Une tribune pour les luttes

Lettre de la Coordination Antinucléaire du Sud-Est

Article mis en ligne le dimanche 15 février 2015

Fuite radioactive confirmée au Tricastin : EDF avoue avoir menti

EDF a menti. Le 31 décembre 2014, le réacteur délabré n° 4 de la centrale nucléaire EDF du Tricastin se mettait en arrêt d’urgence (scram) après une tentative de redémarrage. Un dégazage accompagné d’un immense panache de fumée suivait des bruits assourdissants de sifflements et de détonations. Les détonations de sur-pressions furent entendues jusqu’à 12 km au-delà du site nucléaire. Alors que l’organisation indépendante "Next-Up" révélait que ses mesures démontraient des rejets de radioactivités dans l’air, EDF affirmait la main sur le cœur qu’il n’en était rien. Aujourd’hui, EDF avoue publiquement qu’il a menti : oui il y a bien eu des rejets radioactifs. Du tritium ... et peut-être d’autres contaminants radioactifs.

Panique le soir du réveillon du jour de l’an au Tricastin. Ce 31 décembre 2014 vers 19h30 le réacteur n° 4 de la centrale nucléaire EDF du Tricastin se met en arrêt d’urgence (scram) alors qu’il est en cours de relancement au terme de 4 mois de réparation. Un important dégazage accompagné d’un immense panache de fumée suit un bruit assourdissant d’explosion. La détonation est entendue jusqu’à 12 km du site nucléaire. Non ce n’est pas un pétard de fête finissent par se dire les habitants. D’autant que ça siffle fort du côte des réacteurs.

L’organisation indépendante "Next-Up" qui se rend courageusement aussitôt sur place procède à des mesures de radioactivité. Pas de doute, en certains endroits, en fonction de l’orientation du vent, il y a des rejets de radioactivités dans l’air. EDF affirme la main sur le cœur qu’il n’en est rien. Et la Préfecture comme les médias relaient ce que dit le nucléariste. Il ne s’agirait que d’un simple problème de soupape sur le circuit secondaire du réacteur (celui qui alimente, par l’eau portée à ébullition par la réaction atomique et transformée en vapeur, la turbine à produire un peu d’électricité).

"C’est une zone non nucléaire" affirme la direction de la centrale et "une équipe est intervenue sur la soupape qui a été réparé en une heure" donc "la montée en puissance du réacteur se poursuit normalement". Cela ressemble tellement à un beau conte de Noël que les médias aux anges et aux ordres, et absolument pas curieux, livrent à leurs lecteurs ce bobard en n’hésitant pas à égratigner au passage l’organisation antinucléaire. Pourtant "Next-Up" qui, elle, poursuit ses investigations et ses mesures en lien constant avec le Collectif antinucléaire de Vaucluse (CAN84), constate et informe la presse que la radioactivité est encore persistante à 1h30 du matin et même toujours, ce 1er janvier 2015, à 20h.

Contrairement à ce que les "experts du nucléaire" tentent de faire croire, le circuit primaire et le circuit secondaire ne sont pas en réalité distincts et sans effet l’un sur l’autre. Ils sont même concrètement indissociablement liés. Non seulement une défaillance de l’un d’entre eux entraine immanquablement un arrêt du réacteur, mais en ce qui concerne la radioactivité, elle n’est pas contenue de manière absolue par le circuit primaire. Et on la retrouve couramment par migration du circuit primaire dans le circuit secondaire du fait de la détérioration des métaux et de perte d’étanchéité dus à l’usure et à la corrosion des tubes (échangeurs) des Générateurs de Vapeur.

Un dépôt radioactif, qui pourrait être du tritium ou/et de l’iode 131 (1) est détecté à 3km au sud de la centrale. Certainement lié aux arrêts et redémarrages à répétition du réacteur qui aurait à 4 reprises envoyé dans l’atmosphère ses dégazages. Mais pour les autorités et l’exploitant nucléaire c’est impensable et rien de tel n’existe, "ceux qui répandent ces fausses nouvelles sont des irresponsables". Et ce n’est que 5 jours plus tard qu’EDF indique dans un communiqué sibyllin que des techniciens sont intervenus sur une vanne, affirmant comme d’habitude que "cet événement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, ni sur l’environnement".

Le 5 janvier, à 8h49, l’exploitant de la centrale est obligé d’arrêter d’urgence encore une fois le réacteur n°4 (SCRAM), ce qui signifie que tout ne se passe pas au mieux. Treize jours après ces défaillances et rejets, l’ASN reprend et couvre la position de l’exploitant nucléaire tout en classant toutefois l’incident au niveau 1 de l’échelle INES des incidents nucléaires (voir la liste des incidents nucléaires sur les installations nucléaires en France ici )

La vieille centrale du Tricastin n’en est pas à ses premières atteintes à la sécurité et à la santé des habitants. Les années précédentes sont constituées d’incendies, d’explosions (2011 et 2013) de pompes hydrauliques et de transformateurs, de rejets radioactifs dans l’eau et dans l’air (en plus de ceux autorisés chaque jour par le gouvernement et la Préfecture), d’arrêts d’urgence de réacteur, d’inondation et perte de refroidissement, de fuite de tritium sous la centrale (2).

Ils mentent, jouent avec le feu, notre santé et notre vie

La barre des 1000 incidents est atteinte depuis la mise en service de la centrale nucléaire du Tricastin dont pas moins de 64 pour cette seule année 2014 (3) et au moins 15 avec des impacts radioactifs sur les salariés et 3 sur l’environnement et plus de 40 salariés victimes d’accidents du travail (brûlures, fuite d’étanchéité des tenues de protection contre la radioactivité, et autres mises en danger des travailleurs) au premier rang desquels les sous-traitants (4). Ajoutons qu’un nouveau projet de gazoduc passant à proximité du site nucléaire et sous le canal servant au refroidissement des réacteurs vient d’être validé par EDF et Areva. Au fil des années, dans la région, les pathologies thyroïdiennes et cancers (5) se multiplient tant pour les enfants que sur les adultes.

Aujourd’hui 8 février 2015, à l’occasion de la réunion officielle de la CLI (Commission Locale d’Information) du Tricastin, EDF avoue publiquement qu’il a menti et reconnaît qu’il y a eu des rejets radioactifs de tritium en 2014 et notamment par le réacteur n°4(*).

La suite sur : http://coordination-antinucleaire-s...

Don d’Areva à la ville d’Avignon : il y avait bien des contres-parties. Les pièces à conviction.

Il y avait donc des contre-parties au don de 46 000€ qu’Areva a fait à la municipalité d’Avignon et que les élus PS-UMP-FN-PCF ont approuvé d’une seule voix, en juillet dernier, alors que lors du vote ceux d’EELV se réfugiaient aux WC tandis que ceux du PG s’abstenaient. Le maître-mot de cet accord contre-nature : soumission aux intérêts privés et au lobby. Décryptage de la face cachée de la sainte alliance du lobby nucléaire avec beaucoup (trop) d’élu-es.

Pas facile d’obtenir d’une municipalité ou des élus, censés être les délégataires des citoyens, le texte d’accords passés avec des sociétés "sulfureuses". A Avignon, si les réunions du Conseil municipal sont publiques comme la loi l’y oblige, les accords et autres textes sur lesquels les élu-es se prononcent semblent relever d’un quasi "secret défense". A se demander si les élu-es qui votent ont bien eu en main et lu les projets.

Il aura donc fallu des semaines d’investigation et de contacts pour se procurer l’accord liant Areva et la ville d’Avignon et contre lequel les élus écologistes n’ont pas réagi, afin, d’après leur leader, de ne pas briser la majorité municipale PS-EELV.

Le 24 juillet 2014, la coordination antinucléaire du sud-est avait dénoncé, sur le principe, cet accord contre nature (voir notre article) et fustigé l’attitude des élu-es. Comment, une municipalité pouvait-elle accepter de recevoir de l’argent d’une entreprise de destruction atomique directement impliquée dans les rejets radioactifs mortels à deux pas de la ville ainsi que dans les atteintes à la santé et à la vie des enfants de Fukushima et sa région où la centrale nucléaire explosée et en perdition était alimentée en partie par le terrifiant "combustible" Mox produit par Areva (b) et dont le coeur du réacteur 3 est toujours en fusion.

Était dénoncé aussi l’attitude des élus EELV en charge de l’environnement et de la culture qui ne s’étaient pas opposés à ce don nucléariste alloué sous couvert d’une action en direction de la jeunesse initiée par le musée municipal.

Un accord et un don sur le dos des Avignonnais et au grand bénéfice du lobby nucléaire

En contre-partie de 46000 malheureux euros (0,02% du budget de la ville d’Avignon qui avoisine les 225 millions d’€) Areva s’offre une virginité et, grâce aux élus, se dédouane de ses agissements nocifs tout en redorant son sinistre blason, n’hésitant pas à préciser que ses " ... axes de mécénat sont (tenez-vous bien) l’éducation, la santé et la culture" et vise à favoriser " l’accès à la culture des publics défavorisés en France et dans les régions où le groupe est implanté". Qu’en pensent les enfants du Niger où l’atomiste exploite des mines d’uranium qui contaminent leur lieux de vie et leur santé et qu’en pensent les enfants de Fukushima qui pissent de la radioactivité dans leurs urines ?

Dans cet accord de près de 10 pages, signé par la mairesse socialiste avec la « Fondation Areva », on découvre que la Ville d’Avignon s’engage à faire la promo d’Areva, s’interdit d’agir contre les intérêts d’Areva, privatise des espaces publics au profit d’Areva, donne à Areva le droit mondial d’utiliser la Ville d’Avignon dans sa communication, met à disposition d’Areva du personnel communal . Tout en faisant bénéficier Areva d’une déduction fiscale et d’un non-assujettissement à la TVA.

On comprend donc mieux pourquoi Areva s’est jeté furieusement sur notre article dénonçant cet accord en portant plainte en diffamation contre nous.

Voici comment le lobby nucléaire pénètre les institutions et embobine les élu-es à son plus grand profit. La campagne de pub la plus rentable de l’Histoire (quoique talonnée par la promo gouvernementale effrénée des voitures nucléaires dites "électriques").

La suite sur : http://coordination-antinucleaire-s...

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