Une tribune pour les luttes

Jérusalem : Communiqué de la Coordination des Associations Palestiniennes

Article mis en ligne le dimanche 13 août 2017

Paris, le 31 juillet 2017

Le 14 juillet, 3 palestiniens sont brutalement et froidement abattus à Jérusalem-Est et en Cisjordanie par les soldats de l’occupation sionistes. Suite à ces agressions, la colère et les manifestations ont éclaté à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et à Gaza contre les atrocités provoquées par l’occupation, puis se sont intensifiées après la décision d’Israël d’installer des portiques aux entrées de l’esplanade des Mosquées de la vieille ville arabe, le 16 juillet.

Durant deux semaines, les soldats israéliens harcèlent les palestiniens près de l’esplanade des mosquées de Jérusalem. Des marches sont organisées par des dizaines de milliers de Palestiniens vers la vieille ville de Jérusalem-Est pour dénoncer les mesures de sécurité israéliennes accrues aux entrées de l’esplanade de la mosquée d’Al-Aqsa que les autorités israéliennes ont décidé de maintenir. Des centaines de palestiniens sont blessés par balles en acier revêtues de caoutchouc, et des violences physiques par les forces israéliennes, selon la Croix Rouge palestinienne.

Le jeudi 27 juillet, les autorités politiques et religieuses avaient appelé dans la matinée les palestiniens à retourner prier sur l’esplanade des Mosquées, à la suite de l’annonce par Israël du retrait de toutes les nouvelles mesures de sécurité qu’il avait mises en place aux entrées du site sacré. Une heure après que des milliers de palestiniens soient entrés dans la mosquée d’Al-Aqsa à Jérusalem-Est, pour la première fois en près de deux semaines, de nouveaux les forces israéliennes ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles en acier revêtues de caoutchouc sur les palestiniens.

Un statut juridique discriminatoire pour les arabes de Jérusalem

Selon le plan de partage des Nations Unies, le 29 novembre 1947, la ville de Jérusalem est mise sous régime international. En 1948, Israël occupe la partie ouest de la ville et en 1967, Israël occupe la bande de Gaza, la Cisjordanie, et Jérusalem-Est qui sera illégalement annexée en 1980. La destruction des quartiers arabes est mise en place par les occupants dès le lendemain de l’occupation en 1948 et après la guerre de 67 comme le quartier des maghrébins en face du mur des lamentations. Expulsion de milliers d’habitants arabes, confiscation de leurs terres pour la construction des colonies israéliennes, participant ainsi à la judaïsation de la vieille ville arabe avec le silence complice de la communauté internationale. L’extension des colonies autour de Jérusalem et l’isolement, la ghettoïsation des quartiers palestiniens par les routes de contournement interdites aux Palestiniens et le mur d’annexion en sont les dernières manifestations, sans oublier les fouilles archéologiques à proximité de la mosquée Al-Aqsa, causant ainsi l’effondrement des habitations des Palestiniens et l’endommagement de la mosquée et des bâtiments alentours. En tant que non-juifs, les habitants arabes de Jérusalem sont soumis à des lois et règles ouvertement discriminatoires, depuis 69 ans. Pendant ce temps, les colons israéliens reçoivent des terres, des maisons, des infrastructures, la liberté de circulation et de généreux privilèges. Nous assistons aujourd’hui à une situation d’apartheid qui rappelle l’expérience sud-africaine.

Israël émet les « fatwas » de la tenue ou non de la prière à la mosquée d’Al Aqsa

Depuis 1967, les provocations des gouvernements successifs d’Israël ont créé les conditions d’une situation explosive dans Jérusalem, alors que les palestiniens revendiquent la libération de la capitale du futur Etat palestinien, en application du droit international.

Aujourd’hui, c’est Israël qui décide de l’ouverture et de la fermeture d’un des sanctuaires les plus sacrés de l’Islam et expulse les fidèles qui se trouvent à l’intérieur. Il émet des « fatwas » au sujet de la tenue ou non des prières du vendredi dans l’un des sites les plus saints de l’Islam. Et il n’hésite pas à faire taire les appels à la prière à la Mosquée Al-Aqsa quand il le souhaite.

Mais les palestiniens n’ont pas baissé les bras devant la machine de guerre israélienne et n’ont pas attendu que les dirigeants de la communauté internationale se réveillent, cela fait longtemps qu’ils ont perdu toute crédibilité.

Notre peuple a fait reculer le gouvernement israélien sur les places et dans les rues. Il continuera à défendre la mosquée d’Al Aqsa, bravant leurs menaces haineuses et les représailles avec courage et détermination. Malgré les représailles, les tirs à balles réelles, et les attaques sanglantes de la part des soldats et des colons israéliens, les palestiniens persistent et résistent pour leur ville et leur terre.

Israël, en décidant de rouvrir les entrées à l’esplanade des mosquées, fait montre de son cynisme pour mieux frapper. Hier, la police et l’armée israéliennes ont déclenché en représailles des opérations massives d’arrestations punitives contre des dizaines d’innocents palestiniens en Cisjordanie et Jérusalem-Est.

La résistance continue !
Dignité, justice, retour, libération !
Vive la Palestine !

L’Union Générale des Etudiants de Palestine - GUPS France, Association de Palestiniens en Ile-de-France, Forum Palestine Citoyenneté, Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Palestine.

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