Une tribune pour les luttes

Le Carnaval de la Plaine à Marseille attaqué par la police
Assemblée extraordinaire des carnavaliers lundi 24 mars à 19 h

ATTENTION CHANGEMENT DE LIEU : Équitable Café, 54 cours Julien

Article mis en ligne le lundi 24 mars 2014

(Par mail un tract qui a tourné à Noailles/La Plaine ce week-end. )

Le Carnaval n’est pas fini

Comme chaque année, le carnaval de la Plaine et de Noailles a défilé au son des fanfares, sous les jets de farine et d’œufs. Comme le veut la tradition carnavalesque, le Caramentran, cette année un char-bateau à l’effigie de l’Hôtel-Dieu devenu un hôtel 4 étoiles, est jugé puis brûlé à la fin de la fête. Le char rappelait cette année les croisiéristes à venir, la culture du fric et des flics.

Depuis quelques années, un nombre impressionnant d’individus déguisés en poulets «  accompagne  » le cortège. Un carnaval parallèle dont la vocation est plus de tendre l’ambiance que de protéger les passant-es... À Noailles déjà, ils ont donné un aperçu de la raison de leur présence, en arrêtant l’un des participants pour avoir taché d’œuf un flic en civil. Lorsque le Caramentran a été brûlé, les flics ont décidé de mettre fin à la fête en envoyant les pompiers éteindre le feu.

Les carnavalier-e-s ont refusé l’intervention des pompiers pour que la fête puisse continuer, comme d’habitude, jusqu’à ce que le feu s’éteigne de lui-même. Les CRS ont alors chargé à coups de matraques, bombes au poivre et lacrymos toutes les personnes présentes, qui ont riposté. C’est l’occasion qu’a saisie la BAC pour arrêter deux autres personnes. Le cortège s’est alors déplacé en musique jusqu’au commissariat de Noailles. Le carrefour Canebière-Cours Lieutaud a été bloqué, pour demander la libération des personnes arrêtées.

Deux heures de blocage et cinq autres ont été embarquées. Comme le montre une vidéo postée sur le site de la Provence l’une d’elle a été battue durant l’arrestation. Sept des huit personnes sont passées en comparution immédiate. Celui qui l’a refusé a été placé en détention préventive. Les peines sont lourdes : de 6 mois de sursis à 2 mois fermes avec en plus 8 mois de sursis. Au total quatre d’entre eux ont été transférés aux Baumettes immédiatement après le procès.

Le message est clair : dans les rues de Marseille, il faut circuler. Ne pas se réunir, ne pas traîner, ne pas manifester sans y être autorisé. Comme dans toutes les villes l’étau se resserre... Pendant qu’au MUCEM, on met le carnaval en vitrine, EUROMED rase nos quartiers, les loyers augmentent, les caméras se multiplient. Marseille lave toujours plus blanc.

Chaque fois que les espaces de la ville sont appropriés hors du cadre institutionnel (fête de rue ou de quartier, victoire sportive, luttes d’habitants), la seule réponse : des coups de matraque, des lacrymos... pour transformer la ville au service des riches.

La violence n’est pas le fait des carnavalier-e-s, ni des gamin-e-s des quartiers, contrairement à ce qu’en disent les journalistes. Elle est le fait de la police.

Solidarité avec les personnes inculpées !

Assemblée du carnaval lundi 24 mars à 19h à l’Équitable Café

(54 cours Julien, métro Notre Dame du Mont)

Réunion vendredi 28 mars à 18h à la Marmite (38 cours Gouffé métro Castellane)

Plus d’infos sur millebabords.org ou contacter :carnavaltouslesjours chez riseup.net


Le Carnaval de la Plaine 2014 a été un vrai succès, mais a fini dans la violence.
Pourquoi ?

Déjà, le Carnaval 2013, en pleine année « Capitale culturelle », avait subi une escorte policière disproportionnée et diverses entraves à son déroulement. Malgré les provocations, la fête avait bien eu lieu.

Cette année, le dimanche 16 mars a vu un cortège bigarré et festif déambuler de la Plaine à Noailles, puis de Noailles à la Plaine. Mais, alors que, de retour sur la place, une farandole dansait et chantait autour du Caramantran en flammes (comme le veut la tradition), les pompiers ont prétendu éteindre le feu de joie avant l’heure et, face aux protestations, la police a chargé. Des enfants ont été gazés, des passants matraqués, 4 personnes ont été arrêtées puis 4 autres lors d’un rassemblement de soutien devant le commissariat de Noailles.

Il aurait pourtant suffi de laisser se consumer le Caramantran quelques minutes de plus pour que la fête s’achève dans la bonne humeur. Mais les forces de l’ordre ont provoqué le désordre, et assurément pas dans l’esprit du Carnaval !

Mardi 25 mars, la ministre de la Culture inaugurera une exposition au MuCEM, intitulée « Le monde à l’envers – Carnavals populaires d’Europe et de Méditerranée », où, paraît-il, une place sera réservée à notre Carnaval… Quelle ironie ! Pendant ce temps, dans la rue, dans la vraie vie, il semble interdit de célébrer Carnaval.

Nous demandons donc la libération immédiate des carnavaliers encore détenus.

Et nous allons préparer dès maintenant le Carnaval 2015, qui sera un Carnaval des Carnavals, populaire et international, où nous inviterons nos collègues carnavaliers de Dunkerque, Cadix, Naples et Tataouine à occuper avec nous l’espace public où respire l’âme de notre quartier.

Carnaval 2014 est mort, vive Carnaval 2015 !

Signé : des carnavaliers

Assemblée extraordinaire des carnavaliers lundi 24 mars à 19 h Équitable Café, 54 cours Julien, 13006

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