Une tribune pour les luttes

Déclaration de la Marche Mondiale des Femmes

9 janvier - Une journée pour des femmes tuées en luttant pour un monde meilleur

Article mis en ligne le jeudi 5 janvier 2017

Le 9 janvier 2013, trois activistes kurdes ont été retrouvées mortes par balles dans le Centre d’information du Kurdistan à Paris.

Sakine Cansiz, co-fondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Fidan Dogan, membre du Congrès national du Kurdistan, et Leyla Soylemez, jeune militante kurde, ont été tuées à une époque où le gouvernement turc a dû recommencer des négociations de paix avec le dirigeant kurde, Abudallah Ocalan, détenu depuis 1999.

C’était clair que le meurtre de 3 femmes qui ont consacré leur vie à défendre les droits politiques et culturels de leur peuple ne pouvait que profiter à l’État qui les opprime.

Le 5 janvier 2016, trois autres militantes kurdes ont été tuées par l’armée turque à Silopi, dans le Nord du Kurdistan, lors d’un raid turc dans le quartier de Yeşiltepe :

- Séve Demir, organisatrice du lancement à Nusaybin de la Caravane Féministe Européenneau au début de la IVème Action Internationale de la Marche Mondiale des Femmes. Elle était membre du Parti Démocratique Régional (BDP), avait purgé 15 ans de prison et était active dans le mouvement politique kurde ;

- Pakize Nayir, vice-présidente de l’Assemblée populaire de Silopi ;

- Et Fatma Uyar, membre de l’Union pour la Libération des Femmes.

Les massacres d’activistes kurdes, qui consacrent leur vie à la lutte pour la liberté et à l’émancipation des femmes, révèlent la brutalité du gouvernement turc contre les kurdes et le manque de volonté de parvenir à un accord de paix.

Le 11 septembre 2016, 37 co-maires des municipalités kurdes ont été arrêté-es et des syndics non élus ont été nommés dans 35 municipalités. La première chose que les fiduciaires ont fait dans ces municipalités a été de fermer les départements de politiques des femmes et les centres de femmes. Des responsables de départements de femmes ont été maintenues en détention pendant 26 jours et interrogées sur des activités liées à l’égalité des sexes. Les centres de femmes de ces municipalités ont tous été fermés et les femmes professionnelles travaillant dans ces centres ont été licenciées. De plus, tous les documents, y compris les informations classifiées concernant 2000 victimes de violences, ont été saisis par les syndics. Non seulement les droits à l’autodétermination et à l’autonomie ont été attaqués, mais aussi les réalisations historiques du mouvement des femmes. Erdogan-AKP a également fait arrêter les députés du HDP et ses coprésidents Selahattin Demirtas et Figen Yuksekdag.

La règle d’état d’urgence a été déclarée, et le président Erdogan polarise davantage la société et approfondit les conflits ethniques et sectaires dans le but de consolider l’alliance extrêmement réactionnaire, ultranationaliste et islamiste qu’il a créée après la tentative de coup d’État du 15 juillet, alliance qu’il considère comme La garantie d’atteindre son objectif d’un "système présidentiel de type turc" - une dictature totale.

Dans ce contexte, il est essentiel de reconnaître l’importance de nos sœurs kurdes tuées dans leur lutte pour la liberté, mettant en danger leur vie pour lutter pour les droits de leur peuple. Les meurtres de ces femmes sont une attaque contre la lutte des femmes kurdes pour la liberté, mais aussi une attaque contre toutes les femmes activistes à travers le monde.

Pour cette raison, la Marche Mondiale des Femmes a inclus le 9 Janvier dans son calendrier des activités comme un jour pour se rappeler toutes les sœurs tuées tout en luttant pour un monde meilleur

Nous continuerons à marcher jusqu’à ce que nous soyons tous libres !

marchfem chez rezisti.org

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