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Comités syndicalistes révolutionnaires

HAUSSE DES PRIX DU CARBURANT

Ne pas être le week-end les pantins de ceux qui nous exploitent la semaine !

Article mis en ligne le samedi 17 novembre 2018

Différents secteurs des petites et moyennes bourgeoisies, mais aussi des travailleurs prolétaires, ont pris l’initiative d’une mobilisation le 17 novembre prochain. L’extrème droite s’est vite ralliée à cette initiative, y voyant une aubaine pour elle, si les travailleurs ne sont pas vigilants quant à la défense de leurs intérêts. Ce mouvement est confus, car il essaie de fédérer différentes classes sociales sur la question du prix des carburants. C’est tout le problème de cette approche, qui crée le mythe d’intérêts communs entre patrons et prolétaires. Ainsi, les modalités d’action peuvent apparaître incohérentes, comme des automobilistes bloquant d’autres automobilistes le samedi. Comme il est difficile pour des patrons de proposer de bloquer les entreprises la semaine, on comprend tout de suite qui a la main sur les actions et les mots d’ordre du mouvement, en voulant empêcher les loisirs de la population le week-end. Pourtant, les difficultés qui s’accumulent pèsent surtout sur les épaules des ouvriers et des employés. Ils sont bien les plus touchés et donc les plus légitimes à revendiquer sur la base de la hausse du carburant et de la vie chère.

La hausse du prix du carburant s’explique avant tout par la spéculation financière. Comme pour toute marchandise, c’est l’offre et la demande qui déterminent sa valeur. Or les produits pétroliers subissent la pression d’une économie capitaliste qui doit sans arrêt accroître ses activités et ses bénéfices. Et ce sont les patrons qui ont voulu cette société du libre-échange et du libre marché. Le capitalisme a toujours fonctionné grâce à la « liberté » de diffusion des marchandises, des services. Il est étonnant d’entendre aujourd’hui des patrons qui critiquent cette situation. On constate la même confusion dans les revendications. Cette bourgeoisie, momentanément révoltée, conteste les taxes, mais ce sont ces taxes qui servent à financer les entreprises (exonérations de cotisations sociales, CICE...). Il en existe tellement qu’il est difficile de toutes les connaître ! Et c’est cette même bourgeoisie assistée qui impose aux travailleurs de se faire racketter en ville (loyers exorbitants, endettements immobiliers) ou d’assumer des dizaines de kilomètres en voiture chaque jour.

La bourgeoisie a choisi un mode d’existence adapté aux logiques capitalistes de concurrence. Concurrence entre individus, entre entreprises, entre villes, entre régions, entre États. Cette guerre économique généralisée favorise la concentration des activités dans les agglomérations et la désertification des zones rurales périphériques. Cette situation est visible dans tous les États capitalistes (Occident, Chine, Corée du Nord, Amérique latine...). C’est bel et bien le capitalisme qui oblige un maçon à traverser chaque matin une agglomération, voire tout son département, alors que des logements sont en construction dans son quartier. La sous traitance dans les entreprises et les transports par camion et bus a accentué ce désordre généralisé. Alors oui, les prolétaires ont intérêt à imposer le contrôle ouvrier et la création d’entreprises socialisées, de branche, qui regroupent tous les travailleurs d’une même activité (comme le transport, avec une véritable stratégie alliant route, rail, air et mer). Des entreprises qui appartiennent à toute la population et qui empêchent ainsi les égoïsmes destructeurs de nos vies (pollutions routières, industrielles et environnementales). C’est-à dire un véritable socialisme ! Les travailleurs doivent donc se mobiliser, mais avec leurs propres revendications et leurs propres organisations, c’est-à-dire leur confédération syndicale, pour obtenir satisfaction.

  • Imposons la prise en charge des frais de déplacement au travail par l’employeur.
  • Favorisons le transport en commun gratuit.
  • Imposons la réintroduction des savoir-faire professionnels et des équipements de travail à l’échelle locale pour limiter les kilomètres.
  • Imposons l’augmentation des salaires, des retraites, des pensions.
  • Imposons la taxation des revenus du capital issus du carburant et pas celles des travailleurs qui ont besoin de faire leur plein des revendications IMMÉDIATES !
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