Une tribune pour les luttes

Marseille Cercle de silence jeudi 20 mars 2014

La nouvelle circulaire "Valls"

Article mis en ligne le mercredi 19 mars 2014

Voilà que tombe, à l’approche des élections, une nouvelle circulaire "Valls". Stigmatisant une fois encore les étrangers qui n’ont pas pour "vocation à demeurer en France", elle reprend presque mot pour mot les obsessions et les orientations de ses prédécesseurs. Le ministre demande aux préfets de tout faire pour attirer les étrangers économiquement "intéressants" pour nos entreprises, et faire exécuter les obligations à quitter le territoire et autres injonctions à l’expulsion des "indésirables"... La chasse aux étrangers est réouverte.

Cela intervient au lendemain de la clôture du nouveau "marché de la rétention" dans des conditions toujours plus dégradées, traitant les retenus et leur souffrance comme de vulgaires marchandises... Une honte.
Ce ne sont pas les êtres humains qui sont illégaux, ce sont des procédures et des dispositifs, qu’il faut abolir !

Si vous vous retrouvez dans notre protestation, rejoignez-nous au prochain Cercle de Silence, ce jeudi 20 mars, entre 17h30 et 18h30, à l’angle de La Canebière et du Cour St Louis.
Même 5 mn, c’est participer.

Voici le texte qui sera distribué demain :


Le « marché de la rétention »

Les centres de rétention sont des lieux d’enfermement des étrangers dans l’attente de leur expulsion. Ils y sont pour défaut de papier, mais n’ont commis aucun délit. Depuis 2008, l’accompagnement socio-juridique y est un « marché public ». Il vient d’être renégocié et attribué à 4 associations. Que faut-il en penser ?

La rétention en dates

1938 : Le décret-loi Daladier facilite les expulsions et ouvre des “camps de concentration” selon le terme de l’époque, pour les étrangers “indésirables” que l’on ne peut renvoyer dans leur pays.

1980  : La loi Bonnet et Peyreffite permet l’expulsion par la force d’un étranger en situation irrégulière et sa privation de liberté sur simple décision administrative.

1981 : La loi du 29 octobre légalise et organise la rétention administrative dont la durée maximale est fixée à 7 jours, le temps de réunir les conditions qui permettront l’éloignement.

1984 : Le gouvernement ouvre des centres «  de rétention  » dans les principales villes du pays et confie à la Cimade la mission d’accompagnement social et juridique.

1993 à 1998 : La durée maximale de rétention passe de 7 à 10 puis 12 jours.

2003  : La loi « Sarkozy  » la porte à 32 jours et fixe pour la première fois des objectifs chiffrés d’expulsion : 15000 en 2004, 25000 en 2006.

2005  : Le décret du 30 mai permet la rétention des enfants.

2006  : La capacité des centres passe, sur l’ensemble du territoire, de 1200 places en 2005 à 2000 en 2008.

2008 : Le travail socio-juridique devient un marché public. Les centres sont regroupés en 8 « lots  » proposés à des concurrents sur la base d’un appel d’offre dont les exigences augmentent au fil des ans.

Cette évolution est perverse, car elle traite l’enfermement des étrangers et par là-même la souffrance humaine comme une vulgaire marchandise ou un « service à la personne ». Elle favorise le "moins disant" et met en concurrence les associations qu’elle traite en simples exécutantes, sous-traitantes et maltraitées, car les conditions s’y sont fortement dégradées.

Des lieux chargés d’histoire

- Le centre de Rivesaltes jouxte le camp où l’on enferma plus de 21000 étrangers entre 1941 et 1942. 9 convois en partiront pour la déportation.

- En 1975, « La Marseillaise » révèle le scandale de la « prison clandestine » du hangar d’Arenc qui sert, depuis 1964, de centre de tri pour les Algériens venus travailler en France.

- Le centre de Vincennes est situé dans l’ancien centre de tri dans lequel furent parqués les Algériens arrêtés lors des rafles de 1961.

- Le centre de Paris est sous le palais de justice, initialement une prison construite par Napoléon III dans la deuxième moitié du 19ème siècle.

Ne faut-il pas abolir la rétention ?

Il est temps d’en finir avec tous les camps pour étrangers, même quand on les nomme «  centres de rétention  », car ils sont en fait des prisons !

La Cour de Justice de l’Union Européenne (arrêt du 26 avril 2011) a affirmé que l’emprisonnement d’un étranger pour simple défaut de papiers, était illégal au regard du droit européen qui s’impose bien entendu à la France.

Ce ne sont pas les êtres humains qui sont illégaux, ce sont des procédures et des dispositifs, qu’il faut abolir !

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