Une tribune pour les luttes

Le glyphosate en procès : société civile contre multinationale et Etat-alibi

Jean-Jacques Gandini

Article mis en ligne le vendredi 21 septembre 2018

Le 19 mars 2016, les Faucheurs Volontaires d’OGM se sont mobilisés dans toute la France pour dénoncer la vente d’herbicides contenant du glyphosate. Ils se sont introduits dans 34 magasins et ont peinturluré des bidons de RoundUp les rendant invendables. 12 d’entre eux ayant mené cette action dans un magasin de Pézenas (Hérault) sont passés en procès devant le tribunal correctionnel de Béziers ce 6 juin 2018 pour « avoir dégradé, détérioré volontairement un bien, en l’espèce des produits RoundUp pour un montant de 8235 euros appartenant à la Sas Nora, sous l’enseigne Bricomarché, en causant un dommage grave, détérioration ayant été commise par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteurs ou de complices ».
Cette manifestation pacifique visait à dénoncer la toxicité de ces produits et l’inaction des pouvoirs publics devant un problème majeur de santé publique et de dégradation de l’environnement ainsi qu’à alerter la population sur les dangers liés à leur utilisation et leur vente libre aux particuliers sans mise en garde réelle.

Glyphosate danger : confirmation avant la commission des faits litigieux

Qu’est-ce que le glyphosate, principe actif du RoundUp, et pourquoi est-il devenu l’herbicide le plus utilisé au monde ? Le glyphosate est une molécule d’herbicide total à base de phosphate. Il tue les végétaux sur lesquels il est appliqué, sauf cas de plante résistante et notamment les plantes OGM qui y ont été rendues tolérantes. Le RoundUp, qui est le produit-phare de la firme américaine Monsanto, a été élaboré à partir du glyphosate comme molécule-base à laquelle sont ajoutés de nombreux co-formulants. .Or si la molécule du glyphosate n’est pas capable d’entrer seule dans les cellules de la plante, le produit fini en revanche entraîne la destruction de la plante car les co-formulants permettent la dissolution de la membrane des cellules avec pour effet l’entrée de la substance active, augmentant ainsi considérablement cet effet. Commercialisé initialement aux Etats-Unis en 1974, c’est devenu un marché extrêmement lucratif : les ventes ont explosé passant en quarante ans de 3 200 tonnes à 325 000 tonnes, soit un marché de plusieurs milliards d’euros. Les deux-tiers des agriculteurs français l’utilisent, principalement en céréaliculture et viticulture. Par sa qualité d’herbicide total, il accroît les rendements, réduit les coûts de production et facilite le travail en se passant des labours. Bref, le produit-miracle, Monsanto le présentant en outre comme un produit instantanément biodégradable, totalement inoffensif pour l’environnement, pas plus dangereux que l’aspirine ! Mais, outre que cette « présentation » a été qualifiée de publicité mensongère par la Cour de Cassation en son arrêt de chambre criminelle du 6 octobre 2009, il y a un MAIS.

(Article publié sous une forme abrégée sur le site bastamag)
lire la suite sur le pdf

PDF - 59.5 ko
Retour en haut de la page

Répondre à cet article

Thèmes liés à l'article

Agriculture c'est aussi ...

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | 45

Environnement/écologie c'est aussi ...

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 90

Justice c'est aussi ...

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 150