Une tribune pour les luttes

Le lycéen marseillais emprisonné au CRA a été libéré !
Le calvaire a assez duré pour lui et sa famille. Ils doivent maintenant être régularisés.

Article mis en ligne le mardi 28 janvier 2014

Réseau Education Sans Frontières 13
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Bagrad Oganissyan, lycéen marseillais enfermé au CRA de Marseille depuis le 25 janvier (voir ci-dessous), a été libéré suite aux interventions en direction de la préfecture de son avocate et du RESF, notamment pour transmettre les attestations et protestations du lycée professionnel La Floride (13014).

La préfecture reconnait ainsi que sa place est à l’école et pas en rétention !

L’obligation à quitter le territoire qui frappait Bagrad a été annulée et il pourra faire une demande de réexamen de son dossier.

Le calvaire a assez duré pour Bagrad et sa famille. Ils doivent maintenant être régularisés.



Un lycéen marseillais au centre de rétention !

Bagrad Oganissyan, 21 ans, élève du lycée professionnel La Floride 13014 Marseille, a été arrêté à la gare St Charles samedi 25 janvier et enfermé depuis au centre de rétention du Canet.

Il a fait appel de son obligation à quitter le territoire ; ce recours sera jugé devant le tribunal administratif de Marseille (27 cours Pierre Puget 13006) jeudi 30 janvier à 14h, où Bagrad sera défendu par Me Frédérique Chartier.

Bagrad, ses deux frères, sa mère (azerbaïdjanaise) et son père (arménien) ont fui la Russie en 2009 où leur sécurité était menacée. En France ils demandent l’asile, qui leur est refusée, avec obligation de quitter le territoire. Ce qui n’empêche pas Bagrad de décrocher en 2013 à un CAP « ouvrage électrique ».

Le 6 février 2012, Bagrad est arrêté sur le chemin du lycée. Placé en garde à vue pour défaut de titre de séjour, il ressort quelques heures plus tard, le ministère demandant qu’il dépose un réexamen de son dossier. Sauf que sans passeport ni acte d’état civil (les ambassades d’Arménie et d’Azerbaïdjan ne veulent ni l’une ni l’autre rien délivrer), son dossier est refusé au guichet de la préfecture !

Une demande d’apatridie suit son cours à l’OFPRA depuis plus de 2 ans…

Juillet 2013, la cour administrative d’appel annule les destinations des pays vers lesquels la France compte expulser les parents et le frère ainé de Bagrad (marié, 2 enfants) car les nationalités ne sont pas les mêmes, ce qui entrainerait la séparation des couples. Ils ne sont pas pour autant régularisés ! Et surtout cette décision ne concerne pas Bagrad et son frère cadet Endronik, célibataires.

Pour la préfecture, Bagrad est azerbaïdjanais. Car sa mère est azerbaïdjanaise et son père est né en Azerbaïdjan (il a un nom arménien et n’a jamais eu de papiers azerbaïdjanais…). Bagrad est né en Abkhazie (région autonomiste de Géorgie, difficile donc d’obtenir un état civil de ce côté), puis a vécu en Russie. Il n’a jamais vécu en Azerbaïdjan !

Situation kafkaïenne, que la préfecture pense peut-être résoudre en expulsant Bagrad ?

C’est sans compter sur la mobilisation solidaire déjà naissante dans son lycée (AG, lettres de profs, interpellation de l’inspection académique…) et surement de syndicats enseignants, de parents d’élèves, d’élus et de nombreux citoyens dans les heures qui viennent si Bagrad ne retrouve pas rapidement la liberté, sa famille et ses camarades lycéens.

Il y a 2 ans, il n’avait pas fallu plus de 24h pour faire sortir un autre lycéen marseillais du centre de rétention. Pendant 5 ans, de 2007 à 2012, aucun jeune majeur scolarisé n’avait été placé au centre de rétention de Marseille… Le changement !


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