Une tribune pour les luttes

Ne pas oublier…

par Marjac

Article mis en ligne le mercredi 6 mars 2019

Hier, 5 mars 2019, une centaine de personnes se sont retrouvées sur le lieu du drame de la rue d’Aubagne pour rendre hommage et pour que justice soit rendue à Ouloume, Julien, Taher, Cherif, Fabien, Simona, Niasse, Marie-Emmanuelle et Zineb.

Les prises de parole des délogé.es ont rappelé que plus de 2 000 personnes sont toujours en chambre d’hôtel ou en appart-hôtel sans savoir quand elles pourront retourner chez elles ou si elles obtiendront un logement dans leur quartier d’origine.

Pour ces personnes traumatisées s’ajoutent la gestion du quotidien et son lot de problèmes :

Comment éviter l’énervement et les disputes dans ces espaces minuscules.

Comment les jeunes scolarisés peuvent-ils travailler sans avoir un coin à eux et se retrouver éloignés de leur école. Ces mères qui ont pris la parole disaient que leurs enfants perdaient pieds à l’école.

Comment bien manger dans une chambre sans cuisine ? Et le fait de manger à l’extérieur grève le budget.

Comment faire en sorte que les assurances payent alors que rien ne bouge du côté du palais de justice pour établir les responsabilités.

Comment, pour les commerçants et les artisans, la chambre de commerce et les assurances répondent qu’il n’y a pas eu de déclaration de catastrophe naturelle, donc ils n’ont aucune aide d’urgence, ils doivent attendre que la justice passe...

Personnes contre qui se retourner comme si cette situation était une fatalité alors qu’elle a été dénoncée maintes et maintes fois par les particuliers, les associations, et même le rapporteur général Nicol.

Alors que le drame est là au cœur de la ville, le procureur et le palais de justice donnent du temps au temps, en espérant que ces affaires tombent dans l’oubli.
Quant au Préfet il déclare qu’il va réquisitionner, mais jamais ne le fait, prétextant des procédures longues et compliquées. Ces renoncements à appliquer leur Droit et leur Loi est pain béni pour le Maire. Concrètement, Il peut mettre en place son projet politique, à savoir virer les pauvres du centre ville, et donner des pans entiers à ses amis, les promoteurs privés, qui salivent devant les bonnes affaires que constituent ces terrains expropriables.

Ces institutions, de part leur positionnement, montrent clairement qu’elles défendent les intérêts des riches et des arrivistes de tous poils, ceux-là même que Daumier avait si fidèlement croqués en son temps, dans toute leur laideur et leur cupidité. Face à eux, nous devons rester tenaces, unis et solidaires.

Marjac





copyleft La Sardine.

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