Une tribune pour les luttes

Communiqué des organisateurs de la manifestation anti-aéroport du 22 février

+ TÉMOIGNAGES et commentaires

Article mis en ligne le mardi 25 février 2014

le 25 par mail

témoin de l’IDF

J’étais en début de cortège et ce qui m’a le plus surpris, c’est que les casseurs se sont mis à l’œuvre dès les premiers instants. Dès que nous nous sommes engagés dans la rue de Strasbourg, nous avons pu constater les stigmates de leur passage :
- jets de peinture sur les forces de l’ordre et sur les façades, notamment celle de la mairie,
- saccage de la boutique Vinci Immobilier.
Lorsque nous sommes arrivés en bas de la rue, la foreuse était déjà en flamme.

D’habitude, les casseurs agissent plutôt en fin de cortège, non ?

Les journaux télévisés ont passé en boucles les images de violence en ne manquant pas de faire état des blessés coté forces de l’ordre, mais jamais un mot sur les civils blessés lors des assauts ?

Pas un mot non plus sur d’éventuelles interpellations, mais par contre Manuel Valls, dès la fin de l’après midi, semblait très bien renseigné : "c’est l’ultra gauche, des blacks blocs qui voulaient casser du policier et s’en prendre aux mobiliers urbains". "Parmi ces casseurs se trouvait des étrangers" a-il dit lors de son interview.

Si le ministère de l’intérieur en savait aussi long sur la question, si certains groupes d’individus étaient identifiés, pourquoi n’avoir pas agit avant ?

C’est la première fois que je vois un tel déploiement de forces de l’ordre et de moyens (mur métallique) pour une manif citoyenne. Mais ces hommes paraissaient en attente !! ils savaient que la situation allait dégénérer et tous ces hommes étaient postés là pour réagir quand l’ordre leur serait donné,

Avez-vous vu des RG ou des flics en civil dans le cortège ? Moi non ! Aucun moyen n’a été mis en œuvre pour arrêter les agitateurs avant que ça ne dégénère !

Après coup, je ne dirais pas que les casseurs ont été recrutés pour casser la manif, mais je pense que l’état savait, et n’a rien fait pour que ça ne dégénère pas.

Lors de la manif du 10 novembre 2012 à Paris, chaque parking ou bureau Vinci était protégé par des cordons de CRS, là non !

J’ai la désagréable sentiment que la casse était prévue et instrumentalisée


témoin de l’Alsace (extrait)

« …nous avons plusieurs témoignages sur la nervosité des forces de l’ordre dès le matin.
2 camarades sont venu à la rescousse d’un porteur de drapeau breton arrêter par deux GM (nous étions le matin). Avec du dialogue, ils ont réussit à ce que les GM laissent finalement passer le gars qui nous a accompagné juqu’à notre bus.

Et le soir, nous avons été bloqué sur la place de la petite Hollande. Vers 18h00 (je n’ai pas l’heure exacte) Les GM ont chargé la place qui a été noyé sous un brouillard de lacrymos. Nous étions dans un bar proche et les gaz sont entrés jusque dans le bar. Un père avec ses deux enfants est entré dans le bar, les enfants étaient apeuré.. aucune distinction dans la charge ... des enfants merde alors !!!!!
Notre groupe est resté un moment sur place avant de bougé. Nous voulions éviter d’être pris à parti par les forces de l’ordre. De cette drôle d’ambiance, une blague du soir m’est venue : "aller voir les playmobils et leur demander si nous pouvons traverser Nantes en toute sécurité."

Non franchement, si le maire de Nantes a porté plainte contre X ... eh bien nous, nous devrions le faire contre Valls !!!! »


témoin du 56 (extrait)

« … Dire que le centre ville de Nantes a été dévasté alors que le désordre ( organisé ?) n’a été que sur un périmètre réduit est sidérant. Je voudrais préciser à ce sujet,
qu’alors que nous étions samedi soir là où toutes les tv ont montré les vitres brisées etc... Il y avait des pavés partout et des feux non éteints ( sur une zone limitée) et à deux pss des CRS qui regardaient de loin. Nous n’avons pas compris que n’importe qui pouvait déambuler là, avec ce danger potentiel. Je suis donc allée voir 3 personnes des forces de l’ordre et leur ai dit "pourquoi vous ne fermez pas cette
partie restreinte, c’est inconscient ! alors que vous êtes un nombre considérable sur Nantes" (il y en avait partout à côté à boucher les rues etc ). Visiblement, cette zone (vue et revue) était libre (alors que dangereuse, ouverte à n’importe qui ... les photos (souvent de non manifestants) allaient bon train, comme si (comme si ?!) laisser
cette "porte ouverte" sur les dégâts, avait l’intérêt de relayer le maximun d’images (médias et particuliers) .... volonté ? J’ai reposé ma question et l’un d’entre eux a fini par me répondre ( attention c’est éloquent !) : "On n’y est pour rien, c’est une stratégie d’en haut."
Je n’invente rien ! Je suis donc encore plus révoltée quand je vois que certains ont payé (jetant des canettes), via des jugements expéditifs pour s’être rebellé contre des forces de l’ordre qui ont abusé de gaz lacrymo et autres détonations (en Ukraine ce sont des résistants, ici ce sont des casseurs ! … »

COMMUNIQUÉ des organisateurs 22 février 2014

La manifestation d’aujourd’hui a connu une mobilisation inégalée.

520 tracteurs, venus de tous les départements limitrophes ont été comptés, deux fois plus que le 24 mars 2012 à Nantes. Cela marque une implication massive du monde paysan. Les tracteurs vigilants sont prêts à intervenir sur la zad.

Il y avait 63 bus venus de toutes les régions de France, deux fois plus encore que lors de la chaîne humaine. C’est le signe d’une mobilisation nationale et de la connection entre Notre Dame des Landes et d’autres luttes contre les grands projets inutiles et imposés.

Il y avait entre 50 et 60 000 personnes, plus encore que lors de la manifestation de réoccupation du 17 novembre 2012. Il s’agit de la plus grosse mobilisation du mouvement.

Le défilé a été festif, créatif et déterminé, avec des batukadas, salamandres, tritons géants, masques d’animaux marquant le refus de la destruction des espèces protégées et des mesures dites de compensation.
Des prises de paroles et animations ont eu lieu jusqu’à 18h square Daviais.

La préfecture avait choisit de mettre Nantes en état de siège et de nous empêcher d’être visible dans le centre ville. C’est la première fois qu’on interdit à une manifestation d’emprunter le Cours des 50 Otages. Une partie du cortège est passée par l’île Beaulieu. Une autre a essayé de passer par le trajet initialement prévu et a fait face à une répression policière violente avec tir de flashball, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Cela n’a pas empêché les manifestants de rester en masse dans les rues de Nantes jusqu’à la fin.

Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti-aéroport, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la zad ?

Cette journée est un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain. L’opposition ne fait que croître depuis 30 ans. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’abandonner le projet d’aéroport !


Message de l’ACIPA du 23/02

on vient d’apprendre qu’un jeune homme de 28 ans a perdu un oeil suite à l’éclatement d’une des nombreuses grenades assourdissantes. Il n’avait rien à voir avec les violences générées en marge de la manifestation.
C’est terrible !


Messages adressés aux organisateurs à la suite de leur communiqué.

Bonjour et félécitations pr vos efforts
Il n’y avait pas 63 bus mais 64, et oui le notre, pr des raisons logistiques et des impératifs horaires, était stationné à la Beaujoire.
Je partage votre analyse quant aux débordements, et j’en suis à me demander avec d’autres si, finalement, Vals et les pro-aéroports n’avaient pas tout fait pr que ça puisse dégénérer, alors que ça partait bonne enfant malgré cette ville mise en état de siège.
D’autre part, tout près de l’espace de prise de parole, nous avons été témoins d’une charge de CRS alors que personne ne les agressait et ne les provoquait davantage. Après s’être replié, face à la détermination d’un ancien qu’ils ne pouvaient matraqués vu le nombre de témoins, ils ont lancé une vingtaine de bombes lacrymo alors qu’ils y avait des gosses et des personnes âgées. Une gosse de notre comité a été gazée, si c’est une black-bloc, elle est vraiment précoce, elle a moins de 10 ans !...
Des copains 44 pourront coroborrer ce témoignage.
A. du comité Ariège.


Bonjour
Nous étions également près du lieu de prise de paroles en fin d’après-midi ; je confirme les affirmations des collègues du 09 ; la charge des CRS n’avait aucune raison d’être si ce n’est inciter à la provocation. Ils ont de plus refoulé tout le monde vers le centre ville qui avait été ré-ouvert... Quelle logique dans tout cela ?

Collectif des CItoyens Vendômois COntre le Projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes

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1 Message

  • Le 25 février 2014 à 16:07, par Caroline

    Bonjour,
    Nous découvrons chaque jour de plus en plus de témoignages des violences qui ont eu lieu samedi à Nantes.
    Décidées à ne pas laisser passer ça, plusieurs personnes collectent les récits.
    Pouvez-vous nous faire suivre vos photos et récits, je pense notamment à cette petite fille de 10 ans prise dans les gaz ?
    Merci,
    Caroline.
    carodenantes chez gmail.com

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