Une tribune pour les luttes

L’Europe forteresse a encore fait une victime. Un enfant. A Marseille.

L’UN NOYÉ, L’AUTRE ENFERMÉ… IL FAUT RÉAGIR !
Rassemblement du lundi 13 janvier 2013 à 18h30 devant le centre de rétention de MARSEILLE.

+ Témoignage d’Ibrahima Dialo du 15 janvier 2014

Article mis en ligne le jeudi 16 janvier 2014

La Marseillaise du jeudi 16 janvier 2014

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Lundi 16 janvier 214

60 personnes sont venues sous une pluie battante rendre un dernier hommage à Mamadou Saydou, tué par notre Police aux Frontières qui ne l’a pas laissé demander l’asile comme il en avait le droit.
Son ami rescapé, Ibrahim Dialo, grâce à la mobilisation a été libéré cet après-midi et la solidarité militante lui a trouvé un hébergement. Il va pouvoir maintenant présenter sa demande d’asile qui sera suivie de près.
Nous avons échangé des nouvelles des pères que RESF soutient et qui sont scandaleusement emprisonnés au CRA loin de leur famille et crié :
Non ! non ! non ! à l’Europe forteresse, De l’air, de l’air, ouvrez les frontières !
Non, non, non aux expulsions ! Régularisation de tous les sans-papiers !
Pierre par pierre, mur par mur nous détruirons toutes vos prisons !
Nous avons une fois de plus constaté que le CESEDA et son application par ce gouvernement comme par les précédents ne peuvent que remplir de honte tous les citoyens respectueux des Droits humains.

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La Marseillaise du 14 janvier 2014

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Communiqué de RESF du 13 janvier 2014

[Resf13-info] IBRAHIMA DIALO EST LIBRE ! Maintenant, faire la lumière...

Réseau Education Sans Frontières 13
resf13 chez no-log.org 06 31 32 48 65
61 rue Consolat 13001 Marseille
www.educationsansfrontieres.org

Ibrahima DIALO, jeune Guinéen de 21 ans, a vu se noyer sous ses yeux son compagnon de route Mamadou SAYDOU dans le port de Marseille le 10 janvier après avoir sauté du cargo sur lequel ils étaient refoulés. Rescapé, Ibrahima n’a par contre pas échappé à l’enfermement dès sa sortie de l’eau… Il a finalement été libéré lundi 13 janvier. L’audience au TGI de mardi 14 janvier est donc annulée.

Après 3 jours passés dans la zone d’attente du centre de rétention de Marseille, le ministère de l’Intérieur l’a autorisé à entrer sur le territoire français (!) où il pourra déposer une demande d’asile.

A l’heure qu’il est, Ibrahima est hébergé dans une paroisse du 14è arrondissement où il a été mis en lien avec une association d’étudiants.

L’émoi suscité par ce drame, les protestations en direction des autorités préfectorales et la chaine de solidarité rapidement mise en œuvre pour venir en aide à Ibrahima n’auront donc pas été vains.

Le RESF mais aussi la LDH, la Cimade, Forum réfugiés, le réseau associatif chrétien, les 50 personnes rassemblées ce lundi soir, sous la pluie, devant le centre de rétention de Marseille… s’en félicitent.

La liberté pour Ibrahima était la priorité. Mais cela ne dédouane pas les autorités préfectorales de faire toute la lumière sur les circonstances qui ont amené au décès de Mamadou SAYDOU.

« Pourquoi leur demande d’admission au titre de l’asile n’a-t-elle pas été enregistrée et ces deux jeunes hommes placés en zone d’attente pour que le ministère de l’Intérieur l’examine, après avis de l’OFPRA ?  » demande par exemple l’ANAFE (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers), voir pièce jointe.

Si tel avait le cas, Mamadou SAYDOU, 18 ans, serait encore parmi nous et Ibrahima se serait passé d’annoncer cette douloureuse nouvelle à sa famille…

Le corps de Mamadou SAYDOU, selon les souhaits de sa famille et ceux d’Ibrahima, doit maintenant être ramené en Guinée. C’est la moindre des choses à assumer pour honorer sa mémoire.

Le RESF s’associe à l’ANAFE pour demander aux autorités françaises de tirer toutes les conséquences de ce drame, notamment quant à la pratique de remettre les « passagers clandestins  » sur les navires qui les a acheminés, contraire au respect des droits de l’homme aux frontières maritimes.


Réseau Education Sans Frontières 13
resf13 chez no-log.org 06 31 32 48 65
61 rue Consolat 13001 Marseille
www.educationsansfrontieres.org

Mamadou SAYDOU avait 18 ans. Originaire de Guinée qu’il avait quittée il y a quelques semaines avec son camarade Ibrahima DIALO (21 ans), son voyage a pris fin au fond des eaux du port de Marseille…

Mamadou SAYDOU et Ibrahima DIALO quittent leur pays le 22 décembre 2013 en pirogue pour rejoindre l’Europe. Un trajet long et risqué.

En mer, avec une dizaine de migrants, ils parviennent à se hisser sur un cargo italien malgré la houle. Leurs compagnons de voyage n’auront pas cette chance…

Commence alors un long voyage en mer qui les conduira en Belgique, au Portugal, à Gênes et enfin Marseille. A chaque fois, ils sont refoulés, maintenus ou remis dans le bateau.

Vendredi 10 janvier, on les remet sur le Jolymarone direction l’Espagne.

La passe du port de Marseille franchie, il est 19h, les deux garçons décident de se jeter à la mer dans la nuit... Le froid et l’épuisement ont raison de Mamadou qui coule sous les yeux de son compagnon.

L’Europe bunkerisé et la politique inhumaine de Manuel Valls viennent de faire une nouvelle victime.

Quant à Ibrahima DIALO, récupéré par la police, il n’est rien trouvé mieux que de l’enfermer dans la zone d’attente du centre de rétention ! Rencontré dimanche matin par Jean Claude Aparicio (LDH/RESF Istres), il est en état de choc.

Il sera présenté mardi 14 janvier à partir de10h devant un juge des libertés et de la détention (JLD). Celui-ci peut le remettre en liberté ou prolonger la retenue. Il convient d’assister nombreux à cette audience (49-51 bd Ferdinand de Lesseps 13014 Marseille, métro Bougainville).

Tout doit être mis en œuvre pour qu’Ibrahima DIALO obtienne le droit d’asile.

LE RESEAU EDUCATION SANS FRONTIERES APPELLE A UN

RASSEMBLEMENT DEVANT LE CENTRE DE RETENTION

Impasse des peintures, 36 bd Casanova 13014 Marseille

LUNDI 13 JANVIER 2014 à 18h30

POUR :

- exiger la mise en liberté immédiate d’Ibrahima DIALO

- mais également celles de plusieurs pères d’élèves actuellement enfermés au CRA de Marseille :

- M. BOUDABOUS, père de 2 enfants scolarisés à Marseille, victime de la double peine, en grève de la fin depuis 5 jours…

- M. TEBAH, algérien, père de 3 enfants scolarisés à Brignoles (83), déjà enfermé 45 jours au CRA à l’automne, condamné à 3 mois de prison pour « refus d’embarquement », et remis de nouveau au centre de rétention afin d’être expulsé…

- M. SAJA, marocain, présent depuis 10 ans en France, père d’un enfant de 4 ans…

- M. AREF, égyptien, enfermé au CRA depuis le 1er décembre, père de deux filles de 3 ans et 8 mois…

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