Une tribune pour les luttes

Le Mouvement de la Paix

Syrie : Agissons pour ne pas rajouter la guerre à la guerre
Exigeons des solutions politiques

Article mis en ligne le samedi 31 août 2013

Madame, monsieur,

Depuis quelques jours, la France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne annoncent vouloir infliger une punition militaire au régime de Bachar El Assad. Rajouter la guerre aux souffrances, déjà très grandes, du peuple syrien serait une nouvelle catastrophe et constituerait un acte grave dont les conséquences pour la région sont incalculables.

Le Mouvement de la Paix condamne la répression du régime de Bachar El Assad depuis plus de deux ans. Nous condamnons fermement l’utilisation d’armes chimiques par quelque partie au conflit. Ce sont aux inspecteurs de l’ONU de communiquer à la communauté internationale des informations fiables sur la véracité de l’utilisation de ces armes et les conditions de leur utilisation.

Le Mouvement de la Paix, qui agit depuis de longs mois en soutien à la population syrienne, refuse une intervention militaire, qui plus est en dehors de toute légitimité internationale et sans mandat de l’ONU (voir notre communiqué). Nous refusons catégoriquement le recours à la guerre. En Syrie comme ailleurs ce qui est nécessaire c’est la mise en place de processus politiques de prévention et de résolution des crises avec l’objectif de la Culture de la Paix comme socle d’une société humaine.

Une majorité grandissante de nos citoyens est opposée à cette intervention militaire. C’est le cas également aux USA, et en Grande-Bretagne. Nous devons nous faire entendre auprès du gouvernement afin que l’aspiration majoritaire du peuple français soit entendue et respectée. Le Président de la République a convoqué une session extraordinaire du Parlement ce mercredi 4 septembre sur cet ordre du jour.

Nous vous invitons à interpeller vos parlementaires avant mercredi afin que ceux-ci exigent un vote du parlement et s’expriment contre une intervention militaire et pour des solutions politiques.
Nous vous demandons également de vous adresser au Président de la République.

Le peuple Syrien a plus que jamais besoin de vous pour éviter une aggravation de sa situation par la guerre, et soutenir les solutions politiques.
Nous demandons la reprise des accords de Genève II avec les moyens indispensables, un cessez le feu, l’interdiction du commerce des armes, l’aide aux victimes, l’organisation des secours et le recours au tribunal international pour crime contre l’humanité par l’usage d’armes chimiques.

Pour cela :

  • Participez à la cyber-action en ligne qui sera envoyée en votre nom aux parlementaires de votre département ainsi qu’à l’Elysée - cela ne prend que quelques instants ;
  • Faites signer la pétition autour de vous (en la téléchargeant au format pdf ou au format doc) et renvoyez les signatures au comité du Mouvement de la Paix de votre département ou au siège national du Mouvement de la Paix à Saint Ouen ;
  • Faites suivre ce message (en format html) à vos connaissances pour former la chaîne de la paix.

    Nous comptons sur vous.

    Le Mouvement de la Paix

    www.mvtpaix.org


    Des rassemblements se sont tenus à Paris, Toulouse, Marseille (voir Mille Bâbords 24232), Lyon, Angers, Rennes, Gap, Béziers, Pau, Strasbourg, Quimper... et d’autres se tiendront dans les jours prochains à Caen, Bourges, Tarbes, Saint Etienne, Morlaix...

    Vous aussi, organisez la mobilisation dans votre ville, contactez le Mouvement de la Paix au 01 40 12 09 12.


    Communiqué du 28 août 2013

    Non à l’intervention armée en Syrie, non à la participation de la France
    Solidarité avec les forces de paix, de justice et de démocratie en Syrie

    L’escalade proposée par le Président Hollande n’est pas la bonne issue.

    Le Mouvement de la Paix condamne fermement l’utilisation d’armes chimiques. Par leurs luttes, les peuples ont gagné la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, signée le 13 janvier 1993, qui interdit la mise au point, la fabrication, le stockage et l’usage des armes chimiques.

    Avant même les conclusions de la mission de l’ONU, seule habilitée à mener une telle enquête sur l’utilisation des armes chimiques, la France, les USA et leurs alliés membres de l’OTAN, déclarent avoir des certitudes. Si preuves il y a, ils ont la responsabilité de les transmettre à l’ONU. Envisager une intervention militaire en dehors des Nations Unies, malgré le risque conséquent d’un embrasement de toute la région, consiste à se poser en « juges et gendarmes du monde », à alimenter le cercle infernal des logiques de guerre et de violence en négligeant l’intérêt des peuples.

    Il y a deux ans, un soulèvement citoyen pacifiste exigeait plus de démocratie et de progrès social en Syrie. Le régime syrien de Bachar El Assad a répondu par une répression féroce refusant toute possibilité de dialogue et provoquant l’escalade d’une guerre civile dans laquelle se sont engouffrées des puissances et des forces politiques régionales (Iran, Turquie, Arabie Saoudite, Qatar, Hezbollah…) et permettant aux militants les plus radicaux rescapés des interventions militaires en Irak, Afghanistan, Libye, Mali de se mettre au service des uns ou des autres.

    Le bilan est effroyable pour le peuple syrien : plus de 100 000 morts, 4 millions de déplacés qui ont tout perdu, 1 500 000 exilés, et un pays dévasté. Aujourd’hui cette crise syrienne est devenue une crise géopolitique où chacun défend ses intérêts dans la région. Prétextant un blocage au Conseil de sécurité de l’ONU de la part de la Chine et de la Russie, les puissances occidentales membres de l’OTAN n’ont pris aucune initiative pour résoudre politiquement ce conflit. Ainsi le plan incarné par Kofi Annan en a fait les frais. La structuration de la société syrienne rendait nécessaire un processus long de concertations, rendu possible par la présence d’observateurs en nombre, permettant d’assurer une évolution vers plus de démocratie. Dans ce contexte, l’utilisation de forces de paix non violentes sous l’égide de l’ONU, aurait pu le permettre. Au lieu de cela, les antagonismes ont été entretenus, voire même alimentés, et les horreurs de la guerre civile ont affaibli les possibles recours. C’est ainsi que la perspective odieuse d’une intervention armée, en contradiction totale avec l’intérêt des peuples, peut aujourd’hui nous être présentée comme indispensable. L’indispensable pour la population est de vivre en sécurité, de se nourrir, de s’instruire, d’être soigné dans de bonnes conditions et de pouvoir s’exprimer en toute liberté. Or tout cela, la guerre l’interdit. Loin d’être la solution, elle ne bénéficierait qu’aux marchands d’armes.

    Le Mouvement de la Paix dénonce catégoriquement l’argument, relayé à l’unisson par les médias, d’une guerre indispensable. En Syrie comme ailleurs, ce qui est nécessaire c’est la Paix comme socle d’une société humaine se conformant aux engagements pris en 1998 par la communauté internationale dans le cadre de l’adoption de la culture de paix et de la non-violence.

    Le Mouvement de la Paix demande au gouvernement français de renoncer à l’emploi des forces armées, de faire respecter le droit international et de prendre toutes les initiatives politiques possibles pour obtenir un cessez-le-feu. Le Mouvement de la Paix demande la reprise du plan de Kofi Annan avec des moyens humains renforcés pour parvenir à une transition démocratique en Syrie et permettre une stabilisation de la région.

    Il appelle les citoyens, les ONG de notre pays à se rassembler et à développer toutes les actions collectives marquant le refus d’une intervention militaire. Les premiers rassemblements sont prévus le jeudi 29 août à Paris, Toulouse et Marseille.

    Le Mouvement de la Paix
    Saint-Ouen, le 28 août 2013

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