Une tribune pour les luttes

L’école à Chanot / mercredi 11 mai 05, Marseille.

Une lettre ouverte à Messieurs Naouri et Bentolila

Sur le thème de la conférence « Conférer les places justes chacun » et de la table ronde « Entre bienveillance et exigence »,

Article mis en ligne le jeudi 12 mai 2005

Etant donné le lien étroit évident entre les sciences de l’éducation et les recherches conduites sur le développement psychologique des enfants, nous sollicitons vos consciences éclairées sur le sujet qui nous préoccupe : les conditions de vie et de scolarisation des enfants dans les écoles publiques de Marseille.

Vous qui plaidez pour « Conférer les places justes à chacun », considérez vous juste que des enfants en âge d’être scolarisés soient exclus des écoles publiques faute de place dans leurs quartiers ? Certains arrondissements - et en particulier le centre ville où l’enjeu de la mixité sociale est remis en cause - manquent cruellement d’écoles publiques. Le patrimoine immobilier de la ville est progressivement cédé à des opérateurs privés qui monopolisent l’espace urbain pour des seuls lieux rentables. Les écoles existantes sont surchargées, les espaces de récréation trop exigus, il n’y a plus de place pour les dortoirs en maternelle, les bibliothèques, sans parler des locaux sportifs ou d’espaces polyvalents ...

Un enfant de 4 ans peut-il être confiant dans les locaux d’une école élémentaire destinée aux plus grands : il sera pourtant « casé » là, faute de place dans les locaux de la maternelle dont il dépend.

Peut-t-il y avoir une éducation juste sans adultes de référence auprès des enfants ? Manque de personnels « petite enfance » en maternelle, manque de cantinières et d’animateurs pour des activités en bibliothèque, en informatique et pour les sorties...

Peut-on prétendre conférer une place juste à chacun quand les conditions d’hygiène et de sécurité élémentaires ne sont pas même prises en compte (manque de papier toilette et de savon, défaut de surveillance et d’encadrement ... ).

Est-t-il « bienveillant » par exemple de proscrire systématiquement qu’un enfant discute avec son camarade à l’heure du déjeuner (mesure coercitive des cantinières débordées impuissantes à établir le calme) quand on n’oserait pas exiger d’adultes responsables de manger sans dire un mot (une nourriture qui, par ailleurs, ruine l’idée même de l’éducation du goût !).

Est-il « bienveillant » de laisser certains enfants livrés à eux-mêmes dès 16H30 faute de volonté municipale en faveur de dispositifs qui permettraient à l’école de les accueillir et de les accompagner. Le bénéfice des études encadrées est pourtant généralisée dans la plus part des villes : à Marseille, il faut souvent revendiquer une place à l’étude, en principe ouverte à tous mais dans les faits limitée par manque de personnel. Et, loin des possibilités de décloisonnement attendu, les effectifs en salles d’étude sont trop importants pour prétendre à une action véritablement éducative : surveiller ne suffit pas, les élèves sont en droit d’attendre autre chose à l’école.

En adultes responsables, nous, parents, enseignants et personnels agissant dans le cadre scolaire, nous nous soucions de l’environnement général dans lequel grandissent les enfants : quelles écoles, quels espaces de jeu, quels équipements sportifs de proximité ? En en appelant à votre expertise, nous ne pouvons que déplorer le mépris de la mairie de Marseille ayant jusqu’à présent décliné toutes nos propositions de rencontre : est-il juste de refuser le dialogue et la concertation avec ceux qui se préoccupent des enfants ?

Le collectif OPPPLM

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