Une tribune pour les luttes

Nouvelles acquisitions

Le Bulletin de la Médiathèque de Mille Bâbords n°21

Novembre - Décembre 2015

contact-biblio chez millebabords.org

Permanences : le lundi de 14 à 17 h / le jeudi de 15 à 19 h

Abonnement 8 euros (ou plus par soutien). Gratuit pour les adhérents à Mille Bâbords.

I. Nous avons reçus

II. Les précédents bulletins

III. Principe de fonctionnement de la médiathèque

pour voir le catalogue en ligne

De grands remerciements aux éditions Le passager clandestin, Syllepse, iXe, Hero-limite, Galilée et aux revues Ni patrie Ni frontières et Réfractions.


Nous avons reçu...

ANARCHISME

  • Autonomie ou barbarie, La démocratie radicale de Cornelius Castoriadis et ses défis contemporains, M. CERVERA-MARZAL et É. FABRI, Éd. Le Passager Clandestin, 2015, 341p.

Apparu dans l’antiquité grecque et, particulièrement, dans la démocratie athénienne, reformulé et enrichi, après une longue éclipse, à partir de la Renaissance et dans le mouvement des Lumières, le projet d’autonomie, affirmait Cornelius Castoriadis il y a quarante ans, est « une plante historique à la fois vivace et fragile ». Ce constat est, aujourd’hui encore, d’une puissante actualité. Des « révolutions arabes » aux mobilisations turques, grecques, espagnoles ou même états-uniennes, du « réveil indigène » en Amérique latine aux expérimentations sociales menées dans les ZAD, on observe un renouveau des résistances démocratiques au désordre établi du capitalisme mondialisé. Face à cette vivacité renaissante, la fragilité du projet démocratique effraie : l’emprise démultipliée de l’imaginaire néolibéral, le fantasme de maîtrise illimitée porté par la technoscience, mais aussi la montée des droites extrêmes et l’essor des intégrismes religieux en témoignent sinistrement.

Au vu des risques contemporains qui planent sur le projet d’autonomie, il importe plus que jamais de prêter attention aux processus qui conduisent les sociétés à se dessaisir de leur capacité à se donner leurs propres lois. Ce livre, qui prend le temps d’éclairer les principaux concepts de la pensée de Castoriadis, s’appuie sur la grande fécondité de ses travaux pour interroger les logiques multiples de domination et d’aliénation qui travaillent nos sociétés. Il montre que celles-ci ne pourront maintenir leur autonomie qu’a condition de désirer faire de son exercice collectif le fondement permanent de leur ordre politique.

Manuel Cervera-Marzal et Éric Fabri ont dirigé cet ouvrage. Outre les leurs, il réunit les contributions de Philippe Caumières, Antoine Chollet, Yohan Dubigeon, Olivier Fressard, Romain Karsenty, Nicolas Poirier, Arnaud Tomès, Stéphane Vibert, Audric Vitiello, Jean Vogel et Sophie Wustefeld.

FEMINISME

  • Women’s Land, construction d’une utopie, Oregon, USA 1970-2010, F. FLAMANT, Editions iXe, 2015

Pour s’affranchir de la domination masculine, les femmes dont la geste est ici retracée ont franchi le pas, pris la tangente et construit ensemble autre chose : tout un monde, toute une vie à elles. Elles ont tenté l’aventure dans l’Ouest des États-Unis, sur des terres reculées où une poignée d’entre elles résident toujours. Elles ont défriché, semé et planté, bâti leurs maisons et leurs abris avec la volonté d’inventer un nouvel art de vivre entre femmes. En quelques années, une vingtaine de terres séparatistes ont ainsi été créées dans la région. Leur multiplication alimentait une vie sociale intense fondée sur la solidarité entre résidentes et visiteuses de passage, sur le respect de la nature, le partage des savoirs, la recherche d’une spiritualité ancrée dans l’immanence, la Terre et le Cosmos. Que reste-t-il aujourd’hui de ces espaces uniques et de l’utopie qui les a longtemps maintenus vivants ? Françoise Flamant s’est plongée dans les archives des Women’s Lands, elle s’est entretenue avec plusieurs des protagonistes de cette histoire à bien des égards fabuleuse. Soutenu par le respect et la sympathie pour le sujet traité, son récit qui mêle descriptions, analyses, témoignages et documents graphiques donne la mesure de l’ambition du projet et de la force des engagements de celles qui y ont participé.

C’est une contribution essentielle à l’histoire du féminisme et à celle, par trop occultée, des lesbiennes féministes.

HISTOIRE

  • La bataille d’Einaudi, Comment la mémoire du 17 octobre 1961 revint à la République, F.RICEPUTI, Éd. Le Passager Clandestin, 2015, 225 p.

Avant d’être un événement bien connu des historiens, le 17 octobre 1961 a fait l’objet d’une amnésie complète ; c’est elle qu’Einaudi a dû vaincre dans un long combat.
Au fil d’un récit documenté et passionnant, Fabrice Riceputi retrace les trois décennies du combat mené par Einaudi pour la reconnaissance politique d’un crime colonial d’État. Son travail d’enquête solitaire l’amène à écrire La bataille de Paris. 17 octobre 1961, publié en 1991. Six ans plus tard, c’est à ce titre qu’il vient à la barre, pour témoigner de la responsabilité de Papon ; un double procès (car Papon attaque ensuite Einaudi pour diffamation !) retentissant qui aboutit à l’éclatement de la vérité historique.

Le livre de Riceputi nous conte également la résistance acharnée de l’appareil d’État lui-même à livrer ses secrets contenus dans les Archives, et la lente et difficile apparition du 17 octobre 1961 dans les manuels scolaires…

Il nous convie à une réflexion profonde sur l’incapacité de notre société à regarder en face son histoire coloniale, et constitue un vigoureux plaidoyer pour l’acceptation pleine et entière de notre héritage, car « de la longue domination coloniale la France a en particulier hérité une représentation foncièrement raciste de son immigration maghrébine et africaine qui empoisonne toujours gravement sa vie sociale et politique plus d’un demi-siècle après la fin de l’empire. Et bien des révoltes d’aujourd’hui s’enracinent elles aussi dans le traumatisme colonial » (Fabrice Riceputi)

  • Thomas Munzer ou la guerre des paysans, M. PIANZOLA, Ed Héros Limite, 2015.

Mars 1525 : 40’000 paysans fomentent une insurrection, ils démolissent des centaines de châteaux forts et confisquent leurs richesses. A leur tête, un jeune prédicateur exceptionnel, Thomas Munzer dont les discours radicaux inquiètent depuis longtemps Luther et les princes de l’Empire germanique.

En quatorze chapitres serrés, Maurice Pianzola retrace le destin de ce personnage marquant de l’histoire allemande qui se dresse contre les puissants de son temps en remettant au centre le premier message évangélique : la simplicité.

Omnia sunt communia – Toutes choses sont communes et chacun devrait recevoir selon ses besoins. Autant de devises répétées par Munzer durant l’ultime interrogatoire mené sous la torture avant sa décapitation.

Avec ce récit, Maurice Pianzola démontre l’existence d’une histoire souterraine de l’utopie révolutionnaire, dont l’expérience historique de Thomas Munzer et de « la guerre des paysans » constitue une des manifestations les plus remarquables.

PHILOSOPHIE

  • Fatras du soi, fracas de l’Autre, S. SANGRAL, Ed. Galilée, 2015.

Comment articuler le Soi avec l’Autre ?

À travers les jungles fascinantes de l’éthique, de la justice, de la politique ou de la mondialisation, taillant dans les branchages denses de la discrimination identitaire, du nationalisme, du militarisme, de la judéité, de la religion ou de l’idée de Dieu, se faufilant entre les buissons épais de l’argent ou du sexe, pénétrant dans les clairières troubles de l’amour, Stéphane Sangral nous entraîne dans un parcours philosophique – ou plutôt dans un double parcours philosophique, d’une part conscient, d’autre part conscient d’être conscient et de ne l’être pas assez – où chaque pas tente de désacraliser tout groupe et où chaque regard tente de sacraliser tout individu, nous entraîne dans un parcours au bord du poétique – ou plutôt dans de multiples parcours au bord du bord – où, dans un fatras de boucles, tout mène à Soi et où, dans un fracas de labyrinthes, tout mène à l’Autre…

Comment soigner les douleurs articulaires entre le Soi et l’Autre ?

REVUES

  • Ni patrie Ni frontières, Premiers questionnements sur les causes immédiates et lointaines des massacres du 13 novembre 2015, Décembre 2015 – N°52-53.

Toutes nos pensées, toute notre solidarité, vont d’abord et avant tout aux victimes des massacres de Paris. A leurs familles et à leurs proches. A celles et ceux qui sont morts, comme à celles et ceux qui resteront traumatisés durablement par ces massacres pour les avoir vécus de près.

Ce numéro de Ni patrie ni frontières rassemble des textes de divers groupes et individus, écrits entre 2000 et 2015 ; et les autres dans les semaines suivant le 13 novembre 2015. Ce sont des contributions rédigées par des militants, pas par des spécialistes chevronnés du Proche et du Moyen-Orient. Ils contiennent donc sans aucun doute des erreurs factuelles, des jugements peu fondés ou des analyses qui sembleront contestables, voire parfois absurdes. Malgré leurs faiblesses, il nous semble que, face à des questions aussi difficiles à appréhender, face aussi à notre colère, à nos peurs, à nos angoisses et à notre révolte contre ces massacres, leurs auteurs et l’idéologie politico-religieuse-totalitaire qui les sous-tend, il nous incombe aussi de stimuler la réflexion collective, quitte à tâtonner, quitte à se tromper. Tout vaut mieux que le repli sur soi, l’embrigadement nationaliste, raciste antimusulmans et/ou xénophobe, ou la répétition perpétuelle de vieux mantras gauchistes ineptes –et inaptes à nous faire comprendre la réalité actuelle.

L’idéal serait que nous arrivions un jour, à sortir des discours automatiques de l’extrême gauche, de l’ultragauche ou du mouvement libertaire (discours automatiques dont nous présentons aussi quelques échantillons dans ce numéro), à pouvoir parler enfin un langage compréhensible par toutes et tous et à fixer des perspectives concrètes pour tous les exploités. Pas simplement des discours ronflants ou des appels abstraits à la « guerre de classe ».

Pour cela un débat long et approfondi s’impose... du moins pour celles et ceux qui ne se sont pas délibérément emmurés dans leurs certitudes marxistes, anarchistes, « ultragauches », etc., et préfèrent les dialogues, fussent-ils vifs entre camarades, aux monologues empreints de suffisance et d’autosatisfaction. Chiche ?

  • Réfractions, Recherches et expressions anarchistes, A l’école des anarchistes, Automne 2015.

Difficile, semble-t-il, d’associer les anarchistes au mot « école ». D’abord parce que les anarchistes ne sont pas une école, si l’on entend par là un ensemble de disciples que réunit l’enseignement d’un maître, à la doctrine duquel ils vouent à leur tour leur vie. Ensuite parce les anarchistes n’aiment pas l’institution scolaire, son organisation hiérarchique, ses maîtres, sa bureaucratie, l’ennui mortel auquel on y confronte nombre d’élèves, sa reproduction des inégalités sociales, son apprentissage de la soumission, son inculcation des valeurs républicaines et citoyennes, sa spécialisation contrainte, sa visée utilitaire et son absence plus générale d’intérêt pour toute éducation à la liberté.

Et pourtant, l’histoire et l’actualité du mouvement anarchiste démontrent que celui-ci entretient des rapports multiples et foisonnants avec toute une série de savoirs et de savoir-faire. C’est d’ailleurs précisément parce qu’ils ont très vite aperçu les nuisances de l’institution scolaire que les anarchistes se sont lancés dans des projets d’éducation libertaire, fondant des établissements alternatifs, voire tentant de subvertir de l’intérieur l’institution scolaire en y promouvant d’autres rapports entre prétendus maîtres et supposés élèves.

Dans ce nouveau numéro de Réfractions, nous n’avons toutefois pas souhaité répéter ce qui est fort bien documenté par ailleurs, à savoir les nombreuses tentatives, plus ou moins réussies, qui ont jalonné l’histoire du mouvement libertaire lorsqu’il s’est attaché à réaliser en acte quelque chose comme une éducation libertaire.

Ni non plus à reprendre par le menu la liste des griefs que les anarchistes ont eu à adresser à l’institution scolaire. Mais, bien que des institutions comme l’Université se présentent aujourd’hui comme détentrices d’un monopole en matière de savoir, il est bien d’autres manières d’entendre le mot « école », et surtout le fait « d’être à l’école ». Aussi ce numéro n’évoque-t-il que très partiellement l’institution scolaire et s’intéresse-t-il plus fondamentalement à la manière dont s’élaborent et se transmettent les savoirs parmi les anarchistes. C’est qu’en effet, la construction et la transmission des savoirs ne sauraient non plus se réduire à ce qui s’opère dans des établissements scolaires, ni même d’ailleurs dans la sphère familiale. Elles constituent une dimension essentielle de l’existence humaine, avec tout le plaisir (et malheureusement aussi la peine)que l’on peut y associer.

L’histoire de l’anarchisme ouvrier nous montre déjà que, dès ses premières années, il vit naître en son sein nombre de pratiques autodidactes collectives, dans lesquelles il était impossible de distinguer des maîtres et des élèves. Nombre d’anarchistes de la Belle Époque furent également les acteurs d’une diffusion de savoirs habituellement réservés à une élite d’experts, par exemple en matière de contraception. Et l’actualité nous enseigne également que ces pratiques de transmission des savoirs, fondées sur laco-élaboration, la coopération et l’horizontalité, perdurent et fleurissent, d’ailleurs bien au-delà des frontières d’un mouvement libertaire clairement identifié, qu’il s’agisse d’apprendre (verbe dont on sait qu’en français il fonctionne dans les deux sens) à construire sa maison, à se défendre contre des agressions sexistes, à changer un robinet, à écrire, fabriquer et diffuser un tract ou une brochure, etc. On remarquera d’ailleurs que certaines de ces pratiques sont aujourd’hui récupérées par les institutions, qui de ce point de vue représentent un espace de captation des savoirs et de leurs modalités de transmission.

Mais si l’anarchisme n’a cessé de s’intéresser, pour employer un mot large et non dénué d’ambiguïtés, aux pratiques éducatives, c’est aussi qu’il existe en lui une tendance, qu’il est impossible d’identifier à telle ou telle de ses composantes, qui prétend réaliser quelque chose de l’idéal libertaire ici et maintenant – qu’on appelle cela propagande par le fait, action exemplaire, ou pour faire riche, comme certains universitaires anglo-saxons, prefigurative politics.

Non pas que ces anarchistes croiraient en la vertu de l’exemple, si l’on entend par là une réalisation exemplaire destinée à être servilement imitée. Prenant acte de ce qu’il n’y a pas d’éducation exemplaire, ces anarchistes qui cherchent à « faire école » font bien plutôt voir leurs tâtonnements, leurs espoirs, leurs échecs, leurs réalisations parfois dérisoires, non pour qu’on les reproduise, mais pour que des tentatives similaires se mettent à proliférer en tous sens, retirant ainsi le savoir des mains des spécialistes et sa transmission de toute structure hiérarchique.

La commission

TRAVAIL

  • Le code du travail en sursis ?, Ouvrage collectif, Editions Syllepse, Octobre 2015.

Le Medef rêve d’un salarié totalement flexible, soumis, sans protection. Ce rêve avance sous le masque souriant du « consensus » et du « dialogue social » entre « partenaires sociaux ». Il convient de dévoiler ce subterfuge. La négociation collective est et demeure une source indispensable, essentielle au droit du travail. Mais lorsqu’on prétend la substituer à la loi et aux grandes protections du droit du travail, ce n’est plus de dialogue mais de destruction qu’il s’agit. Cette tendance à la vampirisation de la loi par la négociation collective a déjà permis que de nombreux salariés ne sachent même plus, d’une semaine sur l’autre, à quels horaires ils vont travailler. Aujourd’hui, il est question de poursuivre, voire de parachever, ce mouvement et d’autoriser la destruction non plus seulement des rythmes de travail et de vie, mais la destruction par accord collectif de la représentation du personnel, du droit du licenciement, et finalement de l’ensemble du droit du travail. Cette « Note de la Fondation Copernic » a pour objectif d’ébaucher les voies d’une contre-offensive et de redonner toute sa place au débat démocratique sur les droits des salariés.

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