Une tribune pour les luttes

Collectif du 5 novembre : Noailles en colère

Lettre ouverte au Préfet de Police, au Préfet de Région et au Ministre de l’Intérieur

Article mis en ligne le dimanche 9 décembre 2018

Le Collectif présente ses condoléances aux proches de Zineb Redouane, dernière victime des violences policières du 1er décembre à Marseille. Il exige l’engagement de la responsabilité du Préfet, Pierre Dartout, représentant de l’État en Région, et du Préfet de police Olivier de Mazières, dans ce 9ème homicide qui endeuille le quartier de Noailles, en lien direct avec le dispositif policier déployé contre la manifestation.

6 décembre 2018

Le Collectif présente ses condoléances aux proches de Zineb Redouane, dernière victime des violences policières du 1er décembre à Marseille.

Il exige l’engagement de la responsabilité du Préfet, Pierre Dartout, représentant de l’État en Région, et du Préfet de police Olivier de Mazières, dans ce 9ème homicide qui endeuille le quartier de Noailles, en lien direct avec le dispositif policier déployé contre la manifestation.

Il exige du Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, des engagements immédiats pour mettre fin à l’escalade des violences volontaires par les forces de l’ordre qui tuent, mutilent et répriment les manifestations à Marseille comme dans toute la France.

Il exige l’amnistie et la libération des personnes emprisonnées pour l’exemple suite à la manifestation du 1er décembre à Marseille.

Trente-deux ans, presque jour pour jour, après le meurtre de Malek Oussekine, étudiant de 22 ans frappé à mort par la police pendant la manifestation du 6 décembre 1986, c’est Zineb Redouane, habitante de Noailles, âgée de 80 ans, qui est tuée par une grenade lacrymogène lancée sur sa fenêtre au 4ème étage du 12 rue des Feuillants.

À ce décès s’ajoutent les trop nombreuses personnes gravement blessées, entre la vie et la mort, mutilées à vie, dans plusieurs villes de France, Marseille, Toulouse, Paris, Tour, Grenoble, qui signalent tragiquement qu’un pas de plus a été franchi dans l’escalade des violences policières et politiques depuis ce week-end. Des victimes généralement laissées sur le bord de l’information, contrastant avec la surmédiatisation du ras-le-bol policier : après le rassemblement du week-end à Paris, les médias nationaux relaient en boucle l’information de 23 forces de l’ordre blessées, passant sous silence 110 manifestants victimes des violences policières.

À Marseille, suite à la marche du 1er décembre pour un habitat digne, nous dénonçons également :

- Les violences volontaires et les usages excessifs de la force publique par les Compagnies mobiles républicaines (CRS), sans sommation, sans justification de légitime défense, les nombreux tirs aériens de grenades lacrymogènes et GLI F4 sur manifestants et passants ; sur instructions du Ministère et ses représentants et dans une logique d’écrasement.
- Les procès politiques faits aux 21 personnes arrêtées dans le cadre de la manifestation, condamnées à des peines d’emprisonnement ferme exceptionnelles, suivant les réquisitions du procureur et les instructions du Président Macron ; la tenue inédite de ces audiences à huis-clos au tribunal de Marseille, dérive vers une justice d’exception.
- Les entraves au dépôt de plaintes des personnes blessées par les exactions policières depuis la marche du 14 novembre, dans plusieurs commissariats du centre-ville.
- Le silence sur les violences subies par les manifestants, qui constitue une vraie technique d’entrave au droit de manifester, alors que parallèlement l’offensive médiatique contre « des casseurs » est maniée à dessein pour noyer nos revendications légitimes : aucune dégradation matérielle ne saurait justifier le niveau de violence employée par la force publique, armée et casquée, ni faire oublier que la violence des politiques de mal-logement est directement responsable de la mort de 9 personnes à Marseille.

Cette dérive politique, violente et mortelle d’un soi-disant « maintien de l’ordre » est inacceptable et engage la responsabilité des représentants de l’État à Marseille. Il est inacceptable qu’elle soit la seule réponse de l’État à nos revendications légitimes, alors même que l’urgence des personnes sinistrées n’est pas reconnue, que le mépris des classes populaires marseillaises touchées persiste et que neuf personnes ont déjà payé de leur vie le déni et la violence des autorités. Il faut que cela cesse maintenant et ne se reproduise jamais plus.

Pour manifester leur indignation et leur solidarité pour toutes ces victimes, nous appelons tous les Marseillais à venir se rassembler en masse le 10 décembre à 8H devant l’Hôtel de Ville, lors du dernier conseil municipal de l’année.

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