Une tribune pour les luttes

17-18 juin 2014

Airnuc 2014 : un simulacre d’exercice de "sécurité" sur la base militaire nucléaire d’Istres (Bouches-du-Rhône)

Coordination antinucléaire Sud-Est

Article mis en ligne le samedi 14 juin 2014

Les 17 et 18 juin va se dérouler sur la base militaire nucléaire d’Istres le simulacre d’un scénario d’exercice de "sécurité" (Airnuc 2014). Alors que la base nucléarisée couvre 2 400 hectares de superficie, comporte près de 500 bâtiments, qu’y stationnent vingt avions de combat Mirage 2000N avec missiles nucléaires de 15 fois la bombe d’Hiroshima et jouxte une ville de près de 43 000 habitants : la zone de danger maximum est évaluée officiellement à seulement un rayon de 2 km autour de la base et la zone de contamination radioactive officielle est encore plus réduite malgré le vent qui souffle régulièrement dans une région de près de 3 millions d’habitants... Un enfumage qui se joue allègrement de la vie humaine, des populations et des territoires. Nucléaire militaire et nucléaire civil : même ignominie.

Istres la monstrueuse et la sacrifiée

Souvent qualifiée de « hors norme » au regard de ses caractéristiques et de la multitude d’entités qu’elle abrite, la Base aérienne 125 regroupe une soixantaine d’entités militaires, étatiques et industrielles. Avec une piste de 5 000 mètres, 5 000 personnels militaires et civils, près de 500 bâtiments, le tout occupe 2 400 hectares de superficie. Située en bordure de l’étang de Berre et de l’étang de l’Olivier, la commune d’Istres qui se trouve dans le prolongement de la plaine de la Crau (agneaux, moutons, fourrages), à proximité du massif des Alpilles (olives, huiles, agriculture, tourisme), de la Camargue (riz et tourisme) est incluse dans un littoral méditerranéen (activités industrielles, de services, portuaires) de plus de 3 millions d’habitants.

C’est sur cette base nucléaire que va se dérouler le simulacre d’un scénario d’exercice de sécurité nucléaire (Airnuc 2014) les 17 et 18 juin prochains. Si les militaires et les autorités reconnaissent du bout des lèvres que le risque nucléaire existe, ils le limitent au sol à un incendie ou à une petite fuite radioactive. Prudes et minimalistes au possible, les autorités évaluent que si il y a un incident nucléaire réel, la zone de danger maximum serait seulement de 2 km autour de la base et la zone de contamination radioactive encore plus réduite malgré le vent qui souffle régulièrement dans la région.

Selon le Commandant de la base il y a donc très peu de risque que l’extérieur de la base soit touché. Ah, les fameuses frontières du nuage de Tchernobyl, excepté peut-être, dans le pire des cas, mais vraiment le pire des cas, impossible on vous le dit, du quartier de la Bayanne (un quartier populaire loin d’être pourtant un no’man’s land). Mensonge, dissimulation et omerta du nucléaire tant militaire que civil se poursuivent au XXIème siècle.

Les consignes de sécurité pour les habitants sont évidemment, sur le papier, (ne pas rire et ne pas douter s’il vous plait) : se confiner dans un bâtiment (facile pour le paysan dans son champs ou le badot dans la campagne, ou le consommateur du super-marché) , attendre la fin de l’alerte par sirène (au terme de combien de jours ou de semaines ?), sans aller chercher les enfants à l’école ( oui, parents abandonnez vos enfants, c’est pour la Patrie) et écouter la radio pour avoir toutes les informations en temps réel (oui, oui chacun-e possède jour et nuit sur lui une radio). Officiellement quand même l’exercice « Airnuc 2014 » a pour objectif d’entrainer les personnes concernées (vous taisez-vous vous n’êtes pas concerné), et aussi tester les plans d’urgence (on craint le pire), et l’efficacité des procédures d’alerte (à voir celle du nucléaire civil : on frémit) et la prise en charge et l’évacuation des victimes (oui, oui car les routes ne seront pas détruites, il n’y aura pas d’embouteillages, pas de bâtiments en feu, les médecins et services sanitaires seront là à vous attendre,...) et aussi et surtout : les relations entre autorités et évidemment la communication extérieure (comprenez l’organisation de la propagande et du mensonge).

Istres la guerrière et nucléaire cité

Istres est l’une des bases militaires les plus anciennes du territoire qui abrite depuis 1915 une école d’aviation militaire. Trois grandes unités des Forces aériennes nucléaires stratégiques y stationnent : l’Escadron de chasse et de combat « La Fayette », le Groupe de ravitaillement en vol 93 Bretagne avec des Boeing états-uniens C-135 FR et KC-135 R, l’Escadron de Soutien Technique Spécialisé 15.093, chargé de la mise en œuvre et de la maintenance des avions de ravitaillement en vol. Parmi les autres unités basées sur la BA 125 : l’Escadron de Défense Sol-Air 01.950 « Crau », l’École du personnel navigant d’essais et de réception de la Direction générale de l’Armement.

A sa mission initiale de frappe nucléaire pré-stratégique a été ajouté, en 1992, la mission secondaire d’assaut conventionnel par tous les temps, de jour comme de nuit puis en 1996 sa mission principale devient la frappe nucléaire stratégique. L’escadron de chasse 2/4 Lafayette est donc une unité de combat de l’armée de l’air française. Installé sur la base aérienne 125 Istres-Le Tubé, il est actuellement équipé de Dassault Mirage 2000N (standard K3) et ses avions portent des codes 125-XX.

Le Groupe de ravitaillement en vol "02.091 Bretagne" pour les Mirage 2000N et des Rafale (F3) des Forces aériennes stratégiques est actuellement équipée de Boeing C-135FR. Depuis les années 1980 ils ont sévit au Tchad (opérations Manta 1983 et Épervier), au Gabon (Murène 1981/1982), au Liban (opération Chevesne de1984), en Arabie saoudite (opération Daguet 1990/1991 et Alysse), en Turquie (Aconit 1992/96), en Bosnie-Herzégovine (opérations Crécerelle et Salamandre de 1993), au Kosovo (Trident 1999), en Afghanistan (Enduring Freedom - Héraclès 2001/2002), en Côte d’Ivoire (Licorne 2002), en République démocratique du Congo à l’été 2003, en Libye (Harmattan 2011), au Mali (Opération Serval 2013)

La suite sur : http://coordination-antinucleaire-s...

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1 Message

  • Le 19 juin 2014 à 21:39, par

    Encore un qui parle d’un truc qu’il connait ! Révise donc tes cours de radio-protection vis à vis des radio nucléide qui composent une arme nucléaire (ça doit se trouver sur wikipedia). Compare les masses de fissible et fusible présents dans une arme vis a vis de ce qui est présent dans un réacteur nucléaire. Et surtout, n’oublie pas de fermer les yeux sur le pictogramme "rayonnements ionisants" lorsque tu passera un scanner ou une IRM car sans les réacteurs, y a pas de source pour alimenter tous ces appareils qui permettent de faire des "miracles" en médecine.

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