Une tribune pour les luttes

Communiqué de la LDH section d’Aix-en-Provence

Soutenir la marseillaise et le ravi

Article mis en ligne le dimanche 30 novembre 2014

Cette semaine, deux journaux de notre région, le quotidien La Marseillaise et le mensuel satirique et d’investigation en PACA Le Ravi ont alerté l’opinion sur leur situation très critique et le risque qu’ils disparaissent. Toute la presse écrite souffre de la crise économique. La Marseillaise est particulièrement atteinte par la chute des recettes publicitaires et institutionnelles ; Le Ravi par la baisse des aides sociales aux associations (pour ce journal : baisse de - 44% pour le Conseil régional et – 90% pour le Conseil général).

La Marseillaise emploie 213 salariés, dont 75 journalistes. Pour Le Ravi, l’équipe de salariés pourrait passer de 7 personnes à 2 salariés à temps plein.

La section d’Aix et du pays d’Aix de la Ligue des droits de l’Homme affirme sa solidarité avec les salariés de ces deux journaux et appelle les citoyens attachés à la survie de la presse écrite et à la pluralité de l’information à manifester leur soutien.

Rejoignez le Comité de soutien de La Marseillaise et participez à la souscription http://pourquevivelamarseillaise.blogspot.fr/

Aidez Le Ravi, organe d’une "Presse pas pareil" !

http://www.leravi.org/spip.php?article1904

Ils ont besoin de nous, nous avons besoin d’eux ! Leur disparition ou leur affaiblissement conduirait progressivement à un monopole sur les medias du Sud. C’est la démocratie qui en prendrait un coup.

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2 Messages

  • Le 30 novembre 2014 à 19:56, par Densei

    Nous étions un journal

    Ils furent les voix plurielles de ce pari de presse : Stéphane Hessel, Armand Gatti, Jean Ziegler, Michel Onfray, Gisèle Halimi, Juliette Gréco, Georges Moustaki, Michel Polac, Plantu, Edwy Plenel, Paco Ibanez, Costa Gavras, Marcel Gaucher, Benjamin Stora, Michel Serres…


    [Clap de fin]


    Depuis dix-sept ans, César, mensuel culturel et citoyen, a contribué à écrire le storytelling culturel du grand Sud. Cette mise en récit nous l’avons assumé avec nos moyens, modestes. Des centaines d’interviews, reportages, dossiers, critiques pluridisciplinaires ont donné parole à ceux qui dans ce morceau de planète, fort de ses mémoires et de ses diasporas, y inventaient un futur, ainsi qu’à tous ceux qui y venaient partager leurs doutes et leurs utopies. Cette pollinisation nous l’avons animé à travers un rhizome de théâtres, ciné-clubs, médiathèques, offices de tourisme, lieux ressources, de Menton à Toulouse et de Briançon à la Corse. Cette valorisation nous l’avons démultipliée à travers des réseaux amis aussi bien en Occitanie, en Méditerranée, qu’à Paris. Mais nos ambitions ont du aussi compter avec de sournois obstacles. La culture griffée éducation populaire est métastasée par la marchandisation du vivant, l’Intertainment, la Société du spectacle. La gratuité de ce journal qui s’est imposée à nous en raison d’un système de distribution français dispendieux et inique nous a forcé à défendre une légitimité éditoriale à rebours de l’info fast-food dont regorgent les poubelles aux bouches des métros. Et pour certaines institutions culturelles vivant de la subvention publique, notre indépendance due à la seule publicité ne pouvait être que suspecte. Nombre de Saint-Jean bouche d’or de l’entre-soi culturel fétichisant le terme de com’(entendre : communication) qui n’est qu’une forme déguisée de la réclame. On a dit aussi l’Ecrit malade d’Internet. Certes, mais pour nous qui avons créé un site qui fut l’un des plus apprécié durant Marseille-Provence Capitale de la Culture, il y a place pour une presse à haute valeur ajoutée, complémentaire à l’information dématérialisée. A ce titre, nous clamons que les dispositifs d’aides à la presse qui ne prennent pas en compte les publications d’intérêt général sont à revoir de fond en comble. Ce système opaque de conséquentes prébendes ne faisant que conforter des situations claniques, le potlatch politique, des féodalités territoriales, au détriment du pluralisme et d’une vie médiatique plus démocratique. Mis bout à bout, tous ces handicaps sont de nature à épuiser les plus endurants face à une concurrence en trompe-l’œil. Des éloges venant de la France entière concernant César, les encouragements des personnalités que nous avons accueillies dans nos pages, nous ont cependant conforté que nous étions dans le juste. Aussi nous avons seriné que la vie culturelle, ses acteurs, ses lieux, ses publics, ont besoin impérieux d’un éco-système médiatique, d’une pensée critique, qui renforce les défenses immunitaires de la création et de la diffusion. Nous avons prouvé qu’à côté des outils de la consommation et du ludique des outils plus réflexifs comme l’est le journal papier répondent à d’autres attentes. Nous avons estimé que la culture en régions a besoin de transversalité, notre formule pan-occitane préfigurant les futures recompositions des collectivités territoriales et de leurs flux. Surtout, nous pensons avoir prouvé que « l’élitisme pour tous » cher à Jean Vilar justifie que le Grand Sud ait une parole médiatique culturelle qui le dispute à un magistère parisien souvent exorbitant. Ces convictions que beaucoup de nos lecteurs ont partagées, nous les avons portées aussi loin que possible. Mais à l’évidence elles avaient pour certains les accents de l’hérésie. Hérésie qui, dans un monde très poreux avec la politique comme l’est la presse, se paye cash. En tout cas, notre indépendance (de statut et de ton), notre manque de souplesse d’échine, nous ont valu d’être tricard auprès de certaines collectivités, au mépris des règles légales de la concurrence. Jeu terriblement inégal. Et voilà pourquoi votre fille est muette et pourquoi César a décidé d’arrêter le film.


    [Compagnons de route]
    Comédiens, musiciens, acteurs, cinéastes, philosophes, historiens, écrivains, architectes, chorégraphes, scientifiques… Ils furent nos compagnons de route : Stéphane Hessel, Armand Gatti, Michel Serres, Plantu, Jean Ziegler, Michel Onfray, Pierre Henry, Gisèle Halimi, Predrag Matvejevic, Paul Ariès, Boris Cyrulnik, Benjamin Stora, Marcel Gaucher, Alain Badiou, Edgar Morin, Catherine Camus, Gérard Mordillat, Fernando Arabal, Alejandro Jodorowsky, Michel Polac, Hervé Kempf, Amin Maalouf, Mo Yan, Pierre Boulez, Jordi Savall, Fred Vargas, Paco Ibanez, Manu Dibango, Angélique Kidjo, A Filetta, Michel Galabru, Philipe Caubère, Fellag, Aminata Traoré, Pierre Etaix, Juliette Gréco, Georges Moustaki, Joey Starr, Anouk Aimée, Jean-Claude Carrière, Jean-Yves le Naour, Nicolas Offenstadt, Thomas Piketty, Rodrigo Garcia, Costa Gavras, Patrice Leconte, Coline Serreau, Sabine Weiss, Adrien Maeght, Rudy Riciotti, Norman Foster, Francis Hallé, Isabelle Autissier, Yann-Arthus Bertrand, Philippe Decouflé, Georges Appaix, Sidi Larbi Cherkaoui, Jan Lauwers, Angelin Preljocaj, Michel Vauzelle, Stefano Boeri, Israël Galvan, Boubacar Diop, René Depestre, Elias Khoury, Nilüfer Göle, Jean-Jacques Aillagon, Jean-Pierre Mocky, Yasmina Khadra, Yves Rouquette, Alaa El Aswany, Roland Pécout, Chick Correa, Bill Wyman, Rodolphe Burger, Emilie Simon, Archie Shepp, Graeme Allwright, CharlElie Couture, Bernard Lavilliers, Zebda, Lawrence Foster, Georges Bœuf, Gianmaria Testa, Atiq Rahimi, Shaji N. Karun, Brigitte Fontaine…


    [Le CR Paca m’a tuer]
    Les ressources de la presse écrite sont la vente au numéro, l’actionnariat, les subventions, les annonces légales, la publicité. César n’a vécu que de cette dernière. En l’espèce, César a donc répondu à des appels d’offre lorsqu’il s’agissait de collectivités locales. Ces dernières, pour les plus importantes d’entre-elles, ayant plusieurs événements culturels tous les mois, choisissant d’en promouvoir un ou plusieurs sous forme d’encart publicitaire. Dans le cas du Conseil régional PACA présidé par le député arlésien Michel Vauzeille et de la Villa Méditerranée à Marseille, deux structures sous pilotage du Conseil régional, nous avons été « sortis » systématiquement de tout budget de communication depuis octobre 2011. A peine sortis d’un RJ et inquiets de cette nouvelle situation, il nous a été enfin répondu dans un courrier daté du 26/03/2012 émanant du directeur de cabinet de Michel Vauzelle que : « le contexte de crise internationale a un impact non négligeable sur les collectivités territoriales françaises et nous avons du à plusieurs reprises revoir à la baisse notre budget communication… » ! Coût approximatif du dommage sur 3 ans : 200 000 euros. Mais, curieusement, nous avons été le seul titre à supporter cette disgrâce alors que d’autres journaux gratuits continuaient à bénéficier de la même manne publicitaire accompagnée, pour certains d’entre eux, de subventions versées aux associations éditrices de ces mêmes supports.

    Journal de Suds César culturel et citoyen
    reçu le 12 novembre 2014

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  • Le 11 décembre 2014 à 20:03, par

    et l’humanité

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