Une tribune pour les luttes

Article 11 « Je travaillais les mains dans la chimie... »

+ En prison pour avoir refusé de polluer !

Article mis en ligne le mercredi 19 février 2014


En prison pour avoir refusé de polluer !

"Je ne suis pas un frondeur mais un lanceur d’alerte. Je souhaite assumer mes actes en conscience. Je n’ai jamais dit qu’il ne fallait rien faire concernant la flavescence dorée. Mais il faut raison garder. On ne va pas sortir la bombe nucléaire parce qu’on a trouvé trois cicadelles dans le vignoble".

Chère amie, cher ami,

Emmanuel Giboulot, viticulteur bio dans le département de la Côte-d’Or, exploite depuis plus de quarante ans 10 hectares de vignes en agriculture biologique.

Le 24 février 2014, il passera devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé de déverser un dangereux pesticide sur sa vigne. Il encourt jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Par solidarité avec lui, je vous demande de signer la déclaration de soutien située en bas de ce message.

Un insecticide qui détruit les abeilles

En juin dernier, pour contrer un risque hypothétique d’épidémie de flavescence dorée, une maladie de la vigne, le préfet de Côte-d’Or a pris un arrêté radical : tous les vignerons devront traiter leur vigne contre la cicadelle, l’insecte qui répand la maladie.

Le problème est que même l’insecticide le moins polluant contre la cicadelle tue les abeilles et la faune auxiliaire.

Il détruit toutes sortes d’insectes nécessaires à la régulation de la vigne pour éviter les parasites. Or, Emmanuel Giboulot travaille justement depuis plus de 40 ans à préserver les équilibres biologiques de sa vigne.

Il décide donc, fort logiquement, de lutter contre la cicadelle en choisissant parmi les nombreux traitements naturels bien connus des agriculteurs bio.

Le 30 juillet dernier, un inspecteur de la direction régionale de l’Agriculture arrive chez lui. L’inspecteur s’aperçoit qu’il n’a pas déversé de pesticide.

Il décide aussitôt de le signaler au procureur. Emmanuel Giboulot est mis en examen, comme un délinquant.

Traîné en correctionnelle !!

Emmanuel Giboulot est convoqué le 24 décembre pour un arrangement amiable avec le procureur, mais celui-ci annule au dernier moment.

Au lieu de classer l’affaire, le procureur décide de le renvoyer devant le tribunal correctionnel, avec un procès le 24 février prochain !

Emmanuel Giboulot sera donc jugé aux côtés de délinquants sexuels et de cambrioleurs endurcis, qui forment la population habituelle des audiences correctionnelles.

Le problème est que, en dehors de quelques réactions isolées, personne ne s’est exprimé publiquement pour défendre Emmanuel Giboulot.

Aucune réaction massive n’a eu lieu dans la population, jusqu’à présent.

L’IPSN avait créé une page de soutien sur Facebook pour Emmanuel Giboulot, qui a récolté plus de 35 000 soutiens. Mais, vu le contexte, la mobilisation doit aujourd’hui être infiniment plus forte et plus officielle.

Les alternatives naturelles sont efficaces !

En effet, contrairement à ce qu’affirment les autorités, il existe plusieurs moyens de protéger les vignes contre la cicadelle tout en respectant l’environnement :

- les vignes peuvent être protégées avec des fougères et de l’argile calciné ;

- des pièges à cicadelle existent, et ils sont efficaces (la cicadelle est attirée par la couleur orange) ;

- on peut également poser entre les pieds de vigne de la paille d’avoine ou du papier d’aluminium, dont la forte intensité lumineuse empêche l’insecte de se poser. Des expériences ont montré que cette simple mesure est tout aussi efficace que l’insecticide ;

- mais surtout, surtout, c’est en préservant la biodiversité qu’on lutte le mieux contre la cicadelle, car c’est un insecte apprécié par de nombreux prédateurs dans la nature. Le problème est que ces prédateurs, les araignées, la mante religieuse et certains types de punaises, ont aujourd’hui été éradiqués dans les vignes non biologiques, où la faune est ravagée par les insecticides.

Ces solutions ne devraient pas être combattues mais au contraire encouragées par les autorités.

Les agriculteurs qui les utilisent devraient être félicités et donnés en exemple, non pas soumis à la terreur d’une répression judiciaire.

C’est pourquoi je vous demande de signer la déclaration officielle de soutien à Emmanuel Giboulot.

http://ipsn.eu/petition/viticulteur/


Article 11 « Je travaillais les mains dans la chimie... »

Avec les notes, les illustrations et les commentaires.
http://www.article11.info/?Je-travaillais-les-mains-dans-la

Il fut un temps où Denis Robert, petit vigneron ardéchois, ne lésinait pas sur les produits chimiques pour traiter ses vignes. Ça lui semblait un passage obligé. Logique : on ne lui avait jamais dit ou enseigné qu’il était possible de faire autrement. Jusqu’au jour où il a soudain changé son fusil d’épaule, passant de l’arsenic au bio. Entretien.

Cet entretien a été publié dans le numéro 14 de la version papier d’Article 11 [1]
*

Denis Robert n’a rien du gauchiste forcené. Ni hippie ni militant pur et dur, c’est un vigneron lambda, au parcours banal. Après des études de viticulture, il a repris le domaine familial, le Mas d’Intras [2]. 23 hectares de vignes situées à Valvignière – au sud de l’Ardèche. Pendant longtemps, il ne s’est pas posé de questions sur sa manière de traiter la vigne et ses vins, usant allégrement de produits chimiques. « Discipliné  », il se contentait d’appliquer les recettes qu’on lui avait inculquées. Jusqu’au « déclic  ».

Aujourd’hui, Denis est un ferme partisan de l’agriculture biologique ; il revient ici sur les différentes étapes d’une prise de conscience.

« J’ai commencé à travailler à plein temps sur l’exploitation familiale en 1986, alors que j’avais à peine 18 ans ; je sortais tout juste de trois ans de formation au lycée viticole de Beaune. Ces cours, je les avais pris très au sérieux, parce que j’estimais ne pas avoir droit à l’erreur – surtout par rapport à mes parents, peu fortunés, qui finançaient mes études et la construction de la cave qu’ils destinaient à mon frère et à moi.

Une fois le diplôme en poche, j’ai travaillé d’arrache-pied, sept jours sur sept. Nous avions en permanence le nez dans le guidon, d’autant que le domaine est vite passé de huit à seize hectares. Quand tu travailles autant, tu n’as pas vraiment le temps de réfléchir, de t’interroger sur ton métier. Tu fais comme les autres : tu écoutes les soi-disant spécialistes. En fait, tu cherches surtout à te faciliter la vie. »
*

« Un petit viticulteur reçoit régulièrement la visite de commerciaux de grandes boîtes chimiques, comme Sandoz, Bayer ou BASF. Ces gars te guident, te garantissent que tel produit sera « parfait pour toi  ». Alors, tu l’achètes et tu penses avoir résolu tes problèmes.

Tu n’as pas d’armes pour réfléchir autrement, parce que personne ne remet en cause ce modèle. Et puis, j’avais déjà été abreuvé du même discours à l’école. Mot pour mot ! Cette formation que j’ai suivie à Beaune avait pourtant très bonne réputation. Mais en fait d’études, j’avais surtout été matraqué de documents publicitaires édités par ces multinationales et d’incitations à recourir aux produits phytosanitaires chimiques.

Je ne l’ai compris que bien plus tard, mais nos professeurs étaient probablement aussi victimes d’un état d’esprit disséminé au quotidien et dans les colloques. J’en arrive à penser qu’ils étaient embrigadés. À tel point qu’à l’époque ils nous décrivaient les vignerons qui tentaient de faire du bio comme des hippies attardés produisant une piquette écolo. Selon eux, leur démarche n’avait aucun intérêt. En trois ans de formation, je crois n’avoir bénéficié que d’une heure de cours sur les vins bio ou biodynamiques [3].

Pendant ma formation, on ne m’a jamais expliqué qu’il était possible de travailler autrement. Pire : les profs nous distribuaient des documents avec de belles photos couleur, estampillés au nom des grands labos : BASF, Bayer, Sandoz, etc. La première grappe de grenache que j’ai vue figurait sur une fiche ornée du logo de Bayer, avec au dos les indications pour combattre l’oïdium [4] ou le mildiou sur ce cépage et la liste des produits à utiliser. Au cours de ma formation, j’ai dû apprendre ces éléments par cœur : ils faisaient partie intégrante des cours. »
*

« J’ai longtemps été convaincu que le rapport à l’environnement relevait de la responsabilité de l’État, qui dans mon esprit surveillait les grandes firmes. Je croyais aussi que ces dernières étaient tenues de mener des études scientifiques et qu’elles se préoccupaient de la planète à ma place, en amont. Un message que leurs communicants faisaient très bien passer. Après avoir été un élève discipliné, j’étais devenu un vigneron discipliné. Et je faisais confiance au discours de la presse agricole sur les avancées de l’industrie chimique. En fait, j’étais très naïf.

Quand je suis sorti de l’école, j’étais paré : je me débrouillais un peu en chimie et je connaissais sur le bout des doigts ma liste de molécules. Mon père voyait ça d’un bon œil, puisque ce même discours lui avait été rabâché par les représentants de tout poil. Quand je parlais d’utiliser un produit chimique, il m’encourageait : « Tu as raison, c’est ce que j’aurais fait.  » Résultat, on utilisait des pesticides, des désherbants, des produits contre le mildiou et contre l’oïdium. Et parfois des insecticides ou des anti-pourriture. Je ne me posais même pas la question de m’en servir ou non : c’était une évidence. On m’avait par exemple appris qu’une saison viticole devait comprendre entre huit et douze traitements contre le mildiou ; en bon soldat, je m’exécutais.

Tous ces produits chimiques agissent de manière différente. Il y a des produits de couverture – qui se déposent sur la feuille. Et aussi des produits pénétrants, qui se fixent dans la feuille et protègent la plante de l’intérieur. Et encore des produits systémiques qui, eux, rentrent dans la plante et sont véhiculés à l’intérieur par la sève. Après utilisation, nous étions censés attendre 21 jours avant de récolter. Mais ça ne veut pas dire grand-chose. S’il ne pleut pas pendant ces trois semaines, les produits chimiques restent forcément sur le raisin, et finissent dans la cuve. À l’école de viticulture, on t’apprend que ce n’est pas grave, que l’incidence sur la santé humaine est limitée. Et les représentants chantent le même refrain. Tous s’appuient sur des études plus ou moins sérieuses censées avoir démontrer leur non-nocivité. Alors, tu y crois...

Dans ce formatage, l’entourage joue aussi un rôle. Quand tu es bête et discipliné comme je l’étais, tu fais confiance à tes ainés. Ces derniers m’assuraient que le chimique était anodin : pourquoi ne pas les écouter ? Voilà comment je me suis retrouvé à projeter de l’arsenic sur mes vignes, comme nombre de vignerons à l’époque5. »
*

« Pendant six ans, ça a continué ainsi : je travaillais les mains dans la chimie, sans me poser de questions, comme l’avait fait mon père. Pris d’un doute, j’ai d’abord acheté des masques (à l’utilité contestable), puis un tracteur équipé d’une cabine avec filtre. Comme ce filtre était lui aussi d’une efficacité douteuse, ma confiance a commencé à vaciller. Il y a finalement eu un déclic – ou plutôt une détonation : en 1998, malgré ces précautions, j’ai souffert d’une sévère allergie à un insecticide.

J’étais allé voir un représentant pour lui parler d’un problème : des araignées s’attaquaient à mes vignes. D’ordinaire, je n’aimais pas trop recourir aux insecticides, mais ça semblait cette fois s’imposer. Le commercial m’a alors proposé un produit un peu plus cher, censé être écolo. Sur la boîte, il y avait même un petit logo orné d’un oiseau vert, avec la mention «  Respecte l’environnement ». Comme je ne voulais pas m’empoisonner, je l’ai choisi. Et pourtant, à la fin de ma journée de pulvérisation, je me suis senti mal : j’avais des maux de tête violents, la tête toute rouge, ainsi que les bras et les jambes. Pendant une semaine, j’ai dû me recouvrir de pommade à la cortisone. Rien de dramatique, mais ça m’a soufflé. Je me suis dis : « C’est quoi, ces conneries ? Pourquoi je leur fais confiance ?  ». En me renseignant, je me suis rendu compte que je connaissais cette molécule et que je savais qu’elle était nocive : je m’étais laissé abuser par le packaging.

J’ai alors pris conscience, peu à peu, qu’il existait d’autres manières de fonctionner. Je me souviens d’une discussion avec un copain vigneron qui n’utilisait jamais d’insecticides ni de désherbants. Après avoir goûté un de mes vins pas encore mis en bouteille, un Cuvée d’Alphonse 1999, il s’est étonné que je veuille le filtrer (pour éviter les dépôts) et ajouter de la gomme arabique (pour la couleur), ainsi qu’un peu d’acide métatartrique (contre le dépôt de tartre). Il n’en démordait pas : « Ton vin est bon comme il est ! Il n’y a rien à ajouter !  » Je l’ai pris au mot. Après coup, je me suis senti beaucoup mieux, d’autant que le vin était bon. J’ai alors décidé de systématiser cette façon de faire, de ne plus utiliser de produits chimiques dans mes vins et, petit à petit, d’en faire autant sur mes vignes. »
*

« Cela s’est fait progressivement, avec la peur d’aller au casse-pipe. Mon père s’arrachait les cheveux, d’autant qu’on a fait des erreurs qui auraient pu couler l’exploitation.

On a commencé par arrêter les herbicides. Il a fallu semer de l’herbe, puis labourer - pour te passer de ce type de produit, tu dois choisir quelle herbe va pousser de manière à ne pas affaiblir la vigne. Au début, faute d’expérience, nous avons tâtonné. En 2003, par exemple, on a beaucoup souffert de la sécheresse : l’herbe asséchait encore davantage un sol déjà très sec. J’avais trop semé, et l’’herbe accaparait l’eau des rares averses, qui n’arrivaient jamais aux racines de ma vigne. Ça a été dur, la récolte fut maigre.

Mais ça en valait la peine ! Dans le cas de l’arrêt du désherbant, tu vois vite la différence : une symbiose se créé entre les différentes plantes. C’est justement cela que tu perds quand ton terrain est tout nu, désherbé chimiquement : plus rien ne pousse. Il n’y a plus aucune vie, pas la moindre racine pour aérer le sol. Jusqu’à la terre, qui est tassée à cause des passages du tracteur, et n’absorbe pas l’eau lors des orages. »
*

« Outre les résidus de pesticide qu’ils contiennent, les vins industriels sont totalement aseptisés, transformés par les ajouts : gomme arabique, anti-oxydants, acide citrique, acide métatartrique, etc. Dans les cas extrêmes, il n’y aurait même plus la place d’inscrire le cépage s’il fallait énumérer sur la contre-étiquette l’ensemble des produits utilisés... Pour l’instant, seule la mention des sulfites est obligatoire ; le reste est invisible. C’est une exception dans l’agro-alimentaire, qui tient à la puissance du lobby français du vin «  non bio  ».

En appliquant les principes productivistes, on perd la qualité du vin, sa spécificité. Par exemple, l’étiquette de ce Carignan que nous sommes en train de boire indique «  levures indigènes ». Cela signifie que nous n’avons pas ajouté de levures à celles présentes naturellement sur la peau du raisin. Et c’est contraire à la manière dont la plupart des exploitants font aujourd’hui leur vin. Eux ajoutent des sulfites pour tuer la levure indigène, avant de la remplacer par de nouvelles, cultivées en laboratoires, plus maîtrisables et qui permettent de tout planifier.
Un discours très normatif accompagne cette façon de faire – on te persuade qu’il n’y a pas d’autre choix pour maîtriser l’arôme. Tandis que recourir aux levures indigènes, c’est accepter que l’arôme d’une cuvée évolue d’une année sur l’autre. Cette cuvée Carignan sent la cerise, mais ce ne sera pas forcément le cas de la prochaine. C’est la règle du jeu. Certains vins industriels sont tellement rectifiés par les produits chimiques qu’ils restent toujours les mêmes au fil des années et des lots. C’est pratique pour le consommateur sans curiosité et qui n’aime pas être surpris, mais c’est une dénaturation. Et je ne pense pas que ce soit bon pour la santé. »
*

« Tout à l’heure, j’évoquais mon déclic après l’allergie. J’en ai connu un second le 27 janvier 2011, quand j’ai appris lors d’une réunion d’information que les industriels du gaz de schiste projetaient de forer dans mon village, à Valvignères. Pire : ils avaient déjà les permis nécessaires ! De nouveau, je suis tombé de haut. Moi qui n’étais pas spécialement militant, je me suis retrouvé à défiler avec des gens de tous bords et, dans la foulée, à fréquenter beaucoup de gens engagés. Ça m’a ouvert des horizons - je me suis documenté et j’ai découvert que ces forages étaient complètement irresponsables.

Ce combat m’a aidé à ouvrir définitivement les yeux sur mon parcours, sur toute cette période où je fonctionnais au chimique sans me remettre en question. L’embrigadement psychologique pour utiliser ces produits m’est alors apparu sous un angle nouveau. J’ai compris que les principes de ces grosses boîtes de type Bayer ont tout noyauté. Si le principal syndicat agricole, la FNSEA, fonctionne sur des schémas qui m’apparaissent maintenant périmés, c’est en partie parce qu’il applique les mêmes raisonnements. Leurs dirigeants préconisent le chimique, ils poussent au productivisme, font la course à la taille de l’exploitation. L’exact inverse de ce que j’essaie de faire maintenant, soit une approche raisonnée, économiquement et écologiquement durable, à échelle humaine. »
*

Aux lecteurs qui auraient envie de creuser le sujet : les éditions Futuropolis ont sorti en 2011 une très bonne bande-dessinée d’Étienne Davodeau, intitulée Les Ignorants [6] et évoquant longuement le travail d’un certain Richard Leroy, vigneron passionné et ne transigeant pas - lui non plus - avec le chimique.
*

Denis Robert tient à évoquer le cas d’Emmanuel Giboulot, vigneron bio convoqué au tribunal pour avoir refusé de répandre un insecticide dangereux pour les abeille. Pour en savoir plus et éventuellement signer la pétition, se rendre sur cette page.

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