Une tribune pour les luttes

Journée mondiale « contre DAESH, pour Kobanê, pour l’Humanité »

Appel à la solidarité avec Kobanê à Marseille Samedi 1er novembre 2014

14 heures Place Léon Blum, en haut de la Canebière, Métro Réformés

Article mis en ligne le dimanche 26 octobre 2014

Pourquoi il y a urgence à se mobiliser au niveau local et mondial pour Kobanê, pour l’Humanité et contre Daesh ?

Le 15 septembre dernier, l’organisation Daesh (EI - Etat Islamiste en français) a lancé une vaste offensive sur plusieurs fronts contre la ville de Kobanê, dans le nord de la Syrie (Ouest-Kurdistan, dit aussi Rojava).
L’objectif étant outre la conquête de la ville, de contrôler la frontière et de mettre fin au système d’administration autonome et démocratique, mis en place dans le Rojava, par les Kurdes, qui comprend trois cantons kurdes en Syrie.

Des centaines de milliers de civils sont confrontés à la menace d’un génocide !

Daesh est rentrée dans la ville, Kobanê assiégée, les forces d’autodéfense kurdes se battent pied à pied afin d’empêcher que « l’Etat Islamique » s’empare de la ville et commettent des atrocités d’un autre siècle.
Malgré les spéculations diverses et variées sur la chute de Kobanê, la population résiste héroïquement avec des armes légères contre les attaques brutales de ces gangs barbares surarmés qui sèment la terreur. Pour les défendre, ils ne peuvent compter que sur le soutien des combattant-e-s du YPG et des YPJ, les unités de défense du peuple. Des centaines de milliers de civils confrontés à la menace d’un génocide !

Les combattantes kurdes : icônes de la liberté et du féminisme

Les combattantes kurdes luttent pour la survie des kurdes mais aussi pour la liberté des femmes. Elles sont en premières lignes de la guerre contre Daesh, comme un défi à ces gangs inhumains ne reconnaissant aucun droit au sexe opposé et dont leur seul objectif est d’asservir la femme. Elles se battent au nom des femmes du Sinjar et d’autres régions, qui ont été victimes des pires violences : exécutions, viols, mariages forcés, mutilations génitales, lapidations, et vente dans les bazars de l’esclavagisme de femmes de tout âge.

Inaction et répression : le double jeu de la Turquie membre de la coalition ?

La Turquie plongée dans son immobilisme, multiplie les obstacles à l’arrivée des réfugiés et maintien son embargo y compris humanitaire sur l’enclave kurde au Nord de la Syrie. Des centaines de milliers de personnes réfugiées en Turquie ou coincées à la frontière turco-syrienne n’ont encore reçu aucune aide humanitaire internationale, les besoins sont criants, l’hiver arrive et les risques de crise sanitaire sont en cours.
Toute manifestation de solidarité à Kobanê est réprimée dans le sang. Des dizaines de personnes ont été tuées par les forces de l’ordre.
Les « exécutions » de Kurdes par l’extrême droite ont repris, rappelant les moments noirs des années 90.
En frappant les positions rebelles kurdes dans le sud-est du pays seule fois que l’aviation turque a décollé en octobre le Gouvernement a montré une fois encore que son objectif n’est pas de lutter contre l’organisation « Etat Islamique » mais de se débarrasser de la question kurde.

Face à un système d’alliance contradictoire, la coalition doit jouer son rôle

À ce jour, la coalition n’a pas rempli suffisamment les obligations auxquelles elle est tenue en vertu du droit international. Plusieurs des pays membres de cette alliance, en particulier la Turquie, font partie des soutiens militaires et financiers de Daesh, et non des moindres.
La France, une grande Nation, présente au conseil de sécurité de l’ONU et représentante permanente à l’OTAN, doit jouer un rôle actif pour soutenir la résistance de Kobanê et faire pression sur la Turquie, qui a rejoint la coalition avec ses propres intérêts. En effet, il est de plus en plus clair que l’objectif de la Turquie est d’organiser une zone tampon, qui permettrait à celle-ci d’occuper les trois cantons kurdes syriens du Rojava et mettre fin à leur autonomie.
Si la communauté internationale souhaite que la démocratie puisse prendre racine au Moyen-Orient, elle doit soutenir la résistance kurde à Kobanê. Le modèle démocratique de l’administration autonome du Rojava est un exemple pour toutes les populations de la Syrie. Ce modèle est laïc, pluraliste, et permet de réaliser l’unité dans la diversité.

Il est grand temps de donner ce message aux acteurs mondiaux :
une autre politique est possible.

Il y a urgence à se mobiliser
au niveau local et mondial pour Kobanê et contre Daesh

À agir maintenant et faire pression
auprès de la communauté internationale dont la France, pour que soient :

- Apportée une aide humanitaire d’envergure pour les populations concernées.
- Ouvert un corridor aérien et terrestre
- Fournis aux forces engagées des moyens de défense adéquats pour leur permettre de résister contre le Daesh.
- Sanctionnés les états complices de la terreur islamiste, notamment la Turquie.
- Favorisé un règlement politique dans cette partie du monde avec notamment la reconnaissance internationale du Rojava, à l’image du Kurdistan Irakien.

Signataires : Association Franco Kabyle 13, Alternative Libertaire Marseille, Centre Culturel Alevis Marseille, Centre Démocratique de la Communauté Kurde Marseille, Collectif Solidarité Palestine Marseille, Ensemble !, Europe Ecologie Les Verts 13 PACA, Fédération Nationale des Musulmans de France, Jeunesse Kurde 13, Kali Production, Ligue des Droits de l’Homme 13, Marche Mondiale des Femmes 13 PACA, MRAP13, Parti Communiste Français 13, Parti de Gauche Marseille, Partit Occitan, Rouges Vifs 13, Solidarité et Liberté, UD-CGT 13.
Le tract

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1 Message

  • Le 4 novembre 2014 à 17:48, par

    MES FRERES SONT CEUX QUI SAVENT DANS LEURS CHAIRS
    MES FRERES SONT KURDES

    Messieurs les gens de pouvoir,
    Messieurs les puissants décideurs,
    le rouge vous sied au teint :
    c’est la couleur de la honte qui devrait empourprer votre visage,
    quand la liberté meurt étranglée à Kobané
    à l’ombre de votre silence complaisant.

    Messieurs les gens de pouvoir,
    entendez les cris étouffés de sang
    des enfants kurdes égorgés
    dans les rues de Kobané ?
    Écoutez les larmes de ces femmes
    fouettées, violées, échangées
    pour le plaisir des guerriers.

    Mes frères sont ceux qui savent dans leur chair
    l’éclat du sabre qui s’abat sur le cou de l’ami.

    Messieurs les gens de pouvoir,
    resterez-vous silencieux quand dans les décombres de Kobané
    séchera au soleil la matrice des femmes kurdes éventrées ?
    Enverrez-vous vos télés faire frissonner d’horreur
    sur le malheur dont vous êtes les pourvoyeurs ?

    Mes frères sont ceux qui savent dans leur chair
    le sang du père qui gicle sur l’enfant apeuré.

    Messieurs les gens de pouvoir,
    Vous vous taisez,
    Vous laissez les Kurdes être écrasés
    par les chars qu’ils affrontent,
    et être poignardés dans le dos,
    acculés à une frontière turque hermétique
    à les soutenir et poreuse pour les barbares.
    Messieurs les gens de pouvoir,
    Vous savez et vous les abandonnez
    à la mort, à la torture et à l’obscurantisme.

    Mes frères sont ceux qui savent dans leur chair
    le cri de l’enfant dont on égorge le frère
    le regard hagard de l’enfant qui ne saura plus rêver.

    Messieurs les gens de pouvoir,
    de conférences en tables rondes
    vous pérorez sur les malheurs du monde,
    vous attendez dans vos salons climatisés
    que la poussière et le silence recouvrent d’oubli
    votre complaisance envers le sabre obscurantiste.

    Mes frères sont ceux qui savent du plus profond de leur dignité
    qu’ils meurent abattus par vos atermoiements.

    Messieurs les gens de pouvoir,
    l’espoir s’éteint à l’ombre des montagnes kurdes
    et vos cerveaux sans mémoire
    rotent des phrases aussi longues qu’inefficaces.
    Vos mots sont englués,
    Votre solidarité de papier se déchire à la lumière.
    Vous êtes l’ankylose d’un monde nanti tourné sur son confort.
    Vous usez des mots pour laver votre conscience
    à la face des miroirs qui vous reflètent,
    vous êtes du sang qui tache le triptyque
    gravé au fronton de votre république.
    Vos mots ont la couleur de la honte qui empourpre votre front
    pendant que mes frères kurdes
    étouffent sous le voile de votre complaisance,
    écrasés par les chenilles des chars que vous avez vendus.
    Et vous comptez vos cassettes d’intérêts pétrolifères
    et vous calculez vos ventes d’hélicoptères.

    Mes frères sont ceux qui savent dans leurs blessures
    que vous avez vendu le fer qui tourmente leurs entrailles

    Messieurs,
    vous pouvez vous laver les mains,
    écrire les journaux de vos exploits aériens,
    filmer à distance vos bombes chirurgicales,
    vous ne pourrez rien contre votre destin
    lorsque l’histoire ouvrira votre procès
    et que mes frères kurdes convoqueront
    la mémoire de ceux qui n’ont jamais perdu leur dignité
    et n’ont eu pour arme que l’étendard de la liberté
    qu’ils lâchaient par rafales dans le ciel étoilé.

    Mes frères sont ceux qui savent dans leur idéal
    que la trahison se masque d’un voile de boniments

    Messieurs les gens de pouvoir,
    souvenez-vous de ces socialistes français
    qui abandonnèrent les Républicains espagnols
    à la torture de Franco la Muerte à l’ombre des Pyrénées.

    Messieurs les gens de pouvoir,
    n’entendez-vous pas la mort qui suinte
    dans le silence qui monte des saz ?

    Mes frères sont ceux qui savent depuis un siècle
    que leur terre est distribuée au plus offrant,
    que leur culture est rejetée vers le néant.
    Mes frères sont ces Kurdes errants,
    ou enracinés au Kurdistan.

    Messieurs les gens de pouvoir,
    Ne répétez pas les compromissions
    qui font la honte des peuples
    ayant manqué à la solidarité et à la fraternité.

    Messieurs les gens de pouvoir,
    d’ici et d’ailleurs,
    je refuse d’être de votre monde.

    Un jour viendra où les montagnes seront couvertes
    de Berfin épanouies au soleil,
    le jour s’approche où les ruisseaux murmureront
    la résistance victorieuse dans la plaine.
    Ce jour-là, les enfants de Kobané
    chanteront sur le chemin des écoliers ;
    la femme sera la liberté secrète du jardin
    Kadim ozgürlugun gizli bahcesidir.

    A Kobané et ailleurs,
    Mes frères savent dans leurs chairs,
    Mes frères sont kurdes.

    Alain Callès

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