Une tribune pour les luttes

APRES LE NON DES URNES, LE NON DES LUTTES

Article mis en ligne le lundi 30 mai 2005

Le Traité Constitutionnel Européen a été analysé et condamné par la grande majorité des travailleurEs.

Des salariés du privé comme des services publics, des syndicalistes, des
hommes, des femmes, des étudiants, des lycéens, des chômeurs, des
salariés précaires, des retraités ont par millions refusé de graver dans
le marbre constitutionnel les reculs sociaux imposés de longue date,
comme seule réponse à leur luttes, par le libéralisme européen et
accéléré au cours des dernières années par Raffarin, Chirac et le Medef.

Ce « NON » c’est le refus des millions de personnes qui oeuvrent pour
que les solidarités entre les peuples à l’échelle européenne
s’organisent sur d’autres valeurs que celles imposées par le capitalisme
international.

Ce « NON » est un « NON » au politiques anti-sociales que vivent des
millions de salariés en Europe et ailleurs.

Ce « NON » est un « NON » à la politique des gouvernements Raffarin qui
depuis 2003 inscrivent leur action dans une dynamique de casse sociale
et n’ont d’autres méthodes pour faire cesser les luttes, que la
répression et l’assimilation des militants aux terroristes, qu’ils
soient lycéens, postiers, enseignants, sans emploi ou encore
sans-papiers.

A ce titre nous exigeons l’arrêt immédiat de toutes les poursuites
contre les lycéens et les personnels de l’Education nationale impliqués
dans les grèves contre la loi Fillon, ainsi que l’arrêt immédiat de
toutes les poursuites engagées contre les militants CGT et Sud -PTT
arrêtés par les forces spéciales de Villepin pour fait de grève, et plus
généralement contre tous les militants victimes de la répression et de
la criminalisation des mouvements sociaux depuis 2003.
Nous revendiquons la régularisation immédiate et sans condition de tous
les élèves Sans-Papiers et de leur famille ainsi que la régularisation
de tous les mineurs isolées.

Pour nous syndicalistes de l’Education Nationale, ce « NON » est aussi
un « NON » à la régression scolaire organisée par la loi Fillon,
préparée par la loi de décentralisation de 2004, combattue par les
lycéennes et les lycéens.

Mais l’enjeu ne relève pas seulement du syndicalisme des personnels. Il
concerne l’avenir et la laïcité de l’Ecole Publique et l’ensemble de
l’éducation nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche. En
ce sens l’école -parce qu’elle est l’enjeu de l’avenir- doit être un
enjeu pour tous les syndicalistes, l’affaire de tous les salariés, de
tous les citoyens.

La loi Fillon, qui est une commande des instances du libéralisme
européen, doit être retirée.

Ce résultat issu des urnes ne saurait se suffire à lui même. Nous
savons, et l’histoire l’atteste, qu’un succès dans les urnes n’a jamais
rien apporté aux travailleurs s’il n’est pas accompagné et suivi de
luttes. Et cette lutte, il faut la mener maintenant, tout de suite, car
il y a des urgences.

Il faut dès maintenant retrouver le chemin de la lutte syndicale et
favoriser la convergence des luttes. En tant que syndicalistes, en tant
que travailleurs, salariés ou chômeurs, nous avons pour tâche de créer
les conditions d’une action revendicative forte, unitaire, inscrite dans
la durée.

Emancipation Tendance Intersyndicale, le 29 mai 2005, 23 heures.

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