Une tribune pour les luttes

Des nouvelles du front

Italie : le Jobs Act et l’infinie précarité

Article mis en ligne le mercredi 26 mars 2014

Article à retrouver sur Des nouvelles du front
Précarité. Une application concrète de L’Italian Job (Act) de Renzi
voir sur :
http://www.senzasoste.it/nazionale/precarieta-ecco-una-applicazione-concreta-dell-italian-job-act-di-renzi

Au moment ou chacun se réjoui en Italie de la promesse de Renzi d’augmenter de 80 euros l’enveloppe de paye des travailleurs (sans se rendre compte que cette largesse sera financée par des privatisations et des coupes dans les services et les dépenses), le nouvel exécutif inaugure le Jobs Act, avec les nouvelles mesures sur le travail à durée déterminée.

D’autres analyses intéressantes sur cette réforme peuvent être lues dans cet article du Manifesto (« Précaires par décret et pour toujours ») et dans cet avis de Fatto Quotidiano (« Jobs Act, le premier ministre trahi les jeunes les et ceux sans protection sociale« ), mais allons plus loin, et reprenons le cours de notre article (Sans travail parce-que « trop précaires » : l’incroyable histoire de quelques travailleuses livournaises de la COOP) de l’été dernier dans lequel nous décrivions la façon dont une entreprise contournait la loi de l’allocation obligatoire après 36 mois de de travail en ne dépassant pas ce délai d’occupation de poste par ces précaires tout en les remplaçant par d’autres précaires, appliquant de cette manière le sordide principe de presser le citron et le jeter.

On pourra répondre qu’à l’époque les normes de Renzi n’étaient pas en vigueur mais, en réalité, le nouveau mécanisme prévu sur le travail à durée déterminée est à peu près identique au précédent, parce que l’embauche obligatoire après 36 mois existait déjà, ainsi, comme (justement) existaient déjà les expédients des entreprises pour ne pas être enfermées dans la norme.

Renzi, plutôt que d’améliorer le système au profit des travailleurs en aggrave les effets, supprimant le principe de base pour les entreprises de préciser les motifs justifiant le travail à temps déterminé ainsi qu’indéterminé, permettant de relever le pourcentage de l’effectif précaire de 10-15% à 20% dans l’entreprise.

Revenons à l’article sur les travailleuses de la Coop (la même manière de traiter les précaires est reprise encore aujourd’hui dans cet article du Fatto quotidiano), et nous le reprenons car il rend compte d’un exemple réel et concret du mécanisme des rapports entre les employeurs et les travailleurs précaires à l’intérieur des entreprises avec les normes en vigueur. Travailleurs qui, comme on nous l’a rapporté, ne sont plus réembauchés parce que les établissements « ne veulent risquer de trop s’approcher des 36 mois du contrat de travail pour être soumis à l’obligation légale du renouvellement du contrat de travail. Le procédé utilisé pour contourner la loi des 36 mois consiste à dire : « je t’exploite pendant quelques années, et je te remplace par d’autres précaires ».

Il est curieux que l’établissement en question soit la Coop, alors que le ministre du travail, Poletti, vient lui aussi du monde coopératif, et qu’avec Renzi il est l’initiateur de ce qui plus qu’un Job Act parait-être plut un « Italian job », dans lequel être l’objet de vol colossal devient le futur de millions de jeunes italiens destinés à une infinie précarité. Celui qui se réjoui de l’aumône de 80 euros qui tombera dans sa poche ne devra pas oublier que ces jeunes seront nos fils. Ou peut-être directement nous-mêmes.

Lucia Di Maio et lUSB en délégation devant la Lega Nazionale delle Cooperative

Rome -dimanche 02 février 2014

Jeudi 6 février 2014, Lucia Catia Antonella et tant d’autres, de concert avec l’USB, seront en délégation à 11 heures devant le siège de la Lega Nazionale delle Cooperative, rue Guattani à Rome, pour porter leur protestation sous les fenêtres de la bureaucratie coopérative, celle-ci toujours prompte à rappeler les principes de la coopération, mais coupablement absente dans la vigilance et le contrôle de la présumée valeur ajoutée qui rapporte à ce système d’entreprises particulières, traitements et facilités fiscales.

Lucia reste sans travail et sans revenus bien que le Tribunal du Travail s’est prononcé à de multiples reprises pour sa réintégration ainsi que celle de sa collègue Margherita et Unicoop Tirreno refuse d’appliquer la sentence dans le plus pur style de Marchionne. Les motivations de la dernière sentence exposent de façon détaillée de la conduite de Unicoop Tirreno qui, comme cela arrive souvent dans ce pays, prétend accepter les injonctions expresses de la Magistrature mais ne réintègre pas les deux travailleuses.

Lucia n’est pas un « cas isolé » : définition utilisée par Unicoop Tirreno pour Catia Bottoni, ouvrière Coop qui après 12 ans de contrats à durée déterminée a été mise à la porte sous prétexte de la crise et au mépris de la loi rendant obligatoire la reconduction du contrat de travail après 36 mois de travail dans le même établissement.

Catia, en mai 2013, s’est enchaînée à deux reprises au siège de de l’Associazone Nationale delle Coopératives à Rome, recouverte de tous ces contrats de travail. Mais Catia est seulement la partie émergée de l’iceberg, bien d’autres travailleuses ont amplement dépassé le terme des 36 mois et se retrouvent licenciées par Unicoop Tirreno qui met le profit au dessus des lois de ce pays.

USB se serre autour de Lucia, Margherita, Catia, Antonella, Agnese et toutes les autres encore sans travail et sans revenus et poursuivra son soutien dans la reconnaissance de leurs droits.

USB Commercio

http://servizi.usb.it/indexHYPERLINK « http://servizi.usb.it/index.php?id=20&tx_ttnews[tt_news]=69192&cHash=1fc5909262&MP=63-642″.

Qui est Poletti ministre du travail du gouvernement Renzi ?

« Giuliano Poletti est un pur produit de la Gauche, dont il faut prendre en considération sa longue militance au PCI (de 1982 à 89 il fut secrétaire de la fédération du PCI d’Imola) ; depuis 2002 il est président de la Legacoop et il a travaillé pendant près de 20 ans comme technicien agricole ».

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