Une tribune pour les luttes

Communiqué d’Alternative Libertaire

Kurdistan syrien : Des fonds pour la révolution !

Article mis en ligne le mercredi 5 novembre 2014

Les réfugié.e.s ont besoin d’aide ; les miliciennes et les miliciens ont besoin d’armes ; les familles des victimes ont besoin de secours.

Comme d’autres, le mouvement libertaire lance une campagne de soutien financier.

L’argent que vous enverrez transitera par des circuits sûrs, par l’intermédiaire des anarchistes de Turquie (DAF), en qui le PYD et les organisations kurdes ont toute confiance. Il finira par alimenter l’action des YPG-YPJ, des maisons du peuple et des communes du Rojava.
Comment verser ?

par virement : A :Société d’entraide libertaire IBAN : FR76 1027 8085 9000 0205 7210 175 BIC : CMCIFR2A

par chèque : A l’ordre de SEL, mention “Kurdistan” au dos, à expédier à CESL, BP 121, 25014 Besançon Cedex

par Paypal : aller sur le site d’AL :
http://www.alternativelibertaire.org/?Kurdistan-syrien-Des-fonds-pour-la

En France, la campagne est suivie par le collectif Anarchistes solidaires du Rojava.

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1 Message

  • Le 6 novembre 2014 à 12:30, par

    Lena Dg, le 02 Novembre 2014, 13h07, de « quelque part en Turquie »...

    Voici un mois, face à l’énorme volume de besoins matériels de la résistance entre Kobane et Suruç, une résistance auto-organisée et auto-financée par la base (et donc au risque d’ intentions prédatrices des O.N.G. d’aides humanitroptardes et de charité de l’homme blanc), nous nous sommes mobilisés avec certains compagnons de voyage (dont je fus la seule d’origine italienne) pour mettre sur pied une collecte de fonds de manière anonyme. Ceci parce que nous sommes des personnes qui travaillent, des précaires, des mères (pour certaines d’entre nous), habituées à économiser pendant des semaines pour couvrir le retrait du salaire des jours de grève ou les dépens légaux de procès. Les photos sur Facebook et les status copieux sont peut-être gratuits, mais la résistance, quotidiennement, ne l’est pas, elle.

    Il n’y a rien d’exceptionnel dans tout cela : les collectes entre amis, les coups de main anonymes entre syndicats, partis politiques, et associations sont une habitude qui a toujours permis de relâcher la pression dans des batailles exténuantes comme lors de la résistance de la Tekel (60 jours d’occupation) ou la célèbre occupation de Gezi-Park . Des initiatives similaires, il y en a treize à la douzaine, toutes évidemment échafaudées dans la discrétion la plus absolue.

    Camarades surtout anarcho-syndicalistes, à l’égal de copains latino-américains, irlandais et espagnols, ont soudain participé au soutien dans l’anonymat avec leurs ressources limitées et beaucoup de solidarité politique. Il suffisait de faire comprendre que notre propos était un essai d’égal à égal, et que chaque euro (bien sûr nous y ajoutions nos frais de déplacements, les dons, etc. de notre poche) finissait dans les mains d’une organisation politique qui décidait de façon indépendante la façon de répartir les aliments et l’accueil des réfugiés de Kobanê, tant qu’à la résistance à Kobanê même.

    Il y a toujours eu cependant une histoire dans l’histoire. Dans mon histoire, étant celle à laquelle incombait les relations en langue italienne, il y a eu la découverte à la fois des tares et des priorités d’une partie de la gauche radicale italienne dans ses vantardises. Ainsi, parler de soutien Kobanê à certains cercles d’"amis" ne générait jamais la question « À quoi ça sert ? » mais plutôt « Vous nous donnez les contacts pour qu’on descende ? ». Cette attitude laissait perplexe. « Descendre » implique d’engager des frais : plus ou moins le prix de deux tentes, ou de trois matelas d’isolation thermique dans l’objectif de photographier des que l’on baptiserait « réfugiées », des munitions, ou bien d’une partie de la nourriture stockée à envoyer aux partisans de l’YPG pour autant qu’Erdogan en permette le passage. Pour une résistance assiégée par la dépolitisation des USA et des Pershmergas, ce sont des fonds précieux pour rester indépendant sur chaque pouce de terrain où se passe l’action. En remarquant les centaines d’euros perdus en billets de train et appels téléphoniques pour les relations publiques, les entreprises, etc., je me suis entendue répéter que la présence physique était plus importante que l’argent, car il garantissait au moins un « récit différent ». Encore une fois, des doutes. En quoi les récits des nombreux médias du mouvement kurde ne suffisent-ils pas à décrire la situation telle qu’elle se passe sur le terrain ? Pourquoi devions-nous produire forcément un commentaire superficiel et émotionnel de blanc / blanche européen qui regarde les bombes tomber pour stimuler l’envie de prendre part au plus petit soutien ? Et pourquoi alors, les regards gênés des représentants des parlements des Kobane me touchaient-ils tant, lorsque je faisais l’interprète d’Arabe vers l’Italien sur le mode d’organisation politique des cantons du Rojava,et qu’ils avaient à faire à des Européens plus occupés au message qu’ils allaient poster sur Twitter qu’à écouter ? Être étranger dans une ville en pleine résistance est un poids pour la résistance elle-même. C’est un poids linguistique, un stress d’énergies et de moments perdus. Il faut une certaine humilité de base pour se rendre compte que, pendant que nous croyons incarner des héros de deux mondes avec les résistances combattues par d’autres en apportant notre indéfectible solidarité et nos cruciaux messages sur les blogs internes au mouvement, en réalité nous cassons les pieds à des gens qui ont bien d’autres problèmes. Moi, je n’ai jamais eu d’humilité. J’ai également arrêté trop tard d’écrire sur Kobanê sur ma page de journal Facebook, sans m’interroger sur le fait que cela serve à faire circuler des informations plutôt qu’à collectionner des « J’aime » à mon crédit et pour solde de tout compte (c’est sans nul doute le second terme de cette alternative qui a prévalu...). Mais bon sang, je sais pourtant quand me mettre en retrait, grouper les courses à faire en une demi-journée pour m’en aller sans coup férir, et bon sang de bonsoir faire le tout discrètement et anonymement pour ne pas contraindre les vrais héros de cette résistance à l’humiliation de devoir dire des « merci » pour ce qui est un dû -vu que la résistance de Kobanê nous sert à tou(tes)s, et non le contraire. Je le répète, c’est pourquoi je la ramène avec toute mon arrogance.

    Les demandes de contacts politiques continuent. Ils reçoivent tous à Suruç-plage, convaincus que donner des milliers d’euros aux compagnies aériennes satisfont aux besoins des gens comme nous, et sont plus importants que la résistance qui se bat. Ce qui est plus grave, c’est que les fonds soient aussi détournés. Mais ils ne sont pas anonymes. En fait, ils proviennent avec les délégations, l’étiquette, pour construire des « relations politiques privilégiées » entre les réseaux spécifiques avec le mouvement kurde. Maintenant, je me suis brutalement réveillée de la politicaillerie de la gauche radicale adressée à l’identité par le simple fait qu’il est certain que cela reste limité à des cercles restreints de camaraderie. Le mythe que je m’étais forgé de loin n’était qu’un mythe et c’est tout, et il arrive évidemment que les exilés paresseux tels que moi investissent du temps dans le faire distinction entre réalités, territoires, particularités. Parce qu’ils expliquent beaucoup l’incroyable déploiement de matériel « résistant », en Italie, qui pour autant demeure une île au milieu de la mer des Renzi, SEL, légalistes, FiOM, et de qui plus il en a, plus il en rajoute. Peut-être parce que, malgré moi, la gauche radicale italienne reste une boîte magique que je tiens pour un exemple de mouvement et qu’il vaut mieux qu’elle reste une île parmi les îles pour tout le monde.

    Et c’est ainsi qu’il y a ceux et celles qui soutiennent, et qui court pour mettre sa banderole. En ce qui regarde la résistance, ils reçoivent soutien (sources, montagnes de chiffres et données) de tant de ces groupes pour lesquels une poignée de main en vaut une autre, et qu’elle ne suffit à leur faire oublier que les protagonistes de cette résistance ce sont eux, investis à monter des tentes et arrêter les embuscades de l’Isis dans une des zones les plus pauvres de cette entité appelée -disons- république turque, et non qui apporte sa solidarité parce qu’il peut se le permettre. Le « fardeau du camarade blanc », les hiérarchies sur lesquelles il s’établit et quelques centaines d’euros ne suffiront pas à diminuer leurs activités de partisan(e)s.

    Mais à un jour de la mobilisation globale pour Kobanê, je ne puis pas faire moins que demander pourquoi l’obsession identitaire devrait forcément passer par l’humiliation de savoir qui fait vraiment la résistance à Kobanê. Si cela peut heureusement amener à faire réfléchir une seconde sur le fait d’être tou(te)s des camarades, et de conditionner le soutien au taux de reconnaissance et d’auto-proclamation. En somme, y a-t-il absolument besoin d’obliger un(e) camarade à se regarder dans un miroir et de nous dire merci pour « être solidaire » ?

    # KobaneÈSola

    P. S. : J’admets que cet exercice critique n’est pas fait uniquement de farine provenant de mon sac et je remercie les quelques-un(e)s des camarades locaux, entre Istanbul, Suruç et ailleurs, pour avoir soulevé cette série de questions. Mais, pour que l’anonymat continue à bien se porter, vous pourrez ainsi limiter vos insultes à l’auteure de ces lignes.

    Traduit de l’Italien par Sedira Boudjemaa, artiste-peintre à Nîmes, le Mercredi 05 Novembre 2014 ; 19h30.


    Roberta Moscarelli a partagé le statut de Lena Dg.
    2 h ·
    Lena Dg


    un mese fa di fronte all’enorme quantitá di bisogni materiali della resistenza fra Kobane e Suruç, una resistenza autorganizzata e autofinanziata dal basso e per questo a rischio dei soliti intenti predatori di ONG aiuti umanitardi e caritá dell’uomo bianco, ci siamo mobilitati con alcuni compagne di viaggio (fra le quali ero l’unica di origini italiane) per mettere su una raccolta fondi anonima. questo perchè siamo lavoratrici, precarie, madri (alcune di noi), figlie di compagni abituati a risparmiare per settimane per permettersi la detrazione sullo sciopero o le spese legali per i processi. le foto su fb e i grandi status saranno pure gratis ; ma la resistenza, quella quotidiana, non lo è.

    non c’è nulla di particolare in tutto questo : le collette fra compagni, gli aiuti anonimi fra partiti sindacati e associazioni sono quello che ha sempre lasciato respiro a battaglie estenuanti come la resistenza della tekel (60 gg di occupazione) o la più celebre Gezi. Di iniziative simili ce ne stanno a dozzine,tutte nella più ovvia discrezione.

    Compagni perlopiù di area anarco-sindacalista, parecchi latinoamericani irlandesi e spagnoli, hanno subito sostenuto in via anonima con i loro limitati mezzi e tanta solidarietà politica. Bastava chiarire che il nostro era un intento da pari a pari, e che ogni singolo euro (ovviamente ci accolliamo spese di viaggio, di versamenti, etc di tasca nostra) finiva nelle mani di un’organizzazione politica che decideva autonomamente quanto destinare a cibo e accoglienza dei kobanesi, e quantoballa resistenza dentro Kobane.

    c’è sempre peró una storia nella storia. Nella mia storia, essendo quella che gestiva i rapporti in italiano, c’è la scoperta tutta insieme dei tarli e delle priorità di certa sinistra radicale italiana e dei suoi protagonismi. Cosí, parlare di supporto a Kobane a certi giri di "compagni" non generava mai la domanda "cosa serve ?" quanto piuttosto quella "ci date dei contatti per scendere ?". La cosa lasciava perplessi. "Scendere" comporta delle spese : più o meno il prezzo di due tende, oppure tre tappeti termici per quelle famiglie da fotografare e definire "profughe", munizioni, oppure una partita di cibo da mandare ai partigiani dello YPG quanto Erdogan ogni tanto ne permette il passaggio. Per una resistenza sotto l’assedio depoliticizzante di USA e peshmerga, sono soldi preziosi per mantenersi autonoma in ogni singolo centimetro d’azione. Guardando centinaia di euro persi in roaming, telefonate per pubbliche relazioni, biglietti, etc, mi sono sentita ripetere che la presenza fisica era più importante dei soldi perchè garantiva una "narrativa diversa". Di nuovo, dubbi. In che cosa la narrativa dei tanti organi di informazione del movimento curdo non è sufficiente ? Perchè ci deve per forza essere il post superficiale ed emotivo del bianco/bianca europeo che guarda le bombe per attivare la partecipazione ? E perchè allora mi toccavano gli sguardi imbarazzati dei rappresentanti dei parlamenti di Kobane che, quando provavo a fare da interprete arabo/italiano sul modello politico dei cantoni del Rojava, si ritrovavano davanti europei incollati a postare su Twitter invece che ascoltare ? Essere stranieri in una città in piena resistenza è un peso sulla resistenza stessa. È un peso linguistico, uno stress di energie e tempitiche sballate. Ci vuole una certa umiltà di fondo per rendersi conto che, mentre noi crediamo di fare gli eroi dei due mondi con le resistenze combattute da altri portando la nostra imperdibile solidarietà e determinante narrativa via post sui blog interni del movimento, in realtà stiamo semplicemente spaccando i coglioni a gente che ha ben altri problemi. Io l’umiltà non ce l’ho mai avuta. Ho pure smesso troppo tardi di scrivere di Kobane sul mio FB, senza interrogarmi su se servisse a far circolare notizie piuttosto che a collezionare "likes" per me e basta (e indubbiamente vale la seconda). Ma cribbio, persino io so quando tirarmi indietro, concentrare le commissioni in mezza giornata per andarmene subito, e porca puttana mantenere il tutto anonimo per non costringere i veri eroi di questa resistenza all’umiliazione di doverci ringraziare per quello che è un dovere - visto che è la resistenza di Kobane vhe serve a tutti noi, e non viceversa. Ripeto, persino io ci arrivo, in tutta la mia arroganza.

    Le richieste di "contatti politici" continuano. Scendono tutti a Suruç beach, convinti che migliaia di euro regalate a compagnie aeree siano più importanti dei bisogni di gente come noi, che quella resistenza la sta combattendo. Quel che è più grave, anche i fondi vengono portati. Ma non sono anonimi. Anzi, arrivano proprio con le delegazioni, con l’etichetta, per costruire "rapporti politici privilegiati" fra reti specifiche col movimento curdo. Ora, io col la politicadella sinistra radicale fatta per l’identità ho avuto il mio brutto risveglio con questo minuscolo fatto che di certo è molto limitato a certa compagneria. Il mito che mi ero costruita a distanza era un mito e basta, e occorre evidentemente che le pigre esuli come me investano del tempo nel fare distinguo fra realtà, territori, singoli. Perchè spiegano molto dell’incredibile dispiegamento di materiale resistente, in Italia, e di quanto rimanga un’isola nel mare di Renzi, SEL, legalità, fiom, e chi più ne ha più ne metta. Forse, nonostante per me la.sinistra radicale italiana rimanga una scatola magica che tengo come esempio di movimento, va meglio a tutti restare un’isola di isole.

    E così c’è chi supporta, e chi corre a mettere la bandierina. Quanto alla resistenza, ricevono supporto (certo, cifre casalinghe) da tanti di quei gruppi che una stretta di mano vale l’altra e non basta quella a dimenticarsi che i protagonisti di questa resistenza sono loro, impegnati a montar tende e fermare le imboscate dell’ISIS in una delle zone piú povere di questa cosa chiamata -diciamo- repubblica turca, e non chi porta solidarietà perchè puó permetterselo. Non bastera’ il "fardello del compagno bianco", le gerarchie su cui si regge e qualche centinaio di euro, a sminuire il loro essere partigiani.
    Ma a un giorno

    dalla mobilitazione globale per Kobane, non posso fare a meno di chiedere perchè l’ossessione identitaria debba per forza passare dall’umiliazione di chi la resistenza di Kobane la fa davvero. Se per favore si puó rifletterw un secondo sulla differenza fra l’essere tutti compagni, e condizionare il supporto al riconoscimento e all’autocelebrazione. Insomma, c’è proprio bisogno di obbligare un compagno a guardarci in faccia e dirci grazie, per essere solidali ?


    ‪#‎KobaneÈSola‬

    p.s. Ammetto che questo esercizio critico non è tutta farina del mio sacco e ringrazio una serie di compagni locali tra istanbul Suruç e altrove, per aver sollevato una serie di punti. Però, siccome viva l’anonimato, gli insulti potete limitarli alla sottoscritta

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