Une tribune pour les luttes

Nous condamnons le massacre de la police égyptienne contre les manifestants

Divers communiqués

Article mis en ligne le vendredi 16 août 2013

L’opération de dispersion des manifestations pro-Morsi lors de la journée de mercredi, très violente, a fait au moins 482 morts civils et 43 chez les policiers selon un bilan officiel établi jeudi matin et au moins 3500 blessés. Le bilan sera sans doute plus lourd. Les Frères musulmans parlent eux de 2 200 morts et 10 000 blessés.


ÉGYPTE COMMUNIQUÉ DE LA LTDH (Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme) :

Tunis le 15 août 2013

Communiqué (traduit de l’arabe)

Suite au tournant gravissime dû à la recrudescence de la violence, mercredi 14 août, entraînant des centaines de victimes mortes ou blessées, dont 43 parmi les forces de police à la prise d’assaut des Places « Adawyya » et « Annahdha  » au Caire pour disperser les deux sit-in de contestation qui s’y sont installés depuis six semaines, la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme :

- Tout en condamnant fortement le recours excessif à la force et l’usage injustifié des balles réelles, ce qui constitue des violations des droits humains contraires au Droit Humanitaire International,

- Porte la responsabilité politique et morale sur les autorités égyptiennes et les partis politiques et les appelle à l’arrêt immédiat de toute violation les mettant en garde contre l’amplification des assassinats et la précipitation du pays vers le chaos, les bains de sang, la guerre civile et les génocides communautaires,

- Attire l’attention des autorités égyptiennes, notamment les institutions militaire et sécuritaire qu’elles sont tenues, après la suspension de la Constitution, la dissolution des instances représentatives et la déclaration de l’état d’urgence, à se conformer aux dispositions du droit international des droits de l’homme et à tous les engagements qui en découlent. La LTDH exhorte les autorités à œuvrer pleinement pour assurer l’intégrité et la vie de tous les citoyens égyptiens, protéger leurs biens et garantir leur droit d’expression pacifique.

- Met en garde toutes les parties contre les effets de la perturbation de l’ordre public et la paix civile, contre les atteintes aux propriétés privées et publiques et les agressions des sièges de souveraineté et des lieux de culte et la terrorisation des citoyens dans leur vie et sécurité.

- Appelle tous les égyptiens, de toute horizon, à un maximum de vigilance et de maîtrise de soi dans cette période critique de leur histoire moderne. Elle leur demande d’agir au mieux pour rechercher des solutions consensuelles à leur crise politique et sécuritaire afin de préserver la dignité de l’Egypte et de son peuple, d’assurer sa stabilité et son intégrité nationale et empêcher les effusions de sang.

- Demande l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante sur ces faits scandaleux dans le but d’identifier et poursuivre les responsables et sanctionner les criminels.

- Exige la libération de tous les détenus en dehors de la loi et l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire sur toutes les violations commises et la poursuite de tous ceux qui y sont impliqués quelle que soit leur appartenance.

Pour le Comité Directeur

Le Président

Abdessattar Ben Moussa


Communiqué de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) et du Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)

Nous condamnons le massacre de la police égyptienne contre les manifestants

La FTCR et le CRLDHT condamnent le plus fermement possible le massacre commis par la police égyptienne contre les manifestants partisans du président Morsi destitué.

La charge de la police et des forces de l’ordre contre les places occupées par les manifestants ont provoqué un véritable bain de sang qui s’est soldé par la mort de centaines de personnes dont des policiers, des journalistes et d’innombrables blessés.

Notre soutien aux revendications démocratiques légitimes du peuple égyptien et à sa lutte contre le fanatisme religieux est un soutien de principe basé sur notre attachement aux valeurs universelles des droits de l’homme et à toutes les libertés d’expression et qui n’accepte en aucun cas les violences policières et le massacre des manifestants.

La FTCR et le CRLDHT dénoncent les décisions du gouvernement égyptien d’utiliser la violence sauvage contre les manifestants, et demandent la création d’une commission d’enquête internationale indépendante pour déterminer les faits et les coupables qui doivent être jugés et sévèrement condamnés.

La FTCR et le CRLDHT demandent aux forces démocratiques en France et en Tunisie de condamner cette répression sauvage et de s’engager plus fermement dans la défense des valeurs pacifiques de la démocratie, du respect des libertés et des droits de l’Homme. Notre lutte commune contre l’intégrisme et le fanatisme religieux qui essayent désespérément d’avorter les révolutions arabes au profit d’un projet réactionnaire et liberticide doit rester continuellement pacifique et attachés aux valeurs démocratiques.

Pour la FTCR et le CRLDHT

Tarek BEN HIBA et Mouhieddine CHERBIB

Tunis le 15 août 2013


Déclaration des socialistes révolutionnaires égyptiens sur les massacres du Caire

http://www.internationalistes13.org...

La dissolution sanglante du sit-in à Al-Nahda Square et Raba’a al-Adawiyya n’est rien qu’un massacre préparé à l’avance. Il vise à liquider les Frères musulmans. Mais, il est aussi le cadre d’un plan visant à liquider la révolution égyptienne et restaurer l’état militaro-policier du régime de Moubarak.

Les socialistes révolutionnaires n’ont pas défendu un seul jour le régime de Mohamed Morsi et des Frères musulmans. Nous avons toujours été dans les rangs de l’opposition à ce criminel, son régime a échoué et a trahi les objectifs de la révolution égyptienne. Il a même protégé les piliers du régime de Moubarak et de son appareil de sécurité, les forces armées et les hommes d’affaires corrompus. Nous avons fortement participé à la vague révolutionnaire du 30 Juin. Nous n’avons pas soutenu un seul jour le sit-in des Frères et leurs tentatives de retour de Morsi au pouvoir.

Mais nous devons mettre les événements d’aujourd’hui dans leur contexte, qui est l’utilisation de l’armée pour démolir des grèves ouvrières. Nous voyons également la nomination de nouveaux gouverneurs provinciaux, en grande partie issus des rangs des vestiges de l’ancien régime, de la police et des généraux de l’armée. Puis il y a la politique du gouvernement du général Abdel Fatah Al-Sissi. Il a adopté une feuille de route clairement hostile aux objectifs et aux exigences de la révolution égyptienne, qui sont la liberté, la dignité et la justice sociale.

C’est dans ce contexte que le massacre brutal de l’armée et de la police a été commis. Il s’agit d’une répétition générale sanglante de la liqui- dation de la révolution égyptienne. Il vise à briser la volonté révolutionnaire de tous les Egyptiens qui revendiquent leurs droits, les travailleurs, pauvres, jeunes ou révolutionnaire, en créant un état de terreur.

La réaction des Frères musulmans et des salafistes d’attaquer les chrétiens et leurs églises, est un crime sectaire qui ne sert que les forces de la contre-révolution. La sale tentative de créer une guerre civile, dont les chrétiens égyptiens seraient les victimes, venant des Frères musulmans, Moubarak et Al-Sisi en sont complices, qui n’ont jamais, une seule journée, défendu les coptes et leurs églises.

Nous dénonçons fermement les massacres d’Al-Sisi et sa sale tentative de renverser le cours de la Révolution égyptienne. Le massacre d’aujourd’hui est la première étape d’une contre-révolution. Nous sommes avec la même fermeté contre toutes les agressions envers les chrétiens d’Égypte et contre la campagne sectaire qui ne sert que les intérêts d’Al-Sissi et de son projet sanglant.

Beaucoup de ceux qui se décrivent comme «  libéraux » et « de gauche  » ont trahi la révolution égyptienne, leurs leaders ont pris part au gouvernement de Al-Sissi. Ils ont vendu le sang des martyrs afin de blanchir l’armée et la contre-révolution. Ces gens ont du sang sur les mains.

Nous, socialistes révolutionnaires, ne dévierons jamais de la voie de la révolution égyptienne. Nous ne ferons jamais de compromis sur les droits des martyrs : ceux qui sont tombés face à Moubarak, ceux qui sont tombés face au Conseil militaire, ceux qui sont tombés face au régime de Morsi, et ceux à qui revient désormais d’affronter Al-Sissi et ses chiens. ■

A bas le régime militaire !

Pas le retour de l’ancien régime !

Non au retour des frères !

Tout le pouvoir et la richesse à la population !

Les socialistes révolutionnaires 14 Août 2013

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