement les CADA), on estime qu’environ 141 500 personnes étaient sans domicile en France métropolitaine. L’augmentation depuis 2001 est de l’ordre de 50 %. La suite de l’étude porte uniquement sur les 66 300 adultes francophones sans-domicile des agglomérations d’au moins 20 000 habitants.

Près de la moitié des 66 300 adultes francophones sans domicile se trouvaient en centre d’hébergement collectif (11 % dans un centre qu’ils doivent quitter le matin, 35 % dans un centre où l’on peut rester la journée), un tiers dans un logement payé par une association, 12 % dans un hôtel, et 9 % étaient des sans-abri. La plupart de ces derniers n’avaient pas voulu dormir en centre d’hébergement à cause du manque d’hygiène et de l’insécurité. Les autres ont été refusés par manque de places ou n’ont pu s’y rendre (arrivée trop tardive, chiens non admis...).

Les femmes accompagnées d’enfants sont majoritairement hébergées en hôtel ou en logement associatif. Les personnes seules sont plus nombreuses dans les centres collectifs ou parmi les sans-abri, mais on y compte moins de femmes seules que d’hommes seuls. Les hôtels accueillent principalement les femmes étrangères, tandis que les hommes seuls étrangers connaissent les conditions les plus précaires (à la rue ou dans les centres à quitter le matin).

Un quart des sans-domicile avaient un travail régulier ou un «  petit boulot  » au moment de l’enquête contre 53 % en population générale ; 47 % étaient au chômage et 28 % inactifs. La possibilité de travailler varie selon la stabilité des conditions d’hébergement : 5 % des personnes sans abri ou des sans-domicile hébergés dans un centre qu’il faut quitter le matin travaillent, contre 45 % de ceux qui sont hébergés dans un logement. Il n’y a pas de différences notables entre hommes et femmes.

Près d’un sans-domicile sur cinq qui travaille utilise d’autres types d’aides destinées aux personnes en difficulté, comme les bons et les colis alimentaires, les tickets restaurants et la distribution de vêtements. Plus généralement, 41 % des sans-domicile ont recours au moins à l’une de ces aides (tableau 2).

Près de trois sans-domicile sur cinq sont inscrits dans un service de domiciliation qui leur procure une adresse notamment pour leur courrier. Ce service est utilisé par trois quarts des sans-domicile qui fréquentent les centres que l’on doit quitter et par la moitié des sans-abri.

Au cours du mois écoulé, plus du tiers des sans-abri et des personnes logées dans un hôtel, et plus de la moitié (59 %) de celles qui étaient dans un hébergement collectif qu’ils devaient quitter le matin, ont appelé le 115 (« urgence sociale »).

Les sans-domicile déclarent avoir été huit mois et demi en moyenne sans-domicile durant l’année 2011, un mois et demi en moyenne dans un logement dont ils étaient propriétaires ou locataires et pendant deux mois hébergés par un tiers ou en squat (tableau 3).

Ils sont nombreux à déclarer n’avoir jamais eu de logement à eux (39 %) : certains ont été placés dans leur jeunesse, et d’autres peuvent considérer que le logement de leur famille ou celui de leur conjoint n’était pas le leur. Parmi ceux qui déclarent avoir eu un logement, les principales raisons évoquées concernant le départ de celui-ci sont la séparation d’avec le conjoint et l’impossibilité de payer le loyer ou les charges.

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