Une tribune pour les luttes

De nouvelles acquisitions !

Le Bulletin de la Médiathèque de Mille Bâbords n°26

Avril 2017, avec les éditions de l’Éclat et de L’insomniaque, ainsi que Claude Guillon et les éditions IMHO

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Permanences : le lundi de 14 à 17 h / le jeudi de 15 à 19 h

Abonnement 8 euros (ou plus par soutien). Gratuit pour les adhérents à Mille Bâbords.

I. Nous avons reçus

II. Les précédents bulletins

III. Principe de fonctionnement de la médiathèque

pour voir le catalogue en ligne

De grands remerciements aux éditions de l’Éclat et de L’insomniaque, ainsi qu’à Claude Guillon et les éditions IMHO.


Nous avons reçu...

HISTOIRE

  • Notre patience est à bout. 1792-1793, les écrits des enragé(e)s, C. GUILLON, Éd. IMHO, 2017, 248 p.


En 1792-1793, ceux qu’on appelait les Enragés, la frange la plus radicale de la Révolution française, entendaient poursuivre la Révolution à laquelle modérés et Jacobins rêvaient de mettre un terme. À Paris et à Lyon, dans les sociétés populaires, les clubs, les émeutes, ils et elles ont laissé des brochures, des discours, des journaux, un bouillonnement d’idées et de pratiques : démocratie directe, droit de tous aux produits de base, résistance à la dictature du commerce, pleine citoyenneté des femmes, sanctions contre les spéculateurs et les « agioteurs »… Ces questions, qui restent d’une brûlante actualité, continuent de nourrir notre réflexion et notre impatience.
Claude Guillon, écrivain et essayiste, spécialiste des Enragés, a publié une quinzaine d’ouvrages dont récemment Le Droit à la mort (éditions IMHO) et Je chante le corps critique (H&O).

  • ¡A ZARAGOZA O AL CHARCO ! Aragon 1936-1938. Récits de protagonistes libertaires, LES GIMÉNOLOGUES, Éd. de L’Insomniaque, 2016, 448 p.

Le 19 juillet 1936, Saragosse tombe aux mains des troupes franquistes soulevées contre la république espagnole. La chute de la « perle anarchiste » représente une terrible catastrophe pour le camp libertaire. En Catalogne et en Aragon, des volontaires se mobilisent pour reprendre la ville – et, pour la plupart, l’offensive ne peut se dissocier de la mise en œuvre du communisme libertaire.
C’est ce que retrace cet ouvrage, ancré dans des récits d’hommes et de femmes engagés à divers titres dans ce processus à la fois militaire et révolutionnaire, que les anarchistes se retrouveront peu à peu seuls à poursuivre.
Chercheurs autodidactes mais extrêmement lettrés et méticuleux, les Giménologues ont rencontré ces rescapés – ou leurs enfants – dans la foulée d’un premier livre traitant de la révolution espagnole, Les Fils de la Nuit, élaboré autour des souvenirs d’Antoine Gimenez et également coédité par L’Insomniaque éditeur. Dans la continuité des Fils de la Nuit, les Giménologues tentent une nouvelle fois d’articuler les histoires particulières et l’analyse des questions collectives. Ils ont ajouté des développements de leur cru sur la nature du projet communiste libertaire, ainsi que sur la polémique, encore entretenue de nos jours, à propos d’une supposée cruauté spécifique des anarchistes espagnols.

THÉORIE POLITIQUE : L’AUTONOMIE ITALIENNE

  • La horde d’or. Italie 1968-1977, N. BALESTRINI et P. MORONI, Éd. de l’Éclat, 2017, 672 p.


Livre d’histoires et d’analyses politiques, compilation de documents, tracts, chansons, articles de revues ou manifestes, témoignages à la première personne et au jour le jour d’une révolte, devenue « transformation radicale de la vie quotidienne, utopie, besoin de communisme, révolution sexuelle, lutte armée, etc. », La horde d’or est un ouvrage de grande ampleur qui parcourt l’histoire politique italienne, depuis les prémisses des années 60 jusqu’à la fin des années 70, qui verront s’exténuer les espérances et les jubilations d’une génération outrageusement enthousiaste. Ouvrage transgenre ou transversal, La horde d’or permet de combler un « manque d’histoire » de la fin du XXe siècle, et apporte une information de première main et de première importance sur dix années qui ébranlèrent non seulement l’Italie, mais également l’Europe, et dont l’actualité resurgit, près d’un demi-siècle plus tard, dans les mouvements et les luttes du jeune XXIe siècle, pour signifier l’inanité des réponses institutionnelles qui ont été apportées à la crise « créative, politique et existentielle » à laquelle nous sommes confrontés.

  • La politique au crépuscule, M. TRONTI, Éd. de l’Éclat, 2000, 264 p.


« C’est un livre qui naît du dedans. Pour un discours de philosophie politique, ce n’est pas très normal. Mais, dans ce domaine, la pensée vit un particulier état d’exception. Il s’agit maintenant de penser non pas la politique, mais la crise de la politique. Une condition en grande partie inédite. Qu’il faut affronter avec une force argumentative également inédite. Rendue nécessaire par l’opacité – le gris de la représentation – avec laquelle s’exprime aujourd’hui l’effondrement de l’action politique. D’où une tonalité du livre, et une insistance sur les motifs, et une répétition, nuancée, du thème, qui toutes se sont avérées finalement volontaires et obligées. Il se peut qu’elles dérangent : parce qu’elles sont dissonantes par rapport au sens commun intellectuel. [...] Il y a une recette quasiment infaillible pour approcher aujourd’hui la réalité des faits. Prenez le sens commun intellectuel de masse. Renversez-le. Vous ne serez pas loin d’atteindre la vérité. Relative. » (Extrait de l’introduction)

  • Nous opéraïstes. Le « roman de formation » des années soixante en Italie, M. TRONTI, Éd. de l’Éclat, 2013, 288 p.


Nous opéraïstes est le récit, à la première personne, de ce que fut la mouvance opéraïste entre les années 60 et 70 du vingtième siècle, et qui a imprégné la plupart des mouvements de la gauche en Italie et en Europe. Histoire d’une aventure politique et intellectuelle, de ses ouvertures comme de ses errements, de ses avancées comme de ses défaites, elle est d’un enseignement exemplaire pour la refondation d’une pensée critique en ce début du vingt-et-unième siècle, et se double, avec l’écriture de Mario Tronti, d’un petit chef-d’œuvre de style, où prime le critère de l’honnêteté.
Mario Tronti (Rome, 1931) a marqué la vie politique et intellectuelle italienne, depuis les années 60 quand, avec quelques amis, il donne naissance à ce qui deviendra l’un des mouvements les plus originaux de la gauche italienne, « l’opéraïsme ». Il a enseigné la philosophie politique à l’université de Sienne et publié, outre de nombreux articles, quelques livres rares, dont La politique au crépuscule (l’Éclat, 2000) et Ouvriers et capital (rééd. Entremonde, 2014).

THÉORIE POLITIQUE : LÉNINE

  • Mieux vaut moins, mais mieux, Lénine, Éd. de l’Éclat, 2014, 128 p.


« Nous devons à tout prix nous assigner la tâche suivante : premièrement, nous instruire ; deuxièmement, nous instruire encore ; troisièmement nous instruire toujours. »
Mieux vaut moins, mais mieux et les quatre textes de Lénine, gravement malade, publiés en 1923 proposent des mesures radicales pour assurer la victoire de la Révolution russe. Il veut concentrer le pouvoir dans les mains d’une élite et combattre ainsi la bureaucratie héritée du tsarisme et celle que génère le régime communiste. Surtout, il craint une scission entre ouvriers et paysans. Ceux-ci devront être transformés par une « révolution culturelle » dont le cœur est l’alphabétisation. L’ombre de Staline, dont Lénine se méfiait, plane sur ces derniers textes. Mais pouvaient-ils ouvrir une voie différente à la Russie soviétique que celle tragique qu’elle allait connaître ? Ou restaient-ils prisonniers de la logique de la dictature de parti unique qui s’était refermée sur son fondateur ?

PHILOSOPHIE GÉNÉRALE

  • Le dévoilement des effets du voyage, IBN’ ARABÎ, Éd. de l’Éclat, 1994, 150 p.


« Tu es à jamais voyageur, de même que tu ne peux t’établir nulle part », s’écrie Ibn ’Arabî dans ses Illuminations de la Mecque. Ainsi, Le dévoilement des effets du voyage repose sur l’affirmation selon laquelle tous les êtres, jusqu’à la divinité elle-même, participent d’un voyage universel sans fin, ni dans ce monde ni dans l’autre. Mais ce livre, qui nous invite à suivre les voyages décrits par la Révélation et la tradition prophétique et à bénéficier de leurs effets, se double d’un traité d’herméneutique. L’interprétation constitue elle-même un voyage qui noue, entre le Livre, le monde et l’Homme, un lien de correspondance essentiel pour la compréhension du texte. Ainsi, les trois voyages – vers Dieu, en Dieu et provenant de Dieu – dont il est question ici, doivent aussi être compris comme autant de voyages vers, dans et provenant du Livre, qui est à la fois ce qui réunit les êtres, mais aussi les distingue. A ce titre, le Coran, livre de la Réunion et de la distinction, est le Monde dans lequel voyage le Shaykh al-Akbar, le plus grand des maîtres du soufisme et de la mystique islamique.

  • De la dignité de l’homme, PICO DELLA MIRANDOLA, Éd. de l’Éclat, 2016, 144 p.


Lorsqu’il écrit l’Oratio de hominis dignitate, qui aurait dû introduire ses Neuf cents thèses philosophiques, théologiques et cabalistiques, Pico della Mirandola (1463-1494) a vingt-quatre ans. Bien conscient du fait que « ses façons ne répondent ni à son âge, ni à son rang », c’est pourtant une philosophie nouvelle qu’il propose à ses aînés ; philosophie ouverte, accueillant tout ce qui, depuis les Mystères antiques jusqu’aux religions révélées, émane de ce que l’on pourrait appeler la « volonté de vérité ».
L’homme est au centre de cette philosophie, en ce que le divin a déposé en lui ce « vouloir », cette volonté dont il use à sa guise, le créant « créateur de lui-même ». Et cette puissance du vouloir, cette volonté de « se connaître soi-même », Pico la retrouve chez les Sages grecs et orientaux, mais aussi dans la cabale juive, la pensée arabe, la scolastique et les auteurs chrétiens. S’agit-il pour autant d’un œcuménisme sans discernement ? Plutôt de la fusion en l’homme de cette intelligence, dévoilée dans le contact entre les différentes sagesses. L’Oratio reste inédite ; les thèses sont publiées en 1486, mais l’Église ne voudra pas entendre – quelle église pourrait vouloir entendre ? Pico devra s’exiler en France avant d’être fait prisonnier et incarcéré au donjon de Vincennes en 1487.
Dans sa ferveur juvénile, le propos de Pico demeure intact, vierge, intempestif. Il fait appel, encore et toujours, à l’homme digne, vagabond de la vérité, lui offrant « l’un des plus sincères monuments de la philosophie morale de la Renaissance italienne ».

  • Traité de la réforme de l’entendement, SPINOZA, Éditions de l’Éclat, 2013, 128 p.


Le Traité de la réforme de l’entendement est la porte de côté par laquelle on pénètre dans l’Éthique de Spinoza. Porte étroite, mais permettant un accès direct à l’œuvre principale, et dont le but déclaré est la « recherche d’un vrai bien » dont la « découverte et l’acquisition » le ferait jouir « dans l’éternité d’une joie suprême et continue ». Écrit de « jeunesse », déjà conscient de la vanité et futilité de « ce qui arrive dans la vie courante », le Traité se concentre sur les degrés de connaissance auxquels l’homme a accès. Comment parvenir alors de la connaissance par ouï-dire à celle, ultime, essentielle, « intuitive », sans laquelle « la vie n’est qu’un songe » ? Le Traité s’interrompt. Le lecteur doit poursuivre seul le chemin de la réflexion vers la vie éthique.

  • Philosophie, mythologie et pseudo-science. Wittgenstein lecteur de Freud, J. BOUVERESSE, Éd. de l’Éclat, 1991, 272 p.


« Que Wittgenstein ait été un admirateur de Freud n’est pas surprenant, puisque Freud possédait au plus haut point une qualité que Wittgenstein considérait comme fondamentale en philosophie, à savoir l’aptitude à proposer des analogies nouvelles et éclairantes pour la compréhension de faits qui sont à la fois familiers et énigmatiques. Ce que fait Freud consiste pour lui essentiellement à proposer d’excellentes comparaisons, comme par exemple la comparaison d’un rêve et d’un rébus. Mais les mérites de Freud ne vont pas au-delà de ce qu’on peut exprimer en disant qu’il nous fournit une "représentation des faits“ dont personne n’avait eu l’idée avant lui et qui est, en tout état de cause, extrêmement convaincante. Ce que Wittgenstein n’accepte pas est l’aspect proprement explicatif de la théorie, c’est-à-dire, en fin de compte, l’inconscient lui-même. » (Extrait du livre)

  • La demande philosophique. Que veut la philosophie et que peut-on vouloir d’elle ?, J. BOUVERESSE, Éd. de l’Éclat, 2015, 224 p.


À l’égard de ce que trop d’exemples récents autorisent à appeler les vantardises ou les fanfaronnades de la philosophie, notre époque semble hésiter constamment entre la crédulité et l’admiration naïve, l’indulgence sceptique et amusée et le mépris et le ressentiment nés de la déception ; et elle passe sans transition et avec une rapidité déconcertante de l’une de ces attitudes à son contraire. Notre estimation de l’importance de la philosophie et des grands philosophes est, de façon générale, beaucoup moins rationnelle qu’on ne pourrait l’espérer et je ne trouve pas scandaleux de suggérer à la philosophie, qui se plaint habituellement plutôt d’être ignorée et méprisée, de se demander également de temps à autre ce qu’elle fait réellement pour justifier la considération très réelle et parfois excessive dont elle bénéficie. On peut craindre que l’attitude du public envers elle ne continue à osciller indéfiniment entre l’attente déraisonnable et la désillusion complète, aussi longtemps que nous ne serons pas parvenus à une appréciation un peu plus correcte de la nature exacte de la demande philosophique et des chances que la philosophie a de réussir à la satisfaire.
La demande philosophique est la version intégrale de la leçon inaugurale de la chaire de philosophie du langage et de la connaissance du Collège de France, prononcée le 6 octobre 1995.

PHILOSOPHIE/ANTHROPOLOGIE

  • La nature humaine, une illusion occidentale. Réflexions sur l’histoire des concepts de hiérarchie et d’égalité, sur la sublimation de l’anarchie en Occident, et essais de comparaison avec d’autres conceptions de la condition humaine, M. SAHLINS, Éd. de l’éclat, 2009, 112 p.


Voici venu le temps de nous apitoyer sur notre misérable sort. Depuis deux millénaires, nous avons toujours été hantés par le spectre de notre propre nature : une nature humaine si cupide et si violente qu’elle livrerait la société à l’anarchie si on ne la soumettait pas à quelque gouvernement. Cet ouvrage montre qu’il s’agit d’une conception typiquement occidentale, où l’opposition entre nature et culture est perçue comme le fondement de notre propre tradition (et de nos propres sciences sociales) et de notre différence par rapport à tous ceux qui considèrent que les bêtes sont fondamentalement humaines, et non que les hommes sont fondamentalement des bêtes. Et ces derniers ont raison, du moins au sens où l’espèce humaine modernes, l’homo sapiens, est apparue il y a relativement peu de temps dans une histoire culturelle humaine beaucoup plus ancienne. La paléontologie nous l’apprend : nous sommes des animaux de culture ; notre patrimoine biologique, c’est de créer des symboles. Croire que nous sommes à la merci de nos penchants animaux est une illusion qui s’enracine aussi dans la culture.

PHILOSOPHIE/JUDAÏSME

  • Théologie et utopie, Correspondance 1933-1940, G. SCHOLEM et W. BENJAMIN, Éd. de l’Éclat, 2011, 336 p.


La correspondance entre Walter Benjamin et Gershom Scholem témoigne de ces amitiés que Nietzsche avait définies comme « amitiés stellaires », par-delà les divergences et par-delà l’éloignement.
Notre édition correspond à celle publiée par Scholem lui-même en 1980 chez l’éditeur Suhrkamp. Elle comprend toutes les lettres échangées entre 1933 et 1940 que Scholem avait pu rassembler après la découverte d’archives, miraculeusement sauvées de la destruction et qui avaient voyagé de Paris à Moscou, puis avaient été remises aux Archives centrales de Postdam en RDA en 1960. Les deux amis se connaissent depuis près de 20 ans et Scholem vit à Jérusalem depuis dix ans. Ils abordent ainsi à la fois des questions d’actualité politique (sionisme, montée du nazisme) et des questions philosophiques et littéraires, suivant le fil de leurs travaux respectifs. Juifs hétérodoxes, chacun à sa manière, Scholem et Benjamin rendent compte de l’entrelacs entre théologie et utopie, mystique et révolution, et témoignent de « deux expériences de l’exil », que ni la terre d’Israël pour l’un, ni les fréquentations marxistes pour l’autre, ne parviennent à apaiser. Correspondance exemplaire, elle permet de mieux comprendre et connaître l’oeuvre de Walter Benjamin, qu’on ne cesse de re-découvrir, et confirme le statut pleinement philosophique et politique de Scholem, par-delà son activité d’historien de la mystique juive.

  • Juifs hétérodoxes. Messianisme, romantisme, utopie, M. LÖWY, Éd. de l’Éclat, 2010, 224 p.


« Cet ouvrage est la continuation des recherches que j’avais initiées avec la publication en 1988 du livre Rédemption et Utopie. Le judaïsme libertaire en Europe centrale (PUF), traduit en portugais, anglais, italien, suédois, allemand, espagnol et grec. Mais alors que cet écrit était une tentative de cartographie de la culture juive/romantique en Europe centrale, avec ses différents pôles et ses courants souterrains, Juifs hétérodoxes est plutôt un chantier, un recueil de travaux entrepris au cours de ces vingt dernières années, un ensemble d’études de cas sans volonté de systématisation. Le terrain est sensiblement le même, la culture juive de la Mitteleuropa du début du XXe siècle - à une exception près : Bernard Lazare, écrivain romantique et libertaire français - ainsi que l’approche qui tente de saisir les affinités électives entre romantisme, messianisme et utopie. Cependant, ici, l’axe principal structurant les recherches c’est la comparaison, les pensées croisées de deux auteurs, à la fois proches et séparés, convergents et divergents, semblables, mais néanmoins irréductiblement divers. » (M. L.)

  • Walter Benjamin : avertissement d’incendie, M. LÖWY, Éd. de l’Éclat, 2014, 160 p.


Les Thèses « Sur le concept d’histoire » de 1940 sont le dernier écrit de Walter Benjamin et constituent peut-être le document le plus significatif dans la pensée critique du XXe siècle. Texte allusif, sibyllin, dont l’hermétisme est constellé d’images et d’allégories, semé de paradoxes, traversé d’intuitions. Ce livre en propose une étude au mot à mot. Là où d’autres ne voient que contradiction ou ambiguïté, il met en évidence une cohérence fondamentale, dont la clé est constituée par la fusion de trois discours hétérogènes : le romantisme allemand, le messianisme juif, le marxisme révolutionnaire. Échappant aux classifications dans lesquelles on a voulu le ranger, Benjamin est en cela un auteur qui dérange.
Michaël Löwy enseigne à l’EHESS. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages sur cette si particulière articulation entre romantisme et révolution qui s’incarne dans des auteurs tels que Kafka, Benjamin, mais aussi Bloch ou Lukács.

GRÈCE ANCIENNE

  • Le Dialogue des Méliens et des Athéniens, THUCYDIDE, Éd. de l’Éclat, 2013, 96 p.


Dans un dialogue implacable, d’une telle intensité dramatique qu’il semble avoir été écrit pour la scène, les Athéniens, sûrs de leur supériorité en nombre et en force, proposent aux Méliens de se soumettre sans combattre et de gagner ainsi leur « liberté » sous leur protection. Sans quoi, ils seront exterminés sans pitié. Cette conception pour le moins inédite de la liberté associée à la soumission fonde la politique impérialiste d’Athènes. Elle deviendra un modèle absolu de la violence politique qu’exerce une puissance qui confond force et justice, argument moral et stratégie militaire, et qui a traversé les siècles sans prendre la moindre ride.
Le Dialogue des Méliens et des Athéniens est précédé de « Thucydide et l’Empire », par le philologue classique et historien de l’Antiquité, Luciano Canfora.

  • L’Iliade ou le poème de la force, SIMONE WEIL, Éd. de l’Éclat, 2014, 96 p.


Quelle est-elle cette force « devant quoi la chair des hommes se rétracte » ? Paru dans les Cahiers du Sud en 1941, L’Iliade ou le poème de la force participe à la fois de l’essai savant, du traité politique et métaphysique et du texte poétique. En pleine débâcle française, cette réflexion sur la première grande épopée de l’Occident s’adresse à ceux et celles qui ont résisté et résistent encore à la soumission, et nous rappelle que tout vainqueur sera vaincu à son tour s’il s’agenouille devant la force.

  • La naissance de la philosophie, G. COLLI, Éd. de l’Éclat, 2005, 128 p.


« Chaque livre de Giorgio Colli est, à y bien regarder, un succédané de l’action, et sous la forme de la littérature nous sentons l’exhortation à vivre différemment, à vivre une vie digne d’un éternel retour », écrivait son ami Mazzino Montinari. Pour tous ceux qui aujourd’hui veulent s’initier à la philosophie, ce petit livre sans notes est une incitation à en vivre différemment les prémisses.
La naissance de la philosophie, associée au nom de Platon, marque, pour Giorgio Colli, l’amorce du déclin de l’excellence grecque, dont avait pu témoigner, entre le septième et le cinquième siècle, l’ère des « Sages ». C’est de cette matrice originelle dont il est question dans ce livre écrit en 1975, et qui bouleverse notre vision d’un monde en perpétuel progrès. « La folie est la source de la sagesse » écrit Colli, et le regard à rebours qu’il porte sur ce moment décisif de l’histoire de l’humanité, sur cette « fête de la connaissance » à laquelle il nous convie au travers de neuf chapitres d’une très grande densité, nous conduit depuis les possédés de Dionysos, Apollon et Orphée, puis Héraclite et Parménide, jusqu’au seuil de la philosophie, dont l’autorité s’affirmera avec le passage à l’écriture et l’abandon de ce qu’il convient d’appeler, après Colli, la Sagesse grecque.

LITTÉRATURE

  • Si ce monde vous déplaît…, PHILIP K. DICK, Éd. de l’Éclat, 2015, 256 p.


Ces jeunes que j’ai connus, avec qui j’ai vécu... ce sont mes nouvelles de science-fiction de demain, ma somme théologique... et je leur donnerais ma vie. Je donnerais toute l’ampleur de ma dévotion, dans cette guerre que nous menons pour maintenir et rehausser ce qu’il y a d’humain en nous, ce qui forme notre propre noyau et la source de notre destin."
Et c’est aussi à eux que s’adressent ces quatre "essais et conférences" de Philip K. Dick (1928-1982), où la cybernétique croise Héraclite d’Éphèse, où Captain Crunch se mêle aux travaux des plus éminents spécialistes de la topographie du cerveau, où l’axe du temps n’est plus horizontal mais vertical.
Ces réflexions sur l’humain, la réalité, la machine, l’androïde et les mondes constituent le pendant indispensable de l’oeuvre de fiction de l’une des figures les plus importantes de la littérature américaine.
Philip K. Dick est sans doute l’un des plus grands écrivains de science-fiction du siècle dernier. Son oeuvre ne cesse d’être redécouverte, notamment à travers des adaptations cinématographiques plus ou moins heureuses.

  • Dernière conversation avant les étoiles, PHILIP K. DICK Éd. de l’Éclat, 2005, 224 p.


En janvier 1982, Philip K. Dick s’entretient avec Gwen Lee, que lui a présenté son amie Elaine Sauter. Dick parle longuement du film d’un jeune réalisateur, Ridley Scott, tiré de sa nouvelle Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? alors en cours de montage et qui sortira sous le titre Blade Runner ; il parle de son Exégèse, journal de plusieurs milliers de pages, où s’entremêlent souvenirs, rêves, fictions, délires ou de son livre en cours (qui restera inachevé) : The owl in the daylight, et évoque pêle-mêle toutes les questions qui font de sa biographie un véritable roman de Philip K. Dick. Deux mois plus tard, Dick meurt à l’hôpital des suites d’une vie ... « remplie ». Dernière conversation avant les étoiles est donc un document de première importance pour les fans de Philip K. Dick, comme pour tous ceux qui voudront découvrir le cheminement de la pensée d’un homme qui a pu décrire entre 1955 et 1982 le monde que nous avons aujourd’hui sous nos yeux inquiets. Était-ce parce qu’il avait écrit dans son roman Ubik : « Je suis vivant et vous êtes morts » ? On y retrouve son humour et ses « délires divergents », comme la question des sources religieuses et mystiques qui nourrissent son imagination, ou les lancinantes questions : Qu’est-ce qu’un humain ? et qu’est-ce qui le différencie d’un androïde ? Les moments de la vie s’articulent-ils horizontalement ou verticalement.

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