Une tribune pour les luttes

Communiqué de Mille Bâbords suite à l’attaque de la réunion du 28 octobre dans son local

Article mis en ligne le lundi 31 octobre 2016

Vendredi 28 octobre 2016 avait lieu à Mille Bâbords un débat à partir du texte « Jusqu'ici tout va bien » dans le cadre d’une soirée intitulée « S'opposer au racialisme : discussion ». Dès le départ de la soirée, un groupe de personnes a fait violemment irruption dans le local dans le but d’empêcher le débat, en hurlant notamment « La discussion n’aura pas lieu ». Voir le tract laissé sur place.
Résultats : livres et revues piétinés, affiches arrachées, tables renversées, coups et menaces, utilisation de gazeuse, vitrine brisée volontairement...

Depuis 16 ans que Mille Bâbords existe et que des débats (très) contradictoires s’y déroulent, c’est la première fois qu’une attaque physique se substitue à l’échange d’arguments même vifs. Indépendamment de la question de fond, les méthodes mises en œuvre sont inacceptables.

Quelle que soit la discussion, la porte reste ouverte dans le respect des personnes et des objectifs mentionnés dans la charte : « Le champ que Mille Bâbords se propose de couvrir est celui de toutes les pensées et mouvements engagés dans une critique et une lutte contre les différentes formes d’exploitation, d’oppression, d’injustice, d’aliénation physique et morale. »

Dans ce cadre, et en accord avec la multiplicité des positionnements politiques des membres de l’équipe de Mille Bâbords, l’association se refuse à s’inscrire dans un courant politique particulier. Elle continuera à accueillir des débats et événements en adéquation avec sa charte.

Les personnes qui se reconnaissent dans le projet de Mille Bâbords peuvent manifester leur solidarité morale et/ou financière. Nous ne solliciterons pas notre assurance – les dégâts s’élevant à plusieurs centaines d’euros – qui exigerait un dépôt de plainte auquel nous nous refusons évidemment.

L’équipe de Mille Bâbords, Marseille le 30 octobre 2016

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24 Messages

  • Le 1er novembre 2016 à 01:00, par JOk

    Bonsoir,

    Je suis tout à fait atterré par le comportement - le choix politique - qui a été celui des tenant-e-s des théories racialistes au moment de ce débat organisé le 28-10 aux Mille Babords ... Il est incroyable que ces personnes s’attaquent à un lieu comme Mille Bâbords, qui plus est de cette manière. Je ne comprends pas du reste leur refus de la discussion. Si leurs arguments sont si implacables, pourquoi n’essaient-il-les pas, au moins, de les dire, de soutenir la contradiction..? Cela n’a aucun sens... Cette attaque, qui est inédite par son ampleur, fait suite à celle qu’a subi la Discordia dans un contexte similaire, à Paris, il y a quelques mois. Je ne peux dire s’il s’agissait à l’époque d’individu-e-s du même acabit que cette fois-ci, mais dans les deux cas, les auteur-e-s des dégradations se mettent à la hauteur exacte des nervis fascistes qu’ils invoquent à tord et à travers...

    Je peux entendre que certain-e-s s’en tiennent à des raisonnements anti-impérialistes, revendiquent un militantisme émancipateur "indigène" etc... même si je trouve les arguments développés généralement spécieux. Mais attaquer ce-lle-ux qui, dans le camp révolutionnaire, sont en désaccord avec ell-eux, est profondément idiot et absolument scandaleux. Les auteur-e-s des violences à Mille Bâbords assimilent à des racistes et des colons les organisatr-ices du débat. Quelques minutes de bonne foi leur suffirait pour s’apercevoir que cette assimilation est intenable.

    En attaquant ce débat, il-le-s ont attaqué la rigueur intellectuelle de militant-e-s politiques, anti autoritaires, anarchistes (peu importe leur dénomination) qui refusent les assignations identitaires. En attaquant ce débat, il-le-s ont tenté de réduire au silence les voix qui refusent de voir subsister des aspirations hiérarchisantes. Il-les ont voulu terrasser l’idée d’une société sans différenciation ethnique, alors que cette différenciation comme toutes les autres différenciations clivant les dominé-e-s, sont d’abord et avant tout des armes de la domination. La discussion contre le racialisme était un débat visant à faire apparaitre et fructifier un doute : le doute salvateur qu’une quelconque assignation identitaire ne soit bonne. Ce-lle-ux qui l’ont attaqué ont exercé leur violence contre ce doute qui voulait s’affirmer. Et je crois en cela que la violence qui a été exercée n’est en rien une violence émancipatrice ou libératrice, mais une violence de dominant-e-s (fussent i-lle-s des dominé-e-s) voulant se maintenir à leur place (fut-elle dérisoire). Faut-il rappeler que la violence révolutionnaire, est une violence qui questionne ? Ce n’est pas une violence qui affirme sans débat un point de vue, mais au contraire, le commencement d’un débat. Et visiblement ici, ce-lle-ux qui ont porté des coups aux personnes venues participer au débat, n’avaient aucune volonté de se questionner ou de débattre puisqu’ils venaient justement interdire le débat. Il-le-s étaient là pour affirmer l’infaillibilité de leurs thèses et pour les imposer, comme un-e bigot-e impose les "enseignements" de son dogme.

    De surcroit, la violence ne s’est pas seulement abattue sur des livres et du mobilier mais a aussi attaqué les personnes, ce qui, d’un point de vue révolutionnaire est inacceptable. Depuis quand un révolutionnaire s’attaque à une personne venue discuter de quelque chose quelque part dans un lieu connu pour être un espace dévolu au mouvement social ? Cela n’a, du point de vue révolutionnaire, aucun sens...

    J’apporte évidemment mon soutien moral aux personnes qui ont été touchées physiquement et psychologiquement par les violences. Du reste, y a-t-il encore besoin de sous ? Si oui, où peut-on envoyer de l’argent et sous quelle forme (liquide, chèque ?...)

    Contre toutes les assignations, pour le communisme et l’anarchie...!

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    • Le 1er novembre 2016 à 15:39, par Annick Stevens

      Pour les soutiens financiers, vous pouvez envoyer un chèque ou déposer chèque ou liquide lors des permanences ou de la réunion du jeudi soir. Mille mercis !

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  • Le 1er novembre 2016 à 08:33, par Mornet Daniel

    Ces ignobles agissements ne doivent pas vous dissuader de maintenir le cap de l’humanisme. En surveillant attentivement ceux qui revendiquent la priorité absolue du "tribord" quitte à provoquer une violente collision au mépris des règles internationales du droit maritime. S’agissant de droit, c’est votre honneur de ne pas porter plainte mais aussi le devoir de la justice, via le parquet, de s’"auto saisir" de faits d’une telle gravité.
    Avec tout mon soutien.
    Daniel Mornet (reporter en retraite, mais toujours en éveil...).

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  • Le 1er novembre 2016 à 09:13, par Gédécé

    Par ce communiqué chez moi, toute ma solidarité. https://gauchedecombat.net/2016/11/01/solidarite-avec-mille-babords-face-au-pir/ Votre décision de ne pas porter plainte vous honore certes et correspond probablement à vos convictions libertaires, qui vous interdisent de collaborer avec la police, mais personnellement, je n’hésiterais pas une seule seconde face à de telles méthodes qui relèvent davantage du banditisme que de la confrontation d’idées. Une telle violence est inacceptable et je suppose que je ne suis pas le seul à m’en émouvoir... Et dire que ces gens se prétendent anti-racistes... En développant tant de violence, et un autre racisme ? Leur intellectualisme desséché aux concepts mal dégrossis qu’anonent sans les comprendre des jeunes sans sens critique qui parlent comme des livres, complètement lobotomisés par la prose imbitable du PIR me préoccupe vraiment. Car cela en fait des terroristes, en ce qu’ils ne basent pas leur combat d’idées sur l’échange et la confrontation, normale, mais sur la peur qu’ils inspirent. Cela est néfaste à notre société.

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  • Le 1er novembre 2016 à 10:46, par

    Le projet de Mille bâbords est louable : permettre le débat non dogmatique dans le respect des forces militantes en présence. Un lieu de rencontre et de convergence possible.

    Il s’avère que le groupe organisateur avait lui au contraire un objectif clair : celui de créer des lignes de démarcation entre courants politiques luttant pour plus de justice sociale depuis des stratégies différentes… et volonté de compter Mille bâbords dans son camp sur le terrain d’affrontement qu’il entend créer (lire Révolutionnaires contre le racialisme et son immonde).

    Mille bâbords a hébergé cette discussion (et aurait pu y réfléchir à deux fois), Mille bâbords n’a pas organisé ce débat (l’anonymat des organisateurs du débat entretien la confusion). L’appel à soutien ne doit pas être un appel à soutenir les visées stratégiques du groupe organisateur de la soirée. À Mille bâbords de démontrer dans les faits qu’il ne se laissera pas manipuler, et de renforcer sa vigilance sur les cadres de discussion qu’il entend permettre.

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    • Le 1er novembre 2016 à 14:23, par Harpo

      Dans "le tumulte de l’émotion" devant "le fait accompli" (cela fonctionne comme une abolition de la mémoire), il y a...
      ..un "cadavre encerclé" qu’on n’entend plus...

      https://youtu.be/a0WJajggv-I

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  • Le 1er novembre 2016 à 11:35, par

    Je pense que mille bâbord ne prend pas la mesure de sa responsabilité et encore moins de son irresponsabilité dans ces événements.
    Mille Bâbords a pris clairement position dans le texte qui présentait "la discussion", les auteurs de Jusqu’ici tout va bien ont considéré que la position antiracialisatrice etait la base minimal de réflexion et qu’il fallait choisir son camp.
    La violence de ces mots et de ces prises de position dans un déni scandaleux des réalités subies par d’autres ne pouvaient décemment qu’aboutir à cette confrontation.
    Je suis ravie que Marseille résiste. Je suis ravie que mille bâbords soit démasqué. Je suis ravie de constater que cet événement ait convoqué un groupe de personne concernée à venir dire non à ces allant de soi... Non à cet entre soi...
    L’opposition et la non discussion était une base minimal à la hauteur de ce qui était avancé, asséné. En écrivant ce texte, les auteurs ont bien positionné les frontières en allant jusqu’à finir par" il va falloir choisir son camp". Mille bâbord a choisi le sien. Il devra l’assumer dorénavant sur la place marseillaise. Je suis juste atterrée par la position victimaire présentant mille bâbord comme un lieu de rencontre est de discussion tout gentil et ouvert.
    A nouveau lisez les textes.

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    • Le 1er novembre 2016 à 14:04, par Harpo


      Vous vous dites "ravie" ? Mais "ravie" par quelle grâce, Madame ? Celle de la "préméditation", des invectives, du gazage puis des coups ?
      Jusqu’à présent, si "1000 Bâbords" a opté pour le texte de "Jusqu’ici Tout Va Bien", peut-être y a-t-il aussi une raison qui regarde "la possibilité d’une discussion" et des précédents, des obstructions (vous savez ce qu’est "une claque", je pense ? Ces abruti-e-s et bénis-oui-oui convoqués pour applaudir... sans parler des sbires qu’on séduit par "de petits avantages" ou "services...)ou même un terrain épidermique et émotionnel dont vous confirmez qu’il vous monte à la tête au point de VOUS Y SOUMETTRE. Vous ne ferez RiEN entendre par la force de votre prétendue "cause divine" mâtinée de victimisme anti-impérialiste opprimé. Par votre soutien à un acte aussi "bon marché" et ignoble, vous vous abaisserez à toujours plus de compromissions avec des individu-e-s qui n’en n’auront "jamais assez", et se déclarent déjà en tant que "clique" par la rage de leur impuissance... Si vous êtes "Marseillaise", vous savez que nombre de milieux et de quartiers ne tiennent que par "la loi du silence", la démerde et la hôgra, au point qu’aucune discussion ne peut avoir lieu sans "chouf", et qu’ils s’en décomposent...
      Vous appelez "résistance" ce qui n’est qu’une génuflexion devant l’arrogance de toujours du populisme qui a cours : prétendre "ne parler que d’une seule voix" au prix que tous et toutes se mettent en rang à coups de claques et de triques, et ne pas supporter d’entendre d’autres énoncés.
      Votre plaidoyer ne vaut pas tripette, et j’apporte, en contrepoint, TOUT MON SOUTiEN à 1000 Bâbords pour continuer ce qu’ils ont si bien commencé !
      Il n’y a pas de "loi du silence" qui tienne, et on finira bien par délier vos "langues-de-bois" !

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  • Le 1er novembre 2016 à 11:53, par gekiere

    Bonjour
    Ma question est peut-être naïve, mais porquoi ne portez vous
    pas plainte ?Il y a qd même eu violence et dégradations...Ça ne me semble pas évident.
    Merci d’avance de votre réponse.

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  • Le 1er novembre 2016 à 18:50, par Vincent Présumey

    Chers camarades,
    d’abord, solidarité.
    Ensuite, vous êtes trop gentils. Peut-on considérer qu’une agression physique avec des slogans racistes relève du mouvement ouvrier ? Cette affaire est tout à fait grave. La question de l’autodéfense est posée contre des gens qu’il importe de cesser de prendre pour des camarades abusés, mais de traiter comme des ennemis - ce qui en fera peut-être réfléchir quelques uns, on verra. Avec cette peste brune là, cela doit être comme avec la peste brune "classique". Ils veulent interdire par la force des réunions du mouvement ouvrier ? Le mouvement ouvrier doit, par la force, leur interdire de lui interdire quoi que ce soit.

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    • Le 8 novembre 2016 à 10:32, par nico

      Oui il est plus que temps camarade !
      Faute de quoi va (finir de) disparaitre le camp de l’émancipation et les idiots utiles auront terminé le travail d’anéantissement de celui-ci.
      Ils sont symptôme de l’écroulement( sociétal) de la pensée critique et leur violence symbolique et physique n’est que le corollaire d’un affaissement de toutes exigences intellectuelle, honnêteté, l’abandon d’une visée de vérité qui seule nous met à l’abri du dogme, perpétuel retour à l’aliénation d’une pensée morte, morbide et mortifère.
      Le tout au services des petites pulsions personnels, postures et arrangements narcissiques de mauvais aloi.
      Il n’y a qu’a voir fonctionner ces groupes, nous en avons tous fait l’expérience, ils arrivent sans peine à être pire en (in)humanité que le système et les individus "normaux", à les voir on comprend soudainement la possibilité d’un Polpot et toutes les dérives et monstruosités qu’à pu connaitre le mouvement ouvrier
      Ne nous y trompons pas ils sont notre premier ennemi, dans le sens du plus immédiat et direct, celui qui empêche toute constitution et émergence qui pourrait faire face.

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  • Le 2 novembre 2016 à 05:21, par Spangle

    Bonjour tout le monde !

    Quel choc, d’apprendre ça... et quel autre choc, d’apprendre pourquoi... Bon, j’ai écrit un billet de blog, alors voilà : si vous le prenez bien, c’est "en soutien", si vous le prenez mal c’est "par honnêteté", mais dans tous les cas je trouve normal de vous en faire part. https://losquimord.wordpress.com/2016/11/02/les-bonnes-intentions-ne-suffisent-pas-mon-point-de-vue-sur-ce-qui-sest-passe-a-mille-babords/

    Je pense fort à vous et je vous embrasse.

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  • Le 2 novembre 2016 à 10:55, par

    A propos de la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords

    https://mars-infos.org/a-propos-de-la-soiree-du-28-1792

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  • Le 7 novembre 2016 à 12:48, par dux

    La fragilité blanche : pourquoi est-ce si dur de parler aux Blancs de racisme ?
    Robin DiAngelo18 juin 2015Opinion et analyses32629 vues

    Je suis blanche. J’ai passé des années à étudier ce que cela signifie d’être Blanc dans une société qui proclame l’insignifiance de la race, alors que celle-ci structure profondément la société. Voilà ce que j’ai appris : toute personne blanche vivant aux Etats-Unis va développer des opinions sur la race simplement en baignant dans notre culture. Mais les sources traditionnelles – écoles, manuels scolaires, médias – ne nous fournissent pas les multiples points de vue dont nous avons besoin. Oui, nous allons développer des opinions chargées d’émotions fortes, mais ce ne seront pas des opinions bien informées. Notre socialisation nous rend racialement analphabètes. Lorsque vous y ajoutez un manque d’humilité vis-à-vis de cet analphabétisme (parce que nous ne savons pas ce que nous ne savons pas), vous obtenez la fuite que nous voyons si souvent lorsqu’on essaie d’engager les Blanc-he-s dans des conversations significatives sur la race.

    Les définitions courantes du dictionnaire réduisent le racisme à des préjugés raciaux individuels et aux actions intentionnelles qui en résultent. Les personnes qui commettent ces actes intentionnels sont réputées mauvaises, et celles qui ne les commettent pas sont bonnes. Si nous sommes contre le racisme tout en ignorant commettre des actes racistes, nous ne pouvons pas être racistes ; le racisme et le fait d’être une bonne personne, s’excluent mutuellement. Mais cette définition contribue peu à expliquer comment les hiérarchies raciales sont systématiquement reproduites.

    Les sciences sociales comprennent le racisme comme un système multidimensionnel et hautement adaptatif – un système qui assure une répartition inégale des ressources entre les groupes raciaux. Parce que les Blanc-he-s ont bâti et dominent toutes les institutions importantes (souvent au détriment et grâce au travail non rémunéré des autres groupes), leurs intérêts sont intégrés dans la fondation de la société états-unienne. Que des personnes blanches puissent être contre le racisme, elles n’en bénéficient pas moins de la répartition des ressources contrôlées par leur groupe.

    Oui, une personne racisée [person of color ] peut s’asseoir à la table du pouvoir, mais l’écrasante majorité des décideurs seront blanc-he-s. Oui, les personnes blanches peuvent rencontrer des problèmes et faire face à des obstacles, mais le racisme systématique ne sera pas l’un d’eux. Cette distinction – entre les préjugés individuels et un système de pouvoir institutionnalisé racialement inégal – est fondamentale. On ne peut comprendre comment fonctionne le racisme aux États-Unis aujourd’hui si l’on ignore les relations de pouvoir entre groupes.

    Ce contrôle systémique et institutionnel permet à celles et ceux d’entre nous qui sont blanc-he-s en Amérique du Nord de vivre dans un environnement social qui nous protège et nous isole du stress causé par la race. Nous avons organisé la société afin de reproduire et de renforcer nos intérêts et perspectives raciaux. De plus, nous sommes le centre de toutes les questions considérées comme normales, universelles, bénignes, neutres et bonnes. Ainsi, nous nous déplaçons dans un monde entièrement racialisé avec une identité déracialisée (par exemple, les Blanc-he-s peuvent représenter l’ensemble de l’humanité, les personnes racisées seulement leurs semblables). Les défis à cette identité deviennent très stressants et même intolérables. Voici des exemples du genre de défis qui déclenchent du stress racial aux Blanc-he-s :

    Suggérer que le point de vue d’une personne blanche provient d’un cadre de référence racialisé (défi à l’objectivité) ;
    Personnes racisées qui parlent ouvertement de leurs propres perspectives raciales (défi aux tabous blancs à parler ouvertement de race) ;
    Personnes racisées qui choisissent de ne pas ménager les sentiments raciaux de personnes blanches à propos de la race (défi aux attentes raciales des Blanc-he-s et au besoin/droit au confort racial) ;
    Personnes racisées pas prêtes à raconter leurs histoires ou à répondre aux questions sur leurs expériences raciales (défi à la perspective selon laquelle les personnes racisées nous serviront) ;
    Un-e Blanc-he ne consentant pas aux perspectives raciales d’un-e autre Blanc-he (défi à la solidarité blanche) ;
    Être confronté-e à une réaction sur l’impact raciste de son propre comportement (défi à l’innocence raciale blanche) ;
    Suggérer que l’appartenance au groupe est significative (défi à l’individualisme) ;
    Recevoir une information sur le fait que l’accès est inégal entre les groupes raciaux (défi à la méritocratie) ;
    Être confronté-e à une personne racisée qui est dans une position de leadership (défi à l’autorité blanche) ;
    Être confronté-e à des informations sur d’autres groupes raciaux, par exemple à travers des films dans lesquels les personnes racisées mènent l’action mais ne sont pas dans des rôles stéréotypés ou dans l’éducation à la diversité (défi à la centralité blanche).

    Dans les rares cas où nos sommes confronté-e-s à ces défis, nous nous retirons, nous nous défendons, pleurons, argumentons, minimisons, ignorons, et par tous les moyens repoussons ces défis pour regagner notre position raciale et l’équilibre. J’appelle cette action précise consistant à tout repousser, la fragilité blanche.

    Ce concept est issu de mon expérience en cours menée à travers des discussions sur la race, le racisme, le privilège blanc et la suprématie blanche avec des auditoires principalement blancs. Il est devenu clair au fil du temps que les personnes blanches ont des seuils de tolérance extrêmement faibles pour endurer tout inconfort vis-à-vis de ce qui défie nos visions du monde raciales. Nous pouvons gérer le premier round de défi en mettant fin à la discussion grâce à des platitudes – généralement quelque chose qui commence par « les gens ont juste besoin de », ou « la race n’a pas vraiment d’importance pour moi », ou « tout le monde est raciste ». Grattez plus loin que ce vernis, cependant, et nous nous écroulons littéralement.

    Socialisé-e-s à travers un sens profondément intériorisé de supériorité et de droit, dont nous ne sommes pas conscient-e-s et que nous ne pouvons pas admettre, nous devenons très fragiles dans les conversations sur la race. Nous éprouvons tout défi à notre vision du monde raciale comme un défi à nos propres identités conçues comme bonnes et morales. Cela conteste aussi notre sens de la place qui nous revient dans la hiérarchie. Ainsi, nous percevons toute tentative visant à nous connecter au système du racisme comme une injuste et très inquiétante offense morale.

    Les motifs suivants font qu’il est difficile pour les personnes blanches de comprendre le racisme comme un système et ces motifs conduisent à la dynamique de la fragilité blanche. Bien qu’ils ne soient pas applicables à toute personne blanche, ils sont bien connus dans l’ensemble :

    Ségrégation : la plupart des Blanc-he-s vivent, grandissent, jouent, apprennent, aiment, travaillent et meurent principalement dans une ségrégation raciale, à la fois sociale et géographique. Pourtant, notre société ne nous enseigne pas à voir cela comme un manque. Arrêtons-nous un moment et considérons l’ampleur de ce message : nous ne perdons rien en termes de valeur en n’ayant pas de relations inter-raciales. En fait, plus nos écoles et nos quartiers sont blancs, plus ils sont susceptibles d’être considérés comme « bons ». Le message implicite est qu’il n’y a pas de valeur inhérente à la présence ou aux perspectives des personnes racisées. Ceci est un exemple des messages incessants de la supériorité blanche qui circulent tout autour de nous, façonnant nos identités et nos visions du monde.

    Binarisme bon/mauvais : l’adaptation la plus efficace du racisme dans le temps est l’idée que le racisme consiste en des préjugés conscients tenus par des personnes moyennes. Si nous sommes conscient-e-s de ne pas avoir de pensées négatives sur les personnes racisées, de ne pas raconter de blagues racistes, d’être des gens sympas, et même d’avoir des ami-e-s racisé-e-s, alors nous ne pouvons pas être racistes. Ainsi, une personne est raciste ou ne l’est pas ; si une personne est raciste, cette personne est mauvaise ; si une personne n’est pas raciste, cette personne est bonne. Bien que le racisme se manifeste évidemment à travers des actes particuliers, ces actes font partie d’un système plus vaste auquel nous participons tou-te-s. L’accent mis sur les incidences individuelles empêche l’analyse qui est nécessaire pour contester ce système plus vaste. La binarité bon/mauvais est le malentendu fondamental qui conduit les Blanc-he-s à être sur la défensive dès qu’il s’agit de les connecter au racisme. Nous ne comprenons tout simplement pas comment la socialisation et les préjugés implicites fonctionnent.

    Individualisme : les Blanc-he-s ont appris à se voir comme des individus, plutôt que comme faisant partie d’un groupe racial. L’individualisme nous permet de nier que le racisme est structuré dans le tissu de la société. Cela efface notre histoire et cache la manière dont la richesse s’est accumulée au fil des générations et nous profite aujourd’hui, comme groupe. Cela nous permet également de prendre nos distances avec l’histoire et les actions de notre groupe. Ainsi, nous sommes très irritables lorsque nous sommes « accusé-e-s » de racisme, parce qu’en tant qu’individus, nous sommes « différent-e-s » des autres personnes blanches et attendons d’être vu-e-s en tant que tel-le-s ; nous trouvons intolérable toute suggestion que notre comportement ou que nos perspectives soient typiques de notre groupe dans son ensemble.

    Droit au confort racial : en position dominante, les Blanc-he-s sont presque toujours racialement à l’aise et ont donc développé des perspectives infaillibles pour le rester. Nous n’avons pas eu à bâtir une quelconque forme de tolérance à l’inconfort racial et donc lorsque cet inconfort se présente, les Blanc-he-s répondent généralement comme si quelque chose était « mauvais », et blâment la personne ou l’événement qui a déclenché le malaise (habituellement une personne racisée). Cette attitude provient d’un déploiement socialement construit de réponses envers la source présumée de l’inconfort, y compris : la pénalisation, les représailles, l’isolement et le refus de poursuivre l’engagement. Vu que le racisme est nécessairement inconfortable en ce qu’il est oppressif, l’insistance blanche sur le confort racial garantit que le racisme ne sera pas contesté, sauf de la plus superficielle des façons.

    Arrogance raciale : la plupart des Blanc-he-s ont une compréhension très limitée du racisme parce que nous n’avons pas été formé-e-s à penser de façon complexe à ce sujet et parce que cela bénéficie à la domination blanche de ne pas le faire. Pourtant, nous n’avons aucun scrupule à remettre en question les connaissances de personnes qui ont pensé de façon complexe sur la race. Les Blanc-he-s se sentent généralement libres de rejeter ces perspectives bien informées plutôt que d’avoir l’humilité de reconnaître qu’ils ne sont pas familiers, doivent réfléchir davantage sur eux-mêmes, ou demander plus d’informations.

    Appartenance raciale : les Blanc-he-s jouissent d’un sens très intériorisé et largement inconscient de l’appartenance raciale dans la société états-unienne. Dans pratiquement chaque situation ou image réputées précieuses dans la société dominante, les Blanc-he-s sont à leur place. L’interruption de l’appartenance raciale est rare et donc déstabilisante et effrayante pour les Blanc-hes. Elle est généralement évitée.

    Liberté psychique : parce que la race est construite comme inhérente aux personnes racisées, les Blanc-he-s ne portent pas le fardeau social de la race. Nous nous déplaçons facilement à travers notre société, sans un sentiment de nous-mêmes comme étant racialisé-e-s. C’est aux personnes racisées de penser à la race – c’est ce qui « leur » arrive – ils peuvent poser le problème sur la place publique si c’est un problème pour elles et eux (même si elles et ils le font, nous pouvons le rejeter comme un problème personnel, l’éternelle carte raciale, ou la raison de leurs problèmes). Cela donne aux Blanc-he-s beaucoup plus d’énergie psychologique pour se consacrer à d’autres questions et nous empêche de développer l’endurance nécessaire pour maintenir l’attention sur une question aussi chargée et inconfortable que la race.

    Messages constants à propos de notre supériorité : vivant dans un contexte dominant blanc, nous recevons des messages constants selon lesquels nous sommes meilleur-e-s et plus important-e-s que les personnes racisées. Par exemple : notre centralité dans les manuels d’histoire, dans les représentations et perspectives historiques ; notre centralité dans les médias et la publicité ; nos enseignant-e-s, modèles, héros et héroïnes ; le discours quotidien sur les « bons » quartiers et les « bonnes » écoles et qui on y trouve ; les émissions de télévision populaires centrées autour de cercles d’amitié qui sont entièrement blancs ; l’iconographie religieuse qui représente Dieu, Adam et Eve, et d’autres figures clés comme blanches. Si l’on peut rejeter explicitement la notion que l’on est intrinsèquement meilleur-e-s que l’autre, on ne peut pas éviter l’intériorisation du message de la supériorité blanche, car il est omniprésent dans la culture dominante.

    Ces privilèges et la fragilité blanche qui en découle, nous empêchent d’écouter ou de comprendre les points de vue des personnes racisées et de combler les fossés raciaux. L’antidote à la fragilité blanche nécessite constance tout au long de sa vie, et comprend un engagement soutenu, l’humilité et l’éducation. Nous pouvons commencer par :

    Être disposé-e-s à tolérer l’inconfort associé à une évaluation et une discussion honnêtes de notre supériorité intériorisée et de notre privilège racial.
    Contester notre propre réalité raciale en nous reconnaissant nous-mêmes comme des êtres raciaux, dotés d’une perspective particulière et limitée sur la race.
    Tenter de comprendre les réalités raciales des personnes racisées grâce à l’interaction authentique plutôt que par les médias ou les relations inégales.
    Prendre des mesures pour aborder notre propre racisme, le racisme des autres Blanc-he-s, et le racisme intégré dans nos institutions – c’est-à-dire s’instruire et agir.

    Faites cela quand la race et le racisme remettent en question nos identités de bonnes personnes blanches. C’est un processus continu et souvent douloureux de chercher à débusquer notre socialisation à ses racines mêmes. Cela nous demande de reconstruire cette identité par des moyens nouveaux et souvent inconfortables. Mais je peux témoigner du fait que c’est aussi le voyage le plus excitant, puissant, stimulant intellectuellement et émotionnellement enrichissant que j’aie pu entreprendre. Cela a touché tous les aspects de ma vie – personnelle et professionnelle.

    J’ai une compréhension plus profonde et complexe de la manière dont la société fonctionne. Je peux affronter davantage le racisme dans ma vie quotidienne, et j’ai développé d’épanouissantes et précieuses amitiés inter-raciales, que je n’avais pas auparavant.

    Je ne m’attends pas à ce que le racisme disparaisse de mon vivant, et je sais que je continue à avoir des modèles et des perspectives racistes problématiques. Pourtant, je suis également confiante dans le fait que je fais moins de mal qu’avant aux personnes racisées. Cela n’est pas une progression mineure, quand on pense à l’impact du racisme sur mon expérience vécue et celle des personnes racisées qui interagissent avec moi. Si vous êtes Blanc-he, je vous exhorte à faire le premier pas : lâchez vos certitudes raciales et tendez vers l’humilité.

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    • Le 8 novembre 2016 à 19:22, par ester

      Merci,

      Enfin une réaction qui fait plaisir. Et enfin une personne qui a su mettre son arrogance de côté !

      J’ai lu les écrits des uns et des unes et je suis choquée de la réaction sécuritaire et violente, voir même limite de certains écrits.

      Et quant au dernier texte, je me dis ouf... ça fait plaisir à lire !
      Heureusement qu’il y a en France des personnes qui savent mettre de côté leur arrogance de militant "blanc" de gauche sans mettre de côté les "invisibles".

      Et je continue d’être choquée du titre du texte de tuttovabene (en plus !) : "jusqu’ici tout va bien".
      Il fait référence au film la Haine, et ce n’est pas n’importe quelle référence et donc sujet.
      S’y exprime toute la violence de la société française et de son néo-colonialisme dans ce film.
      Me concernant, ça me fout la haine de voir utiliser cette citation pour évincer la question coloniale et néo- coloniale, on ne peut plus y échapper surtout de nos jours.
      Il est temps d’introduire ces questions au même titre que la question des relations de classes et de domination homme/femme pour penser l’anti-capitalisme !

      Je conseille donc fortement de faire un aller retour sur le passé et de visiter spécialement les pages de l’histoire et de questionner pourquoi y’a-t-il eu un groupe de personnes "of color" qui s’est constitué contre ce texte "jusqu’ici tout va bien" ?
      Est-ce que une nouvelle vague est née ?
      Faut-il repenser les questions politiques avec un autre regard ou un truc en plus et arrêté d’être limité à la seule question des classes ?
      La société a changé, il n’y a plus de classes ouvrières seulement, il y a aussi du chômage, du rmiste,
      des "banlieusards-es", des "immigré-é-s", et des "sans papiers". Voilà les trucs en plus sur les quels il va falloir développer une réflexion solide parce que sinon on ne pas y arriver !!
      On ne dis j’aimais d’un "arabe" qu’il est Tunisien ou Marocain, pareil pour "l’Africain", pareil pour les gens de l’Est et d’Asie. Et ben alors faut pas s’étonner de parler du "Blanc", ok ?

      Faudrait élargir le champ de réflexion politique et aller voir du côté de l’intersectionnalisme ? Et aussi du côté du genre ou du féminisme ?...

      Il est temps d’avancer et d’alimenter sa nourriture intellectuelle, allons découvrir d’autres mets même si c’est trop "exotique" et donc éloigné de nos goûts.... osons le faire !

      La gauche est trop divisée, et il est temps de mettre en place un espace avec des groupes visibles et invisibles et de se dire que c’est important de déconstruire ensemble. Parce que cette société merdique où le FN s’insinue dans les esprits, gagne toujours et encore plus de terrain jusqu’à devenir de plus en plus banal chez monsieur et madame tout le monde. Et c’est la farandole des propos racistes qui s’y expriment : le latent devient patent !
      Et quant au "Blanc arrogant" de gauche, je vous conseille fortement de faire un exercice de déconstruction des esprits, une sorte de gymnastique pour essayer de voir et d’entendre ce que les groupes invisibilisés ont à dire et partager comme expérience de leur vécu de classe de dominée entre dominée.
      Comme ça on peut vite avancer (en tout cas je l’espère, mais ça reste une utopie je crois !) et on pourra peut-être reconstruire un autre esprit d’une gauche paumée.

      Signé Grrrrr......

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    • Le 9 novembre 2016 à 10:19, par

      L’article (la fragilité blanche) est écrit par Robin Diangelo,
      je vous laisse voir son CV sur internet, il parle de lui meme :
      http://robindiangelo.com/about-me/
      (euh comment dire, le nom du site est un peu modeste, robindiangelo.com, on notera le .com, car je pense bien qu’elle vit de sa théorie et qu’elle en a fait son bizness, enfin d’après son CV. Ca ne devait pas lui suffire son boulot de prof de fac…

      En lisant son CV :

      Professional : I am Director of Equity for Sound Generations, Seattle/King County. I have been a consultant and trainer for over 20 years on issues of racial and social justice. I was appointed to co-design, develop and deliver the City of Seattle’s Race and Social Justice Initiative Anti-Racism training. I have worked with a wide-range of organizations including private, non-profit, and governmental.

      consultante pendant 20 ans... Ayant travaillé pour un large panel de boites privées, d’ONG, et d’administrations...

      parler de "privilège blanc" dans une entreprise, tout ca payé par le patron... interressant...

      ps : vous pensez qu’elle propose aussi des interventions sur la Classe en entreprise, ou c’est moins vendeur ?

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  • Le 18 novembre 2016 à 12:14, par

    Retour sur l’agression prétendue antiraciste menée à Mille Bâbords

    C’est du délire ce qui s’est passé vendredi 28 octobre avant le débat à Mille Bâbords [1]. Même si on peut se dire que, pour discuter du sujet de la "race" sur Marseille [2], on aurait pu se passer de partir d’un texte en particulier [3] et des intervenants qui se sont déplacés [4], rien ne justifie l’action prétendument antiraciste qui a eu lieu. Empêcher de s’exprimer les gens qui sont venus et avec lesquels on ne serait pas d’accord [5] les agresser verbalement et physiquement et saccager un local militant (vitrine pétée, mobiliers renversés, livres et brochures balancés, boule puante et lacrymo répandu...) qui sert à beaucoup d’initiatives collectives et intéressantes sur Marseille n’est pas acceptable et doit être dénoncé partout où c’est possible, que ce soit dans des médias, des assemblées, des collectifs, dans d’autres villes...il faut isoler ce genre de pratique, ne pas les rendre possible et se solidariser peu importe ses positionnements sur le fond du débat.

    Je prends cette position-là évidemment car il ne fut pas question d’attaque sur un groupe d’extrême droite [6] comme un communiqué vantard [7] pourrait le laisser entendre et c’est quand même assez simple à comprendre même si on analyse que brièvement la situation. Des gens sont venus dire indistinctement [8] « vous êtes des racistes car vous n’utilisez pas le mot "race" » : cherchez l’erreur ! Surtout quand on sait qu’une partie d’entre eux ne considèrent pas le PIR [9] comme un groupe d’extrême droite anti-juif et en sont même proche politiquement [10]. Il n’y a pourtant pas besoin de faire des études pour s’en apercevoir. Par exemple il suffit de lire le titre [11] du livre écrit par une des plus grandes penseuses du PIR, Bouteldja, et intitulé Les blancs, les juifs et nous. Je crois que c’est assez clair et je me demande comment certain-e-s camarades peuvent encore s’organiser avec ce genre de personne car je sais de source sûre qu’il y avait plusieurs tendances qui sont venues saborder le débat, notamment des tendances communistes et anarchistes. Bref, à chaque personne ses propres démons.

    Ce qui est aussi du délire, c’est le manque de solidarité extérieure envers les gens et le local agressés. Beaucoup de personnes essaient de couper les cheveux en quatre. Par exemple lors de l’assemblée du collectif Al Manba, le mardi suivant, il a été rétorqué [12] à une personne, pour des raisons foireuses, à mon goût, que c’était normal ce qui s’était passé, ou bien qu’on s’en foutait [13], quand a été posé la question de la solidarité, sans rentrer dans le fond du débat, avec le local de Mille Bâbords [14], et avec une personne du collectif qui s’est fait agressée en tant que soit-disant raciste. Ce collectif accepterait donc sans broncher qu’il soit dit que le local dans lequel il s’est réuni soit un local raciste, et attaqué comme tel, et que certaines personnes au sein du Manba soient racistes et attaquées comme telles ? Jusqu’à quand ce genre d’ineptie va t-elle être acceptée ? Faudra-t-il attendre que son nouveau local soit aussi attaqué sur la même base [15], faudra-t-il que certaines personnes qui y militent finissent aux urgences ou, pourquoi pas, à la morgue ?
    Mais il ne s’agit que d’un exemple parmi d’autres car il y a en fait une quasi incapacité générale à s’extraire du fond du débat afin d’assurer le minimum vital ; ça fait peur de voir laisser Mille Bâbords et des gens agressés comme ça sans trop de réaction.

    C’est toujours du délire quand on vient empêcher un débat sans savoir ce que les gens pensent afin de les assigner à UNE position politique commune [16]. Pour ma part, il n’est pas question d’utiliser les mots "race" et consorts, je les laisse aux autres. Les trois-quart de ma famille du côté de ma mère ne se sont pas faits exterminés il y soixante-quinze ans sous prétexte qu’ils étaient d’une race soi-disant différente et, pour le coup, inférieure, pour que moi je ré-emploie ce mot. Et oui je suis d’origine juive et j’emmerde les gens que ça dérange, tout autant que j’emmerde la religion juive, l’état d’Israël, ses colons et ses soutiens, mais tout autant que j’emmerde la Palestine, la religion musulmane et toute autre nation et religion.

    Par contre, et contrairement à tout ou partie des gens qui ont organisé le débat à Mille Bâbords, je n’ai pas une lecture qui dit que les luttes contre le racisme ou encore contre le sexisme ou d’autres formes de domination n’ont pas lieu d’être, ou ne seraient que des luttes annexes à la lutte contre l’exploitation et le capital ; ni même qu’il s’agit de phénomène qui disparaîtront d’eux-mêmes après qu’une révolution ait fait chuter le capitalisme. Mais je pense effectivement que état et capital se servent et renforcent ces phénomènes qui existaient avant eux. Je pense aussi que nous-mêmes et nos espaces d’organisation sont traversés à différents niveaux par ce qui traverse la société. Et oui je constate, et je trouve cette situation plus que problématique, que les renoi, les rebeu et même les femmes ont des positions souvent inférieures aux autres dans nos collectifs, luttes et assemblées et des fois s’en barrent. Et je trouve aussi que certains espaces non-mixte raccordés à des espaces ouverts peuvent apporter des éléments intéressants et contribuent à pallier certaines limites. Et les gens, qui prennent le temps de discuter avec moi ou de me lire, le savent bien.

    Mais, de toutes ces constatations, je me refuse d’en faire une idéologie ou d’en développer un esprit identitaire. Mais c’est peut-être pour tout cela que je suis raciste et qu’il est de bon ton de m’envoyer, dans un local militant, une table sur ma jambe encore blessée lors d’une manif antifascite [17] tout en me balançant à la gueule des bouquins alors que je restais assis sans broncher à côté de mes béquilles. Mais peut-être qu’il faudrait que je m’excuse de ne pas ressembler au top du top du top du sujet révolutionnaire, c’est-à-dire que non je ne suis pas une personne qui est noire, et trans, et prolo et homo, et handicapée, et... Que le parti me pardonne. Par contre je suis sur une approche révolutionnaire et j’essaie de m’organiser de manière autonome. Mais peut-être que ça ce n’est qu’un truc de blanc de petit bourgeois (au RSA !).

    Ce qui est aussi du délire c’est le risque de l’escalade de la violence car, si à Mille Bâbords les personnes agressées ont été plutôt sympa, ça risque de ne pas être le cas si d’autres situations similaires se reproduisent, ici ou ailleurs. La pensée unique ça me débecte, mais il est clair que ce n’est que par la tyrannie qu’on l’obtient. Alors jusqu’où ira la connerie pour obtenir l’hégémonie politique ; jusqu’où les gens sont prêts à aller ?

    Solidarité avec Mille Bâbords et avec les révolutionnaires du monde entier !
    Solidarité contre TOUTES les extrêmes droites [18] et contre ce monde de merde !

    CSH, Marseille, novembre 2016

    PDF - 67.8 ko

    [1Cf Descente, tentative de mise à sac, coups, gazage et vitrine détruite à Mille Bâbords

    [2Et cela est une nécessité vu les tentions qu’il y avait déjà avant les agressions menées

    [3En occurrence Jusqu’ici tout va bien.

    [4Même si la rencontre était loin d’être inintéressante

    [5Comment le savoir sans discussion ?

    [6Contre lesquels ce genre de pratiques est, selon moi, justifiées

    [7Action antiraciste à Mille Bâbords, Anti-racialisateurs et anti-racialisatrices stay et protect your home !

    [8A qui ? On sait pas. Aux gens qui ont organisé, aux personnes qui sont venues discuter peu importe leur position politique sur la question, à celles qui étaient là plus ou moins par hasard, aux gens qui font vivre le local, à tout le monde... ?

    [9Parti des Indigènes de la République.

    [10Je le sais pour en avoir discuté avec certains d’entre eux

    [11Même pas la peine de perdre son temps à lire le reste, notamment si c’est pour y lire de la merde sexiste, homophobe, identitaire et autre connerie du genre.

    [12De la part des gens qui se sont exprimés.

    [13Car on avait soit-disant pas à prendre position sur la situation.

    [14Notamment parce qu’il a servi au Manba, et gratuitement, de lieu de réunion

    [15Car des gens disent déjà que c’est un collectif raciste. Là encore, cherchez l’erreur car, pour rappel, le Manba est plutôt positionné, en théorie comme en pratique, contre les frontières et pour le soutien des gens qui passent les frontières alors que ça leur est interdit

    [16En plus de les assigner à leur couleur de peau et à leur sexe

    [17Je vous rassure j’étais du même côté de la banderole que les gens qui l’ont organisé.

    [18Je pense aussi évidemment ici au PIR et à son idéologie.

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  • Le 18 novembre 2016 à 12:19, par

    Ce 28 octobre, le local militant Mille Bâbords (Marseille) qui avait programmé un débat sur le thème du racialisme (nouveau nom du racisme) a fait l’objet d’une violente attaque (livres jetés et foulé au pied, vitrine cassée, gazage des présents par des lacrymogènes…) par un groupe d’individus se réclamant du racialisme (c’est-à-dire, in fine, du racisme).

    La CNT-AIT apporte son soutien à Mille Bâbords et aux organisateurs du débat et dénonce le crétinisme caractérisé des attaquants.

    Toulouse, le 2 novembre 2016

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    • Le 25 novembre 2016 à 11:09, par Organisation Communiste Libertaire

      Communiqué OCL en solidarité avec Mille Bâbords
      mercredi 23 novembre 2016

      Le 28 octobre 2016, rue Consolat à Marseille, une discussion était organisée autour d’un texte intitulé "Jusqu’ici tout va bien". Une trentaine d’individu(e)s a tenté d’empêcher la tenue de celle-ci. Devant l’échec de cette tentative perturbateurs et perturbatrices se sont retiré(e)s non sans avoir agressé physiquement quelques personnes présentes, dégradé le matériel de bureau et les livres de la bibliothèque, et, acte de bravoure final, descendu la baie vitrée du local.

      L’Organisation Communiste Libertaire tient à apporter son soutien politique, matériel et financier, sans conditions aucune, au collectif Mille Bâbords. Elle invite toutes celles et tous ceux qui se reconnaîtraient dans cette démarche à faire de même.

      Nous tenons également à rappeler que quelque soient les désaccords politiques l’intimidation et les violences physiques dans les espaces d’expression libertaire ne sont pas tolérables. Les débats, même virulents, doivent pouvoir se tenir. Il est tout aussi intolérable de s’en prendre à des lieux, des espaces collectifs. Faut-il rappeler que Mille Bâbords accueille, sans exclusive, depuis plus de 15 ans tous les collectifs s’inscrivant dans une démarche de critique sociale.

      Au delà de cet épisode, c’est aussi le climat délétère régnant dans une partie de notre milieu qui est à interroger. Depuis quelques années, les "incidents" de ce genre se multiplient. Certains et certaines s’arrogent ainsi autoritairement le droit de décider pour les autres des sujets qu’ils et elles sont, ou non, autorisé(e)s à débattre. Avec l’attaque de Mille Bâbords, une nouvelle étape dans l’escalade vient encore d’être franchie. Il est largement temps que cela cesse, avant que nous ayons à déplorer plus que d’inadmissibles dégats matériels.

      Organisation communiste libertaire

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    • Le 25 novembre 2016 à 11:56, par Fédération Anarchiste

      ACTUS ANARCHISTES • PAR PAT DE BOTUL • LE 17 NOVEMBRE 2016
      A PROPOS DU 28 OCTOBRE À MARSEILLE
      Communiqué de la Fédération anarchiste

      Le 28 octobre 2016 au soir se tenait au local militant Mille Babords à Marseille, un débat sur le racialisme qui a été perturbé par un groupe de militant.e.s opposé.e.s à son déroulement. Il s’en est suivi un déchaînement de violences inouïes (vitrine cassée, militant.e.s jeté.e.s au sol). Il est inadmissible que des actes de violence et d’intimidations empêchent de débattre sur un sujet qui interroge l’ensemble du mouvement social. Une discussion critique sereine sur l’articulation du racialisme et sur la lutte des classes est nécessaire puisque ce débat traverse les milieux libertaires et révolutionnaires. La Fédération anarchiste apporte son soutien à l’équipe de Mille Babords qui est un lieu accueillant des débats et des évènements engagés dans une critique et une lutte contre les différentes formes d’exploitation, d’oppression, d’injustices, d’aliénation physique et morale.

      La Fédération anarchiste.

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  • Le 25 décembre 2016 à 21:10, par

    Publié sur Courant Communiste International (http://fr.internationalism.org)

    Communiqué de solidarité face à la violence haineuse des racialistes fanatiques

    Agression à « Mille Bâbords » (Marseille)

    Suite à l’agression des participants à la réunion publique du 28 octobre au local de l’association Mille Bâbords à Marseille1 par une bande de fanatiques se réclamant du racialisme, le CCI tient à apporter toute sa solidarité.

    Voici les faits relatés par les agressés eux-mêmes : « Vendredi 28 octobre se tenait sur Marseille, dans le local militant « Mille Bâbords », une réunion publique autour du texte « Jusqu’ici tout va bien ? »2. La discussion n’avait pas encore commencé lorsqu’un groupe d’une trentaine de personne a fait irruption dans le lieu. Ce groupe entendait empêcher la discussion prévue (…). Après l’encerclement de l’assistance sous forme de happening, dans un simulacre de nasse, des cris et slogans divers ont fusé : « Notre race existe », « Ce débat n’aura pas lieu », « Pas l’histoire vous ne referez », « Votre avis on s’en fout », « Regardez vos privilèges », (…) Aux insultes ont succédé les boules puantes, et des coups répétés, dont certains au visage avec arme, des chaises ont été jetées sur l’assistance, les tables ont été systématiquement jetées au sol, y compris sur une personne en béquille, du gaz lacrymogène a été répandu dans le local et des personnes ont été gazées au visage (yeux et bouche). Les tables de presse, la bibliothèque de Mille bâbords ont été saccagées, des revues et des livres jetés et piétinés. Et pour terminer, ils ont défoncés la vitrine du local. (…) Malgré cette attaque, une intéressante discussion a finalement pu se tenir, comme ce sera le cas partout et à chaque fois que cela s’avérera nécessaire. Face à ces actes extrêmement graves, dont le but avoué est d’empêcher toute discussion critique sur le racialisme, chacun, politiquement et pratiquement, est appelé à prendre ses responsabilités. N’hésitez pas à contacter Mille Bâbords pour leur apporter tout votre soutien3. Des organisateurs et des participants à la soirée. » (in « Marseille : Descente racialiste à Mille Bâbords. Tentative de mise à sac, coups, gazage et vitrine détruite »).

    Les agresseurs ont durant l’attaque distribué un tract intitulé « Anti-racialistes et anti-racialisatrices, stay et protect your home »4 dans le quel ils crachaient toute leur haine : « Anti-racialisateurs et anti-racialisatrices vous n’aurez jamais la parole, vous n’aurez jamais notre écoute parce que : Le capitalisme se fonde sur le pillage, l’esclavage et le colonialisme. « L’abolition de l’esclavage » et les « décolonisations » n’ont pas démoli le racisme structurel et ses répercussions pour le moins d’actualité. Les privilèges des pays occidentaux impérialistes demeurent à un niveau international. Nous refusons votre vision européano-centrée et réactionnaire de la lutte des classes. Il vous suffirait de sortir de votre entre-soi confortable pour voir la réalité dans les rues de Marseille. Nous refusons votre course à l’opprimé et votre incapacité à reconnaître vos privilèges de petits gauchistes blancs de classe moyenne. Nous n’avons pas de temps à perdre avec les négationnistes. Nous saboterons toutes vos initiatives. Nous revendiquons notre autodétermination, notre émancipation, notre libération par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Nous n’avons pas besoin de votre validation quant aux termes que nous utilisons pour définir qui nous sommes, ce que nous sommes et ce pour quoi nous luttons. En somme on vous chie dessus bande de racistes réactionnaires négationnistes néo-colons.... Finalement il va vous falloir assumer : Vous n’êtes qu’un des bras armé (de vos claviers) de la république laïcarde qui nous fait gerber ! »5.

    Durant les jours qui avaient précédé cette réunion, de nombreux appels à casser du « gouaires »6 avaient été lancés sur les réseaux sociaux. Il s’agit donc d’un acte prémédité et concerté.

    Ces agresseurs appartiennent à un courant particulier du racialisme principalement représenté par le Mouvement des Indigènes de la République, dont Houria Bouteldja est l’une des personnalités la plus visible. Le titre de son dernier livre résume à lui seul l’axe central de ce courant de non-pensée : « Les blancs, les juifs et nous ». Un ouvrage immonde qui tente de nier la lutte des classes pour la remplacer par une guerre des races (« Je vous le concède volontiers, vous n’avez pas choisi d’être blancs. Vous n’êtes pas vraiment coupables. Juste responsables  » affirme ainsi Madame Bouteldja.). Nous reprenons à notre compte cette idée défendue dans le texte [publié sur le site de Mille Babords] « Jusqu’ici tout va bien ? » : « le racialisme ne peut mener qu’à la guerre de tous contre tous ». Ceci d’autant plus que "la guerre de tous contre tous" est déjà une réalité et que la violence ne fait que s’accroître. Dans ce sens, il est nécessaire de s’y préparer et important d’en débattre.

    Pourquoi les participants lors de cette réunion à Mille Babords ont-ils été la cible de ce déchaînement de haine et de violence ? Simplement pour ce qu’ils représentent, un effort pour comprendre le monde capitaliste et son évolution, pour se rassembler, débattre et s’organiser, pour participer au développement de la conscience et se réapproprier l’histoire du prolétariat7, son identité, son combat pour l’émancipation de toute l’humanité. Dans la période actuelle difficile, de telles tentatives sont rares et précieuses.

    Alors que l’atonie, la division, l’atomisation et le désespoir exercent un poids dans la société, ceux qui se sont rassemblés ce 28 octobre dans le local de Mille Bâbords et qui ont maintenu le débat malgré les coups, eux qui n’ont pas cédé aux provocations, à la peur, aux intimidations et à la répression, révèlent par leur courage et leur ténacité la véritable nature profonde de la classe ouvrière, une classe associée, désintéressée et solidaire.

    Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si une partie de ceux qui gravitent autour ou à l’intérieur de l’association Mille Bâbords est issue du mouvement des étudiants contre le CPE de 2006, car ce mouvement avait justement réussi à organiser de véritables débats dans des assemblées générales ouvertes et à mettre au cœur de sa dynamique la question de la solidarité de la classe ouvrière tout entière, de tous les secteurs, de toutes les générations, de tous les quartiers, de toutes les origines, de toutes les couleurs ! A l’époque de ce mouvement contre le CPE, la bourgeoisie avait réagi par la violence policière organisée de l’État et en laissant de jeunes « casseurs » agresser les étudiants dans les manifestations.

    Aujourd’hui, les racialistes aussi se chargent de ce sale boulot. Les éléments qui luttent pour le débat ouvert et qui font l’effort de se rassembler et réfléchir ensemble, ont été, ce 28 octobre, la proie d’une attaque haineuse qui préfigure bel et bien les dangers croissants et le caractère protéiforme de la répression bourgeoise. Car oui cette agression planifiée est un acte de répression. La violence et la haine abjectes de ce commando de racialistes, leur promotion de la « lutte des races » comme leur volonté de détruire tout lieu de débat réel révèlent leur « no-future », l’idéologie du nihilisme des couches sociales qui ne portent aucun avenir pour l’humanité. Ils sont un pur produit de la décomposition de la société et in fine ils apportent leur petite contribution à la dynamique morbide du capitalisme. Certains de ces éléments n’hésiteront pas à assouvir leur pulsions criminelles par des meurtres si le contexte leur est favorable et si l’occasion se présente.

    Aux victimes de ces actes de violences inadmissibles, nous tenons à témoigner notre soutien et toute notre solidarité. Le débat est d’une importance vitale pour le combat révolutionnaire et il est impératif de défendre tout lieu de débat prolétarien !

    Le CCI, 4 décembre 2016

    1 Sur son site, l’association Mille Bâbords située à Marseille se présente ainsi : « Mille Bâbords est une Médiathèque Alternative, un lieu dédié à la promotion et à la connaissance des différents mouvements de luttes sociales. C’est un lieu ouvert, où le public peut se rencontrer, se mettre au courant, découvrir et échanger, sur des pratiques, des interrogations, des points de vues,... et voire passer à l’action... Partant du constat d’un manque d’espaces pour que les mouvements sociaux puissent, dans leur diversité, échanger entre eux, et avec un large public, nous avons créé ce lieu, telle une vitrine animée des idées alternatives à une société trop barbare... »

    2 https://tuttovabene.noblogs.org/ Ce texte dénonce le racialisme comme un poison idéologique nauséabond.

    3 contact : batlarace chez riseup.net

    4 Reste et protège ta maison.

    5 https://nantes.indymedia.org/articles/36052

    6 Terme raciste anti-blanc signifiant « porc ».

    7 Un débat a récemment eu lieu sur le Manifeste du Parti communiste de 1848 et un autre sur la révolution russe est prévu dans les mois à venir.

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  • Le 25 décembre 2016 à 21:22, par CNT 13

    Soutien à Mille Bâbords suite à l’agression du 28 octobre 2016

    Vendredi 28 octobre se tenait dans au local « Mille Bâbords » un débat sur
    le racialisme. Il a été interrompu : insultes, agressions, tables
    renversées et vitrine brisée.

    Il est dommageable que sur un sujet aussi sensible qui traverse l’ensemble
    du mouvement social, il soit impossible de débattre sereinement.

    Racisme d’État, racialisation et luttes de classes, sont des débats qui
    traversent aussi notre fédération. Nous devons avoir des discussions
    vraies, qui peuvent parfois être difficiles . Souvent, les désaccords se
    fondent sur des approches différentes, qui demandent que l’on s’écoute et
    se parle encore plus. Dans les milieux libertaires et révolutionnaires,
    ils ne peuvent être irréconciliables.

    Car ce qui compte c’est le chemin que l’on prend collectivement pour
    construire la puissance d’un mouvement qui foute en l’air les poisons
    universels que sont le racisme, le sexisme, le capitalisme et
    l’impérialisme.

    Nous, la CNT 13, apportons tout notre soutien à Mille Bâbords qui est un
    lieu de « confrontations d’idées » et doit le rester.

    C’est pourquoi nous tenons aussi à condamner l’agression qui a eu lieu au
    local lors de cette soirée du 28 octobre 2016.

    Mille Bâbords c’est aussi notre local depuis plusieurs années et nous
    tenons à apporter également un soutien financier à hauteur de 50 euros
    pour les frais de réparation de la vitre et en soutien à Mille Bâbords.

    La CNT 13.

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  • Le 25 décembre 2016 à 21:49, par CIRA

    Feuille d’Infos du CIRA #189 de décembre 2016

    SOLIDARITÉ

    MILLE BÂBORDS

    Depuis 16 ans, des débats, souvent contradictoires, sont organisés dans le local de Mille Bâbords à Marseille. Ils ont un rapport avec la critique et les luttes contre toutes les formes d’oppression. Le 28 octobre, le sujet choisi était « Jusqu’ici tout va bien » dans le cadre d’une soirée intitulée « S’opposer au racialisme : discussion ». Une trentaine de personnes s’est opposée violemment à la tenue de ce débat. Résultat : coups et menaces, utilisation de gazeuse, livres et revues piétinés et vitrine brisée. Face à ces méthodes inacceptables, un appel à solidarité morale et/ou financière est lancé.

    Adresse : Mille Bâbords, 61 rue Consolat, 13001 Marseille (téléphone : 04 91 50 76 04 ; courriel :
    contact chez millebabords.org). Les chèques doivent être libellés à l’ordre de Mille Bâbords.
    Sur Internet : http://www.millebabords.org/

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Rubrique "Publications"

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