Une tribune pour les luttes

François Hollande va faire du commerce en Turquie les 27-28 janvier : on criminalise et arrête donc des Kurdes en France ...

Article mis en ligne le dimanche 26 janvier 2014

http://www.actukurde.fr/actualites/620/operation-policiere-contre-les-kurdes-a-marseille.html

Opération policière contre les Kurdes à Marseille

2014-01-21

Un kurde a été placé en garde à vue mardi 21 janvier à Marseille après une perquisition menée chez lui par la police française.

La perquisition a eu lieu en l’absence d’Gokhan Balik, un refugié politique kurde, qui a été arrêté quelques heures plus tard dans le centre de Marseille.

Cette opération intervient avant la visite du président François Hollande en Turquie, qui devrait avoir lieu les 27-28 janvier prochains.

En décembre 2013, la justice française avait ordonné la dissolution de la Maison du Peuple Kurde à Marseille sous l’accusation d’avoir financé le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le tribunal de Paris avait également condamné dix kurdes à des peines de six mois à trois ans de prison.

Depuis 2007, près de 250 kurdes ont été arrêtés sur le sol français pour des motifs politiques. Ces arrestations sont souvent intervenues avant et après des rencontres entre les deux pays.

UNE POLITIQUE DE CRIMINALISATION

La France et la Turquie ont signé le 7 octobre 2011 un accord de coopération policière incluant la lutte contre le "terrorisme". Cet accord international devra être validé par le Parlement pour entrer en vigueur. Un projet de loi visant à « autoriser l’approbation  » de cet accord doit prochainement être soumis au vote du Parlement. Une fois adopté et selon la hiérarchie des normes, un accord international a une autorité supérieure aux lois, selon la Coordination Nationale Solidarité Kurdistan (CNSK) qui exige le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne et l’annulation de l’accord sécuritaire antikurde entre la France et la Turquie.

Cette collaboration avec les autorités répressives de la Turquie a encouragé jusqu’aujourd’hui les violations des droits humains en Turquie et au Moyen-Orient. Il s’agit d’une collaboration qui place les Kurdes sur la ligne de mire des attaques et criminalisent toutes activités politiques et culturelles kurdes.

Conséquence de cette politique de criminalisation et de collaboration avec des régimes répressives : l’assassinat de trois femmes kurdes, le 9 janvier 2013 en plein Paris.

Les Kurdes sont victimes de cette politique injuste menée par des pays occidentaux depuis le Traité de Lausanne, signé en 1923, mettant fin à la reconnaissance légale des aspirations nationales légitimes kurdes, en échange de quelques concessions territoriales.



Hollande se souviendra-t-il des trois femmes kurdes en Turquie ? -

http://www.actukurde.fr/actualites/621/hollande-se-souviendra-t-il-des-trois-femmes-kurdes-en-turquie.html

Le président français François Hollande effectuera une visite en Turquie lundi prochain. Cette visite intervient un an après l’assassinat de trois femmes kurdes en pleine Paris, alors que de nouveaux éléments surgissent.

Le 9 janvier 2013, dans le centre de Paris, trois militantes kurdes ont été assassinées : Il s’agissait de Sakine Cansiz, co-fondatrice du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Fidan Dogan, représentante du Congres National du Kurdistan, basé à Bruxelles, Leyla Saylemez, membre du mouvement de la jeunesse kurde.

NOUVELLES REVELATIONS

L’assassin présumé est Omer Guney. Après avoir été arrêté, le 17 janvier 2013, l’enquête a détecté des traces de poudre dans un sac qui lui appartenait. Ses voyages mystérieux vers la Turquie ont ensuite été révélés, après la découverte de son passeport , caché derrière la console radio de sa voiture. Un passeport qui prouve qu’il a effectué plusieurs déplacements à Istanbul et à Ankara au cours de l’année 2012, notamment du 18 au 21 décembre, peu avant l’assassinat de femmes kurdes.

Una an après le triple assassinat, des éléments nourrissant l’enquête et révélant le véritable identité de l’assassin présumé se sont multipliés. Les nouvelles révélations mènent au cœur de l’État turc, mais pointe également du doit la responsabilité des services français.

Le 12 Janvier, un enregistrement sonore d’Omer Guney a été publié sur YouTube. La voix de l’assassin présumée a été confirmée par plusieurs personnes, ainsi que par la Fédération des associations kurdes en France (FEYKA). On entend trois voix dans l’enregistrement sonore. L’une d’elles est attribuée à Ömer Güney, tandis que les deux autres à des agents du MIT, les services de renseignements turcs. Guney détaille son plan d’élimination des militants kurdes, lors de cette entrevue.

LES ENQUETTEURS SONT CONVAINCUS

Selon M6info "les policiers de la brigade criminelle et de l’antiterrorisme sont convaincus que l’homme, qui dévoile ses desseins meurtriers à deux inconnus, est bien Ömer Güney. Plusieurs témoins dont des proches du suspect ont formellement identifié sa voix sur cet enregistrement, antérieur au triple homicide. Les enquêteurs attendent désormais les conclusions du laboratoire de police scientifique pour confirmer et officialiser cette information. Mais pour eux, plus aucun doute ne subsiste."

" La justice a diligenté des commissions rogatoires en Turquie et en Allemagne pour y voir un peu plus clair. Les enquêteurs français sont aux trousses du mystérieux expéditeur de la vidéo diffusée sur YouTube. Ils disposeraient pour cela de son adresse e-mail. L’inconnu pourrait alors les mettre sur la bonne voie" ajoute ce service d’informations lancé par MSN et M6.

Le Figaro ajoute de son coté que Ankara n’a fourni jusqu’à présent aucun renseignement susceptible d’éclaircir les zones d’ombre.


6 000 EUROS AURAIENT ETE VERSE POUR L’ASSASSINAT

Deux jours plus tard, le 14 Janvier, un document secret portant le signature de Ugur Kaan Ayik, chef du département des services de renseignement turcs (MIT), ainsi que deux autres responsables de ces services a été révélé. Daté 18 novembre 2012, soit un mois avant la dernière visite d’Omer Guney en Turquie, le document fait mention d’un individu, désigné par nom de code « Légionnaire », qui aurait reçu 6 000 € afin qu’il pare aux dépenses nécessaires à la suppression de Sakine Cansiz.

Les services de renseignement turcs ont démenti toute implication dans le meurtre de trois femmes kurdes, mais pas la véracité du document et de l’enregistrement d’Omer Guney. "Notre organisation n’a absolument aucun lien avec les meurtres de Sakine Cansiz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. Toutefois, une enquête interne a été ouverte concernant les allégations" de la presse, a indiqué l’Organisation nationale de renseignement (MIT) dans un communiqué.

L’Union des Communautés du Kurdistan (KCK), système politique du PKK, a aussi demandé des explication après la révélation de nouvelles preuves sur l’assassinat. "Le gouvernement doit expliquer le document. Jusqu’à preuve du contraire , le MIT sera considéré comme responsable et le commanditaire de ces assassinats" a déclaré l’organisation dans un communiqué.

HOLLANDE DOIT METTRE CE DOSSIER DANS SA VALISE

Les Kurdes sont dans la rues depuis plus d’un an pour exiger la justice. Les autorités françaises n’ont toujours pas fait une déclaration satisfaisante, alors que les investigations pointent vers des responsabilités turques. On ignore où en est-on dans le dossier de l’enquête mais, selon l’avocat Antoine Comte, "on devrait avoir les éléments complets d’enquête d’ici à peu-près un an". Les nouvelles révélations pourraient accélérer ce processus.

Toujours un an après le massacre, le président François Hollande se prépare à effectuer une visite en Turquie, pour les 27 et 28 janvier. Plusieurs organisations kurdes et françaises dont la Coordination nationale solidarité Kurdistan (CNSK) ont récemment appelé M. Hollande à mettre ce dossier dans sa valise. Autrement dit, cette question brulante doit être au cœur de ce voyage.

Dans un communiqué, le PCF considère que le président français doit , "demander des comptes au gouvernement turc sur le triple assassinat pour obtenir son élucidation" , "exiger le respect des droits humains pour tous ceux qui œuvrent pour la démocratie", "peser de tout son poids pour la résolution pacifique de la question kurde et la reconnaissance des droits légitimes de ce peuple. Cela passe aussi par la libération d’ Öcalan et le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne" et "informer les autorités turques que la France renonce au projet de loi portant sur la coopération policière et judiciaire".

CLAUDE GUEANT S’ETAIT PORTE GARANT DES SERVICES TURCS

La France et la Turquie ont signé le 7 octobre 2011 un accord de coopération policière incluant la lutte contre le "terrorisme". Cet accord international devra être validé par le Parlement pour entrer en vigueur. Un projet de loi visant à « autoriser l’approbation  » de cet accord doit prochainement être soumis au vote du Parlement. Une fois adopté et selon la hiérarchie des normes, un accord international a une autorité supérieure aux lois, selon la Coordination Nationale Solidarité Kurdistan (CNSK) qui exige le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne et l’annulation de l’accord sécuritaire antikurde entre la France et la Turquie.

À Paris, l’entourage du président français considère qu’il « n’y a pas aujourd’hui de preuves d’une implication des services turcs », selon le Figaro. Pourquoi la France insiste sur cette position qui nous rappelle l’époque Sarkozy. « Je suis à peu près certain que les services turcs ne sont pour rien dans cette affaire », avait déclaré l’ancien ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, sur i-Télé, le 12 janvier 2013.

LES AUTORITES FRANÇAISES MISES EN CAUSE DEPUIS L’AFFAIRE BEN BARKA

« J’espère que François Hollande aura le courage de mettre le sujet sur la table  », déclare, pour sa part, Antoine Comte, avocat de la partie civile, cité par le Figaro. « Depuis l’affaire Ben Barka, la France est incapable de désigner un État coupable d’un assassinat politique. », affirme-t-il.

L’homme politique marocaine, Ben Barka a disparu le 29 octobre 1965 à Paris, et son corps n’a jamais été retrouvé. Arès quarante sept années d’une enquête judiciaire, ce crime attend toujours d’être élucidé. Des pouvoirs politiques marocain et français seraient derrière cet enlèvement qui hante toujours la politique française, tout comme l’assassinat politique de Dulcy Seprember, représentante de l’African National Congress en France. Elle a été assassiné, le 29 mars 1988 au 28 rue des Petites Écuries dans le 10e arrondissement, où 25 ans plus tard trois femmes kurdes ont été assassinées. Dulcie September aurait eu en sa possession des informations explosives notamment sur le contournement par la France (armes, pétrole, charbon et technologie nucléaire) du boycott international qui frappait alors Pretoria.

LES SERVICES FRANÇAIS SUSPECTÉS

Les nouveaux éléments sur l’assassinat de trois femmes kurdes pointent clairement vers des responsabilités étatiques. Bien que les documents et les témoignages mènent directement au cœur de l’Etat turc, les services français qui surveillaient activement les activités kurdes sont également suspectés dans cette affaire. Dans l’enregistrement sonore, l’assassin présumé Omer Guney affirmait que les militants kurdes sont surveillés "seconde par seconde". Les fait que près de 250 kurdes ont été arrêtés entre 2007 et 2013 en est la preuve, ce qui signifie que les nouvelles révélations ne blanchissent pas pour autant les services français.

Les relations complices de la France avec la Turquie peuvent être considérées comme encouragement pour la poursuite des violations des droits de l’homme en Turquie. Cette collaboration criminalise non seulement les activités politiques et culturelles kurdes, mais place les représentants kurdes sur la ligne de mire des attaques. L’assassinat de trois femmes kurdes n’est rien d’autre que la conséquence d’une sale collaboration au niveau international.


LA FRANCE DOIT REVISER SA POLITIQUE ANTI-KURDE

La France doit réviser profondément sa politique vis-à-vis du peuple kurde, qui est victime d’une politique injuste menée par des pays occidentaux depuis le Traité de Lausanne, signé en 1923, mettant fin à la reconnaissance légale des aspirations nationales légitimes kurdes, en échange de quelques concessions territoriales. Les kurdes attendent que la visite de M. Hollande soit le début d’un nouvel ère dans les relations françaises avec le peuple kurde. Un changement radical, une rupture profonde, est aussi nécessaire pour une nouvelle politique extérieure basée sur l’humanité, la paix et la fraternité, non sur les intérêts économiques et politiques indignes.

Par Maxime Azadi


Lire aussi :

-Nouvelle révélation sur l’assassinat de trois femmes kurdes 

-Assassinat de femmes kurdes : un enregistrement de l’assassin présumé publié

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